L'institut @EWI_koeln de l'université de Cologne a réalisé une analyse des coûts d'importation et des risques géopolitiques liés à l'approvisionnement d'hydrogène en Allemagne 🇩🇪 depuis les pays méditerranéens et du Moyen-Orient ⤵️
➡️ ewi.uni-koeln.de/en/publication…
La stratégie hydrogène 🇩🇪 pointe un besoin d'importation de 45 à 90 TWh d'hydrogène renouvelable à l'horizon 2030 (soit 1,4 à 3 Mt).
Le gouvernement prépare actuellement une stratégie d'importation visant à diversifier les approvisionnements et réduire les risques de dépendance.
Les pays sud-européens et du MENA attirent l'🇩🇪 : ils présentent de forts potentiels en solaire et éolien pour produire de l'hydrogène par électrolyse, qui pourrait être accessible via des pipelines de quelques milliers de kilomètres, ou à défaut par fret maritime.
La guerre 🇷🇺-🇺🇦 et le sabotage de Nord Stream 2 ont révélé combien la politique énergétique 🇩🇪 fondée sur une dépendance en gaz 🇷🇺 était précaire.
L'hydrogène est sensé prendre le relais du gaz pour alimenter ses centrales thermiques (+24 GW d'ici 2035). hydrogeninsight.com/power/germany-…
D'où la pertinence d'une analyse des risques géopolitiques, menée par l'institut EWI pour cette région prometteuse à partir d'une série d'indicateurs politiques, économiques, sociaux et énergétiques.
Il en résulte un score permettant de classer les 13 pays analysés.
Ces scores sont ensuite couplés à des évaluations externes des coûts de l'hydrogène importé, eux-même fonction des quantités en transit.
Il en ressort la typologie ci-dessous : sans surprise, les pays 🇪🇺 présentent le moins de risques, pour des coûts similaires au MENA.
Les coûts de l'hydrogène importé sont ici au mieux autour de 100 €/MWh (~3,3 €/kg), avec des hypothèses optimistes sur le coût des pipelines.
Plutôt de 150-300 €/MWh (~5 à 10 €/kg) d'hydrogène livré avec des hypothèses conservatrices sur le transit par pipes, ou par navire.
L'offre d'hydrogène à l'export de ces pays d'ici 2030 devrait être très modeste compte tenu des retards dans le déploiement des projets. Très peu sont enclenchés.
Les hypothèses de production/transit de 100 à 10 000 TWh/an (3 à 300 Mt/an) sont peu sérieuses, voire loufoques.
Le seul contrat signé par l'🇩🇪 à date d'un partenaire proche, la 🇳🇴, concerne la livraison à partir de 2029 de 5 TWh/an (>130 kt/an) d'hydrogène surtout issu du gaz avec CCS, et dont la logistique d'acheminement reste à déterminer.
Avec ces prix, l'hydrogène constituera un combustible bas-carbone onéreux pour les centrales thermiques 🇩🇪, en substitution du gaz actuel à 30-40 €/MWh.
D'où un besoin de financement public (CAPEX-OPEX) d'un ordre de 60 Mds€ pour les +24 GW. cleanenergywire.org/news/germanys-…
Le principal enseignement de l'analyse d'EWI est que la stratégie d'importation 🇩🇪 devrait prioriser l'approvisionnement depuis 🇪🇸🇮🇹🇬🇷🇭🇷.
Les pipelines sont moins onéreuses, alors que le fret maritime depuis le MENA est cher et risqué.
Pour autant, le gouvernement 🇩🇪 mène une autre politique : ses subventions à l'importation d'hydrogène renouvelable via le fonds H2Global ciblent exclusivement les pays hors 🇪🇺.
Près de 5 Mds€ sont prévus, plus que les fonds de l'European Hydrogen Bank. h2-global.de
La principale limite de l'analyse est que seul le transport par navire d'hydrogène liquide est scruté, peu mature et très onéreux.
Le vecteur ammoniac sera probablement privilégié pour le fret maritime, mais la chaine de conversion et reconversion vers l'H2 rajoute +2 €/kg.
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Une étude 🇸🇪 de l'université d'Uppsala s'intéresse aux bénéfices d'une production d'hydrogène basée sur une combinaison de renouvelables et d'électricité bas-carbone du réseau 🇸🇪, une optimisation économique et climatique intéressante pour le cas 🇫🇷 sciencedirect.com/science/articl…
Le système électrique 🇸🇪 est le plus décarboné de l'Union européenne, grâce à un mix à 2/3 de renouvelables (dont 40 % d'hydraulique) et ~1/3 de nucléaire.
