L’épisode d’Affaires sensibles consacré à EDF raconte une histoire simple : EDF aurait été affaiblie par “Bruxelles”, “le marché”, “les traders”, “la CRE” et la “doxa néolibérale”. Ce cadrage apparaît lorsque l’émission parle d’“idéologie néolibérale”, d’EDF contrainte de vendre “à perte”, de “trafiquants d’électricité”, de tarifs réglementés “bidonnés” par la CRE et d’une nécessaire sortie du marché européen. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamps : 48:49-55:59 ; 1:12:00-1:13:23 ; 1:30:04-1:31:44.
Ce récit contient des critiques légitimes : l’ARENH a été un dispositif bancal jusqu’à sa fin au 31 décembre 2025, les marchés de long terme sont insuffisamment développés, les prix de gros de court terme peuvent s’écarter des coûts complets français, et EDF a subi des injonctions politiques contradictoires. RTE indique que les prix de marché “n’ont pas de raison de correspondre aux coûts de production français” et qu’un cadre spécifique de long terme est nécessaire. Sources : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.5.1 et 9.5.2, p. 56-61 ; 🔗 cre.fr/electricite/ma….
Mais le récit devient trompeur lorsqu’il transforme ces problèmes réels en fable unique : “le marché européen aurait détruit EDF”. Sources : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.5.1 à 9.5.3, p. 56-65 ; ACER, ACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, Executive Summary, p. 2-3.
L’ARENH n’est pas simplement une “vente à perte” d’EDF à ses concurrents
L’épisode affirme qu’EDF revendrait à 42 €/MWh une électricité nucléaire “à perte” à des concurrents qui ne produisent pas. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 53:49-54:05.
La Cour des comptes a estimé que la mise en place de l’ARENH avait généré un excédent de 1,75 Md€ au bénéfice du producteur historique par rapport au coût comptable du parc nucléaire historique entre 2011 et 2021. 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
La Cour des comptes rappelle que le coût complet du nucléaire historique dépend fortement de la méthode retenue : approche comptable, approche économique ou méthode hybride. Source : Cour des comptes, L’analyse des coûts du système de production électrique en France, section 1.2.1, p. 22-26.
Pour 2019, la Cour des comptes indique que les coûts du nucléaire historique ressortent à 43,8 €/MWh selon l’approche comptable et à 64,8 €/MWh selon l’approche économique. Source : Cour des comptes, L’analyse des coûts du système de production électrique en France, Synthèse, p. 6.
La formule “vente à perte” confond donc coût comptable, coût économique, rente nucléaire, prix régulé, financement des investissements futurs et partage de l’avantage du parc nucléaire historique. Source : Cour des comptes, L’analyse des coûts du système de production électrique en France, section 1.1 “Des dépenses prises en compte et une méthode de calcul, variables selon l’objectif poursuivi”, p. 15-21.
L’ARENH est une décision française, pas un vol allemand ou bruxellois
L’épisode présente l’ARENH comme une mesure prise pour satisfaire la Commission européenne et favoriser les concurrents d’EDF. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 52:16-53:48.
Point important : l’ARENH est une décision française, issue de la commission Champsaur, pour maintenir le TRVe dans un marché ouvert à la concurrence. Ce n’est pas une décision “allemande” ni une invention bruxelloise. 🔗 connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogi….
Le couple TRVE-ARENH permettait de partager la rente nucléaire avec l’ensemble des consommateurs en France, quel que soit leur fournisseur. 🔗 x.com/HertzienBaracc….
Sans contrepartie, un TRVE trop bas peut créer un ciseau tarifaire : l’opérateur historique vendrait au détail à un prix inférieur aux conditions auxquelles ses concurrents peuvent s’approvisionner. 🔗 livv.eu/glossaire/cise….
Ce problème avait déjà été identifié avant la loi NOME : en 2007, le Conseil de la concurrence avait dénoncé un risque de ciseau tarifaire lié aux tarifs réglementés et appelé EDF à fournir de l’électricité de base aux fournisseurs alternatifs. 🔗 autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques….
L’ARENH n’est plus le cadre actuel : il a été remplacé par le VNU
Point d’actualisation indispensable : l’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, le nouveau dispositif est le versement nucléaire universel (VNU). 🔗 cre.fr/electricite/ma….
