L’adaptation à la chaleur se heurte au fait que 80 % de la ville de demain est déjà construite et représente déjà une grande quantité de carbone émis.
Il faut donc faire avec le déjà-là.
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Supprimer totalement l’îlot de chaleur urbain d’une ville reviendrait finalement à la raser pour la remplacer par une forêt ou un parc géant.
En pratique, aucune ville ne peut repartir de zéro.
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Il faut bien négocier avec l’existant, qu’il s’agisse d’immeubles modernistes ou de centres anciens patrimoniaux.
C’était précisément le défi de l’étude lancée fin 2025 par l’Agence d’Urbanisme et de l’Énergie pour la ville d’Ajaccio que j’ai réalisée.
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Comme beaucoup d’agglomérations corses, cette ville subit une surchauffe croissante et sera exposée à trois fois plus de nuits tropicales (> 20 °C) à l’horizon 2050.
Malgré sa position littorale, elle devrait connaître jusqu’à 7 jours par an à plus de 35°C en 2050.
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La question de cette étude était simple : comment rafraîchir une ville déjà construite sans la transformer radicalement ?
On aurait pu dire qu’il fallait climatiser partout, mais l’enjeu était ici de travailler sur les espaces publics.
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D’ailleurs, de nombreuses écoles à Ajaccio sont climatisées mais les enseignants se plaignent de la surchauffe à cause de l’inefficacité des protections solaires.
Je ne parle même pas des cours minérales qui ont aussi fait l’objet de modélisations de confort thermique.
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Suite à l’analyse, il est apparu que la ressource climatique principale de cette ville était sa topographie et sa proximité immédiate avec la mer.
Cependant, l’accès au littoral reste coupé par la circulation et le manque d’espace public proches de l’eau.
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L’objectif de la stratégie que j’ai proposée est de transformer le littoral d’Ajaccio en attracteur de fraîcheur pour l’ensemble de la ville.
Pour ce faire, le plan est décomposé en trois actions.
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1) Renforcer et ombrager les circulations piétonnes perpendiculaires au littoral.
2) Densifier le maillage des parcs et des jardins en améliorant l’accessibilité des espaces verts existants.
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3) Multiplier les points de fraîcheur le long du littoral avec des structures qui contribuent à créer une unité paysagère sur l’ensemble du trait de côte.
Le but est d’offrir des points de fraîcheur aux habitants et aux touristes en période estivale.
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Ajaccio possède de nombreuses qualités bioclimatiques, le but est de les valoriser tout en renforçant l’identité patrimoniale de cette ville.
Je pourrai détailler les modélisations et les scénarios testés dans de prochains fils si cela vous intéresse !
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Sur la négligence des qualités thermiques du bâti et des villes anciennes, je vous recommande ce fil qui explique les limites des méthodologies habituellement utilisées pour quantifier la surchauffe urbaine :
Début 2026, la plus importante étude sur les comportements des habitants de l’Hexagone face aux vagues de chaleur a été publiée.
Et ses conclusions sont sans appel : les ventilateurs sont sous-utilisés.
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Cette étude a consisté à instrumenter un ensemble de 76 logements non-climatisés dans différentes régions climatiques de France hexagonale pendant l’été 2023 :
Le but était de monitorer les températures intérieures et extérieures ainsi que l’ouverture des fenêtres, des volets et l’utilisation des ventilateurs sur pied ou plafonnier.
Cela permettait de comprendre très précisément les habitudes de chaque foyer pour rafraîchir.
Sur le sujet de la climatisation et de l'adaptation à la chaleur, je vous partage les résultats de l'étude RÉSILIANCE menée par l’École des Mines.
Elle détaille l'efficacité de trois types d'actions :
1) Les usages 2) L'adaptation du bâti 3) Les systèmes actifs
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Sans surprise, les usages (fermetures des volets en journée, ventilation la nuit...) présentent une efficacité importante sur le confort (***) et un coût négligeable.
La maîtrise des apports internes est en-dessous et présente un léger coût.
Mais c'est insuffisant.
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En ce qui concerne le bâtiment, l'installation de protections solaires présente l'un des meilleurs ratio efficacité (***)/coût (€).
L'isolation thermique en revanche, coûte cher (€€) pour un gain moindre sur le confort intérieur (*).
La canicule est face à nous et à défaut d’une prise en compte politique du sujet en avance, il va encore falloir improviser dans l’urgence.
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Le cas de 2003 montre que les conséquences sanitaires dramatiques d’une canicule n’apparaissent pas dès le début, mais avec un décalage d’environ une semaine.
Pourquoi ? Parce que les gens accumulent de la fatigue par manque de sommeil avec les nuits tropicales.
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Face à l’événement, il est trop tard pour mettre en place des améliorations structurelles : aucun artisan ne va se déplacer pour installer des brasseurs d’air ou un climatiseur demain.
En attendant l’adaptation des bâtiments, on en est alors réduit à gérer la situation.
Faut-il annuler la Fête de la Musique cette année ?
L’idée peut paraître excessive, mais elle pose une vraie question.
Comment organiser des événements de masse lors de fortes chaleurs de plus en plus fréquentes ?
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Quand la date de la Fête de la Musique a été fixée au 21 juin, on imaginait un moment symbolique pour profiter du début de l’été.
On ne pensait pas qu’on vivrait aujourd’hui des épisodes de fortes chaleurs proches de ceux de la fin juillet ou août.
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Les épisodes de chaleur intense deviennent plus fréquents et importants.
Rassembler des foules lors de fortes chaleurs attendues ce week-end dans certaines villes (près de 40°C) ne peut plus se faire sans réflexion sur les risques sanitaires liés à la chaleur.
Il aura fallu une canicule exceptionnellement précoce pour que l’intérêt médiatique sur le sujet commence plus tôt que prévu.
Car oui, l'adaptation est aussi un problème culturel.
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Les canicules sont des moments critiques où l'on parle de climat.
Pour celles et ceux qui travaillent sur l’adaptation à chaleur toute l’année, c’est toujours un drôle de moment : du jour au lendemain, il faut participer à des émissions et répondre à des interviews.
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J’ai eu le plaisir de répondre aux questions du Midi Libre sur la place du climat dans nos modes de vie.
Derrière les débats sur la végétalisation ou la climatisation des villes se cache un problème plus large :
On peut en observer de magnifiques exemples en Espagne, au Maghreb, au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud, mais aussi dans le bâti ancien du sud de France.
Ils partagent tous des caractéristiques communes : ce sont des espaces étroits, ombragés et souvent frais !