Victor Pereira Profile picture
Dec 29 67 tweets 16 min read
La triste nouvelle du décès de Linda de Suza (ou, plutôt, Linda de Sousa) m’amène à rédiger un 9e thread sur l’histoire de l’immigration portugaise en France : chanson et immigration portugaise en France.
Les médias ont massivement signalé le décès de Linda de Suza et ont mis en avant sa popularité. Pour beaucoup elle incarnait l’immigration portugaise en France et notamment sa dimension féminine
Il y a quelques années Yves Borowice – qui a travaillé sur les étrangers dans la chanson française – notait qu’il y avait peu de Portugais qui chantaient en français, à la différence d’Italiens, d’Espagnols, d’Algériens, etc

journals.openedition.org/amnis/804
Parmi ces exceptions, Linda de Suza évidemment, mais aussi Catherine Ribeiro, Lio, Helena Noguerra, Marie Myriam. Mais seule Linda de Suza évoquait l’immigration dans ses textes, pas les autres interprètes.
Certains chanteurs d’origine portugaise ne sont pas considérés comme tels le plus souvent. Le cas le plus paradigmatique est celui de Bruno Lopes, alias Kool Shen, du groupe NTM, petit-fils de Portugais
En règle générale, les descendants de Portugais ne sont jamais inclus dans la catégorie floue, médiatique et policière de « jeune de banlieue ». Qu’on ne rappelle jamais les origines portugaises de Kool Shen l’illustre.
Pourtant les Portugais et leurs descendants chantent : mais soit ils n’ont pas eu le succès de Linda de Suza soit ils chantent en… anglais comme c'est le cas de Guy-Manuel de Homem-Christo, le plus (in)connu de tous,
ou en portugais. Le cas le plus connu – au Portugal et chez les descendants de Portugais en France – est celui de Tony Carreira qui remplit des zéniths partout en France en quelques heures.
On y reviendra mais Tony Carreira est le fils d’un immigré portugais venu en France dans les années 1960. Tony Carreira est venu en France rejoindre sa famille et, jeune, a travaillé en usine, chantant dans des bals « portugais », surtout en région parisienne
Dès les années 1960-1970 – et surtout après 1981, avec la loi qui libéralise la constitution d’associations pour les étrangers - , des centaines d’associations portugaises ont vu le jour en France et certaines organisent des bals et des concerts.
Depuis quelques années, Tony Carreira a réalisé le rêve d’un certain nombre d’immigrés : il est revenu au Portugal – ainsi que ses enfants – et a continué sa carrière de chanteur à succès. Pour lui, l’intégration en France n’était pas un objectif.
Mais revenons aux années 1950. A cette époque on connait peu le Portugal : c’est certes une dictature – mais qui ne semble pas sanguinaire à la différence de l’Espagne de Franco – mais le pays semble conserver des traditions à une époque où tout change en France
Plusieurs chansons ont pour théâtre le Portugal, lieu où on passe des vacances exotiques et on y vit des romances.
La chanteuse Yvette Giraud interprète ainsi Avril au Portugal en 1951, Les Lavandières du Portugal ou Vendanges à Porto en 1957 avec des sonorités inspirées du fado.

