#QuizzMitterrandien 9
Réponse. 4
Du 28/11/1971 au 6/12/1971, #FrançoisMitterrand est à Calcutta (Inde). La 3e guerre indo-pakistanaise (3/12/1971-16/12/1971) éclate pendant son séjour.
Source, carnet de bord (lettres à Anne, 852-871).
Que va-t’il faire là bas et pourquoi ?
1/8⤵️
Il rejoint le père François Laborde de l’Institut du Prado dans le slum de Howrah, près de Calcutta, pour le suivre en « aide infirmier » dans les camps des lépreux, des réfugiés et un village rural.
Ses malaises physiques, moraux, ses révoltes, ses lectures, ses rencontres 2/8⤵️
et les messes du soir du père Laborde, tout est dans ce carnet de bord (Extrait, Wikipedia).
Pourquoi cet étrange voyage, accompagné du livre d’Albert Cohen?
4 tentatives d’explications qui s’additionnent. Je vais faire bref☺️3/8⤵️
1) Après le congrès d’Épinay (juin 71), il est pris dans une nasse d’obligations, comme 1er secrétaire du PS - séances cité Malesherbes, voyages (p. ex. Santiago du Chili, 10/11 au 17/11/71), comme élu local de la Nièvre, déplacements permanents (v. lettres de la période) 4/8⤵️
Ce qui contrarie son besoin irrépressible de liberté. D’où cette initiative. 2) Son intérêt pour l’oeuvre du Prado. Il retourne 2 semaines à Calcutta vers 1975 puis en 1989 (@mdehennezel) et rencontre le père Grandjean qui a inspiré D. Lapierre pour « La Cité de la joie »5/8⤵️
Én 1989, il remet la Légion d’honneur au père Laborde, en reconnaissance de l’œuvre fondée pour les enfants handicapés : « Howrah South Point ». 3) Sa révolte contre la pauvreté, sa fascination pour la maladie et la mort, son intérêt pour ceux qui y consacrent leur vie. 6/8⤵️
4) Une crise personnelle : il dédie ce voyage à Anne Pingeot qui veut le quitter pour se marier. Dans « Il savait que je gardais tout », AP dit: Après ce voyage, « je ne pouvais plus partir ».
Comme si elle avait alors compris son destin auprès de cet homme impossible. 7/8⤵️
La semaine prochaine, on parle de littérature. (Re) lisez les œuvres complètes 😊!
PS Hanoï et Guatemala, c’était n’importe quoi.
Merci d’avoir lu jusqu’ici et merci à ceux qui ont répondu. 8/8🔚
4 janvier 1942
Le Père Castor raconte à ses petits-enfants, C,G et B. une triste histoire de rupture, celle de François et Marie-Louise, dans un album introuvable. 1/5
(⚠️Invention pour rétablir la façon dont ça s’est passé, pour ceux qui verront #MitterrandConfidentiel)
Ce n’était pas une brève rencontre au Luxembourg, c’était à la fin d’une longue promenade dans Paris occupé, de Denfert- Rochereau au Pont-Neuf, un dimanche matin glacé. On connaît même l’itinéraire si l’on veut marcher sur leurs pas (infra 4) 2/5
L’histoire racontée aux enfants, d’une rupture jamais définitive.
Source : le témoignage de Marie-Louise elle-même à son neveu, Jean-Marc Terrasse, rapporté dans « Catherine Langeais, la fiancée des Français, Fayard 2003, p. 244-245. 3/5
2 septembre 1940
Naissance de Régis Debray.
Un penseur sûr de lui mais changeant.
En 1990, il revient sur De Gaulle, qu’il a manqué ; en 1996, en sens inverse, sur Mitterrand qu’il aurait surestimé : 1/3 x.com/amis_mitterran…x.com/paanteon/statu…
Chargé de mission auprès de Mitterrand pour les questions internationales, il l’a conseillé et accompagné de 1981 à 1985, et a attendu sa mort pour lui porter quelques coups de grâce, dans « Loués soient nos seigneurs » (Gallimard, 1996, p. 322 s) 2/3
Il juge son ancien maître avec le mépris de l’élève des Jésuites pour celui des Maristes, du philosophe pour le littéraire. En intellectuel virtuose et insensible.
