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Nouveau #thread sur l’impact du développement des #EnR électriques sur le réseau français.
#décentralisation #foisonnement #interconnexions
⤵️⤵️⤵️
Résumé de l’épisode précédent sur l’orga du réseau:
🔹les producteurs injectent l’élec produite sur le réseau public de transport (RPT)
🔹@RTE la transporte jusqu’aux réseaux publics de distribution (RPD)
🔹@Enedis la distribue jusqu’aux consommateurs
Sauf que ce n’est pas totalement vrai ! 😋
Cette configuration était due à la forte centralisation des moyens de production classiques (thermique/nucléaire). 58 réacteurs nuc. = 63 GW => 1GW/unité.
Mais le dév. des EnRi (éolien, photovoltaïque) bouscule cette architecture.
En effet, les EnRi sont des moyens de production bcp plus diffus dans l’espace (mais aussi dans le temps (intermittence)) et donc moins puissant. Ils ont donc été majoritairement raccordé aux RPD.
En 2017, Enedis rapportait 377 000 sites EnR pour 23 GW => 60 kW/unité
_”Oui, et ainsi chacun consomme de l’électricité produite localement.”✌️
_ “Et bien, non”
Enedis définit le taux de couverture comme la production injectée sur les RPD divisée par la conso. En 2017, le taux de couverture moyen a été de 8.7%. Le reste de l'électricité a été injecté par le réseau de transport (91.3%).
Entre 2010 et 2017, ce taux est passé de 95% à 91,3% malgré une puissance installée d’EnRi qui a plus que doublé. Ceci s’explique par le faible facteur de charge (def sur l’image), due à l’intermittence de ces technos. On note que ce dernier décroît avec la puissance installée.
“Ok, mais quand le vent ne souffle pas chez nous, il souffle quelque part ailleurs en Europe. Là bas, la prod. passe dans le réseau de transport et les interconnexions et peut alimenter la France.”
“C’est ce qu’on appelle le foisonnement. Malheureusement, c’est une fake news !”
Si c’était le cas alors en sommant les facteurs de charge éoliens de différents pays d’Europe, on devrait avoir un min à 100%.
Avec 6 pays euro, on arrive à un min de 20% qui représente environ 4% de la puissance installée. Le vent peut bien souffler faiblement partt en Europe.
Mais en effet, quand le vent souffle fort, les RPD ne peut pas absorber toute l’électricité produite et il la “refoule” alors sur le RPT afin d’être consommé “autre part”. Le refoulement augmente à mesure que l’on installe de nouvelle capacité de production.
Le taux de refoulement proche de 25% tout au long de l’année montre les difficultés du réseau à exploiter totalement l’énergie produite pour l’associer à de la consommation, en dehors de l’hiver.
Mais intéressons nous maintenant à l’”autre part”. Où part cette production décentralisée ?
Et bien, en moyenne 20% à l’étranger en 2017 ! (Coefficient directeur de la droite 0,2)
Une solutions à l’intermittence serait le stockage. Je ne vais pas creuser ce point mais je vous propose un 1er thread de @BenjiLAREDO qui donne un ordre de grandeur.😉
En attendant le développement du stockage, nous sommes obligés “d’évacuer” l’énergie produite et de garder d’autres moyens de production pilotable (nucléaire/thermique) lorsque le vent et le soleil sont absents. 🌔
Une bonne analogie de ce qui se nous sommes en train de faire, c’est celle de l’approvisionnement en eau. Avant pour s’alimenter en eau, on avait quelques stations de pompage donc on dimensionnait le réseau en fonction de la consommation.🚰 La pluie était ignorée.
Maintenant on essaye de se passer de pompes en récupérant la pluie sur un grand nombre de toits alors qu’on a pas de citerne. Quand il ne pleut pas, on utilise quand même les pompes. Quand c’est l’orage, il faut évacuer l’eau sinon c’est l’inondation.
Conséquence, le réseau doit s’adapter et doit aussi être dimensionné en fonction de la pluie. Notez qu’en France, les pompes (centrales nucléaires) sont assez chers à la mise en place mais sont quasiment gratuites à l’usage et émettent peu de GES.
Nos anciens avaient développés des réseaux centralisés car c’était la solution la plus “efficiente”. 70% des français ont un abonnement 9 kVA (25M d’abonnements) => 227 GW de capacité de consommation alors qu’il n’y a que 130 GW de capacités de production.
Conclusion:
Le développement des EnRi diffuses, en plus d’être un gouffre financier à la production (sans impact sur les GES en FR), implique:
🔹de renforcer les réseaux de distribution mais aussi celui de transport qui doivent encaisser les pics des productions intermittentes
🔹de développer les interconnexions avec les autres pays.
Ces changements impliquent de lourds investissements qui vont se répercuter sur la facture d’électricité.
Je développerai cette aspect dans un prochain thread.
Comme d’habitude les remarques, questions sont les bienvenues ! 😉
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