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JURDI a pour but de contribuer à la promotion, au respect et la mise en œuvre du droit international dans le contexte notamment du conflit israélo-palestinien.

Feb 21, 18 tweets

đź§µ Le gouvernement dit vouloir lutter contre les fake news.
Au dîner du CRIF, le Premier ministre a pourtant multiplié les approximations et contre-vérités juridiques sur Gaza et le génocide.
JURDI debunk. ⬇️ 1/18
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2. En 20 minutes, Lecornu a réussi à :
- minimiser les crimes israéliens
- passer sous silence les décisions judiciaires
- déformer la notion de génocide
– attaquer une experte de l’ONU
– défendre une loi liberticide
Analysons froidement cet exploit.

3.🔹1. Minimisation des crimes.
Pour répondre aux critiques contre Israël, il affirme : « Les gouvernements se critiquent mutuellement, c’est la vie normale des démocraties. »
Non. On ne parle pas d’un simple désaccord diplomatique mais de la condamnation de crimes internationaux

4. Depuis 1967, la colonisation israélienne est condamnée par le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale, la CIJ et les mécanismes onusiens. Sans la moindre conséquence pour Israel qui continue à agir en toute impunité.

5. Le Premier ministre reconnaît à demi-mot qu’il « pourrait y avoir des crimes de guerre ».
Or Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité. Et la quasi-unanimité de la communauté juridique conclu désormais au génocide.

6.🔹 2. L’effacement des décisions internationales
Mais ça Lecornu le passe sous silence. Dans son discours, pas un seul mot sur :
– ls rapports de l’ONU
– les ordonnances de la CIJ
– les avis consultatifs récents
– les mandats d’arrêt de la CPI
Ce silence est coupable.

7. Il est d’autant plus coupable que le juge français qui a confirmé les mandats d’arrêt contre Netanyahu est aujourd’hui sanctionné lourdement par l’administration Trump pour avoir exercé sa fonction. Un abandon politique assumé.

8.🔹 3. La négation du génocide.
Le Premier ministre parle “d’instrumentalisation”.
Rappel : le génocide est défini par la Convention de 1948 et l’article 6 du Statut de Rome.
C’est une catégorie juridique précise, pas un outil politique.

9. La CIJ, dans l’affaire Afrique du Sud c. Israël (2024), a reconnu la plausibilité d’actes entrant dans le champ de la Convention sur le génocide. Trois ordonnances successives, toute violées par Israel ont confirmé cette alerte.

10. Les plus grandes ONG, la Commission d’enquête internationale et de nombreux experts concluent au génocide.
@jsoufi, en a fait une liste dans un thread spécifique.

11.🔹 4. L’argument démographique
Le Premier ministre invoque l’existence de 20 % d’Arabes israéliens pour exclure tout génocide.
Un argument cynique. Indécent.
Et juridiquement infondé.

12. Le génocide vise la destruction “en tout ou en partie” d’un groupe.
Les accusations portent sur les Palestiniens de Gaza.
Pas sur l’ensemble des citoyens israéliens.
Confondre les deux brouille volontairement le débat.

13. Cet argument ignore aussi les rapports qualifiant le régime d’apartheid et les violations de la Convention contre la discrimination raciale reconnues par la CIJ. Le droit international ne se résume pas à une statistique macabre.

14. 🔹 5. Les Attaque contre @FranceskAlbs
S. Lecornu demande à son tour la démission d’une experte indépendante de l’ONU sur la base des accusations relayées contre elle par UN Watch et Caroline Yadan.
Ces fake news ont déjà été débunkées

15. C’est oublier que les titulaires de mandat sont protégés par le droit international pour garantir leur indépendance.

@JURDI a saisi le Procureur et le Conseil des droits de l’homme.
Les attaquer affaiblit encore plus la crédibilité de la France.

16.🔹 VI. Silence sur les colonies
Pas un mot sur les colonies, sur les Conventions de Genève.
Pas un mot sur l’avis consultatif de la CIJ sur l’illégalité de l’occupation.
Quand le droit dérange, il disparaît du discours.

17. 🔹 VII. La loi Yadan
Enfin, M. Lecornu annonce que le gvt présentera cette loi liberticide.
Confondre antisémitisme et antisionisme est dangereux.
Lutter contre l’antisémitisme est indispensable.
Pénaliser la critique d’Israel fragilise l’Etat de droit

18. Bref, le Premier ministre a confondu droit et politique, et porte atteinte aux principes les plus fondamentaux de la Charte des Nations Unies.
Ce n’est pas une maladresse. C’est le symptôme d’une faillite morale, juridique et politique.

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