Le VNU change la logique : les fournisseurs ne reçoivent plus un volume nucléaire régulé à 42 €/MWh. Ils s’approvisionnent intégralement sur les marchés ou avec leurs propres moyens de production. Symétriquement, EDF valorise intégralement sa production nucléaire sur la base des prix de gros. 🔗 cre.fr/electricite/ma….
Le dispositif prévoit une taxe sur l’utilisation du combustible nucléaire assise sur les recettes issues de la vente d’électricité nucléaire d’EDF : au-delà d’un premier seuil dit “de taxation”, 50 % des revenus générés par le parc nucléaire sont taxés ; au-delà d’un second seuil dit “d’écrêtement”, 90 % le sont. Source : CRE, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité au moyen des centrales électronucléaires historiques pour la période 2026-2028, section 2.1.1 “Cadre juridique du versement nucléaire universel”, p. 27-28.
Les montants issus de la taxe doivent être redistribués aux consommateurs via une minoration des prix de l’électricité. Source : CRE, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité au moyen des centrales électronucléaires historiques pour la période 2026-2028, section 2.1.1 “Cadre juridique du versement nucléaire universel”, p. 27-28.
Ce point rend le récit de l’émission encore plus daté : parler aujourd’hui comme si le cœur du problème était encore l’ARENH à 42 €/MWh ne suffit plus. Le débat porte désormais sur le bon calibrage du VNU : niveaux des seuils de taxation et d’écrêtement, redistribution effective aux consommateurs, incitations d’EDF à produire et investir, liquidité des marchés à terme et développement de contrats de long terme. Sources : CRE, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité au moyen des centrales électronucléaires historiques pour la période 2026-2028, section 2.1.1, p. 27-28 ; section 11.1 “Description du fonctionnement de la taxe”, p. 207.
Le vrai défaut de l’ARENH n’était pas la “mafia”, mais l’option gratuite et l’écrêtement
L’épisode parle de fournisseurs qui viendraient se servir “à la sortie des centrales nucléaires” pour revendre l’électricité 5 ou 10 fois plus cher. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:12:00-1:12:17.
Les droits ARENH étaient calculés sur le volume de consommation des clients en France ; ils ne correspondaient pas à un volume librement arbitrable comme une simple marchandise achetée à 42 €/MWh puis revendue à 1 000 €/MWh. 🔗 cre.fr/Electricite/Ma….
Les droits ARENH étaient calculés sur le volume de consommation des clients. Le fournisseur devait s’approvisionner pour livrer des volumes. Il ne pouvait donc pas simplement empocher une marge sur tout le volume ARENH accordé. 🔗 cre.fr/Electricite/Ma….
Le vrai défaut économique de l’ARENH était ailleurs : c’était une option gratuite sur une partie de la production du producteur historique. 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
Lorsque le plafond ARENH était atteint, une partie des droits demandés était écrêtée ; cette part devait alors être approvisionnée sur les marchés de gros, souvent à un prix supérieur au prix ARENH, ce qui augmentait le prix de détail. Source : CRE, Rapport pris en application de l’article R. 336-39 du code de l’énergie analysant les causes et les enjeux de l’atteinte du plafond du dispositif ARENH, Synthèse, p. 3.
Le coût d’approvisionnement d’un tarif de détail était une moyenne pondérée entre marché, ARENH et écrêtement ; si le volume d’ARENH augmentait, le volume d’écrêtement diminuait et le coût d’approvisionnement diminuait. 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
La critique sérieuse de l’ARENH portait donc sur son design, son plafond, son écrêtement et ses effets d’option. Elle ne reposait pas sur l’image de “trafiquants” empochant mécaniquement 1 000 - 42 €/MWh. Sources : CRE, Rapport pris en application de l’article R. 336-39 du code de l’énergie analysant les causes et les enjeux de l’atteinte du plafond du dispositif ARENH, sections 3.1 et 3.2, p. 8-14 ; 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
La CRE ne “bidonne” pas les tarifs réglementés
L’épisode affirme que la CRE aurait “bidonné” les TRVE pour permettre aux concurrents d’EDF de faire des marges tout en vendant moins cher qu’EDF. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:12:18-1:13:23.
La mécanique réelle était la contestabilité tarifaire : dans un marché ouvert, le TRVE devait éviter de créer un ciseau tarifaire durable entre EDF fournisseur et ses concurrents. 🔗 livv.eu/glossaire/cise….