Trajectoire inverse de celle de @fogiesbert qui a snobé FM lorsqu’il était au pouvoir et qui s’est réconcilié avec lui lorsque le vieil homme a été proche de la mort, l’ayant au fond toujours aimé. 3/3
C’est bien d’un François, mais pas de celui que vous croyez.
Alors qu’est-ce qui a pu si mal tourner dans les relations de François Mitterrand et du Général de Gaulle, entre le 13 mars 1958 et le 1er juin suivant ?
Explications de Jean Lacouture, dans le post qui suit. 1/3
« Ce 25 mai, s'il ne dénonce que la bouffonne et indécente opération d'Arrighi, s'il fait silence sur le silence observé alors par de Gaulle, François Mitterrand est passé de l'expectative - confiante avant le 13 mai, inquiète entre le 13 et le 19, pessimiste depuis la conférence de presse du palais d'Orsay - à l'opposition déclarée ».
2/3
Jean Lacouture décrit l’évolution de l’état d’esprit de son sujet, au cours des événement qui se sont précipités du 13 mars au 1er juin 1958 (p. 202-207, Seuil, 1998).
C’est dans ces quelques jours, par le « non » définitif et presque solitaire au Général, que se forge sa destinée. 3/3.
Voilà, j’ai lu le livre 🧵
#LaPhoto de Patrice Duhamel aux @EdLObservatoire
#VendrediLecture
#VendrediAntiLecture
Sur la photo, mille fois reproduite sur X, de la rencontre du 15 octobre 1942, entre le maréchal Pétain, Marcel Barrois et François Mitterrand. 1/6
Rien dans cette photo ne prouve une proximité, encore moins une complicité entre François Mitterrand et le maréchal Pétain. On s’étonne donc de la portée que lui prête l’auteur, de façon délirante et répétitive. Ce serait une bombe atomique et pourtant longtemps inutilisée 2/6
Les historiens ont cependant établi les circonstances de cette rencontre entre le chef de l’État et le jeune membre du Comité d’aide aux prisonniers.
En 1965, Roger Frey et les barons du gaullisme tentent de présenter cette photo à De Gaulle comme la remise de la francisque 3/6
#VendrediLecture
Les Papiers de Jeffrey Aspern
Henry James 1888.
@m_docin
🧵
Le narrateur est passionné par le poète disparu Jeffrey Aspern. Cela l’amène à Venise, dans le palais où vit Miss Bordereau, ancienne maîtresse du poète, censée détenir un trésor de lettres d’amour inédites. 1/8
Pourquoi j’ai aimé ? 3 raisons. 1) Dans quelle folie peut vous jeter la littérature ? 2) Venise à la fin du XIXe siècle ; 3) Rapprochement avec un classique de la littérature russe.
2/8
I.- Le narrateur est la proie d’une monomanie, sa passion pour un poète avec lequel il veut établir un lien au-delà de la mort :
« Nous n'avions jamais pu plonger nos yeux dans des yeux où les siens se fussent reflétés, ou sentir son contact transmis par quelque main vieillie que la sienne aurait touchée. » 3/8
#VendrediLecture Frédéric Beigbeder Un homme seul, @EditionsGrasset 2024.
À mon père, trop tard, même thème que #Nom de Constance Debré et même style dérangeant. Jean-Michel Beigbeder (1938-2023) fut un solitaire, ce livre nous le raconte de façon émouvante et brutale.
(Photo Manuel Braun pour Émile Magazine) 1/9
Seul dans son enfance au pensionnat (1), dans sa maturité à la fois désordonnée et innovante (2) et dans le naufrage de ses dernières années (3). 1) Sorèze, c’est l’école militaire des Dominicains où JMB atterrit à 8 ans. On se croirait à Bétharram.
Extraits⤵️ 2/9
F B. compare l’école à une prison, à l’avantage de la prison. On comprend mieux le courage dont ont fait preuve les prisonniers de la 2e GM qui avaient fait un tel apprentissage. La captivité était plus supportable que ce qu’ils avaient subi, enfants. Ils y étaient préparés. 3/9