L’une des choses qui me ravissent égoïstement dans les impressionnantes protestations biélorusses, c’est qu’elles ferment le clapet aux doctes discours sur les « peuples soumis » et « l’attachement à la main forte » ➡️
Ces discours sont non seulement racistes mais dangereux pour nos démocraties. Ils réservent l’autoritarisme à des pays jugés fondamentalement différents de nous parce qu’enclins (historiquement ou naturellement) à la soumission. ➡️
Or, un pouvoir autoritaire peut être authentiquement attractif et apporter des bénéfices à une grande partie de la population, comme je me suis attachée à le répéter sur le cas biélorusse. C’est troublant et c’est un impensé de nos sociétés, voire un tabou. ➡️
Tout comme les Biélorusses ne sont pas « naturellement » attachés au pouvoir fort, nous ne sommes pas « naturellement » attachés à nos libertés et à nos institutions démocratiques. Nous pouvons très rationnellement faire le choix de les céder ➡️
Et à l’attention de ceux qui me répondront « oui, d’ailleurs nous vivons déjà en France dans un pays autoritaire » (commentaire si classique), je répondrai : ne se permettent ce genre d’affirmation que ceux qui ne connaissent rien aux régimes autoritaires. ➡️
L’hybridité des régimes est une constante du XXIe siècle. La plupart des régimes démocratiques ont des îlots et des composantes autoritaires. La plupart des régimes autoritaires intègrent des dynamiques et des pôles démocratiques. L’idéal type, c’est pour les manuels. ➡️
La soumission à un régime politique est une affaire d’arbitrage, de dosage, de contexte, de choix explicites ou implicites. De choix individuel de vie que l’on souhaite vivre. Et ça se pose de la même manière devant les Biélorusses et devant nous.
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