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Jul 26, 17 tweets

L'affaire Barbara Butch est un cas emblématique de réécriture du réel, en dépit des faits et des images.

Après 8 jours de délire médiatique, le Parisien dévoile "en exclusivité" la "preuve" du "lynchage" : une bouteille. Une seule. Qui atterrit au pied de la scène.

On ne sait pas si le projectile est en verre ou en plastique. Toujours est-il qu'il arrive à plusieurs mètres de la DJ.

Il part du fond de la foule, loin des manifestants pro-palestinien. Cette bouteille risque d'ailleurs plus de toucher ces manifestants que Barbara Butch.

D'ailleurs, à aucun moment Le Parisien ne se demande si cela ne peut pas venir d'un spectateur pro-Israël visant les personnes portant des drapeaux palestiniens. Ce n'est même pas envisagé. Pourtant, d'autres images montrent une personne tenter de bruler un drapeau, sans réaction

Voici un lien vers cette autre vidéo, qui prouve qu'il y avait bien :

- des supporters de Barbara Butch anti-Palestine au point de tenter de bruler un drapeau

- un grand calme du rassemblement pro-Palestinien qui ne réagit pas à la provocation.

Revenons à la vidéo du Parisien. Elle serait la preuve "que tout le monde attendait" selon Butch. Et même d'une "lapidation" (!) selon ses propres mots.

Le Parisien fait tout pour coller au narratif : la bouteille jetée apparait toutes les 5 secondes, en boucle.

Une séquence de deux secondes d'UNE femme faisant UN doigt d'honneur est aussi montrée et remontrée. Alors que toutes les images illustrent une protestation à la fois calme et nombreuse.

II faut donc une séquence de pleurs et une voix off dramatique pour créer une ambiance.

Il s'agit de donner artificiellement une impressions de jets multiples, de tension. Le Parisien explique que les images viennent du "staff" de Butch qui a "TOUT filmé".

Notez le "TOUT".

Cela veut dire que les images ont été analysées depuis 8 jours, et qu'il n'y a QUE ça !

Une bouteille qui tombe devant une scène, près de la foule. Depuis une semaine, c'est cela qui est présenté comme un crime contre l'humanité. Une violence extrême commise contre une "artiste queer, juive et grosse".

En réalité, il ne s'agit plus de faits mais de "ressenti".

Butch l'explique elle-même : dans SA tête, elle entend des cris antisémites alors qu'il n'y a qu'une action pour la Palestine.

C'est très important : entendre des voix ne transforme pas le réel en violence. La dictature du ressenti est la porte ouverte à toutes les inventions.

Une bouteille qui retombe au sol dans un concert n'est pas une "lapidation".

Ce phénomène montre que la narration compte plus que les faits matériels. On le voit à propos des violences policières. On peut montrer des milliers de vidéos de crimes horribles.

Des asphyxies lors d'arrestations. Des tirs à balles réelles. Des grenades explosives. Des manifestants défigurés. Des gendarmes qui crient de joie en tirant à Sainte-Soline.

RIEN de tout cela ne sera considéré comme vraiment violent par les médias et les autorités.

Même confrontés aux preuves sous leur nez, Nunez et Macron continueront d'affirmer que les violences policières n'existent pas.

Il en va de même pour Gaza, les négationnistes du génocide continuent de monopoliser la parole publique.

Le cas Butch, c'est l'inverse.

Il FALLAIT produire un scénario pour diffamer la cause palestinienne, salir LFI et victimiser une DJ méconnue mais pro-Israël.

Alors on a réuni tout ce qu'on pouvait pour faire coller quelques faits ridicules au narratif attendu.

Dans un contexte de nettoyage ethnique et de pogroms en Cisjordanie, de génocide qui se poursuit à Gaza, et de militarisation mondiale, un tel traitement médiatique est tout simplement criminel.

NB : bruler le drapeau d'un peuple actuellement victime de génocide est bien plus violent qu'une bouteille en plastique qui tombe au pied d'un podium. Quitte à parler du non évènement qu'est le concert de cette DJ, des médias auraient pu cadrer là dessus.

Comment, en France, en 2026, des gens qui se prétendent probablement "progressistes" et qui aiment une DJ "Queer" ont un niveau de haine suffisant pour nier un génocide et bruler le drapeau du peuple victime au milieu d'une foule ?

Ça aurait fait un bon sujet pour Le Parisien.

NB 2 : Sur cette photo, James Hetfield, guitariste et chanteur de Metallica, lors d'un concert en 1985.

Regardez la scène, et imaginez ce qu'aurait pu en dire la pathétique caste médiatique actuelle.

#prejudicedanxiete

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