Chaque année, 10 millions d’euros sont donnés aux chasseurs pour mettre en place des actions de protection de la biodiversité. Mais cet argent public sert en réalité à défendre les intérêts cynégétiques. Mon enquête à lire demain dans @Charlie_Hebdo_
Ce dispositif, appelé « écocontribution », a été mis en place par Emmanuel Macron, soucieux de se montrer proche du monde rural. En regardant en détail les 756 projets financés, on est d’abord frappé par l’extrême flou qui les entoure.
En 2019, la Fédération des chasseurs de Normandie a par exemple reçu 175 000 euros pour élaborer un « schéma régional de contribution des acteurs cynégétiques à la gestion de la biodiversité ». Interrogée, la Fédération nationale n’a pas donné plus d’informations sur le contenu.
Parfois, les projets sont plus explicites. Surtout lorsqu’il s’agit de défendre directement les intérêts des chasseurs. En 2022, la Fédération de Charente-Maritime a reçu 42 000 euros pour… « valoriser » et « préserver » cinq de leurs propriétés.
Des études sur les connaissances d’animaux sont aussi financées : 23 000 euros pour définir des critères destinés à déterminer l’âge et le sexe des vanneaux huppés. Problème : les informations sur cet oiseau sont déjà connues depuis des décennies, rappelle un scientifique.
Pourquoi, alors, subventionner de tels projets ? « Si aucune donnée scientifique n’est récoltée, la chasse [de cette espèce] ne pourra perdurer », explicite le site J’aime la chasse. L’enjeu pour les chasseurs est donc d’avoir leurs propres études, afin de défendre leur «loisir».
Beaucoup de projets financés par l’écocontribution concernent aussi des actions de sensibilisation à la nature. En 2022, la Fédé d’Ile-de-France a reçu 190 000 euros pour en mener dans les écoles. « Nous ne faisons aucun prosélytisme prochasse », assure-t-elle.
Les associations de protection de l’environnement, elles, sont plus inquiètes. « Selon nous, il y a une volonté d’infiltrer les établissements scolaires pour donner une image positive de la chasse et recruter plus tard ces jeunes », explique Richard Holding, de l'@ASPASnature
@ASPASnature A l’Office français de biodiversité - l’organisme public chargé de gérer cette écocontribution - on est aussi très critiques vis à vis de ce fonds. Surtout depuis que le Conseil scientifique a émis un rapport dénonçant la « mauvaise qualité » de ces projets.
@ASPASnature Des membres nous ont confié, souvent anonymement, que ces 10 millions d’euros étaient en réalité « un cadeau » pour les chasseurs. Certains s’alarment aussi du manque de retour sur l’ensemble des projets réalisés depuis 2019. Alertée, la Cour des comptes travaille sur le sujet.
@ASPASnature Et pour lire l'article en ligne, c'est ici :
charliehebdo.fr/2023/07/ecolog…
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