▶️faciliter le remplissage des stocks de gaz dans un contexte de baisse des flux depuis la Russie (-40% depuis le 14 juin) et anticiper un arrêt complet des imports depuis la Russie.
▶️Assurer la sécurité d'approvisionnement en électricité et en gaz cet hiver
La décision vise à maintenir en service des centrales à charbon qui auraient dû fermer en 2022 (2,1 GW) et 2023 (0,5 GW), ainsi que les centrales figurant déjà dans la réserve de stabilité du réseau (4,3 GW charbon et 1,6 GW fioul) et certaines centrales à lignite (1,9 GW).
Ces centrales auront des obligations de disponibilité (y compris de combustibles), pour être réintégrées au marché en cas de menace pour la sécurité d'approvisionnement.
Le tout pour une période limitée à mars 2024.
Donc non : il ne s'agit pas de "réactiver" des centrales déjà fermées. Mais de décaler les fermetures prévues en 2022 et 2023 pour disposer d'une réserve de production suffisante.
L'objectif de sortie du charbon d'ici 2030 n'est pas remis en cause.
Et pourquoi pas prolonger les centrales nucléaires ?
L'option a été étudiée mais rejetée par les ministères de l'économie de l'économie et du climat (BMWK) et de l'environnement (BMUV), en raison de différents obstacles : 🔽 bmwk.de/Redaktion/DE/D…
- complexité réglementaire (besoin de nouvelles autorisations et modification législative)
- obstacles techniques (besoin de 18 mois pour produire barres de combustibles "sur mesure")
- sûreté : visites décennales à faire sur ces 3 centrales si extension au-delà de 2022
Est-ce une décision climaticide ?
L'ensemble du système électrique européen est soumis au marché carbone (EU ETS), avec des objectifs renforcés par le paquet #Fitfor55.
La décision devrait donc avoir un impact sur les prix carbone mais pas sur les émissions à l'échelle UE.
La décision n'en reste pas moins "amère".
Mais elle est partagée au niveau européen (y compris par la France avec Saint-Avold) dans un contexte de guerre, comme l'indiquait Frans Timmermans : politico.eu/article/coal-n…
Signal d'échec de l'Energiewende ?
Non, à condition que les objectifs sur les ENR du paquet législatif de Pâques (80 % d'élec ENR en 2030, 100% en 2035) soient atteints à temps.
Et ça reste un énorme défi partant de 45 % ENR en 2020.
Conclusion:
A court terme, le charbon fait partie des leviers pour limiter la dépendance au gaz russe pour l'hiver, un constat amer mais partagé.
Et qui demande d'être bien encadré pour éviter les effets d'aubaine climaticides.
Mais la sortie du charbon reste indispensable.
Bonus : Evolutions "nettes" du système électrique allemand entre 2010 (pré-Fukushima) et 2021 :
Selon la ministre de la transition écologique @AdeMontchalin, il sera possible d'éradiquer les passoires thermiques sous 5 ans, grâce au dispositif MaPrimeRénov'.
@AdeMontchalin Oui, environ 700 000 rénovations ont été réalisées en 2021 grâce à MaPrimeRenov'. Mais selon les rapports d'évaluations existants il s'agit surtout de petits travaux ou gestes individuels (remplacement de chaudières).
@AdeMontchalin 86 % des dossiers MaPrimeRénov (MPR) portent sur des travaux mono-gestes. ☝️
A l'inverse, seuls 1000 dossiers ont mobilisé la formule "rénovation globale". Soit 0,2% du total des travaux MPR.
Idem pour les bonus "sortie de passoire" et "rénovation BBC" : >1000 dossiers.