Lili dit Jojo Profile picture
« Quand le soleil se lèvera, Beyrouth, ma ville, n’existera plus » par Patricia KHODER. « Il ne faut pas céder, il faut s'aider » Gilets Jaunes Janv 2019.☂️🌈

Sep 15, 2020, 27 tweets

5 Street-médics en gav, interdits de manifs 6 mois à Paris
«Je suis là pour un café, c’est incroyable, faites-moi sortir, rien fait»
Ce à quoi un surveillant lui a répondu :
«Pourquoi tu hurles, t’avais qu’à pas vouloir boire ton café, espèce de connard !»
extraitdepresse.fr/?p=1072

1/Chronique d'1 Etat pré-totalitaire
Ns sommes 1 équipe de 4 «Street Médic» ce 12 sept 2020 et avons fini par faire 30h de gav pr un motif totalement absurde, sans raison, dérisoire. mais un motif grave sans fondements, ni preuves réelles.
Ns sommes arrivés sur les Champs Élysées

2/lieu de rassemblement de ce fameux 12 sept, ns
étions dans une rue adjacente, à l’angle rue Boétie plus exactement.
Il était 8h la manif n’avait absolument pas commencé, ns avons donc décidé d’aller prendre un café.
Ns avons fait 10 m à pied et sommes tombés nez à nez avec une

3/vingtaine de FDO.
A notre vue un contrôle d’identité s’engage ainsi qu’une fouille complète. Il est exactement 8h lorsque la fouille et le contrôle commencent.
Chacun de nous obéissons, vidons nos sacs, présentons nos papiers et déclinons notre identité. Ds nos sacs nous avions

4/que du matériel médical, de quoi nous protéger des gaz, la tête et les yeux, afin d’exercer notre rôle de «Street Médic» en toute sécurité, afin de porter secours et assistance à des personnes en difficulté ou en danger.
Le contrôle s’opère sous stricte surveillance, chacun de

5/nous est encadré par 3 FDO pour 1 Médic.
Le contrôle se passe bien, ils nous rendent nos affaires et matériel de protection nous précisant de ne pas revenir sur les Champs en nous souhaitant d’ailleurs une bonne journée.
Quelques sec après le commissaire arrive et là les choses

6/ont très mal tourné.
Le Commissaire arrive, se dirige vers ses subordonnés et dit, je cite, en nous regardant :
«Eux, vous les interpellez !».
Ses subordonnés eux-mêmes surpris lui disent que nous n’avons rien, le Commissaire insiste et les FDO reviennent à notre rencontre afin

7/de nous interpeller. Nous demandons le motif de l’interpellation. Aucune réponse...
Vers 8h45, un fourgon de la police nationale arrive et nous embarque nous ainsi qu'1 autre «SM» et 1 photographe.
A 9h20, nous arrivons au commissariat du 14°arr, d’entrée nous sommes fouillés,

8/et ns sommes encadrés par env 10 FDO, nous avons l’obligation de garder le silence, de ne pas se parler assis sur une chaise mains sur les genoux et de regarder droit devant soi.
Chacun de nous est palpé 1/1 et plusieurs d’entre ns ont droit à des réflexions déplacées je cite :

9/-«Ça pue ici, c’est vous monsieur? au lieu de venir manifester prenez une douche!»,
-«Allez travailler le samedi au lieu de manifester, sortez-vous les doigts du cul».
Bien après 10h, certains passent devant un OPJ qui informe qu’on est en garde à vue - pour certains sans motif

10/et d’autres sans leur donner leurs droits.
Après ça nous sommes placés en cellule sans nous avoir enlevé montre, lacets, etc…
Certains auront leur motif de garde à vue que vers 14h qui est le suivant :
« PARTICIPATION À UN GROUPEMENT FORMÉ EN VUE DE LA PRÉPARATION DE VIOLENCE

11/CONTRE DES PERSONNES OU DE DESTRUCTIONS OU DE DÉGRADATION DE BIENS »
Certains auront que le 1er et d’autres seront signifiés d’un autre motif : « PORT D’ARME DE CATÉGORIE A ».
Nous expliquons pourquoi nous avons ce matériel car ça permet de nous protéger des gaz, le casque des