La CRE décrit les effets de l’atteinte du plafond ARENH sur la construction des offres de fourniture et sur les consommateurs. Source : CRE, Rapport pris en application de l’article R. 336-39 du code de l’énergie analysant les causes et les enjeux de l’atteinte du plafond du dispositif ARENH, section 3.2 “Effets de l’atteinte du plafond ARENH sur le marché de détail”, p. 11-14.
On peut critiquer l’empilement TRVE + ARENH + contestabilité. Mais “bidonner les tarifs” est une accusation politique, pas une description du mécanisme tarifaire. Sources : CRE, Rapport pris en application de l’article R. 336-39 du code de l’énergie analysant les causes et les enjeux de l’atteinte du plafond du dispositif ARENH, section 3.2, p. 11-14 ; 🔗 autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques….
Le prix de l’électricité n’est pas “indexé” sur le gaz
L’épisode parle d’un coût de l’électricité “annexé” au prix du gaz et de la tonne de CO2. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:30:04-1:30:27.
Le prix de gros de l’électricité n’est pas indexé sur celui du gaz : à court terme, il est égal au coût marginal ; plus la disponibilité du nucléaire est faible, plus le gaz tend à être marginal. 🔗 x.com/HertzienBaracc….
La confusion vient du mélange entre indexation et corrélation : le gaz est un input de production électrique, il tend parfois à être marginal, et il est très volatil ; cela explique sa forte influence sur la variance des prix de l’électricité. 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
RTE décrit le fonctionnement du prix spot par la préséance économique : les moyens de production sont appelés selon leurs coûts variables, et le prix correspond au coût de la dernière unité appelée pour satisfaire la demande. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, encadré “Les différents marchés et prix de l’électricité”, p. 39-40.
La bonne critique n’est donc pas “l’électricité est indexée sur le gaz”, mais : les prix de gros de court terme peuvent rester dépendants des combustibles fossiles alors que le coût complet de long terme du système français est beaucoup plus stable. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.3.4, 9.4.2 et 9.5.1, p. 32, p. 48 et p. 56.
La crise de 2022 n’est pas seulement une crise du marché européen
L’épisode relie la perte nette de près de 18 Md€ d’EDF en 2022 à l’ARENH et à la libéralisation. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 55:49-55:59.
RTE décrit l’année 2022 comme la combinaison de trois crises : envolée des prix du gaz liée à la guerre russe contre l’Ukraine et aux tensions d’approvisionnement, crise française de production nucléaire avec la corrosion sous contrainte, et sécheresse réduisant la production hydraulique. Source : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, section “2022 : un système électrique résilient face à une crise énergétique inédite depuis les années 1970”, p. 2.
La production totale d’électricité en France est tombée à 445 TWh en 2022, son plus bas niveau depuis 1992. Source : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, section 2, p. 6.
La production nucléaire française a baissé de 82 TWh par rapport à 2021, et la production hydraulique de 12 TWh. Source : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, section 2, p. 6.
La disponibilité du parc nucléaire français a atteint un niveau historiquement bas en 2022 : 54 %, contre 73 % en moyenne entre 2015 et 2019, avec un minimum de 21,7 GW le 28 août 2022. Source : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, section 3, p. 8.
ACER écrit que la crise énergétique européenne était “en essence” un choc de prix du gaz qui a affecté les prix de l’électricité, et que le design du marché de gros n’est pas la cause de la crise. Source : ACER, ACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, Executive Summary, p. 2.
ACER ajoute que les règles de marché ont, dans une certaine mesure, contribué à atténuer la crise en évitant des coupures ou du rationnement dans certaines zones. Source : ACER, ACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, Executive Summary, p. 2.
Le marché européen n’explique donc pas à lui seul la crise française de 2022. Sources : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, p. 2, p. 6 et p. 8 ; ACER, ACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, Executive Summary, p. 2.
Les pertes 2022 d’EDF ne se résument pas à “l’ARENH a ruiné EDF”
La Cour des comptes indique que le parc nucléaire EDF n’a produit que 279 TWh en 2022. Source : Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre II, III-B “En 2022-2023, une crise illustrant à l’extrême la sensibilité du modèle aux prix de marché et aux aléas de production”, p. 70-72.
