#CeJourLà dimanche 3 mars 1940
Les familles célèbrent les fiançailles de #FrançoisMitterrand et #MarieLouiseTerrasse, 5 av. d’Orléans (du Général Leclerc) à Paris 14e.
Les fiancés passent quelques jours à Jarnac, avant le retour de François vers la « drôle de guerre ». 1/8⤵️
Après le coup de foudre du 22/1/1938, François voue un amour définitif à sa « Béatrice » (voir ses lettres). Celle-ci est plus hésitante mais elle est fière de cet amour et se laisse convaincre, comme son neveu le raconte. On a les deux points de vue, comme dans un roman 2/8⤵️
Pendant les combats, la blessure et la captivité, cet amour le soutient : « Comme je m’accrochais à toi ! Pour toi, pour nous, je ne voulais pas mourir. La vie, c’était toi, avec ton amour, ta beauté … » (20/6/41). « Je te cherche et t’attends sans cesse… (11/6/41). 3/8⤵️
C’est cet amour qui inspire à #FrançoisMitterrand des projets d’évasion : « Comprends que tout ce que je fais et tout ce qui m’arrive n’a qu’une seule explication : te retrouver… Rappelle-toi nos soirées de Jarnac » (10/6/41). 4/8⤵️
Mais Marie-Louise n’a que 18 ans, et elle s’éprend d’un autre en juin 41. Elle n’ose le dire à celui qui lui écrit des lettres sublimes. Il s’évade et ils se revoient le 4/1/42. Elle rompt les fiançailles. Il lui promet d’être toujours là pour elle, il l’aimera toute sa vie 5/8⤵️
« Il y a parfois entre deux personnes un lien si profond qu'il continue de vivre même quand l'un des deux ne sait plus le voir ».
(Christian Bobin, Ressusciter.)
Ce fut leur cas. Il l’aide à devenir Catherine Langeais, présentatrice célèbre de la TV des années 50/70, 6/8⤵️
Tous les ans, le 3/3, il lui envoie des fleurs, prend des nouvelles et elle garde toute sa vie sa photo dans son portefeuille. Mais cette rupture l’a fracassé : « Elle ne m’a pas choisi. Je les ai choisies toutes » (@fogiesbert).
En 1987, il lui remet la Légion d’honneur. 7/8⤵️
Fin du roman vrai.
On attendra #CeJourLà 19 octobre 1962 pour rappeler l’autre grand amour de #FrançoisMitterrand, si différent mais tout aussi romanesque (#LettresÀAnne). 8/8.
4 janvier 1942
Le Père Castor raconte à ses petits-enfants, C,G et B. une triste histoire de rupture, celle de François et Marie-Louise, dans un album introuvable. 1/5
(⚠️Invention pour rétablir la façon dont ça s’est passé, pour ceux qui verront #MitterrandConfidentiel)
Ce n’était pas une brève rencontre au Luxembourg, c’était à la fin d’une longue promenade dans Paris occupé, de Denfert- Rochereau au Pont-Neuf, un dimanche matin glacé. On connaît même l’itinéraire si l’on veut marcher sur leurs pas (infra 4) 2/5
L’histoire racontée aux enfants, d’une rupture jamais définitive.
Source : le témoignage de Marie-Louise elle-même à son neveu, Jean-Marc Terrasse, rapporté dans « Catherine Langeais, la fiancée des Français, Fayard 2003, p. 244-245. 3/5
2 septembre 1940
Naissance de Régis Debray.
Un penseur sûr de lui mais changeant.
En 1990, il revient sur De Gaulle, qu’il a manqué ; en 1996, en sens inverse, sur Mitterrand qu’il aurait surestimé : 1/3 x.com/amis_mitterran…x.com/paanteon/statu…
Chargé de mission auprès de Mitterrand pour les questions internationales, il l’a conseillé et accompagné de 1981 à 1985, et a attendu sa mort pour lui porter quelques coups de grâce, dans « Loués soient nos seigneurs » (Gallimard, 1996, p. 322 s) 2/3
Il juge son ancien maître avec le mépris de l’élève des Jésuites pour celui des Maristes, du philosophe pour le littéraire. En intellectuel virtuose et insensible.