Line Renaud, elle, chante Mon cœur au Portugal, un texte écrit par Jean Yanne

(vous remarquerez qu'on met des sonorités plutôt latino-américaines dans des chansons sur le Portugal... Portugal, Espagne, Mexique c'est un peu la même chose, non?)
Dès la fin des années 1940, la célèbre chanteuse de fado, Amália Rodrigues, donne des concerts en France et fait connaitre le fado à travers le monde
Cependant, la venue de Portugais en France à partir de la fin des années 1950 révèle ce que le Portugal est vraiment : un pays pauvre, soumis à une dictature, que des milliers de Portugais fuient en venant irrégulièrement en France.
Le Portugal ne se prête plus vraiment à des chansons légères, évoquant des traditions rurales ou des histoires d’amour.
L’immigration et l’exil, au contraire, vont amener l’apparition de chansons dénonçant la dictature et la misère qui sévit au Portugal.
En 1966, de jeunes musiciens français, alors inconnus, se rendent au Portugal pour une tournée. Ils espèrent gagner un peu d’argent.
Ce groupe s’appelle les Problèmes.
Avant de partir au Portugal, ils enregistrent un disque avec Antoine.
Arrivés à la frontière, l’un des membres du groupe est arrêté : il s’agit de Luis Rego, portugais et venu en France quelques années avant.
Rego est considéré comme réfractaire à une époque où les guerres coloniales en Afrique impliquent la mobilisation de tous les jeunes hommes.
Il est emprisonné et ses camarades expulsés du pays après un séjour d’un mois à Lisbonne.
De retour en France, ils apprennent que le disque qu’ils ont enregistré avec Antoine est un succès.
Ils donnent plusieurs concerts à l’Olympia sans oublier leur ami : ils jouent une nouvelle composition : Ballade à Luis Rego, prisonnier politique.
Dans le public, on crie : « Salazar assassin, Salazar Assassin »
Craignant la mauvaise publicité (alors que la France soutient la politique coloniale portugaise à l’ONU et vend des armes nécessaires pour continuer la guerre), les autorités portugaises finissent par libérer Luis Rego qui revient en France et continue sa carrière.
Parmi les Portugais qui fuient le Portugal et les guerres coloniales, il y a quelques jeunes musiciens, qui s’inscrivent dans la chanson d’intervention (ou chanson protestataire). Au Portugal, l’un des chanteurs les plus connus est Zeca Afonso
(suite)
En France, parmi ces jeunes chanteurs on trouve Luís Cília, José Mario Branco, Sérgio Godinho ou Francisco Fanhais.
Ils enregistrent des disques, font des concerts auprès de leurs compatriotes qu’ils tentent de politiser avec leurs chansons
Luis Cilia enregistre dès 1964 un disque qui dénonce les guerres coloniales et les massacres commis par les troupes portugaises en Angola (d’où il est originaire).
Et c’est au château d’Hérouville, près de Paris, que Zeca Afonso enregistre l’album Cantigas de Maio qui contient la chanson Grândola Vila Morena qui sera mondialement connu après le 25 avril 1974
Hors du milieu des exilés portugais, la première chanson, interprétée en français, à aborder la misère des Portugais contraints de venir travailler en France est composée par Pierre Delanoë, parolier à succès, et chantée par Joe Dassin.

Pierre Delanoë étant plutôt à droite, pas de dénonciation de la dictature. D’ailleurs le Portugais de cette chanson ne rêve que de rentrer dans son pays. On ne parle pas d’intégration
Le grand succès de Linda de Suza – de son vrai nom Teolinda de Sousa Lança – a lieu 4 ans après la révolution des Œillets, révolution qui a suscité un engouement médiatique et politique en France
Linda de Suza a un parcours singulier au sein de l’immigration portugaise en France. Elle est née, en 1948, dans l’Alentejo, dans le sud du Portugal. Terre de grandes exploitations, les journaliers agricoles y sont souvent trop pauvres pour payer un passeur et venir en France.
Lorsqu’ils quittent leurs villages misérables, ils se rendent donc à Lisbonne ou en banlieue de Lisbonne, rarement en France.
Linda de Suza connait une enfance difficile : maltraitée par ses parents, placée en internat, travaillant en usine à l’âge de 13 ans, mère à 18 ans sans être mariée dans un pays très conservateur
Elle vient à plusieurs reprises en France clandestinement et s’y installe en 1973 avec son fils.
Elle travaille dans des usines, fait des ménages dans des hôtels parisiens
Lors de son temps libre, elle chante dans des restaurants des puces de Saint-Ouen. Sa carrière commence en 1978 lorsqu’elle signe chez le producteur Claude Carrère.
Dans son livre publié en 1984 – un best-seller vendu à 2 millions d’exemplaires – elle écrit
Pour Claude Carrère, Linda de Suza lui permet de viser deux publics distincts : le public français avec une nouveauté "exotique" ; le public portugais en France – qui compte près d’un million de personnes
Dès 1978, elle interprète Un portugais. A la différence du Portugais chanté par Dassin, la misère ou le travail difficile ne sont pas évoqués.

