DERMATOSE NODULAIRE CONTAGIEUSE BOVINE
Bon. Vous me faites chier. Faut que je retourne au charbon. C‘est le bordel sur les réseaux là.
On va expliquer 2-3 trucs parce que toute cette histoire, c’est juste que personne n’a rien compris à la maladie.
Alors la DNC, qu’est ce que cé ? C’est une maladie virale dû à un Poxvirus. Pox, dans le jargon médical ça veut dire pustule. Ca fait donc… des pustules. Une sorte de variole quoi. Mais pas que.
Le symptôme majoritaire reste des nodules cutanés extrêmement douloureux, associé a un état fébrile, une baisse d’état général et parfois la mort. Le gros problème reste quand même économique : chute de production et cuirs non valorisables.
C’est une maladie qui ne se soigne pas. Genre absolument pas. Par pitié, ne croyez pas les toubibs rebouteux de comptoir qui vous vendent de l’ivermectine et de la fleur de bach. Y’a pas de traitement. Point.
Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une zoonose. En gros, ça ne se transmet pas à l’homme. Pour autant, elle reste extrêmement grave, son impact économique est tel qu’elle est en passe de mettre à genoux la TOTALITE de l’élevage bovin français. Donc tuer des éleveurs.
Il est donc vital et urgent d’enrailler la propagation de cette maladie. Le problème, c’est que c’est pas un simple rhume le machin. Vous vous rappelez du covid et a quel point vous étiez perdu ?
Et ba là c’est pire. 100 fois pire. Pour 3 raisons :
1 : c’est une maladie vectorielle.
Pour qu’il y’ait transmission, il faut inoculer le virus dans la vache, comme si on le lui injectait directement. Et dans la nature ça se fait via les moustiques. Ou les mouches. Ou les taons. Bref. Des bebetes qui volent et qui piquent.
Et c’est très relou ça. Parce qu’un moustique, ça vole, loin, très loin. Et ça peut passer d’un élevage à l’autre, d’une commune à l’autre et infecter tout le monde. En gros, t’auras beau faire toutes les quarantaines que tu veux, ça passera quand même.
Ca pose également des problèmes en termes de détection. Si une vache est malade et que tu teste tout le troupeau à l’instant t, qui te dit que le moustique ne va pas piquer une vache négative 2 jours plus tard ? donc tester comme pendant le covid : pas ouf
2 : le temps d’incubation est long
C’est le temps nécessaire entre l’infection et l’apparition des symptômes. Pour le covid par exemple c’était 2-3 jours. Bon. Ba là c’est plutôt 15 jours. Voire 28. Le virus a largement le temps de se balader avant qu’on s’en rende compte…
3 : la morbidité est variable
Ca c’est le nombre de malades sur la totalité des individus. Et il varie selon les sources. On parle beaucoup de 20-30% actuellement, mais dans certains pays on parle plutôt de 50%, voire 90% pour les territoires naifs.
Ce qui est très chiant parce qu’aucune prédiction n’est possible. Si une bete est touchées, on a aucun outil statistique pour se dire que la voisine est porteuse ou non. C’est le flou et on n’y peut strictement rien…
Les conséquences de ça c’est que :
1 : les quarantaines et analyses sanguines ne servent strictement à rien
2 : la maladie évolue lentement et a le temps d’infecter tout le monde avant d’etre visible
3 : on ne peut rien prédire.
Vous vous rappelez du covid ? On nous a mit en quarantaine, on a testé puis vacciné. Et ça a gueulé, fort, très fort. Et ça a quand même foutu le bordel. Et ba là, avec ce que je viens de dire, c’est pas la même tisane. C’est pire.
Mais pas insurmontable. Comme très souvent dans ce genre de situation, les solutions viennent par une association de plusieurs mesures. Ici, on parle de 2 choses : l’abattage des troupeaux infectés et la vaccination.
Pourquoi l’abattage ?
Parce qu’on l’a vu, quand une vache présente les symptômes, il est déjà trop tard. On ne sait pas si les copines à coté sont porteuses ou non, ou même si elles le seront dans 10 jours. Et faire de l’abattage partiel, c’est repousser le problème a plus tard.
Et pendant ce temps, les mouches vont bien s’amuser, passer d’une vache à l’autre, puis d’un élevage à l’autre, puis une commune, puis une région… Ainsi, réduire les potentielles sources d’infection est une urgence absolue.
