Total soutien à cet élu socialiste qui ose dire ce dont il est victime en tant que blanc. Et oui. À mille lieues des bons sentiments et des belles idées, qui pullulent au sein d'une certaine gauche que je connais par cœur, ce racisme existe. 1/17
Il est le fait d'une minorité qui, année après année, grandit parce que nous refusons de nommer les choses pour ce qu'elles sont. De 1996 à 2016 j'ai eu à traiter des comportements délinquants d'une minorité d'individus au sein d'une communauté méconnue. 2/17
Bien que lourd de conséquences, dans certains cas les actions entreprises ont conduit des individus en prison, cet engagement était motivé par le refus que l'opprobre ne soit jeté sur TOUTE la population. Je suis depuis toujours attaché au discernement. 3/17
J'étais directeur d'une association socio-culturelle. J'ai dû affronter les critiques de certains de mes collègues pour lesquels une expulsion ou une plainte pouvant conduire à ce qu'un sursis tombe était exclues. Je n'ai jamais cédé, et peu à peu tous ont compris. 4/17
Je ne m'attardais pas à l'individu visé par la procédure, mais au reste de la population qui dans son immense majorité aspirait à vivre calmement. De mois en mois, une certaine exemplarité s'est installée. Nous n'avions plus de racailles ni de familles déviantes. 5/17
C'est dur à tenir, mais sincèrement je crois que nous sous-estimons à quel point nos sociétés se meurent à croire qu'elles pourront sauver tout le monde. Le respect de la règle, ou la justice, saisie et appliquée à temps, sont les remparts de la démocratie. 6/17
Mais bon sang, que n'ai-je vu au sein des corporations de travailleurs sociaux (dont j'ai fait partie), des enseignants et plus globalement encore des "causeurs" de grandes et belles paroles qui toutes ou presque ont conduit à l'exact inverse des prétentions affichées ! 7/17
J'ai quitté ce monde en 2006, désireux de mener à bien et à ma façon de nouveaux projets, conscient que la risquait de s'aggraver. Nous sommes si faibles face à des minorités agissantes qu'elles font des émules en promouvant des contre-cultures. Il n'est pas trop tard 8/17
Mais presque. Alors où est le problème, le fond du problème ? J'ai une hypothèse, contrintuitive. J'ai souvent observé que les "bien-pensants" méconnaissaient la population qu'ils prétendent "défendre". Beaucoup d'idées reçues, d'amalgame, une indéniable caricature. 9/17
Bref, une approche essentialiste, réduisant une population à une perception globalisante, comme le font les groupes racistes. Et, à l'inverse, presque paradoxalement, une bonne connaissance du milieu par ceux qui agissaient pour faire appliquer le règlement ou la loi. 10/17
Les racistes ne sont pas forcément ceux qui crient au racisme. Ces derniers dénoncent ce qu'ils perçoivent comme raciste chez ceux qui, à un moment donné, sanctionnent une personne pouvant être associée à un groupe donné ? Il n'est pas rare d'être face à la "projection". 11/17
Un mécanisme bien connu en psychologie qui consiste à projeter chez l'autre une caractéristique qui est en nous mais dont nous n'avons pas conscience, ou qu'il nous est difficile d'accepter. 12/17
cairn.info/revue-francais…
Ainsi on projette sur le policier qui contrôle un individu, le fait qu'il le ferait sans bonne raison, en ignorant ses motivations, alors qu'au fond, c'est nous-même qui, parce que nous percevons l'autre comme "différent", ne le voyons pas comme un individu à part entière. 13/17
C'est vite dit, trop résumé, mais voici l'idée. Et, d'années en années, parce que d'un côté comme de l'autre nous manquons de nuance, que nous ne traitons pas ce qui doit l'être, que nous ne prenons pas les bonnes décisions, que nous avons peur d'être qualifié de raciste... 14/17
.. la délinquance et les comportements déviants griment, des contre-cultures se créent, les ressentiments se nourrissent des incompréhensions mutuelles, nous nous divisons. Parce que ne savons pas nommer les choses, que nous laissons trop de place aux "bons sentiments". 15/17
Alors qu'à la base ce ne sont que quelques individus qui posent un problème ! C'est sidérant ! Non, il n'est pas trop tard, mais presque. Et en tous cas c'est d'une prise de conscience collective dont nous avons besoin, de la base jusqu'au sommet de nos démocraties. 16/17
Car pendant que nous déchirons sur ces sujets, que des positions caricaturales déchainent les passions, certains observent et posent leurs pièces sur l'échiquier national. Le sentiment de toute puissance galope, et il devient de plus difficile d'agir. Pas trop tard, non, mais...
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