Une réflexion qui me paraît très utile pour dépasser ces débats naphtalinés sur la taille des jupes et la visibilité des nombrils.
Parce qu'au final, on a toutes et tous consciences que certaines personnes sont statistiquement plus touchées que d'autres par les agressions. Par ex, les femmes savent qu'elles auront globalement un peu plus la paix après 35 ans qu'avant 25 (même s'il y a des exceptions!)
Face à cette relative hétérogénéité (je dis relative, car je ne connais pas de femme qui n'a jamais connu aucune forme d'agression sexiste/sexuelle, ou de harcèlement de rue), on ne peut pas s'empêcher de formuler des hypothèses.
Les réacs disent "c'est la faute à la taille de la jupe/de la couleur du rouge à lèvres/du taux d'alcoolémie/...!" Evidemment, ils ont tort parce que, outre le victim-blaming insupportable, ça ne marche pas statistiquement.
De l'autre côté, on dit alors "c'est la faute des agresseurs!". Ce qui est la stricte vérité sur le plan causal ( = il n'y aurait plus d'agression si les agresseurs arrêtaient d'agresser) mais qui ne nous fournit aucun élément explicatif quant à la disparité statistique.
D'où l'intérêt de considérer l'hypothèse dans ce thread. A savoir: les agresseurs agressent les personnes qu'ils perçoivent comme une proie.
Cela n'enlève en rien leur responsabilité aux agresseurs. Ca n'implique en rien une responsabilité de la victime. Mais ça donne peut être collectivement des outils de changement un peu plus rapides que d'attendre que les agresseurs veuillent bien arrêter d'agresser.
Après, je ne suis pas en train de dire un truc du genre "tu n'as qu'à pas te comporter comme une proie" ce qui serait sacrément dégueulasse et totalement illusoire.
Parce qu'il est probable qu'on soit sur des micro comportements, des micros détails totalement incorporés, totalement inconscients, totalement anodins, que les agresseurs (qui se comportent comme des prédateurs) seraient par contre très doués pour repérer.
Les femmes n'ont absolument pas le devoir de changer leur comportement pour limiter des agressions dont elles ne sont en aucun responsable, mais il y a peut être quelque chose à creuser de ce côté là pour qu'elles se sentent moins impuissantes face à ça (c'est d'ailleurs un peu
l'objectif des groupes d'auto-défense féministe (qui ne se résument pas qu'à des techniques de combat de rue mais aussi de travail de posture, de répartie, de capacité d'action).
Cette réflexion rejoint complètement la perspective du livre sur le harcèlement scolaire dont j'ai récemment parlé de @DrPhilippeAim et qui me semble vraiment intéressant à envisager.
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