C’est mathématique. Moins il y’a de vache infectées ou potentiellement porteuses, moins le facteur de contamination est grand et moins le nombre de betes touchées est important. C’est une course contre la montre à 3 ou 4 inconnues…
A quoi sert donc la vaccination ?
Elle arrive en complément de l’abattage. Un élevage est touché, on bloque tout le monde dans un perimetre de sécurité autour. Dans ce périmètre, on vaccine. Ainsi, si et seulement si, la maladie n’a pas visité les voisins, ça les protège.
On créé ainsi un cordon sanitaire autour de l’élevage impacté, freinant la propagation et nous offrant un peu plus de temps pour mettre en place des mesures au niveau national. Parce qu’on ne l’oublie pas, il y’a le feu.
La vaccination à l’échelle nationale elle, est impossible à l’heure actuelle. Il faut absolument préserver les doses et les moyens humains pour contenir la maladie aux seules zones touchées. En gros, on veut gagner un maximum de temps.
Ainsi, ma conclusion ne va très clairement pas vous plaire parce qu’elle est radicale.
Oui, l’abattage total des troupeaux infectés est une mesure urgente et nécessaire.
C’est ainsi. L’histoire de l’épidémiologie vétérinaire est constituée presque constamment de sacrifices. Mon grand père à connu la brucellose, puis la tuberculose. Plus récemment, il y’a eu l’ESB, puis la fievre aphteuse ou encore la grippe aviaire.
L’émotion est forte, je le concède et je n’ose imaginer la détresse des éleveurs touchés. Mais il faut bien se rendre compte qu’une telle décision ne se prend pas d’un claquement de doigts par un stagiaire du ministère pour des raisons obscures.
C’est le fruit du travail de nombreux spécialistes, nombreuses études de cas et la réponse à une question morale : Doit on prendre le risque de perdre des millions de bovins et leurs éleveurs pour en sauver quelques centaines ?
Bien évidemment je tiens à apporter mon soutien sans faille et ma compassion la plus profonde aux éleveurs touchés. Votre sacrifice et votre dignité honore votre profession, qui je l’espere s’en rendra compte en temps venu.
Je tiens également à apporter mon soutien et mon affection à mes confrères et consoeurs qui ont la lourde tache d’effectuer un des actes les plus difficiles qu’il nous est donné de faire, le tout en étant insulté et en emportant les images dans leur têtes.
@Nain_Portekoi Il faut faire attention néanmoins a nuancer les comparaison, la sardaigne et la réunion sont 2 iles, la gestion est très différente. Les balkans et la grece ont beaucoup moins de bovins, donc ont eu toutes les doses de vaccins nécessaires, ce qui va etre un défi pour nous.
@Nain_Portekoi De meme, les pays Africains pour la plupart ont décidé de laisser faire. Ce qui a été catastrophique mais assez peu documenté, car le poids de l'élevage dans ces pays est moindre et non exportateur.
@AlexBaumann75 C'est résumé hein, parce qu'en vrai y'a des notions d'asymptomatiques, de portage latent, de charge virale non detectable, etc. Mais rien qu'avec la notion de maladie vectorielle, le test de tout le troupeau est pas super utile.
@apacheco73 A mais c’est Alain!!! A mais putain il m’avait presque manqué lui! Completement taré ce mec, il est haut, loin, c’est notre petite étoile a nous, fantastiquement perché!😍
@A_de_Faletans @Giosi_Borselli @rgrippay En fait, c’est pas tres compliqué: la seule chose qu’on produit avec les carcasse d’equarissage, c’est il me semble, de l’electricité. On brule les corps, on recupere de l’energie, pour rebruler les corps derierre. C’est tout.
@agritof80 @laranquette @Nain_Portekoi (Mais un de mes meilleurs rempla la picardie. Beaucoup trop d’amour pour ce peuple.🥰)
@agritof80 @laranquette @Nain_Portekoi @TomAgri61 @Guy__Moux Mais vrai truc: l’orne et la Picardie, meilleure surprise. J’en attendais rien, et c’etait incroyable. Je reviendrais, tkt.😉
@ame_ism L’abattage permet d’enrailler rapidement et efficacement la maladie et ne pas laisser une situation perdurer dans le temps. Si vous souhaitez aller plus loin, le thread de @laranquette est assez clair la dessus:
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