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Entre Ombre et Lumière

Jan 26, 22 tweets

1/22 Affaire Tavernier -@GregoirePerra (Partie 2 )

Nicolas Tavernier passe à la barre.

Et il va vivre une demi-heure difficile, soumis à un questionnement serré de la juge.

2/22
En écoutant la présentation des faits et l’exposé sur l’anthroposophie, j’avoue avoir été inquiet quelques instants.
Mais la suite me donnera tort, la juge maîtrisait manifestement son sujet.

3/22
"Pourquoi s’en prendre ainsi à Grégoire Perra ?" demande la juge.

Nicolas Tavernier explique avoir quitté les écoles Steiner, où il a été élève, il y a plus de trente ans.
Il affirme n’avoir aucun lien avec ce milieu, ni avec l’anthroposophie, qu’il dit ne pas connaître.
Il indique avoir découvert Grégoire Perra à la suite d’un entretien publié dans Le Point, dans lequel celui-ci qualifiait les écoles Steiner de sectes,
et avoir alors sollicité un droit de réponse auprès de la revue, de sa propre initiative, dit-il, et de manière indépendante.

Il ajoute qu’en tant qu’ancien élève et fils de Janine Tavernier, ancienne présidente de l’UNADFI,
il savait parfaitement ce qu’est une secte...
et que, selon lui, les écoles Steiner n’en sont pas une.

4/22
La juge poursuit en soulignant une contradiction.

Elle relève que si Tavernier affirme n’avoir aucun lien avec ce milieu, pourquoi avoir devenir président de l’ANPAPS, une association qui promeut la pédagogie Steiner-Waldorf.
Elle qualifie elle-même cette situation de paradoxale.

5/ 22
Quand la juge pointe ce paradoxe, Nicolas Tavernier répond sans hésiter.

Il explique avoir agi parce que, selon lui, la pédagogie Steiner-Waldorf est une belle pédagogie qu’il souhaitait défendre.
Il affirme également que Grégoire Perra ment sur tout.
Dans cette logique, rejoindre l’ANPAPS et rédiger les communiqués, dont celui aujourd’hui en cause, relèverait, selon lui, de simples droits de réponse.

6/22
Et là, intérieurement, je me pose une question toute simple.
Pourquoi pas défendre une pédagogie, après tout.
Mais pourquoi le faire à coups d’insultes et de diffamations, plutôt que de traiter le fond ?
Et pourquoi, au passage, offrir une telle exposition à Perra ?
C’est précisément dans ce sens que la juge va formuler sa question suivante.

7/22
Nicolas Tavernier explique que Grégoire Perra ne représenterait pas seulement lui-même, mais aussi la MIVILUDES, qui le citerait systématiquement depuis des années. Sauf lors de la dernière publication, ce qui prouverait, selon lui, que même la MIVILUDES commencerait à « comprendre la situation ».

J’ai alors le sentiment d’assister à une contradiction quasi immédiate.
En deux phrases, le propos se retourne sur lui-même,
sans que cela ne semble poser problème à celui qui le tient.

8/22
Le discours s’élargit encore, et il me semble que si ce n'est pas du complotisme, on n'en n'est pas loin.

Perra et "ce qui est derrière lui" sont décrits comme une sorte de pieuvre, entouré de fidèles fanatiques, mettant en scène un combat personnel, jusqu’à évoquer une chanson où il se représenterait comme Golodorak, héros affrontant l’anthroposophie.

Et cela se conclut par une affirmation qui me sidère... "il écrit des milliers de tweets par jour, dit-il,
dirigés contre la pédagogie Steiner-Waldorf."

Ce chiffre aura tendance à augmenter à chaque fois que Tavernier l'utilisera comme argument.

9/22
À ce moment-là, Tavernier est très nerveux.
Il hausse le ton, bégaye, se retourne sans cesse vers l’avocat de Grégoire Perra.