La Cour des comptes indique que la couverture des livraisons ARENH, ARENH+, des droits ARENH associés aux TRV et des offres de marché d’EDF a nécessité l’achat net de 62,7 TWh à un prix moyen de 384 €/MWh, soit 24 Md€. Source : Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre II, III-B, p. 71.
La Cour des comptes indique aussi que le déficit de production du parc EDF en 2022 par rapport aux prévisions de fin 2021 était d’environ -80 TWh. Source : Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre II, III-B, p. 71.
Autrement dit, le problème 2022 n’est pas seulement “EDF vend à 42 €/MWh ce qui vaut 1 000 €/MWh”. C’est aussi : EDF avait des engagements de livraison alors que sa production nucléaire s’effondrait et que les prix de marché étaient extrêmement élevés. Source : Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre II, III-B, p. 70-72.
Sur le relèvement du plafond ARENH en 2022, une partie importante des pertes venait de la réplication de l’ARENH+ dans les offres destinées aux clients du producteur historique. 🔗 mobile.twitter.com/HertzienBaracc….
Le marché ne “rend” pas physiquement l’électricité rare
L’invité affirme que “le marché” a rendu l’électricité “rare et chère”. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:07:28-1:09:13.
Un marché ne crée pas physiquement une indisponibilité nucléaire, une sécheresse hydraulique ou une tension sur le gaz ; il révèle une tension offre-demande par les prix. Sources : RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, section 2, p. 6 ; RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, encadré “Les différents marchés et prix de l’électricité”, p. 39-40.
En 2024, lorsque la production française s’est redressée, la France a retrouvé un solde exportateur exceptionnel de 89 TWh, valorisé à environ 5 Md€. Source : CRE, La surveillance et le fonctionnement des marchés de gros de l’électricité et du gaz naturel en 2024, Synthèse, p. 2.
La CRE indique aussi que, pour la première fois depuis 2013, le prix à terme français pour l’année suivante est devenu inférieur au prix allemand, avec un écart d’environ 20 €/MWh fin 2024 maintenu au premier semestre 2025. Source : CRE, La surveillance et le fonctionnement des marchés de gros de l’électricité et du gaz naturel en 2024, Synthèse, p. 2.
Si le marché rendait mécaniquement l’électricité rare et chère, le retournement de 2024 serait inexplicable. Sources : CRE, La surveillance et le fonctionnement des marchés de gros de l’électricité et du gaz naturel en 2024, Synthèse, p. 2 ; RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, p. 6.
L’Espagne et le Portugal ne sont pas “sortis du marché européen”
L’invité affirme qu’il faudrait sortir du marché européen “comme viennent de le faire le Portugal et l’Espagne”. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:30:04-1:30:40.
La Commission européenne a décrit le mécanisme ibérique comme une mesure temporaire d’aide d’État permettant à l’Espagne et au Portugal de réduire le coût d’intrant des centrales fossiles, pas comme une sortie du marché européen. 🔗 ec.europa.eu/commission/pre….
Le mécanisme ibérique n’est donc pas un précédent de “sortie du marché”, mais une intervention temporaire dans le marché avec compensation des centrales au gaz. 🔗 ec.europa.eu/commission/pre….
Interconnexions : l’existence des lignes ne suffit pas à optimiser les échanges
L’invité affirme que les interconnexions existaient avant Maastricht et qu’on pourrait donc garder des accords commerciaux et techniques sans marché européen. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamp : 1:30:40-1:31:33.
Il est exact que les interconnexions physiques existaient avant la libéralisation. RTE examine d’ailleurs l’option d’une sortie du marché européen avec maintien des échanges. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.5.3 “Plusieurs propositions touchant à des modifications du fonctionnement des marchés de gros de l’électricité en France ont été avancées mais présentent des limites ou des difficultés importantes”, p. 64-65.
Mais RTE indique aussi que cette option serait contraire au droit communautaire actuel, pourrait réduire les possibilités d’importer lors des périodes tendues et d’exporter la production bas-carbone française, et n’aurait pas changé la situation en 2022 car la France dépendait physiquement des imports du fait de l’indisponibilité nucléaire et hydraulique. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.5.3, p. 64-65.
RTE ajoute qu’un tel découplage nécessiterait des contrats de gré à gré entre l’opérateur national français et les acteurs des pays voisins, avec des coûts difficiles à anticiper. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.5.3, p. 65.