Après les années 68 et la révolution des Œillets, l’immigré n’est plus réduit au travailleur. C’est un individu qui porte un culture, une histoire
Thème incontournable par la suite dans de nombreuses chansons liées à l'immigration portugaise : le Portugais de Linda de Suza souffre de la saudade…
La chanson renvoie même à l’un des principaux mythes historiques portugais : le sébastianisme : « Un Prince s’éloigne dans le brouillard /c’est à la fille qui l’attend là-bas qu’il pense /ce Portugais qui rentre enfin au Portugal. »
Cette référence s’inscrit dans l’héroïsation des migrants portugais construite par les élites portugaises depuis le début des années 1970 et surtout après la Révolution des Œillets.

Et comme chez Joe Dassin, l’immigré portugais ne s’intègre pas : il rentre au pays.
Avec Un Portugais, Linda de Suza forge un des stéréotypes qui colle ensuite à l’immigration portugaise : la valise en carton, symbole d’une immigration de pauvres ayant quitté leur pays avec peu de choses.
Dans ces autres chansons, Linda de Suza évoque le fado – dont Amália Rodrigues – mais puise également dans le folklore rural portugais comme Tiroli Tirola (1979) ou O Malhão, Malhão (1982).

(suite 2)
Au début des années 2000, Linda de Suza fait un éphémère come-back en collaborant avec deux rappeurs d'origine portugaise qui forment le groupe La Harissa

Ce titre renvoie à la mémoire dramatique des "années de boue" : l'arrivée de Portugais dans les bidonvilles de la région parisienne.
Le titre est d'ailleurs repris à un documentaire de Robert Bozzi, de 1995, sur le bidonville des Francs-Moisins, à Saint-Denis
Plusieurs titres de La Harissa illustrent la quête identitaire de fils de migrants qui questionnent une histoire peu transmise au sein des familles : À tous les papas portos (2000) ; 25 avril ; Filhos da nação (2001) ; Paradis des émigrants ; Regresso à terra (2008).
Le groupe prétend représenter la "communauté" portugaise en France et se plaint de son manque de visibilité (plainte partagée par d'autres Portugais et fils de Portugais comme le signalait en 2004 Jean-Baptiste Pingault)

cairn.info/revue-le-mouve…
Si des textes de La Harissa évoquent une solidarité entre immigrés et fils d’immigrés de toutes origines (J’suis hostile [1997]) dont le futur est compromis et qui sont confrontés à des discriminations dans le système scolaire et dans l’accès à l’emploi,...
d’autres mettent en avant les clivages opposants les populations d’origines immigrées.
C'est le cas dans la chanson les gens des baraques où il est suggéré que les Portugais, à la différence, des immigrés provenant de l'ex-empire français n'ont pas accès aux HLM. Ce qui est faux
Par la suite, le groupe signe des chansons qui mettent en avant un orgueil portugais. C'est le cas du titre Conquistador
Tous les lieux communs du discours nationaliste sont présents : "conquête » ; « Vasco de Gama » ; « épicé » ; « découvrir la route », etc. En revanche, les aspects violents des Grandes Découvertes sont occultés
Cette nostalgie impériale n'est pas propre à ce groupe : une des chansons les plus célèbres au Portugal dans les années 1980 (soit quelques années après la fin de l'Empire portugais) s'appelait aussi Conquistadores

Dès les années 1960-1970, il y avait donc une "scène portugaise" en France avec des chanteurs engagés. Dans les années 1980 émerge un autre scène avec un type de chansons qui a été appelé péjorativement "pimba" (du nom d'une chanson d'Emanuel)
Certaines de ces chansons populaires - interprétées dans des bals en France ou au Portugal au mois d'août - évoquent l'expérience des émigrés, la saudade, le retour, etc

