Cette placette à la jonction des rues de la Goutte d'Or et Polonceau est un endroit "sensible".
Surnommée "placette du deal", elle est occupée à longueur de journée par des groupes d'hommes. Aucune femme ne s'y arrête.
(Photos : vers 1900 et de nos jours.)
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Elle est actuellement en travaux.
La mairie essaye de corriger à coups de millions ses terribles erreurs d'aménagement. Mais le chantier est arrêté, à cause d'un petit "bug" légal.
Personne ne sait ce qui a été décidé pour le réaménagement de la placette elle-même.
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Autour, il y a des immeubles HLM.
Leur aspect et leur état montrent quelle considération la Ville accorde à leurs habitants.
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Un peu avant les municipales, surprise générale : Christophe Girard déclare au Conseil de Paris que la place sera nommée "Cheika Remitti".
Une plaque a été posée quelques mois après, et un an et demi plus tard, voici l'inauguration en très grandes pompes.
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Le grand jeu. Nettoyage complet du quartier pendant deux jours (il continuait même pendant la cérémonie... 😄).
Mais purement cosmétique, d'ailleurs. L'important c'était de faire comme si.
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La plaque annonçant un récent "embellissement" à X dizaines de milliers d'euros est partie à la poubelle.
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Même le plot en béton d'un poteau électrique "provisoire" depuis 3 ans a été peint.
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En revanche la mairie n'a pas démonté son grand œuvre, un "totem participatif" qui vous a coûté 3 000 euros.
Elle s'est contentée de le dissimuler derrière une banderole.
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Pour masquer le chantier en jachère et sa crasse, la mairie avait tendu un rideau.
(Cachez cette misère que la Cour ne saurait voir...)
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La sauterie était réservée aux amis de la mairie, qui a gardé le secret jusqu'au dernier moment.
Des élus concernés n'ont même pas été invités, quelques habitants ont été informés par un mail envoyé... la veille à 21h15.
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Tout l'espace, trottoir compris, était clôturé et gardienné par des vigiles privés plus des agents de la Ville.
J'ai essayé d'entrer pour jeter un œil au concert, on m'a répondu que c'était réservé aux invités de la mairie.
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Les grands moyens avaient été déployés. Cette heure d'animation, sous-traitée à une association, a dû coûter quelques dizaines de milliers d'euros.
Des voitures avaient été expédiées en fourrière pour permettre aux vélos cargos officiels de stationner.
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On remarquait cependant, en stationnement interdit, les vélos avec chauffeur des maires.
(Je ne floute pas le visage de ce chauffeur, son expression d'enfant pris les doigts dans la confiture étant assez sympathique et amusante !)
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Pour le bas-peuple, les rues étaient bloquées par la DPSP, présente en grand nombre.
Elle est d'habitude totalement absente de ce coin "sensible".
Forte et très désagréable impression que cette "police municipale" n'était là qu'une milice privée pour VIP...
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Les faux panneaux d'interdiction de stationner pour cause de travaux (en fait pour libérer de la place aux véhicules municipaux) n'ont pas été retirés depuis.
Des voitures risquent de prendre des amendes ou d'être enlevées, pour rien.
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La plaque qui a été inauguré était un fake, comme tout le reste.
Elle est repartie dans les camions de la mairie.
La vraie, c'est celle à droite. Elle n'avait même pas été nettoyée, elle. Des fientes de pigeons pour la personnalité censée être honorée...
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En 2017, la mairie avait financé des "marches exploratoires" de femmes pour donner un nom à ce "no woman's land".
Mais elles avaient choisi un autre nom (celui de l'aviatrice Marie Marvingt). Elles ont été sidérées en découvrant par la presse l'oukase municipal.
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On admire l'infini cynisme et mépris du maire, qui ose prétendre que le choix de la dénomination a été fait par les femmes du quartier, alors qu'il a délibérément piétiné leur volonté.
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20/20
Un dernier détail, lui aussi révélateur.
Pour une telle inauguration, la maire de Paris aurait dû être là, bien sûr.
Étrangement, elle n'a pas daigné venir.
😐
J'ai oublié de préciser, tellement cela va de soi, que ce réverbère situé sur la placette n'a pas été réparé durant les deux jours de nettoyage avant le passage des officiels (bah, ça ne se voyait pas trop, donc ce n'était pas important...).
Croirez-vous que j'exagère si je vous raconte qu'après la grandiose cérémonie d'inauguration, les services de la Ville ont oublié de ramasser certaines des barrières ?