ACER estime que l’intégration des marchés et les échanges transfrontaliers ont généré environ 34 Md€/an de bénéfices pour les consommateurs européens. Source : ACER, ACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, Executive Summary, p. 3.
Newbery, Strbac et Viehoff chiffrent plus précisément plusieurs briques de valeur de l’intégration européenne : environ 1 Md€/an pour le couplage day-ahead, environ 1,3 Md€/an pour les bénéfices d’équilibrage, environ 1,36 Md€/an pour la réduction des flux non programmés, et environ 3,9 Md€/an de gains potentiels totaux en intégrant aussi intraday et curtailment. Source : Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, Highlights et Abstract, p. 1 ; section 4.7 “Summary of benefits”, p. 9 ; Table 3 “Potential gains from market integration”, p. 9.
Le même article explique que le couplage des interconnexions réduit les flux inefficaces : avant le couplage, les traders achetaient de la capacité avant les marchés day-ahead et devaient anticiper les écarts de prix ; cela pouvait conduire à de la sous-utilisation, voire à des flux allant de la zone chère vers la zone moins chère. Source : Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, section 1 “Introduction”, p. 2.
Autrement dit, le sujet n’est pas seulement d’avoir des lignes physiques. Il faut aussi des règles d’allocation de capacité qui utilisent correctement ces lignes. Le couplage day-ahead vise précisément à ce que les prix soient égalisés lorsqu’il n’y a pas de congestion, et à ce que l’interconnexion soit pleinement utilisée lorsqu’elle est contrainte. Source : Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, section 1 “Introduction”, p. 2.
L’enjeu des interconnexions est donc physique et économique : allocation de capacité, gestion des congestions, signaux horaires, sécurité d’approvisionnement, échanges à court terme, équilibrage et valorisation de la production bas-carbone française. Sources : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, encadré “Les différents marchés et prix de l’électricité”, p. 39-40 ; Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, section 4.7 et Table 3, p. 9.
Les interconnexions ne sont pas le problème, mais le révélateur des déséquilibres du système électrique : elles révèlent les besoins de flexibilité, les congestions et les écarts de prix, mais ne les créent pas par elles-mêmes. 🔗 telos-eu.com/fr/marche-de-l….
Le vrai sujet : articuler marché de court terme, contrats de long terme et partage de la rente nucléaire
RTE indique que le coût moyen de long terme de la production électrique française demeure contenu à l’horizon 2035. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.3.3, p. 31.
RTE indique aussi que ce coût de production est relativement stable, prévisible et très largement indépendant du cours des énergies fossiles. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.3.4, p. 32.
Mais RTE indique en même temps que les prix de gros resteront largement volatils et dépendants du prix des énergies fossiles à moyen terme. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.4.2, p. 48.
RTE indique enfin que l’architecture actuelle des marchés conduit structurellement à une forte volatilité des prix de marché, qui n’ont pas de raison de correspondre aux coûts de production français. Source : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, section 9.5.1, p. 56.
Le bon sujet n’est donc pas “sortir du marché”, mais construire un cadre de long terme qui rapproche les prix payés par les consommateurs du coût complet du parc français, tout en conservant les signaux de court terme nécessaires à l’équilibre du système, aux interconnexions et à la flexibilité. Sources : RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.5.1 et 9.5.2, p. 56-61 ; Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, section 5 “Conclusions and policy implications”, p. 9.
Newbery, Strbac et Viehoff concluent que le couplage de marché apporte des bénéfices supérieurs aux coûts de changement de design de marché, et que les interconnexions doivent être rémunérées pour l’ensemble des services qu’elles rendent. Source : Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, section 5 “Conclusions and policy implications”, p. 9.
Depuis 2026, ce débat se pose concrètement dans le cadre du VNU : EDF doit pouvoir dégager les moyens de financer ses investissements futurs, notamment dans le nouveau nucléaire, tout en faisant bénéficier les consommateurs français de la compétitivité du parc nucléaire historique. Source : CRE, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité au moyen des centrales électronucléaires historiques pour la période 2026-2028, section 2.1.1 “Cadre juridique du versement nucléaire universel”, p. 27.