Et j’ai alors cette image qui s’impose à moi, celle d’une toile d’araignée.
Plus la juge pose ses questions, plus il s’agite. Et plus il s’agite, plus il semble s’y enliser.
Le pire, c'est que je crois que Tavernier s'en rend compte.

10/22
Là, la juge déroule la litanie des insultes.
Une à une. De mémoire. Sans texte sous les yeux.
Et elle lui demande simplement s’il ne pense pas être allé trop loin, notamment en traitant Grégoire Perra d’agresseur sexuel.
Et là, je suis, par la force de l'habitude, Tavernier répond que c’est vrai. Qu’il est bien un agresseur sexuel. Et que c’est précisément pour ça qu’il en veut aux écoles Steiner... parce qu’il en aurait été exclu à cause de ça.
Par ressentiment.

11/22

La juge pose alors l’évidence.
Y a-t-il eu une plainte ?
Perra a-t-il été jugé pour cela ?

Et à chaque fois, Tavernier répond "non".

La victime n’aurait pas voulu porter plainte.

"Pourquoi ?" insiste la juge.
"Ça lui appartient", répond Tavernier.

12/22

La juge interprète son texte comme ayant été écrit sous le coup de l’émotion.
Elle lui dit clairement que ses mots vont trop loin.
Et Tavernier, de manière assez incroyable, la contredit.
Il affirme que son texte n’est pas émotionnel, mais journalistique.

Et là, ça devient terrible pour lui. J’ai l’impression de voir quelqu’un se prendre crochet droit, crochet gauche, sans répit.
À chaque tentative de réponse, la juge le coupe net.
"Ça ne se fait pas. BAH OUAIS !!!"

Des "BAH OUAIS" de plus en plus appuyés, de plus en plus sonores.
Jusqu’à la fin de ce qui ressemble à un round interminable pour Tavernier, et pour nous tous dans la salle.

13/22

Non, mais ces "bah ouais" m’ont littéralement tué.

Une adulte s’adressant à un enfant.
Pas un prévenu. Pas un contradicteur.
Un enfant.

Et à chaque nouveau "bah ouais ", la juge s’avance.Les bras écartés, solidement appuyés sur le bureau.
Jusqu’à ce que, j’en ai la sensation très nette, la moitié de son corps surplombe le petit Nicolas.
Une avancée physique. Une prise d’espace. Une domination assumée.

Chaque "bah ouais" est un coup de boutoir supplémentaire.
Pas pour convaincre. Pour faire comprendre.
Et là, dans la salle, on n’assiste plus vraiment à un échange. On assiste à une mise au pas.

14/22

"Quand on écrit un article journalistique, soi-disant,
on prend des précautions. BAH OUAIS !

On utilise le conditionnel. BAH OUAIS !

On met des guillemets quand on rapporte des propos,
quand on cite Perra. BAH OUAIS !

"Ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît…"
On a compris la référence, M. Nicolas Tavernier. BAH OUAIS !

On n’est pas tous bêtes. BAH OUAIS !

On n’accuse pas quelqu’un d’agression sexuelle aussi frontalement quand il n’y a eu ni plainte, ni jugement,
tout au plus une “enquête” issue des milieux anthroposophiques.
BAH OUAIS !

15/22

Sur de nombreux points,que je ne détaille pas ici pour ne pas alourdir, la juge montre qu’elle a parfaitement compris les enjeux.
Notamment le fait que Grégoire Perra constitue la cible à atteindre puisqu’il est, selon les propres mots de Nicolas Tavernier, "le principal fournisseur des journalistes et de la MIVILUDES."
Mais dans ce momentum des “BAH OUAIS”, ce qui importe désormais le plus à la juge, c’est l’accusation d’insulte, le cœur même du procès.
Et là, force est de constater que Tavernier est incapable de produire un argument pour se défendre.
Pire, à chaque tentative d’explication, il s’enfonce un peu plus.