Pour les classes moyennes et supérieures portugaises, ces chansons sont moquées et, à travers elles, ce sont les émigrés portugais que l'on critique : leur prétendu arrivisme social, leur prétendue faute de goût, le mélange des langues françaises et portugaises, etc., etc
La vision (négative) des émigrés au Portugal mériterait à elle seule un thread !
Elle avait déjà concerné les émigrés portugais au Brésil
Parmi les chanteurs populaires liés à l'immigration portugaise en France, le plus connu est de loin Tony Carreira qui commence sa carrière en France dans les années 1980. Il écume les bals en France avec son premier groupe Irmãos 5
(suite et fin)
Comme il le confie dans son autobiographie, l'objectif de Tony Carreira est d'être reconnu au Portugal. Il y retourne après trente ans de vie en France, où il est passé de l'usine aux plus grandes salles de concert
Il retourne au Portugal avec ses trois enfants - tous les trois chanteurs - et y continue sa carrière et ses succès.
Ce n'est qu'en 2004 qu'il enregistre un disque en français
Comme l'on dit plusieurs personnes depuis hier, la figure de Linda de Suza était loin d'être commode : en dépit de son succès, elle était victime de blagues sexistes et véhiculait l'image des immigrés portugais obéissants, dociles et cantonnés aux travaux les moins qualifiés
des Portugais ou descendants de Portugais ont ainsi voulu se démarquer de Linda de Suza, du folklore mais aussi de la musique Pimba (fortement moquée au Portugal).
Certains se sont ainsi investis dans des styles moins stigmatisés et plus valorisés.
C'est le cas de Bévinda, venue très jeune en France et ayant grandi en Auvergne. Elle enregistre plusieurs disques de fado, transcrivant des poèmes de Fernando Pessoa dont les traductions se multiplient en France, depuis les années 1980, chez des éditeurs prestigieux.
Au final, les chansons sur l'immigration portugaise en France ou de chanteurs d'origine portugaise illustrent l'un des paradoxes de l'immigration portugaise en France : les médias et les pouvoirs publics ne cessent de répéter que les Portugais sont parfaitement intégrés...
mais ces chansons évoquent le plus souvent un retour au pays ! et les trajectoires comme celle de Tony Carreira indiquent que pour beaucoup de Portugais, le retour et la réussite au pays sont le principal objectif.
Et le tout sans que l'on évoque un "communautarisme"
portugais en France, avec ces centaines de groupes de folklores, de concerts ou de Portugais et descendants de Portugais fêtant les victoires de l'équipe de football portugaise
Si vous voulez compléter ce thread, vous pouvez jeter un coup d'oeil à l'article qui m'a servi de base (publié dans la revue Volume ! dans le dossier Avec ma gueule de métèque. Chanson et immigration dans la France de la seconde moitié du XXe siècle
journals.openedition.org/volume/4601

• • •

Missing some Tweet in this thread? You can try to force a refresh
 

Keep Current with Victor Pereira

Victor Pereira Profile picture

Stay in touch and get notified when new unrolls are available from this author!

Read all threads

This Thread may be Removed Anytime!

PDF

Twitter may remove this content at anytime! Save it as PDF for later use!

Try unrolling a thread yourself!

how to unroll video
  1. Follow @ThreadReaderApp to mention us!

  2. From a Twitter thread mention us with a keyword "unroll"
@threadreaderapp unroll

Practice here first or read more on our help page!

More from @VictorPereir1

Apr 24
C'est le premier anniversaire de la Révolution des Oeillets sans l'un de ses principaux acteurs : Otelo Saraiva de Carvalho, décédé en juillet dernier.

Néanmoins, on garde les bonnes habitudes et voici un (long) thread sur le 25 avril