Conclusion
L’épisode d’Affaires sensibles raconte une histoire efficace : un service public héroïque, un âge d’or industriel, puis la chute provoquée par Bruxelles, le marché et les traders. 🔗 radiofrance.fr/franceinter/po… — timestamps : 48:49-58:25 ; 1:05:20-1:13:23 ; 1:30:04-1:31:44.
Mais les faits décrivent une histoire moins simple : EDF a été fragilisée par un empilement de choix politiques, de défauts de régulation, de crise industrielle du nucléaire, d’absence de cadre long terme robuste et d’exposition à des prix de marché très volatils en 2022. Sources : Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre II, III-B, p. 70-72 ; RTE, Bilan électrique 2022 – Principaux résultats, p. 2, p. 6 et p. 8 ; RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.5.1 et 9.5.2, p. 56-61.
La critique utile n’est pas de dire que “le marché européen a tué EDF”. Elle consiste à identifier ce qui doit être corrigé : le calibrage du VNU depuis la fin de l’ARENH, le partage de la rente nucléaire, les marchés de long terme, la couverture des consommateurs, les signaux de flexibilité, le financement du parc existant et futur, la cohérence de l’État actionnaire et la bonne valorisation des interconnexions. Sources : 🔗 cre.fr/electricite/ma… ; RTE, Bilan prévisionnel 2023-2035 – Économie du système électrique, sections 9.5.1 et 9.5.2, p. 56-61 ; Cour des comptes, Le modèle économique d’Électricité de France (EDF), chapitre III, p. 91-116 ; Newbery, Strbac & Viehoff, The benefits of integrating European electricity markets, Highlights, Abstract, section 4.7 et section 5, p. 1 et p. 9 ; 🔗 telos-eu.com/fr/marche-de-l….
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La tribune de Dominique Finon et Étienne Beeker part d’un constat qui mérite d’être pris au sérieux : l’intégration croissante des marchés européens de l’électricité ne transmet pas seulement des gains d’optimisation, elle transmet aussi des tensions, des raretés, des excédents et des besoins de flexibilité. Leur texte soutient que les interconnexions, conçues au départ pour la solidarité technique entre systèmes voisins, tendent de plus en plus à servir de canal de transfert des déséquilibres créés par les systèmes à forte part d’éolien et de solaire, en particulier l’Allemagne. Dans cette lecture, les systèmes à dominante nucléaire ou hydraulique supporteraient une part croissante des coûts induits par des voisins moins pilotables.
Cette grille de lecture contient une part de vérité. Mais elle devient trop générale lorsqu’elle présente les interconnexions essentiellement comme un instrument de “déversement” des désordres allemands vers les autres systèmes. Les données disponibles conduisent à une lecture plus nuancée.
Le premier point à rappeler est que la tribune met l’accent sur la perte de valeur des actifs nucléaires liée aux épisodes de prix bas ou négatifs, en reliant cela aux surplus renouvelables importés via les marchés couplés. Cet enchaînement existe à certaines heures, mais il ne décrit pas à lui seul le fonctionnement du système français.
Sur ce point, le working paper de Nicolas Astier et Frank Wolak, Nuclear Operations with a High Penetration of Renewables: The Case of France, montre que le parc nucléaire français est déjà exploité de manière nettement plus flexible qu’on ne le suppose souvent. Les auteurs estiment qu’avec effets fixes journaliers, 1 MWh supplémentaire d’éolien et de solaire est associé à une baisse de 0,66 MWh de production nucléaire.
Nicolas Astier et Frank A. Wolak, Nuclear Operations with a High Penetration of Renewables: The Case of France, section 4.1, p.17-18
Le même papier indique aussi que la perte mécanique de facteur de charge due au load-following reste aujourd’hui modérée : pour la majorité des cycles, elle demeure inférieure à 1 point.
Nicolas Astier et Frank A. Wolak, Nuclear Operations with a High Penetration of Renewables: The Case of France, section 5.1, p.20-21
Autrement dit, la coexistence entre nucléaire et renouvelables ne se traduit pas simplement par une éviction automatique du nucléaire. Le parc nucléaire français s’ajuste déjà largement. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème ; cela signifie que la question n’est pas celle d’une incompatibilité simple entre nucléaire et renouvelables.
