@LaureAdler#LAnnéeDesAdieux 1995. 🧵 Une enquête incroyable, une chronique sans émotion, un témoignage inestimable.
Conseillère à l’Élysée jusqu’en 1993, @LaureAdler a continué à fréquenter ce palais pour des entretiens hebdomadaires avec #FrançoisMitterrand 1/12 ⤵️
de janvier 94 à mars 95. Incroyable ! Chaque vendredi à 11 h du matin, elle parle de tout et de rien en grignotant, avec « Mitterrand », ainsi désigné. Elle le suit partout où il la convie : déjeuners, déplacements, voyages officiels. Il se rend disponible pour elle. 2/12⤵️
Entre temps, elle flâne à l’Élysée, on la trouve au secrétariat particulier, à la cantine, dans les bureaux, de préférence proches de celui de #FrançoisMitterrand. Du cuisinier à l’huissier, de l’infirmière au secrétaire général, tout le monde lui parle, elle sait tout.3/12 ⤵️
Sans émotion : c’est une chronique qui se veut neutre. Pas de dévote admiration (M. Charasse), pas d’amour déçu persistant (@fogiesbert), pas d’amitié émue (Ch. Salzmann), pas d’inquiétude intellectuelle (J. Daniel) ni de drame shakespearien (@C_Barbier). 4/12 ⤵️
Un peu de vanité quand, en voyage officiel, elle traverse l’avion sous les regards envieux pour aller déjeuner à l’avant avec Mitterrand. Quelque jalousie peut-être vis à vis des autres confidents, Georges-Marc Benamou, « Claire » ou @mdehennezel, dont elle ne parle jamais 5/12⤵️
pas plus que du non-dit de l’Élysée : la compagne qu’on appelait « la Première » (@fogiesbert ). Malgré la maladie et l’opération de juillet 94, @LaureAdler garde un ton primesautier pour évoquer « le papy de la politique », « les ficelles du mitterrandisme » et ses rites. 6/12⤵️
Inestimable. Une mine d’informations, on croit entendre la voix de #FrançoisMitterrand : le discours reconstitué du 24/03/1993 - dernier Conseil des ministres socialistes - « Nous allons nous battre le dos au mur » p 139, ou « virevolte mitterrandienne » du 30/4/94, p 144. 7/12⤵️
Convoqués un samedi pour recadrage, les collaborateurs subissent le courroux de #FrançoisMitterrand, pour recueillir ensuite ses confidences. Enfin, ultime entretien en mars 95, p. 313 : « Moi, j’ai l’impression que l’expérience (du pouvoir) ne m’a pas changé » 8/12 ⤵️
puis le rappel de ce dont il est fier et l’annonce d’un départ tranquille. Des formules, aussi : p. 87 : « En politique, une fois que ça se déglingue, ça se déglingue ». P. 180 : « Nous vivons dans un monde de calomniateurs professionnels ». P. 218, à propos de #Bousquet : 9/ ⤵️
« Ah! Vous ne le saviez pas? Je ne suis pas de ceux qui frappent les gens à terre ». P. 306 : Balladur? « C’est pas le quart d’un manchot ». @LaureAdler sait rendre #FrançoisMitterrand présent. L’inconvénient, c’est que cette familiarité lui fait manquer 10/12⤵️
la dimension tragique et la grandeur de son personnage. Mais elle les effleure en évoquant les milliers de lettres de soutien qui arrivent à partir de fin 1994. #FrançoisMitterrand ne put pas toutes les lire, mais il tirait du réconfort des sélections qu’on lui en faisait 11/12⤵️
Mes tweets s’ajoutent à ces courriers qu’il ne lut pas et auront le même sort : faire nombre par leur existence, sinon par leur contenu. Merci à ceux qui ont suivi jusqu’ici, je leur souhaite le plaisir de lire @LaureAdler et les mémorialistes de #FrançoisMitterrand. 12/12
4 janvier 1942
Le Père Castor raconte à ses petits-enfants, C,G et B. une triste histoire de rupture, celle de François et Marie-Louise, dans un album introuvable. 1/5
(⚠️Invention pour rétablir la façon dont ça s’est passé, pour ceux qui verront #MitterrandConfidentiel)
Ce n’était pas une brève rencontre au Luxembourg, c’était à la fin d’une longue promenade dans Paris occupé, de Denfert- Rochereau au Pont-Neuf, un dimanche matin glacé. On connaît même l’itinéraire si l’on veut marcher sur leurs pas (infra 4) 2/5
L’histoire racontée aux enfants, d’une rupture jamais définitive.
Source : le témoignage de Marie-Louise elle-même à son neveu, Jean-Marc Terrasse, rapporté dans « Catherine Langeais, la fiancée des Français, Fayard 2003, p. 244-245. 3/5
2 septembre 1940
Naissance de Régis Debray.