#25deabrilSempre

1 /(sur beaucoup)
Pour comprendre la révolution des Œillets qui met fin à 48 ans de dictature, il faut revenir un peu arrière.
La raison immédiate du 25 avril : les guerres en Afrique.
Le conflit commence en 1961 en Angola et s’étend en Guinée-Bissau en 1963 et au Mozambique en 1964 2/
Pour conserver les colonies, Salazar mobilise l’armée. A partir de 1968, le service militaire dure 4 ans.
40% du budget passe dans la guerre (la mobilisation est plus importante que celle des USA au Vietnam).
Une bonne partie de l'armement est achetée à la France et à la RFA 3/
Read 93 tweets
Apr 24
Moment Balladur/je vous demande de vous arrêter ✅
Il a réussi son pari : placer « bienveillant »✅
Un classique macronien : la réinvention
Read 4 tweets
Feb 5
Pas si étonnant que cela : le premier article publié en 1985 par Éric Zemmour dans le Quotidien de Paris porte sur l'immigration portugaise et il en dit le plus grand bien !
Comme il le fait aujourd'hui, il veille à bien garder que les éléments qui l'arrangent ⬇️
L'argument principal n'est pas très original et il a guidé les gouvernants français des années 1960-1970 : les Portugais s'intègrent parfaitement car ils sont blancs, catholiques et travailleurs
Pompidou, premier Ministre puis président de la République, impose une tolérance vis-à-vis de l'immigration portugaise irrégulière à partir de ce postulat.
Et c'est un élément qu'oublie opportunément Zemmour : la majorité des Portugais sont rentrés en France irrégulièrement !
Read 17 tweets
Feb 5
Sentiment mitigé après la lecture de la BD "Les Portugais" qui vient de sortir.

D'un côté, le ton n'est pas misérabiliste: on suit deux jeunes hommes qui quittent le Portugal en 1973 et qui rêvent de Paris (et des parisiennes).
La dureté du travail dans les chantiers est retracée tout comme les solidarités qui s'y forgent.

On retrouve le quotidien des bidonvilles : la boue, le froid, les files d'attente pour l'eau, les destructions de baraques par les autorités mais aussi l'entraide qui y règne
Plusieurs planches sont particulièrement réussies et notamment celles d'un bal (qui rappellent certains dessins de prison d'Alvaro Cunhal, secrétaire général du PCP)
Read 14 tweets
Jan 29
C'est aujourd'hui le centenaire de la naissance d'Hermínio da Palma Inácio, un opposant anti-salazariste qui multiplia les coups d'éclats pendant 30 ans.
Un thread sur le parcours du Che Guevara portugais : détournement d'avion, hold-up, fugues de prison improbables au menu⬇️✊
Palma Inacio, nait donc le 29 janvier 1922 dans l’Algarve (sud du Portugal), à Ferragudo, un joli village de pêcheurs.
Mais l'Algarve n'est pas la région touristique d'aujourd'hui !
La population pauvre est souvent contrainte d'émigrer (au Maroc, en Argentine, en France, etc)
Palma Inácio rejoint l'armée de l'air et commence sa "carrière" d'opposant en 1947, à 25 ans.
A Sintra, il participe à une conspiration militaire et a pour mission de saboter des avions (il avait fait son service militaire dans cette base aérienne). Il réussit le sabotage mais
Read 48 tweets
Apr 25, 2021
Le thread annuel sur la Révolution des Œillets est là, en version enrichie !
Evocation non seulement du 25 avril 1974 qui met fin à 48 ans de dictature, mais aussi du 25 avril 1975 et du 25 avril 1976 !
Excellent 25 avril à tous ! 1/
Pour comprendre la révolution des Œillets qui met fin à 48 ans de dictature, il faut revenir un peu arrière. La raison immédiate du 25 avril : les guerres en Afrique. Le conflit commence en 1961 en Angola et s’étend en Guinée-Bissau en 1963 et au Mozambique en 1964 2/
Pour conserver les colonies, Salazar envoie l’armée et, à partir de 1968, le service militaire dure 4 ans 40% du budget passe dans la guerre (la mobilisation est plus importante que celle des USA au Vietnam). Une bonne partie de l'armement est achetée à la France et à la RFA 3/
Read 88 tweets

Did Thread Reader help you today?

Support us! We are indie developers!


This site is made by just two indie developers on a laptop doing marketing, support and development! Read more about the story.

Become a Premium Member ($3/month or $30/year) and get exclusive features!

Become Premium

Don't want to be a Premium member but still want to support us?

Make a small donation by buying us coffee ($5) or help with server cost ($10)

Donate via Paypal

Or Donate anonymously using crypto!

Ethereum

0xfe58350B80634f60Fa6Dc149a72b4DFbc17D341E copy

Bitcoin

3ATGMxNzCUFzxpMCHL5sWSt4DVtS8UqXpi copy

Thank you for your support!

Follow Us on Twitter!

:(