Profile picture
binnie @binnie
, 123 tweets, 18 min read Read on Twitter
peut-être que je vais poster un thread de +2.8k mots sur le #Zuckhearing, le #Zuckerbergtestimony, enfin sur #Zuckerberg devant le sénat, quoi.
pour le style, c’est un live différé, amplement commenté. j’ai lu les reports américains ce matin, j’ai pris des notes, et je vous raconte en français (dans un langage racaille nerdcore, comme d’habitude.)
ça va sans doute être relou, désolée, mais j’ai toujours rêvé de pouvoir faire comme les mecs devant le foot (le problème étant que le foot, j’en ai strictement rien à foutre, évidemment.)
j’ai aussi un problème de batterie, car je charge en 110v, et ios avec le wifi, ça me fout l’iphone en mode apollo 13 (c’est à dire que la batterie se décharge tout en chargeant si j’utilise mon téléphone au lieu de le laisser tranquille.)
je vais donc devoir laisser charger de temps en temps (c’est une certitude mathématique, monsieur ismay.) mais bon, de toutes façons, on a grave le temps, il est même pas 6 du à washington.
enfin au pire j’ai la mophie chargée à 75%, qui a un meilleur voltage que cette prise de merde accrochée à un palmier. je pourrais l’utiliser. bon, ça suffit le cours d’électricité.
c’est la première des deux auditions de zuck. il y en aura une autre demain. enfin plutôt dans quelques heures. il est entendu par 44 sénateurs, c’est beaucoup : on a du ajouter une rangée de chaises et de micros pour que tout le monde puisse bien le houspiller.
il y a plus de 70 journalistes sur place, et ce chiffre n’inclut pas les photographes. peu avant le début de l’audition, vers 14h15, la queue à l’entrée de la salle fait presque 100 mètres. certaines personnes attendent depuis 7h du mat.
il y a une douzaine de caméras qui attendent de filmer l’entrée de mark, qui sera entouré de plusieurs membres de l’équipe de com’ de facebook.
l’un d’entre eux connaît déjà l’endroit, pour être venu y faire un tour il y a quelques mois, après les histoires de propagande russe diffusée sur le réseau.
il y a quelques manifestants dans le building, et leurs pancartes disent en substance «stop corporate spying», «protect our privacy» et d’autres trucs ma foi bien légitimes (leur rêve de société me semble bien mal barré)
à 14h30, mark arrive. il serre la main de quelques sénateurs, et c’est parti, comme chez ruquier.
pendant un gros quart d’heure, les sénateurs font leur exposé. ils parlent du nombre d’utilisateurs de facebook, de son importance, de sa grosseur.
ils parlent de ce qui s’est passé avec cambridge analytica. ils souhaitent d’ailleurs tenir une seconde audience, spécifiquement sur ce problème là.
un rappel est fait sur la nature du business model de facebook ー celui autour de l’affichage de pub, en tout cas ー ainsi que sur les pratiques de l’entreprise en terme de collection de données.
à ce stade, on peut parler d’une bonne chauffe, et tout le monde a très envie d’entendre mark parler.
en guise d’invitation à prendre la parole, le drop off de harvard se fait reprendre par bill nelson, un sénateur démocrate qui a bossé pour la nasa et qui a été dans l’espace, sur la navette columbia.
on va pas tourner autour du pot : si vous et les autres réseaux sociaux continuez à faire de la merde, on aura plus de vie privée, il lui dit. simple. pas de chichis.
il est 14h50 et mark prend la parole. il lit son témoignage : «j’ai fondé facebook, je gère cette entreprise, je suis responsable de ce qui s’y passe, gna gna gna» (comme toujours, chiant, mais sympa.) à 15h, l’intro est terminée, on attaque les Q&A. ce sera 5’ max par sénateur.
la suite après votre pause déjeuner (ma batterie est tellement flinguée)
on demande à mark si facebook a connaissance de situations similaires à celle de cambridge analytica, qui seraient l’œuvre d’autres développeurs. bonne question, j’ai envie de dire. je mettrais un +1, si c’était un r/AMA.
j’aimerais pas être à sa place. l’api de facebook est un putain d’open bar, il peut y avoir des milliers de cas d’utilisation de données similaires à celui-là. mark fait la seule réponse possible : mec, on est entrain de chercher, fait pas chier.
facebook n’a aucun moyen de savoir ce que les développeurs d’applications tierces font des données auxquelles ils ont accédé.
leur stockage, leur transformation, leur analyse, le clustering et le profiling d’utilisateurs, tout ça se fait de leur côté. dans l’isoloir.
