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Sep 16, 2020, 26 tweets

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❌ De nombreux types de cancers se multiplient très rapidement depuis 20ans.

Pourtant l’État ferme les yeux sur cette crise sanitaire, manipule l’opinion, et rejette la responsabilité sur les comportements individuels plutôt que sur les polluants.
alt-rev.com/2020/09/16/can…

Selon Santé publique France, entre 1990 et 2018, l’incidence (le nombre de nouveaux cas de cancers sur une année) a augmenté de 65 % chez l’homme et de 93 % chez la femme.

Les cancers de l’intestin, du poumon, du pancréas augmentent chaque année en moyenne de 2 à 5 % depuis 30 ans. Chez les 👨 , les cancers de la prostate et des testicules augmentent de plus de 2%/an. Chez les 👩 , les cancers du foie, de l’anus et du pancréas ont bondi de 3%/an.

Pour les deux sexes, les cancers de la thyroïde ont augmenté de 4,4 % par an. Petite précision : 4,4 % par an, c’est beaucoup, puisque cela représente une hausse de 234 % en 28 ans.

Le cancer du sein a progressé de 99 % en 23 ans.

Pour l’immense majorité des cas, c’est la conséquence d’un système industriel : produits issus de la chimie, traitements hormonaux, radioactivité, perturbateurs endocriniens (pesticides, additifs...)

Les estimations des taux de cancer dont on dispose devraient nous inciter d’urgence à nous intéresser aux conséquences de notre environnement dégradé.

#Scandale Sur le site de l’Institut national du cancer (Inca) e-cancer.fr/prevention-can… un quiz prétend pouvoir diminuer votre risque d’avoir un cancer en modifiant votre mode de vie.

Selon le site, les substances chimiques ne seraient responsables que de 0,1 % des cancers.

La « pollution » est résumée à « la pollution de l’air extérieur » ... Qu’en est-il des pesticides, des nanoparticules, des perturbateurs endocriniens, des phtalates, des métaux lourds que nous ingurgitons à travers les aliments, l’eau, les cosmétiques et les textiles ?

Quid des expositions professionnelles à toutes sortes de produits cancérigènes dont aucun n’est interdit, sauf l’amiante ? Ces sources de pollutions sont séparées par l’Inca en autant de facteurs de risque induisant, chacune, de très faibles pourcentages de cas de cancers.

Un découpage arbitraire. En effet, la catégorie substances chimiques de l’environnement pourrait très facilement recouvrir un grand nombre de cancers attribués à l’obésité et au surpoids, eux-mêmes en partie causés par les additifs, les pesticides, les perturbateurs endocriniens.

En s’amusant à redécouper ces catégories, on obtiendrait un taux à deux chiffres, et la pollution deviendrait l’une des principales causes de l’épidémie de cancers actuelle

Mais s’il serait déjà impossible d’évaluer expérimentalement la nocivité des 248.055 substances chimiques dûment enregistrées et réglementées à ce jour, et encore moins leurs effets combinés, que dire des… 35 millions de substances chimiques différentes qui sont commercialisées?

Par ailleurs, que signifie «substance cancérogène» ? Traditionnellement, on considère une substance comme cancérogène si elle provoque par elle-même des cellules cancéreuses. Or, on sait maintenant que de nombreuses substances interviennent dans les très nombreux mécanismes

du micro-environnement de la tumeur. Par exemple, le bisphénol A et certains fongicides favorisent la vascularisation des cellules cancéreuses. » Cela n’est pas pris en compte dans les estimations présentées au public.

Présenter les mauvaises habitudes de vie, comme l’alcool, comme responsables du cancer permet, avec la production d’écran de fumée scientifique ⬇️, de dédouaner les industriels et les pouvoirs publics.

Au-delà d’un pb de déontologie, qui est de marteler comme des faits scientifiques des affirmations biaisées, cette approche traduit une stratégie de santé publique qui consiste à appeler chacun à modifier son comportement tout en facilitant des pratiques industrielles nocives

Il est bien légitime que les politiques de santé publique incitent les gens à ne pas fumer, boire modérément, faire du sport et manger des légumes. Le problème vient de cette politique déshumanisée et hygiéniste à outrance qui dénigre les questions ecolo et de justice sociale.

Une équipe de l’Inserm a mesuré que la fréquentation des supermarchés discount fait grossir, compte tenu de la faible qualité des produits, bourrés d’additifs et de sucre.

Pratiquer un sport est un privilège pour les familles précarisées par le chantage à l’emploi.

Bref, la notion de comportement recouvre un faisceau de déterminismes sociaux, ce qui aboutit à culpabiliser les classes populaires avec leurs prétendues « mauvaises habitudes » qui leur sont largement imposées par l’industrie et la société de consommation capitaliste.

La stratégie présentant les mauvaises habitudes de vie comme responsables du cancer dédouanent les industriels des expositions aux substances cancérigènes qu’ils déversent massivement dans l’environnement, et dédouanent les pouvoirs publics de leur inaction face à cette pollution

Le concept de « cancer évitable » est emblématique de cette approche de santé publique d’inspiration néolibérale. Pourquoi un cancer évitable ne serait-il pas un cancer que les pouvoirs publics pourraient éviter en prenant les mesures les plus directes ?

On pourrait par ex. considérer qu’il est + facile et + direct d’agir sur l’exposition massive aux pesticides, qui n’a pas + de 50ans, que sur la consommation d’alcool, une tradition pas fantastique sur le plan sanitaire mais plurimillénaire et profondément ancrée dans les usages.

Plus généralement, n’est-il pas plus efficace d’agir sur la pratique de quelques dizaines d’industriels (par ex en interdisant la commercialisation d’un produit mis en cause par un nombre d’études suffisant) que sur celle de 67millions d’individus aux marges de manœuvre inégales?

Cancers des enfants : augmentation de 1 à 2 % par an depuis 30 ans.

Les autorités ferment les yeux, l’État met en avant les comportements individuels, niant les facteurs environnementaux. m.reporterre.net/Cancers-des-en…

« Fumées noires et Gilets jaunes » : après l’accident de Lubrizol, la revue Z propose une plongée dans la gestion gouvernementale du risque industriel comme avant goût de l’État de catastrophe. m.reporterre.net/Les-revoltes-d…

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