Comme le conseil municipal de Paris vient de voter la dénomination d'une passerelle (dans le 12e arrondissement) au nom d'André Léo, qq mots sur cette dame! @alicecoffin
1)bon son vrai nom c’est Victoire Léodile Béra.
Elle est née un 18 aout 1824 à Lusignan dans la Vienne en 1824
2)Sacré famille
Son grand-père fut un révolutionnaire, un des fondateurs en 1791 de la Société des amis de la Constitution (soit les Jacobins)
3)Dès sa jeunesse, elle est proche des milieux socialistes, not autour de Pierre Leroux, un socialiste républicain (proche aussi de George Sand)
4)Des prises de positions socialistes qui l'obligent à se réfugier en suisse avec son époux, s/ le second Empire
Elle se lance dans l'écriture et adopte comme nom de plume André Léo (les prénoms de ses deux fils)
(comme George Sand, pour écrire, elle choisit un nom plus masculin)
5)Son premier roman, "Une vieille fille", est une critique du mariage inégalitaire du 19e siècle.
Dans son 2e, elle critique le refus des hommes de développer l’instruction pour les femmes «ambition de borgnes qui cherchent un royaume d’aveugles »
6)Dans la revue La Coopération, elle publie en 1867 des reportages sur le travail et plaide pour la création d'associations ouvrières
(à noter cette place des femmes dans le mouvement associatif. En 1848 notamment, Eugénie Niboyet, Jeanne Deroin étaient très actives dans ce mouv)
7)Revenue à Paris, elle s’engage avec les républicains, tout en restant surtout proche des milieux socialistes (notamment de Louise Michel )
Elle adhère à l'Association Internationale des Travailleurs fondée à Londres en septembre 1864.
8)En 1866, elle crée l'« Association pour l'amélioration de l'enseignement des femmes » (les revendications des femmes en faveur de leur droit à l’instructions sont très importantes tout au long du 19e sc) et publie plusieurs textes défendant l'égalité des sexes
9)C'est chez elle, en 1869, qu'est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ».
La même année, elle publie « La femme et les mœurs » un très très grand texte féministe méconnu (injustement)
10) Au sein de l'AIT elle se bat pour que soit reconnu le travail des femmes et l'égalité salariale
En 1870 (juste avant la Commune) elle crée avec Benoit Malon et Elisée Reclus un journal socialiste, internationaliste, "La république des travailleurs"
11)Pendant la guerre avec la Prusse, elle milite au sein du comité de vigilance de Montmartre qui critique le gouvernement de défense nationale
12) quand la Commune débute, elle s'y engage avec conviction, enthousiasme. par la plume d'abord dans le journal La Sociale qu'elle contribue à créer avec Anne Jaclard
13) Le 3 mai elle y publie, l’« Appel aux travailleurs des campagnes » (signé « Les travailleurs de Paris » mais attribué à André Léo)
14) Le 8 mai 1871 elle publie un article fracassant "La révolution sans les femmes "
1ère phrase « savez vous, comment s’est faite la révolution du 18 mars ? Par les femmes !"
15) Quand la Commune décide de supprimer les journaux d'opposition (fin avril), elle demande le respect sans condition de la démocratie :
« Si nous agissons comme nos adversaires, comment le monde choisira-t-il entre eux et nous ? »
16) elle milite aussi au comité de vigilance des femmes de Montmartre, ainsi qu'au sein de l'Union des femmes pour la Défense de Paris et les soins aux blessés (d'Elisabeth Dmitrieff et Nathalie Le Mel)
17) Exilée en Suisse après la Semaine Sanglante, elle prend la parole au 5e congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Lausanne en septembre 1871, où elle défend la Commune, et rappelle le rôle des femmes
18) (ce discours a ensuite été publié sous le titre "La Guerre sociale", récemment ré-édité, et que je vous conseille vivement)
19) Elle se rapproche ensuite de plus en plus des anarchistes, critique Marx qu'elle trouve autoritaire, et adhère à L'Alliance internationale de la démocratie socialiste fondée par Bakounine.