Un penseur sûr de lui mais changeant.
En 1990, il revient sur De Gaulle, qu’il a manqué ; en 1996, en sens inverse, sur Mitterrand qu’il aurait surestimé : 1/3 x.com/amis_mitterran…x.com/paanteon/statu…
Chargé de mission auprès de Mitterrand pour les questions internationales, il l’a conseillé et accompagné de 1981 à 1985, et a attendu sa mort pour lui porter quelques coups de grâce, dans « Loués soient nos seigneurs » (Gallimard, 1996, p. 322 s) 2/3
Il juge son ancien maître avec le mépris de l’élève des Jésuites pour celui des Maristes, du philosophe pour le littéraire. En intellectuel virtuose et insensible.
Trajectoire inverse de celle de @fogiesbert qui a snobé FM lorsqu’il était au pouvoir et qui s’est réconcilié avec lui lorsque le vieil homme a été proche de la mort, l’ayant au fond toujours aimé. 3/3
C’est bien d’un François, mais pas de celui que vous croyez.
Alors qu’est-ce qui a pu si mal tourner dans les relations de François Mitterrand et du Général de Gaulle, entre le 13 mars 1958 et le 1er juin suivant ?
Explications de Jean Lacouture, dans le post qui suit. 1/3
« Ce 25 mai, s'il ne dénonce que la bouffonne et indécente opération d'Arrighi, s'il fait silence sur le silence observé alors par de Gaulle, François Mitterrand est passé de l'expectative - confiante avant le 13 mai, inquiète entre le 13 et le 19, pessimiste depuis la conférence de presse du palais d'Orsay - à l'opposition déclarée ».
2/3
Jean Lacouture décrit l’évolution de l’état d’esprit de son sujet, au cours des événement qui se sont précipités du 13 mars au 1er juin 1958 (p. 202-207, Seuil, 1998).
C’est dans ces quelques jours, par le « non » définitif et presque solitaire au Général, que se forge sa destinée. 3/3.
Voilà, j’ai lu le livre 🧵
#LaPhoto de Patrice Duhamel aux @EdLObservatoire
#VendrediLecture
#VendrediAntiLecture
Sur la photo, mille fois reproduite sur X, de la rencontre du 15 octobre 1942, entre le maréchal Pétain, Marcel Barrois et François Mitterrand. 1/6
Rien dans cette photo ne prouve une proximité, encore moins une complicité entre François Mitterrand et le maréchal Pétain. On s’étonne donc de la portée que lui prête l’auteur, de façon délirante et répétitive. Ce serait une bombe atomique et pourtant longtemps inutilisée 2/6
Les historiens ont cependant établi les circonstances de cette rencontre entre le chef de l’État et le jeune membre du Comité d’aide aux prisonniers.
En 1965, Roger Frey et les barons du gaullisme tentent de présenter cette photo à De Gaulle comme la remise de la francisque 3/6
#VendrediLecture
Les Papiers de Jeffrey Aspern
Henry James 1888.
@m_docin
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Le narrateur est passionné par le poète disparu Jeffrey Aspern. Cela l’amène à Venise, dans le palais où vit Miss Bordereau, ancienne maîtresse du poète, censée détenir un trésor de lettres d’amour inédites. 1/8
Pourquoi j’ai aimé ? 3 raisons. 1) Dans quelle folie peut vous jeter la littérature ? 2) Venise à la fin du XIXe siècle ; 3) Rapprochement avec un classique de la littérature russe.
2/8
I.- Le narrateur est la proie d’une monomanie, sa passion pour un poète avec lequel il veut établir un lien au-delà de la mort :
« Nous n'avions jamais pu plonger nos yeux dans des yeux où les siens se fussent reflétés, ou sentir son contact transmis par quelque main vieillie que la sienne aurait touchée. » 3/8
#VendrediLecture Frédéric Beigbeder Un homme seul, @EditionsGrasset 2024.
À mon père, trop tard, même thème que #Nom de Constance Debré et même style dérangeant. Jean-Michel Beigbeder (1938-2023) fut un solitaire, ce livre nous le raconte de façon émouvante et brutale.
(Photo Manuel Braun pour Émile Magazine) 1/9
Seul dans son enfance au pensionnat (1), dans sa maturité à la fois désordonnée et innovante (2) et dans le naufrage de ses dernières années (3). 1) Sorèze, c’est l’école militaire des Dominicains où JMB atterrit à 8 ans. On se croirait à Bétharram.
Extraits⤵️ 2/9
F B. compare l’école à une prison, à l’avantage de la prison. On comprend mieux le courage dont ont fait preuve les prisonniers de la 2e GM qui avaient fait un tel apprentissage. La captivité était plus supportable que ce qu’ils avaient subi, enfants. Ils y étaient préparés. 3/9