16/22

Et pour cause, il est difficile de défendre l’indéfendable.
Nicolas Tavernier a bien insulté Grégoire Perra dans cet article.
Pour moi, c’est une évidence.

C’est à ce moment-là que je murmure à Stéphanie de Vanssay : "Ça suffit. Il faut arrêter le massacre. On achève bien les chevaux."

17/22

Le massacre s’arrête.
La juge se renfonce dans son fauteuil.

Nicolas Tavernier ne sait plus quoi dire. Il bégaye quelques onomatopées.

Quelques secondes de silence.

Une grande respiration.

Puis Tavernier tente de reprendre le fil.
De se défendre tous azimuts, dans un très long monologue, cette fois sans être interrompu.

18/22

Et il n’y a même plus besoin de l’interrompre.

Pour la juge, c’est inutile.

Nicolas Tavernier est en pleine dissonance, en panique manifeste. Cela le conduit à enchaîner les erreurs, disséminées dans un discours de plus en plus incohérent.
C’est simplement long.

Et je me surprends moi-même, comme les deux autres juges, à plisser les yeux.

19/22

À la fin, la juge demande à Nicolas Tavernier :
" C’est bon, vous avez fini ?" un peu cinglant.
Il répond que oui.

C’est alors à l’avocat de la défense de prendre la parole.
Une tirade longue, théâtrale, où il tente de reprendre l’espace.
Mais à l’écoute du fond, il ne reste pas grand-chose.
Sinon, encore et toujours, la tentative de faire exister un vice de procédure.

Puis vient le tour de l’avocat de Grégoire Perra. Et je me surprends à craindre que, si le rythme ne change pas,
on finisse par m’entendre ronfler dans la salle.

20/22

Adieu belle Morphée.
La plaidoirie de l’avocat de Perra agit comme un réveil brutal un lundi matin.

Je n’ai pas aimé.

Le rythme change d’un coup.
Le vice de procédure est expédié.
Et les coups partent, crochets sur le foie, uppercuts au menton.

21/22

- Prétendre "s’y connaître en matière de sectes" parce qu’on est le fils de Janine Tavernier n’a aucun sens.
On peut très bien être le fils d’Einstein et être nul en maths.

- Dans ce milieu, personne ne se connaît, tout le monde se connaît.
Et personne ne connaît l’anthroposophie.
Personne n’est anthroposophe.Sauf qu’ils sont tous là.
On ne sait pas trop pourquoi.

- Perra a gagné tous ses procès contre l’anthroposophie.
Est-ce pour cela que vous en êtes arrivés à l’insulter ?
À le diffamer ?

- Ce n’est plus de la défense de l’anthroposophie,
ni même de la pédagogie Steiner.
C’est de l’acharnement.

- Qu’on soit énervé, qu’un mot dépasse les autres, ça arrive à tout le monde.
Mais "agresseur sexuel", non, c'est trop.

- Et cette accusation revient à chaque procès.
Et à chaque fois, comme aujourd’hui, elle est jugée irrecevable en l’état par le parquet.

- D’un côté, l’entreprise millionnaire de l’anthroposophie.
De l’autre, Perra. Ses petits bras. Ses petites mains.
Qui tweetteraient - c’était quoi le chiffre déjà ? -
200 000 fois par jour.

- Le blog de Perra, vous l’avez lu, Madame la Juge ? Non ?
Normal. C’est un truc de niche. Dense. Ardu.
Illisible, sauf pour ceux qui savent déjà de quoi il est question.
Mais ça gêne l'anthroposophie.

22/22

Aujourd’hui, 26 janvier, c’est le jour de la décision.

Et pour reprendre les mots de Stéphanie de Vanssay :

"Difficile de ne pas voir une entreprise méthodique de discrédit : isoler, salir, semer le doute, réécrire les faits.
Une stratégie qui vise à réduire au silence un témoin dérangeant pour protéger un système opaque qui refuse la lumière."

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