Elle collabore au journal La Révolution Sociale
20) En 1899, "Coupons le câble" est sa dernière œuvre, elle y plaide la séparation entre l’Église et l’État, six ans avant la loi du 9 décembre 1905.
21) Elle ne cessa d’être la cible des conservateurs.
Voici ce qu’écrivait par ex le Journal Le Français après sa prise de parole au congrès de Lausanne (notez l’attaque sur le physique en ouverture)
Victoire Léodile Bera / André Léo meurt le 20 mai 1900 à Paris
23) Elle lègue une petite rente à la première commune de France qui "voudra essayer le système collectiviste par l’achat d’un terrain communal travaillé en commun avec partage des fruits » ( phrase dans son testament)!!!
24) Elle lègue surtout une œuvre considérable, injustement méconnue !
25) je termine par qq citations
26) ainsi que
27 ) et pour finir
Aux hommes tous leurs droits
et rien de plus,
aux femmes tous leurs droits
et rien de moins.
André Léo
j'irai jeter un bouquet d'oeillet rouge de ta passerelle!
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Mais c'est malin ça!
Comment féminiser les noms de rues sans gêner les riverains habituer au nom de leurs rues?
en rajoutant des prénoms à des rues déjà existantes pour leur donner le nom d'une femme
ainsi, la rue Rodier devient la rue Claude Rodier (9e) (résistante déportée)
La rue Gonnet devient la rue Marguerite Gonnet (11e)
La rue Moret devient la rue Marguerite Moret (11e)
La rue Jacquier devient la rue Paulette Jacquier (14e)
La cité Bauer devient la cité Anne-Marie Bauer (14e)
petit fil sur des monuments aux morts de la guerre de 14-18
Pas les plus nombreux (les monuments patriotiques, ou civiques) mais les moins fréquents, inattendus, ceux qui évoque le pacifisme, les civils, les femmes...
commençons par quelques monuments pacifiste
Le monument de la commune de Gentioux, avec l'inscription " Maudite soit la guerre" et cet enfant, le poing levé
Massacre du 17 octobre 1961 à Paris… Il y a 60 ans N’oublions jamais. (fil à dérouler)
1)Le 17 octobre 1961 a eu lieu la répression d'Etat la plus violente qu'ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l'histoire contemporaine. Une répression longtemps occultée…
2)Rappelons un peu le contexte En janvier 1961 un référendum avait donné une très nette majorité (75 %) en France métropolitaine comme en Algérie en faveur du processus de paix.
Fil d’histoire sur le viol en France
Sa prise en compte par la justice, par les mouvements féministes, l’évolution de la loi…
(un peu long mais c'est important)
1) Il faut bien voir que les violences faites aux femmes, et notamment les violences sexuelles, ont mis très longtemps à être reconnues, judiciarisées. Des siècles d’impunité qui, même si les lois ont tardivement changé, pèsent encore lourdement de nos jours.
1) Si parfois la justice a bougé, c’est parce que les femmes s’en sont saisies. Parce que l’une des formes d’empowerment des femmes a été de se porter courageusement devant les tribunaux, d’y traîner leurs agresseurs, leurs violeurs.
envie de vous raconter en avance les Trois Glorieuses
27, 28, 29 juillet 1830
vous comprendrez pourquoi
1)Les Trois Glorieuses sont 3 journées insurrectionnelles lors desquelles le peuple parisien soulevé à viré le dernier frère de Louis XVI, Charles X, roi ultra, conservateur, nostalgique de l’Ancien régime
2) Bon posons un peu les forces politiques en présence en ce début de 19e siècle.
A droite les ultras. Nostalgique de l’ancien régime (social et politique).
A gauche, les libéraux, héritiers de 1789, prônant le libéralisme politique (et son suffrage censitaire) et économique