à partir du moment où ils ont pompé les données brutes, ils en font ce qu’ils veulent. et au delà des logs de son api, facebook est aveugle.
le seul truc qu’ils peuvent faire c’est regarder qui pompe quoi, dans quelles quantités, et puis ce qui est posté comme contenu après. ce qui se passe entre ces deux choses là, ils ne le sauront jamais.
15h10, instant candide : on demande à mark s’il a envisagé un business model d’abonnement qui permettrait aux utilisateurs de ne plus être exposé à la publicité.
les abonnements ne couvriraient jamais les revenus générés par la pub ; et les journalistes français qui se posent des questions telles que «et pourquoi pas ? combien d’utilisateurs seraient prêts à payer 5$ par mois pour se passer de publicité ?», ils me font bien rigoler
allez, laisse-moi reformuler pour toi. ce que tu veux sans doute dire, c’est : «combien d’américains pauvres seraient prêts à se délester d’un lunch chaque mois pour se faire morfler avec une app de merde ?»
cette question là, les journalistes américains, qui se marrent bien devant l’ignorance et la naïveté du sénat, ils ne se la posent pas. ces gens là seraient trois.
mark répond à côté ; il n’évoque même pas la possibilité d’un facebook sans publicité ; il explique en revanche que les utilisateurs peuvent opt-out pour que les pubs qui leur sont poussées ne soient pas data driven (trop sympa !)
il ajoute que les pubs personnalisées, c’est quand même bien plus cool, parce que si les gens n’aiment pas la pub, ils l’aiment encore moins quand elle ne les concerne pas. je relis cette phrase et maintenant j’en suis persuadée : on se souviendra de lui comme d’un grand homme.
en garçon bien élevé qui a traîné ses sneakers sur les pelouses de harvard, il répond tout de même à la question qu’on lui a posée : non, pour le moment, facebook ne considère aucun modèle sans publicité (et tu peux toujours courir, gros)
15h15. diane feinstein, sénatrice depuis 25 ans pour l’état de californie, et qui a été maire de san francisco de 78 à 88, demande à mark quelles précautions il faut prendre pour éviter un nouveau scénario catastrophe de propagande électorale russe qui n’aurait rien à foutre là
mon dieu, j’aimerais tellement pas être à sa place. remarque, elle est pas si dure, celle-là. tu peux toujours dire «chère diane, nos data scientists ont bûché sur une super machine à détecter ce genre de saloperies sur la base de l’existant»
mélancolique, mark répond que le fait de ne pas avoir détecté ces «opérations d’information» russes assez rapidement est l’un de ses plus grands regrets en tant que président de facebook
sans doute d’humeur badine, diane lui demande quand est-ce qu’ils ont capté ce qui était entrain de se passer avec les russes, et mark répond «putain mais juste avant l’élection la putain de sa mère je suis dégoûté»
on imagine bien qu’après cette boulette de gros teubés, toute la team data et sécurité a été ostracisée, privée de flipper, de bornes d’arcade, de free dental clinic et de desserts à la cantine gratuite
bon ça suffit je veux davantage de retweets sinon je vous plante ici alors que j’ai posté que le premier tiers de mon texte
feinstein ne le lâche pas tout de suite. elle demande : «pourquoi vous ne pas avoir blacklisté cambridge analytica en 2015, après avoir détecté qu’ils recueillaient vos données en violant vos termes ?» (petite claque à la tempe, moi, j’aurais craché mon protège-dents.)
mark répond que ces petites baltringues de cambridge analytica n’utilisaient même pas les données de facebook à cette époque là. tout du moins, ils n’étaient pas annonceurs : ils ne géraient aucune page. «on avait rien a bannir», il dit. nous verrons cela plus tard.
