Quelques bons points dans la chronique de @kick1972 ce matin.
On ne recevait pas de menaces de la part de gens qui pensent que les pyramides ont été créées par les ET.
Derrière le mouvement conspirationniste moderne: un autoritarisme sous-jacent. 1/
plus.lapresse.ca/screens/abf361…
Je pense beaucoup à cette vidéo géniale de @FoldableHuman sur ce mouvement. Allez voir ça, pour vrai.
Je m'interroge sur la façon dont les médias - je m'inclus là-dedans - parlent du phénomène.
2/
On a beaucoup tendance à mettre en exergue les croyances. "Ils croient que les Démocrates boivent du sang. Eux croient que JFK Jr. est encore en vie."
Je pense qu'il y a là un danger d'en faire un show. C'est ce qui est sous-jacent qui devrait être le sujet de discussion. 3/
En-dessous de tout ça, il y a tout simplement une pulsion autoritaire. C'est ça que les gens tentent d'exprimer quand ils viennent traiter un journaliste de traître (occurrence fréquente pour moi) ou menacent un politicien en direct sur Facebook. 4/
Le message, c'est: "toute personne qui raconte quelque chose qui ne me plaît pas doit disparaître."
Ça va des scientifiques, aux activistes, aux personnes qui expriment des opinions avec lesquelles ils ne sont pas d'accord. Ces gens doivent se taire ou subir des conséquences. 5/
Prenons QAnon, au coeur de tout ça. C'est un mouvement fondé sur le désir que le président américain publie une liste d'indésirables qui seront ensuite envoyés au cachot - ou pire - sans procès.
C'est un désir fondamentalement, explicitement fasciste. 6/
QAnon dit que ces gens-là le méritent parce qu'ils font partie de la "cabale" ou qu'ils sont des "traîtres".
Curieuse coïncidence que tous ces gens expriment des choses avec lesquelles le mouvement n'est pas d'accord.
C'est une figure de style qui sert de justification. 7/
Cette pulsion autoritaire se butte contre des choses, comme les changements climatiques ou une épidémie, qu'on ne peut pas faire taire ou envoyer en prison.
La cible devient donc toute personne qui en parle, comme si le fait d'en parler était la cause du problème. 8/
Le problème, pour eux, ce n'est pas la brutalité policière, c'est les gens qui la dénoncent.
Ce n'est pas l'épidémie, c'est les gens qui essaient de la décrire et de l'étudier.
Ce n'est pas le climat, c'est Greta Thunberg. 9/
Tout problème qui bouscule le statut quo et qui est impossible à régler avec une démonstration de pouvoir absolu est donc une mise en scène et toute personne qui en parle doit se taire. Ils rêvent qu'un homme fort viennent tout régler, faire disparaître ceux qui les dérangent. 10
C'est l'essence de ce mouvement, et ils ne pourraient pas être plus clairs là-dessus. Nous aussi, nous devons être clairs.
Il est tout à fait ok de se poser des questions ou de critiquer des mesures de santé publique. Mais quand le jupon autoritaire dépasse, il faut le dire. 11/
Ce n'est pas tout le mouvement anti-covid qui a pris ce tournant, mais c'est devenu un important lieu de rencontre pour que ces discours autoritaires se décomplexifient (comme en témoigne notre inbox). La pandémie sert de justification pour identifier les "traîtres".
12/
Ironiquement, beaucoup d'entre eux disent se battre contre une "dictature" (d'indésirables), tout en souhaitant vouloir que Trump vienne "faire le ménage" ici.
Ce n'est pas la "dictature" qui les dérange, mais bien les personnes qui représentent le pouvoir actuel. 13/
C'est une frange extrémiste, mais elle gagne du terrain.
Écoutez-les quand ils parlent, ils vous disent exactement ce qu'ils croient. Il vous donnent leur vision du monde.
Ça ressemble plus à The Turner Diaries qu'à The X-Files.
FIN
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