12/éventuels projectiles qui retombent. Les talkie-walkie servent à communiquer entre nous. Ns leur expliquons quel est notre rôle en manifestation - qui est de soigner tout le monde.
A partir de 13h30/14h commencent les auditions.
Avant ça chacun est passé devant qques policiers

13/pour fouiller nos sacs, nos poches et enlever nos lacets...
Pdt les auditions, nos appartenances religieuses, politiques, voire l’orientation sexuelle pour certains, ont été demandées.
Nous n’avons pas pris d’avocat et aucun de ns a reconnu les faits qui lui étaient reprochés

14/Nous sommes redirigés en cellule, fouillés encore et encore, certains sont même menottés au banc devant la salle de fouille.
Après ça, nos empreintes et notre ADN sont prises ; de plus, un de nous a retrouvé son chapelet à la poubelle et a exigé que les policiers le retrouvent

15/car ceux-ci affirmaient ne pas l’avoir.
Nous sommes ensuite chacun mis en cellule - en bas du poste - avec 1 matelas, de la merde au plafond, du vomi sur les murs, des traces d’urine dans une odeur juste irrespirable.
A 20h, ils viennent nous chercher et nous informent que ns

16/sommes déférés immédiatement au Parquet.
Pendant ces 20h de GAV, certains n’ont pas eu de repas ni d’eau, à certains on leur a demandé qu’une seule fois s’ils voulaient manger ou boire.
En plus de ça, un collègue qui était myope, on lui a refusé de lui donner ses lunettes dans

17/la cellule. Il a eu un très gros mal de crâne. C’est qu’une fois arrivé au dépôt qu’il a pu voir un médecin.
Arrivés au dépôt, certains d’entre nous ont enfin eu le droit à 1 repas et 1 verre d’eau.
La nuit a été plutôt calme, même si 1 de nous a clamé son innocence une partie

18/de la nuit. On nous informe que nous voyons le proc le lendemain à 10h.
La nuit se passe, certains de nous clament leur innocence, je cite : « Je suis là pour un café, c’est incroyable, pour un café et un masque je suis là, faites-moi sortir, je n’ai rien fait ».
Ce à quoi un

19/surveillant lui a répondu : «Pourquoi tu hurles, t’avais qu’à pas vouloir boire ton café, espèce de connard!»
Le lendemain nous sommes réveillés à 6h30 pour le petit déjeuner en cellule : 1 jus de fruit et du riz méditerranéen.
Les heures passent à 12h aucun repas. A 15h enfin

20/enfin nous sommes devant le procureur qui ns notifie un rappel à la loi, avec interdiction de paraître sur Paris pendant 6 mois, fichage au FPR (qui peut entraîner une Fiche S - pas forcément terroriste car les Fiches S vont de S1 à S16, le terrorisme étant S14).
Pour certains

21/ le proc leur met des coups de pression en leur disant que pdt 6 ans ils doivent plus faire de délits sinon ils iront en prison - ce qui est totalement faux, ceci est une pression afin de ns faire peur, c'est de l’abus.
De plus, le matériel saisi est différent pour chaque pers

22/Certains ont eu une saisie que du masque et des lunettes d’autres le casque et d’autres les talkie…

Nous dénonçons donc par ce communiqué nos conditions de détention, ainsi que nos traitements en tant qu’humain.
Nous dénonçons par ce communiqué un système judiciaire et pénal

23/totalement absurde.
Nous dénonçons par ailleurs, le système français qui applique des méthodes dignes d’un régime totalitaire avec des interpellations de Street Médics.
Nous dénonçons aussi la garde à vue de journalistes de la Presse, la répression de la Presse ainsi que les

24/ainsi que les restrictions de libertés fondamentales. Nos droits les plus fondamentaux n’ont pas étaient respectés

Jordan, Diego, Yohan et Christophe, Street Médics embarqués par la police le 12 sept 20 à PARIS, Champs Elysées 8h avt tout rassemblt - 30h GAV, 6 mois interdits

Je remets le Thread du témoignage des Street Médics, victimes d'arrestations préventives illégales et de poursuites judiciaires mensongères.

Share this Scrolly Tale with your friends.

A Scrolly Tale is a new way to read Twitter threads with a more visually immersive experience.
Discover more beautiful Scrolly Tales like this.

Keep scrolling