Une étude récente s’est penchée sur les effets cardiaques du Covid chez l’enfant, jusqu’à environ 7 mois après l’infection, en comparant des enfants en post COVID à des enfants jamais infectés.
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Les chercheurs ont inclus 137 enfants ayant eu le Covid et 79 enfants témoins, tous sans maladies chroniques connues.
La majorité des enfants infectés avait eu une forme légère, mais un sous-groupe avait eu des formes modérées à sévères.
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Environ 1 enfant sur 4 dans le groupe post-Covid rapportait des symptômes compatibles avec un Covid long.
Le symptôme le plus fréquent était la fatigue, les symptômes cardiaques déclarés étaient rares.
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Les examens cardiaques classiques (échographie standard, fonction globale du cœur) étaient normaux chez les enfants post-Covid, et comparables à ceux des enfants témoins.
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Mais les chercheurs ont utilisé un examen plus fin : le strain longitudinal global, qui mesure la façon dont le muscle cardiaque se contracte au niveau microscopique.
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Résultat : les enfants ayant eu le Covid présentaient un strain cardiaque diminué, signe d’une altération subtile du fonctionnement du ventricule gauche, invisible aux examens standards.
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Cette anomalie persistait même après avoir tenu compte de l’âge, du poids et de la tension artérielle.
Elle était plus marquée chez les enfants ayant eu un Covid modéré à sévère.
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Autrement dit : le cœur fonctionnerait normalement à première vue, mais travaillerait de façon moins efficace quand on regarde de près. C’est ce qu’on appelle une atteinte subclinique.
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Sur le plan biologique, les enfants ayant eu un Covid sévère présentaient aussi des marqueurs d’inflammation et d’activation de l’endothélium, suggérant une atteinte vasculaire persistante.
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Les limites : le marqueur principal, le strain longitudinal global (GLS), est un outil sensible mais encore en cours de standardisation, surtout en pédiatrie, et dépend du matériel et de l’opérateur.
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Les résultats indiquent des signaux précoces, qui restent à confirmer par des études longitudinales plus larges.
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Le point positif de l'étude : les mesures cardiovasculaires ont été réalisées par un investigateur formé, en aveugle de l’histoire clinique des participants, et la sévérité du Covid aigu a été évaluée indépendamment et en aveugle des résultats échocardiographiques.
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Ce n’est pas un essai médicamenteux, mais pour une étude d’imagerie, le contrôle du biais semble correct. Des marqueurs biologiques accompagnaient l'étude également.
Cette étude montre donc que, chez l’enfant, le Covid peut laisser des traces cardiaques mesurables,
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sans provoquer immédiatement une maladie cardiaque détectable par les examens habituels.
Point crucial : la fatigue, principal symptôme rapporté, est un symptôme très trompeur, surtout chez l’enfant.
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Elle est facilement banalisée ou non reliée à des atteintes à vérifier, alors que de nombreuses maladies cardiaques entrainent ce symptôme.
Or, si l’on se limite aux examens standards, ces atteintes passent inaperçues, ce qui ne signifie pas qu'elles n'existent pas.
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Chez l’adulte atteint de Covid long avec symptômes cardiovasculaires, la recherche a déjà identifié des atteintes similaires du ventricule gauche, parfois longtemps après l’infection, malgré des examens classiques normaux de départ.
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Les données pédiatriques vont dans le même sens.
Le risque, si ces atteintes ne sont pas détectées, n’est pas forcément immédiat. Le risque est de ne pas comprendre l’origine des symptômes, de ne pas suivre les patients, et de passer à côté d’évolutions à plus long terme.
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Le Covid long peut être lié à une atteinte organique réelle, mais + ou - silencieuse. Cela a été montré de nombreuses fois, notamment dans l'étude Recover réinfections & #COVIDlongPediatrique, avec des risques augmentés de conséquences cardiaques.
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La symptomatologie n’est pas toujours ressentie ou exprimée de la même façon, encore plus chez des enfants et ici, les enfants présentaient peu de symptômes cardiovasculaires.
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Avant de nous traiter d’alarmistes, il ne s’agit pas de faire “peur”, mais de reconnaître que des examens standard normaux ne signifient pas toujours “absence de dommages”, que la fatigue peut être révélatrice de problèmes à surveiller, et que certains enfants nécessitent
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un suivi avec une imagerie qui soit adaptée.
Suivi qui n’est toujours pas réalisé chez les COVID long adultes, malgré des éléments plus clairs que ce soit en niveau de symptômes ou en visualisation.
twp.ai/Imuy5k
twp.ai/E6Fitg
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Avec des recommandations d’imagerie de la SEC qui ne sont pas appliquées (à l’exception de l’ECG, sans doute).
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=> Si nous sommes inquiets, c’est parce qu’il semble qu’aucun de ces indicateurs ne soit pris en compte ni aucune réflexion sur l'adaptation des examens de surveillance, et que l'on ne sait pas si cela peut avoir des conséquences plus tard, dans un contexte
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où les réinfections sont fréquentes.
Les signes sont rejetés d’emblée et encore + chez les enfants, alors même qu’iels sont les + exposés en salle de classe. Par ailleurs, il faut penser aux possibles croisements avec d'autres risques
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faisant partie du COVID long et/ou post-COVID (on pense notamment aux diabètes chez les enfants). Qu'on ne vienne pas nous parler des "leçons du COVID" sur la préparation aux futures pandémies dans ce contexte.
#PrincipeDePrécaution
#LeMonitoringIlEstOù ?
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@threadreaderapp unroll please
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