Patrick Déry Profile picture
Fact-checkeux. Obstineux. Analyste de politiques publiques.

Oct 3, 2020, 17 tweets

Le Québec est à nouveau la province la plus durement touchée par la pandémie.
Le leadership de crise explique en partie cette situation et notre piètre bilan.
Mon texte dans @LP_LaPresse
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À lire ici👉 plus.lapresse.ca/screens/627899…
👉Condensé en 17 tweets👇
#covid19Qc

Le Québec rapporte près de 3x plus de nouveaux cas que l’Ontario et l’Alberta, en proportion, et 5x plus que la C-B.
Pourtant, en août, le Québec était nettement sous l’Ouest et au niveau del’Ontario. L’effet de la semaine de relâche –qui a eu le dos large– était terminé.
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Une partie de l’explication de notre bilan tient à des facteurs structurels: une forte centralisation, une bureaucratie paralysante et un faible recours aux technologies (du moins celles qui sont nées après le fax…).
Le leadership de crise a cependant aussi joué un rôle.
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À maintes reprises, la stratégie s’est mise dans le chemin de la reddition de comptes:
-les scénarios de la pandémie qu'on refusait de dévoiler;
-les listes des CHSLD, qui ont disparu avant de revenir, amincies;
-l’annulation des bilans quotidiens, repris devant le tollé.
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Récemment , le Québec refusait de rendre publics les critères des différents paliers de couleur et les mesures qui accompagnent le passage d’une région au🟡,🟠ou🔴.
Pourquoi peut-on avoir le plan islandais et pas le nôtre? Ce n’est pas ainsi qu’on suscite la confiance.
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L'application de contact: il était plus important de donner un contrat à une entreprise locale, pour une chose qu'Ottawa avait déjà payé, que de tout faire pour ralentir le virus.
On a perdu deux mois pour ça.
Ça donne envie d’échanger le Panier bleu pour une colère noire.
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Pourquoi la Santé publique n’a-t-elle découvert qu’à la fin mars que les porteurs asymptomatiques pouvaient être contagieux? On la savait depuis la fin janvier et nombre d’articles ont circulé.
La Santé publique a-t-elle une revue de presse? Son directeur la lit-elle?
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On l’a vu avec le masque.
Son adoption précoce en Asie et dans certains pays d’Europe a mené à des scénarios fort enviables. Pendant que notre gouvernement focalisait sur les problèmes d’autocontamination très théoriques, les Tchèques sortaient leurs machines à coudre.
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On l’a vu pour le retour à l’école.
Le plan du Ministère insiste sur le lavage des mains et la désinfection des surfaces, mais ne dit rien sur la ventilation des classes. Pourtant, on sait depuis des mois que la transmission du virus est principalement aérienne.
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Cette semaine, Dr Arruda expliquait qu’il trouvait les rassemblements à l’extérieur de l’école plus dangereux qu’une journée en classe sans masque.
Une telle affirmation est inquiétante.
C’est à l’intérieur que le virus fait des ravages, pas dans les parcs et les manifs.
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La communication de crise est catastrophique. Les interlocuteurs se succèdent au fil des points de presse, se contredisant entre eux et parfois face à eux-mêmes:
-Le masque est inutile
-Le masque est dangereux
-Le masque est recommandé
-Le masque est obligatoire...
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Une salle de spectacle désertée aux 3/4, c’est trop.
Plus que 25 personnes sur une patinoire, au plafond de 30 pieds, c’est risqué.
Deux familles qui dînent ensemble dans un parc, c’est dangereux.
Mais 35 élèves dans une classe mal ventilée, c’est tout à fait correct.🤷‍♂️
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Le 25 août, tout le Québec était🟢. Certaines ont eu le temps –statistiquement– de passer au🔴avant que le gouvernement ne se décide à mettre en place quelques-unes des mesures pour une zone🟠.
On reste avec l’impression que nos décideurs ont été pris de court.
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On a refermé des endroits où l’on recensait peu ou pas de cas (comme les musées et les salles de spectacle) sans rien changer pour d’autres où l’on trouve bien plus d’éclosions (les milieux de travail et les écoles).
On agit pour agir, mais sans viser les bonnes cibles.
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On a demandé aux gens de ne pas se faire tester alors que les cas augmentent, et ceux qui le font attendent parfois plus d’une semaine avant de recevoir un résultat positif.
On arrête de vivre ou prend une chance...
Ça fait six mois, pourquoi n’est-on pas encore prêt?
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Même les mouvements de personnel, si mortels, se poursuivent.
La pénurie n’est pas une excuse: saupoudrer des employés parmi les établissements n’augmente pas leur nombre d’heures. C’est avant tout un problème d’organisation qui n’est toujours pas réglé.
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Le gouvernement n’est pas responsable de tout ce qui a mal viré au printemps.
Mais six mois ont passé depuis et le feu était pratiquement éteint en août.
La crise de l’automne lui appartient.
Le temps des excuses est passé. On doit élever le niveau de jeu.
Maintenant.
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