Le deuxième point est que la tribune décrit correctement une montée des contraintes, mais sans distinguer assez clairement ce qui relève des surplus extérieurs et ce qui relève des rigidités internes au système français. Le même papier d’Astier et Wolak montre que les minimum output constraints deviennent de plus en plus contraignantes à mesure que la production éolienne et solaire augmente : en moyenne, une unité nucléaire supplémentaire atteint sa contrainte minimale pour 3 GWh additionnels d’éolien et de solaire.
Nicolas Astier et Frank A. Wolak, Nuclear Operations with a High Penetration of Renewables: The Case of France, section 6.2, p.30
Les auteurs montrent également qu’en 2024, les heures où la flexibilité descendante restante du parc nucléaire est épuisée sont fortement associées à des prix day-ahead nuls ou négatifs.
Nicolas Astier et Frank A. Wolak, Nuclear Operations with a High Penetration of Renewables: The Case of France, section 6.4, p.34-35
Ce point est important parce qu’il déplace le centre du diagnostic : les épisodes de prix négatifs et de perte de valeur ne renvoient pas seulement à des flux venus d’Allemagne ; ils renvoient aussi à la manière dont le mix français lui-même réagit quand la production variable augmente et que la flexibilité nucléaire disponible se raréfie.
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L’étude d’Adenfi, Quelle est la réalité du réseau électrique français en 2024 ?, va dans le même sens sur le plan descriptif. Elle observe que les prix day-ahead négatifs apparaissent principalement quand la production nucléaire descend sous 35 GW, et souligne qu’il n’y a pas de coïncidence forte avec les maxima de production solaire, ni de relation statistique visible entre production éolienne et niveaux de prix sur les monotones présentées.
Adenfi, Quelle est la réalité du réseau électrique français en 2024 ?, p.4 à 7
L’étude montre aussi que, pendant les périodes où le prix spot est inférieur à 1 €/MWh, le nucléaire constitue de loin la part moyenne la plus importante du mix, devant le solaire et l’éolien.
Adenfi, Quelle est la réalité du réseau électrique français en 2024 ?, p.8
Ces éléments ne contredisent pas l’existence d’externalités transmises par les interconnexions. Ils indiquent simplement que les prix bas ou négatifs en France ne peuvent pas être décrits de manière satisfaisante comme le simple produit d’un “déversement” allemand. Ils traduisent aussi une rigidité du système français dans certaines configurations horaires.
Le troisième point concerne le bilan global des interconnexions pour la France. La tribune insiste sur les effets négatifs transmis par le couplage. Mais pour apprécier ce diagnostic, il faut aussi regarder ce que le système apporte à la France sur l’ensemble d’une année. En 2025, la France a été le premier exportateur net d’électricité d’Europe, avec 92,3 TWh d’exportations nettes et une valorisation nette totale de 5,4 milliards d’euros. assets.rte-france.com/analyse-et-don…
Ces chiffres ne suffisent pas à invalider l’idée d’externalités négatives à certaines heures. En revanche, ils empêchent de présenter les interconnexions comme un dispositif principalement défavorable à la France. Les interconnexions transmettent à la fois des gains et des externalités. Le texte de Finon et Beeker insiste beaucoup sur les secondes et très peu sur les premiers.
Le quatrième point concerne l’évolution même du système européen. La tribune relie les désordres observés aux systèmes très renouvelables. Les travaux récents de la CRE montrent effectivement que l’environnement de marché devient plus complexe, plus volatil et plus exigeant en matière d’équilibrage. Au 1er trimestre 2026, les volumes échangés sur les marchés de gros ont atteint 597 TWh, soit +28 % sur un an. cre.fr/actualites/tou… cre.fr/documents/rapp…
La CRE a en outre lancé une consultation publique sur les incitations financières à la responsabilité d’équilibre et sur le financement des réserves d’équilibrage dans le contexte de transformation du modèle d’équilibrage de RTE. cre.fr/actualites/tou… cre.fr/documents/cons…
Ces documents confortent l’idée que le problème principal n’est pas “les interconnexions” prises isolément, mais le design de l’ensemble :
organisation des zones de prix ;
règles d’équilibrage ;
signaux donnés aux responsables d’équilibre ;
valorisation de la flexibilité ;
articulation entre nucléaire, ENR, stockage et réseau.