Ce n'est pourtant que la réalité.
Depuis, elles trônent, bouchant un passage piéton...
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Pourquoi 8 mois pour ce qui ailleurs serait fait en quelques semaines ?
Parce que c'est un chantier mairie de #saccageparis. Alors ça travaille de temps en temps. Ca s'étale, tranquille... Les Parisiens, les PMR, l'activité économique etc., on s'en balance.
Ce joli bâtiment à Bastille était un hôtel meublé de 110 chambres, avec 4 commerces en rez de chaussée.
Il a été racheté par la Ville de Paris, ses occupants ont été expulsés, certains relogés. C'est désormais un centre d'hébergement d'urgence, comptant 56 places.
(Suite ⤵️)
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Dans l'affaire, les commerces ont disparu, ainsi que 54 hébergements.
Sans compter les nombreuses de personnes qui ont dû être relogées en HLM, passant devant les 250 000 ménages sur liste d'attente pour un logement social.
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La suppression des "garnis" et leur remplacement par des logements sociaux est une politique menée systématiquement par notre municipalité.
Rien que dans le 18e, en particulier à la Goutte d'Or, elle a abouti à la suppression de plusieurs centaines de logements.
(Ci-dessous : rue de Chartres, avant/après rénovation urbaine.)
Paris est cool, parce que ce n'est pas Paris :
c'est une bulle disneylandisée.
- La moitié de la population et des travailleurs sont absents, les touristes ne sont pas plus nombreux que d'habitude. Paris est soudain dédensifiée, cela rend des tas de choses plus faciles et plus agréables.
- L'activité économique est quasiment à l'arrêt, comme en coma artificiel (plus de chantiers, quasiment plus de livraisons ni de déménagements, etc., donc beaucoup moins de nuisances).
- Des milliers de SDF ont été expulsés (même les migrants de l'Hôtel de Ville sont planqués dans un gymnase pour ne pas faire tache).
- La présence massive de forces de l'ordre venues de partout met un couvercle artificiel sur l'insécurité et les incivilités. On respire.
- Les services publics, en particulier la RATP, sont mobilisés comme ils ne le seront plus jamais.
- La ville est déguisée, transformée en décor pour activités ludiques : "Paris has turned into a giant amusement park"...
Ce n'est pas Paris mais un artifice, une parenthèse de rêve éveillé.
1/2
A ceci s'ajoute un besoin d'illusion :
- Beaucoup de gens, fatigués de sinistrose et d'angoisses latentes, ont envie d'y croire, de s'offrir un moment de joie (oh combien légitime, et d'autant plus résolu qu'au fond d'eux-mêmes ils savent qu'il est illusoire).
- Les puissances d'argent, les médias, et les pouvoirs politiques, ont décidé que l'on était heureux. Une hallucinante et invraisemblable propagande nous chante "brave new world"(magnifique exemple ci-dessous, sous la plume, carrément, de Florence Aubenas). Les fake news se lâchent et sont dignes d'un trumpisme triomphant. Tout recul par rapport à cet unanimisme obligé est stigmatisé, quasiment comme une sorte de haute trahison. Et ceux qui prétendaient bloquer les JO s'adonnent aux joies du sport copyright Coca Cola...
- Reste à savoir si le pays et Paris sont en train de faire le plein d'énergie positive, ou si une fois le décor remballé le réel va nous revenir en pleine tronche, encore plus cruel. Ça, c'est la vraie question je pense.
(Panem et circenses, amen.)
Hier le marché de Barbès était annulé pour ne pas déranger la course cycliste.
Quel pied pour les riverains, un samedi tranquille !!!
Seulement ce marché bruyant, chaotique, et ses dizaines de camions diesel, ce sont des milliers de clients, pauvres pour la plupart, et des centaines de personnes qui y travaillent.
Alors c'est comme ça : une ville c'est de la vie, souvent des désagréments, le désir individuel doit admettre l'intérêt collectif. Ce Barbès d'hier n'était pas un idéal, juste un fake d'un jour.
Le gala annuel de Cap Magellan a eu lieu à l'Hôtel de ville durant 11 ans.
Même si l'association en question était présidée par un adjoint, si la mairie s'était contentée d'accueillir cette soirée dans ses salons il n'y aurait rien eu de très grave.
Seulement...
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Seulement le montage était un peu plus raffiné.
Il s'agissait administrativement et légalement d'une soirée de la Ville de Paris.
La Mairie de Paris jugeait donc important de célébrer, chaque année, la naissance de la Première République du Portugal, en 1910 (😎).