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Quand on vit et travaille à Paris, souvent, on s’habitue aux monuments de la capitale. On les voit, plus ou moins souvent, sans plus les regarder vraiment.
Mais il y a quelques lieux qui, toujours, attirent notre œil et suscitent en nous l’émerveillement. Peut-être pas les mêmes pour tous.
Pour ma part, à chaque fois que je passe près de la tour Eiffel, du collège des Quatre-Nations ou de Notre-Dame de Paris, mon esprit est comme dérobé par leur infinie harmonie, leur grâce toujours mystérieuse.
Combien de fois ai-je pris le bus 47, qui passe juste devant le parvis de Notre-Dame ? Toujours, je tournais la tête vers la gauche et m’exclamais en moi-même : « Quand même, Notre-Dame, ça a de la gueule, c’est beau. »
Toujours, j’essayais d’embrasser du regard cette façade si lointaine et si moderne, si limpide et si mystérieuse. Toujours, j’étais étonné. Je sentais quelque chose qui me touchait et qui m’échappait.
Ce petit moment de ravissement, d’abandon, était parfois fugace, mais toujours réel.
Je pensais aussi à l’effroi ressenti après la tempête de 1999. (À l’époque, je sortais de l’école du Louvre.) Juste après d’importants travaux de réfection, déjà, Notre-Dame tombait.
Notre-Dame s’est relevée. Et elle se relèvera de cette nouvelle morsure de l’histoire. Elle a subi bien des tourments, bien des transformations en plus de huit siècles.
Notre-Dame ne peut mourir, car elle vit, et son cœur de pierre et de verre bat en chacun d’entre nous qui la connaissons et l’aimons.
Elle nous dit aujourd’hui, dans la sidération et la douleur, qu’elle est fragile et vulnérable comme un bûcher d’allumettes ; que nous-mêmes, qui croyons que certaines choses sont invulnérables, immuables, sommes bien naïfs ou orgueilleux.
Elle nous invite peut-être à ne plus négliger l’harmonie, la grâce, la beauté qui s’offrent à nous chaque jour ; à ne plus voir sans regarder ; à ne plus sacrifier la contemplation à la distraction.
Elle presse nos larmes pour, peut-être, forcer nos cœurs et nos âmes. En cela, elle est peut-être aujourd’hui plus grande, plus haute, plus étonnante que jamais.
Elle nous rappelle que l’effroi, la douleur, la desolation, que nous avons l’habitude de fuir et de repousser, ont aussi une vertu : nous ramener à l’essentiel.
Ce soir, nous pleurons Notre-Dame. Demain commence la reconstruction, demain commence l’espérance, demain commence l’éternité.
(Pardon d’être un peu grandiloquent. Comme tout le monde, je pleure des larmes d’incrédulité, de désarroi et de tristesse.)
(Et je souffre un peu de ne pas être à Paris ce soir.)
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