Son système ⚡️ est divisé en 4 zones, avec surplus d'⚡️ dans les deux zones du nord et déficit dans celles du sud.
L'étude compare différents fonctionnements d'un électrolyseur (10 MW), avec un couplage d'éolien seul, un soutirage du réseau seul, ou une combinaison des 2.
L'un est décarboné mais peu compétitif, l'autre a des avantages technico-économiques mais risque d'↗️ les émissions de GES
La @EU_Commission vient officiellement de publier les très attendus actes délégués définissant les règles pour la production d'hydrogène renouvelable, qui s'appliqueront à la production domestique et aux imports.
Explications de ces règles complexes ⤵️
Plusieurs cas de figure sont prévus.
1⃣ Le plus simple, c'est une connexion physique directe entre un parc EnR et un électrolyseur.
Le parc EnR doit respecter un critère d'additionnalité : il doit être entré en opération au plus tard 36 mois auparavant, pour ne rien cannibaliser
2⃣ Une connexion virtuelle avec des parcs EnR est possible, via un raccordement au réseau et des contrats d'achat d'⚡️ de long terme (PPA).
Au moins quatre grand critères doivent néanmoins être respectés dans ce cas, là aussi pour éviter l'écueil de la cannibalisation des EnR.
La Commission européenne a enfin adopté ses actes délégués définissant les critères pour la production d’hydrogène renouvelable.
Les mix avec 90% d’EnR ou un facteur d’émission inférieur à 64,8 gCO2/kWh ne seront pas soumis à l’exigence d’additionnalité. euractiv.com/section/energy…
L’additionnalité est pour les autres exemptée jusqu’en 2038 pour les projets lancés avant 2028.
Le critère de corrélation temporelle sera mensuel jusqu’en 2030, puis horaire.
C’était déjà le cas avant le vote du Parlement européen le 14 septembre dernier, sans trop d’effets.
Pour être clair : ces règles ne sont pas synonymes de reconnaissance de l’hydrogène issu du nucléaire.
Simplement, elles admettent que des mix déjà décarbonés avec un bouquet renouvelables-nucléaire comme 🇫🇷 et 🇸🇪 peuvent déroger à l’impératif d’additionnalité de capacités EnR.
#REDIII : à de courtes majorités, le Parlement européen a fait le choix d'alléger les critères de production de l'hydrogène renouvelable (AM13) en supprimant l'acte délégué de la Commission, et de n'imposer ces règles qu'à l'hydrogène produit en Europe et non aux imports (AM14)
C'est une victoire pour l'🇩🇪, qui défendait cette position, et pour tous les lobbies (et ils sont nombreux !) hors UE qui promettent monts et merveilles sur les imports d'hydrogène.
S'ouvre désormais le trilogue où Parlement, États membres et Commission devront trouver un accord
Le rejet de AM14 revient à accepter des distorsions de concurrence entre productions domestiques, soumises à des règles environnementales, et importations libérées de celles-ci.
Or des projets comme celui ci-joint interrogent. Drôle de sens de l'intérêt 🇪🇺 rechargenews.com/energy-transit…
Impact de l'hydrogène sur le climat et fuites d'hydrogène : le centre de recherche @EU_ScienceHub de la Commission européenne sort un papier complet sur l'état de l'art.
Faut-il renoncer au développement de l'hydrogène ? publications.jrc.ec.europa.eu/repository/han…
Tout d'abord, l'hydrogène n'a pas d'effet direct sur le réchauffement climatique. Dans l'atmosphère, ce gaz n’interagit pas avec les rayonnements solaires et infrarouges.
Mais il a un effet indirect, en augmentant la durée de vie de GES : le méthane, l'ozone et la vapeur d'eau.
Son émission dans l'atmosphère doit être une préoccupation dans le combat pour le climat.
Il est émis de façon indirecte en réagissant avec du méthane et autres hydrocarbures dans l'air, et directement par l'industrie fossile, la combustion de biomasse et les fuites du secteur.
L'@IRENA publie aujourd'hui un nouveau rapport sur le commerce international de l'hydrogène, le troisième en quelques mois.
Elle affine petit à petit sa vision de ce que pourraient représenter les échanges d'hydrogène et dérivés (ammoniac) dans le monde
➡️ irena.org/newsroom/press…
L'@IRENA envisage à 2050 à ce 150 Mt d'hydrogène renouvelable soient échangées à l'international (25 %), tandis que les 3/4 seraient produits et échangés localement (450 Mt).
Sur les échanges internationaux, la moitié le serait par pipelines, reconverties d'infrastructures gazières essentiellement, en Europe (85 %) et Amérique latine.
L'autre moitié serait de l'échange longue distance par navires sous forme d'ammoniac, sans reconversion vers l'H2.