Trajectoire inverse de celle de @fogiesbert qui a snobé FM lorsqu’il était au pouvoir et qui s’est réconcilié avec lui lorsque le vieil homme a été proche de la mort, l’ayant au fond toujours aimé. 3/3
C’est bien d’un François, mais pas de celui que vous croyez.
Alors qu’est-ce qui a pu si mal tourner dans les relations de François Mitterrand et du Général de Gaulle, entre le 13 mars 1958 et le 1er juin suivant ?
Explications de Jean Lacouture, dans le post qui suit. 1/3
« Ce 25 mai, s'il ne dénonce que la bouffonne et indécente opération d'Arrighi, s'il fait silence sur le silence observé alors par de Gaulle, François Mitterrand est passé de l'expectative - confiante avant le 13 mai, inquiète entre le 13 et le 19, pessimiste depuis la conférence de presse du palais d'Orsay - à l'opposition déclarée ».
2/3
Jean Lacouture décrit l’évolution de l’état d’esprit de son sujet, au cours des événement qui se sont précipités du 13 mars au 1er juin 1958 (p. 202-207, Seuil, 1998).
C’est dans ces quelques jours, par le « non » définitif et presque solitaire au Général, que se forge sa destinée. 3/3.
Voilà, j’ai lu le livre 🧵
#LaPhoto de Patrice Duhamel aux @EdLObservatoire
#VendrediLecture
#VendrediAntiLecture
Sur la photo, mille fois reproduite sur X, de la rencontre du 15 octobre 1942, entre le maréchal Pétain, Marcel Barrois et François Mitterrand. 1/6
Rien dans cette photo ne prouve une proximité, encore moins une complicité entre François Mitterrand et le maréchal Pétain. On s’étonne donc de la portée que lui prête l’auteur, de façon délirante et répétitive. Ce serait une bombe atomique et pourtant longtemps inutilisée 2/6
Les historiens ont cependant établi les circonstances de cette rencontre entre le chef de l’État et le jeune membre du Comité d’aide aux prisonniers.
En 1965, Roger Frey et les barons du gaullisme tentent de présenter cette photo à De Gaulle comme la remise de la francisque 3/6
#VendrediLecture
Les Papiers de Jeffrey Aspern
Henry James 1888.
@m_docin
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Le narrateur est passionné par le poète disparu Jeffrey Aspern. Cela l’amène à Venise, dans le palais où vit Miss Bordereau, ancienne maîtresse du poète, censée détenir un trésor de lettres d’amour inédites. 1/8
Pourquoi j’ai aimé ? 3 raisons. 1) Dans quelle folie peut vous jeter la littérature ? 2) Venise à la fin du XIXe siècle ; 3) Rapprochement avec un classique de la littérature russe.
2/8
I.- Le narrateur est la proie d’une monomanie, sa passion pour un poète avec lequel il veut établir un lien au-delà de la mort :
« Nous n'avions jamais pu plonger nos yeux dans des yeux où les siens se fussent reflétés, ou sentir son contact transmis par quelque main vieillie que la sienne aurait touchée. » 3/8
#VendrediLecture Frédéric Beigbeder Un homme seul, @EditionsGrasset 2024.
À mon père, trop tard, même thème que #Nom de Constance Debré et même style dérangeant. Jean-Michel Beigbeder (1938-2023) fut un solitaire, ce livre nous le raconte de façon émouvante et brutale.
(Photo Manuel Braun pour Émile Magazine) 1/9
Seul dans son enfance au pensionnat (1), dans sa maturité à la fois désordonnée et innovante (2) et dans le naufrage de ses dernières années (3). 1) Sorèze, c’est l’école militaire des Dominicains où JMB atterrit à 8 ans. On se croirait à Bétharram.
Extraits⤵️ 2/9
F B. compare l’école à une prison, à l’avantage de la prison. On comprend mieux le courage dont ont fait preuve les prisonniers de la 2e GM qui avaient fait un tel apprentissage. La captivité était plus supportable que ce qu’ils avaient subi, enfants. Ils y étaient préparés. 3/9