Le cinquième point concerne les exemples nordiques mobilisés par la tribune. Le cas suédois est réel : la Suède a bien refusé en 2024 le projet Hansa PowerBridge avec l’Allemagne, en invoquant notamment les conséquences des défauts du marché allemand. reuters.com/business/energ…
En revanche, la formulation sur Skagerrak avec l’Allemagne pose un problème factuel, car Skagerrak relie la Norvège au Danemark, pas à l’Allemagne. Les gestionnaires nordiques indiquent d’ailleurs encore en 2025 qu’ils étudient un possible réinvestissement de Skagerrak 1 et 2, avec des bénéfices mutuels identifiés. statnett.no/globalassets/f…
Cela n’annule pas les tensions observées en Norvège et en Suède. Cela signifie simplement que les réactions politiques scandinaves ne peuvent pas être utilisées comme démonstration simple d’une nocivité générale des interconnexions. 2/3
Elles reflètent plutôt des arbitrages ciblés face à des configurations de marché précises.
Au total, la tribune de Finon et Beeker met le doigt sur une évolution réelle : l’intégration européenne de l’électricité ne produit pas seulement de l’optimisation collective ; elle transmet aussi des désordres, et ces désordres deviennent plus visibles à mesure que les systèmes se décarbonent par des voies différentes. Ce point est important.
Mais la conclusion implicite selon laquelle les interconnexions seraient devenues principalement un canal de “déversement” au détriment des systèmes nucléaires et hydrauliques paraît trop large pour décrire correctement la situation française.
Les éléments disponibles suggèrent une image plus équilibrée :
le nucléaire français est plus flexible que ne le laisse entendre la tribune ;
cette flexibilité a des limites qui deviennent de plus en plus visibles ;
les prix négatifs en France reflètent aussi une rigidité interne du mix français, pas uniquement des surplus importés ;
les interconnexions apportent à la France des gains massifs en même temps qu’elles transmettent certaines externalités ;
le sujet central devient donc moins celui des interconnexions en elles-mêmes que celui des règles qui encadrent leur fonctionnement.
La question posée par la tribune reste donc pertinente, mais sa réponse doit être reformulée. Il ne s’agit pas de savoir si les interconnexions sont devenues bonnes ou mauvaises en soi. Il s’agit de savoir quelles interconnexions, avec quelles zones de prix, quelles obligations de flexibilité, quelles incitations d’équilibrage et quelle répartition des coûts permettent de préserver les gains de l’intégration sans faire porter à certains systèmes une part excessive des désordres des autres.
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La vidéo installe très tôt son cadre idéologique : le marché de l’électricité serait intrinsèquement absurde et la solution logique serait un retour au monopole public (voire européen).
La suite du raisonnement consiste à enchaîner des mécanismes réels pour leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.
Premier pilier du discours : la comparaison télécoms / électricité.
La concurrence aurait fait baisser les prix dans les télécoms, tandis que l’électricité aurait vu ses prix doubler en 25 ans. Conclusion implicite : la libéralisation est la cause du problème.
Une vidéo intéressante de @OsonsCauser sur le rôle du gestionnaire de réseau de distribution qui présente le point de vue du comité social d'Enedis de façon rigoureuse et comme le souligne le vidéaste à juste titre, sur un sujet peu abordé il est vrai
Petite critique mineure : le réseau est un bien de club (ou bien à péage) et non un bien commun. C'est un bien excluable et non rival (dans une certaine mesure) theothereconomy.com/fr/fiches/bien…
Ma critique : je pense que la vidéo aurait pu être allongée de 13 à 20 minutes pour introduire la notion de coût moyen pondéré du capital et la régulation incitative des réseaux qui ont été discutés cette année à l'occasion du TURPE 7 cre.fr/actualites/tou…
1/ — Pourquoi la libéralisation du marché ? (p. 4)
📌 Ce que dit Cayla (citation exacte)
La libéralisation « procède avant tout d’une volonté de rationaliser l’organisation de l’économie ».
L’objectif était de « dépasser les frontières nationales » et de « faire disparaître le contrôle politique des prix de l’énergie au profit d’un système fondé sur les prix de marché ».
Gilles Raveaud décrit un marché européen “centralisé”, avec un “prix unique”, “quasiment soviétique”.
Aucun de ces points n’est correct.
Voici les faits, avec les sources officielles + mes analyses détaillées.
Il n’existe pas de prix unique de l’électricité en Europe.
L’Europe est découpée en bidding zones (zones de prix).
Chaque zone a son propre prix spot, déterminé par ses propres contraintes réseau.