feinstein lâche l’affaire. s’en suit une question ma foi bien amusante de la part du sénateur orrin hatch : «monsieur zuckerberg ! comment comptez-vous faire prospérer votre affaire sans faire payer vos utilisateurs ?!»
ce genre de question moi je kiffe ma race. ça sent le puits de pétrole fraîchement foré, on entend presque le vent courir sur les champs de maïs, un vieux morceau de ragtime, l’odeur d’une apple pie et le ronronnement lointain du tracteur.
les journalistes rigolent, ça a le mérite d’installer une ambiance bon enfant pour quelques instants
après un silence gêné, mais poli (son interlocuteur a 84 ans) mark répond à la question qu’on lui a posée : «monsieur hatch, nous affichons de la publicité.» ー tout cela est évidemment haletant et on se demande qu’elle sera la prochaine grosse révélation de cette audition.
il est 15h35 et on demande à mark quel genre de régulations lui plairaient. du coup, il fait mention de choses que facebook fait déjà.
il fait une suggestion toutefois : les apps tierces devraient fournir des infos simples et pratiques, qui permettaient de comprendre quelles données vont être collectées par leurs soins, et ce qui va en être fait par la suite.
franchement, ça me paraît ultra tranquille à mettre en place. personne ne va jamais faire de coup de pute, tout le monde va dire la vérité, et ce sera facile de le vérifier de leur côté.
mark souligne d’ailleurs que facebook vient de réécrire ses conditions d’utilisation pour encourager les développeurs à changer. bam, soufflette. c’est fou comme il arrive a les enfumer.
quelques questions ennuyeuses s’enchaînent et puis lindsey graham, qui a servi comme colonel dans l’armée, demande à mark qui est son plus gros concurrent. voilà qui est intéressant.
le sénateur de caroline du sud reprécise sa question : il demande à mark vers quel réseau social un utilisateur qui ne souhaiterait pas utiliser facebook pourrait se tourner
mais mark ne trouve rien de convaincant à dire, alors graham, méchant, lui jette à la figure le terme de monopole, carrément. mark réfute, évidemment.
c’est quand même pas de sa faute si myspace c’était de la daube pour fraggle et qu’après il a racheté tout le monde pour pas être ennuyé, surtout ce suceur de systrom avec son app pour chagasses bien habillées qui aiment les cosmétiques de luxe et la pâtisserie végane
racheté tout le monde sauf ello quand même faut pas déconner, le réseau social des graphistes freelance en chien de weed, qu’est-ce que tu veux qu’une telle troupe de saltimbanques vienne foutre à menlo park,
des gens qui estiment qu’internet c’est un truc de gitans, ils seraient capables de répandre des maladies vénériennes sur le campus et d’installer un cirque aérien sur le toit terrasse qui n’a en premier lieu pas été conçu pour supporter un tel poids
mais laissons de côté le rêve californien et revenons à washington, où graham est bien decidé à coincer mark.
cash il lui demande si l’américain moyen lit les conditions d’utilisation de son app, qui décrivent comment les données sont collectées et utilisées. genre c’est une question qui se pose. quel fils de pute.
mark répond avec honnêteté : «je ne crois pas que l’utilisateur moyen lise ce document» (l’air de dire et tu vas faire quoi du coup, les asseoir un par un sur des rondins de bois pour leur expliquer ?)
un sénateur demande à mark s’il serait chaud pour créer une feature qui préviendrait les utilisateurs sous 72 heures en cas de «fuite de données». c’est tellement naze qu’on dirait une startup imaginaire pitchée par un•e chroniqueu•r•se de @studio404
fuite de données... ah la la mais ces vieux qui comprennent rien, quelle putain de calamité. les journalistes rigolent. mark est fatigué. il répond oui ok. on te fait ce que tu veux, en 72 heures, gros. si tu veux, on te fait même le café.
mark décide finalement d’éduquer le boulet, ça va lui faire un peu de com’ gratos, et lui permettre de rappeler que facebook est une app blindée, à défaut d’être éthique
il dit : facebook n’a pas averti ses utilisateurs parce que rien n’a été piraté ou volé, les données sont passées par là où elles étaient censées passer, qu’est-ce que tu casses les couilles le vieux, elles ont simplement été abusées par les personnes qui les ont collectées
bravo mark, franchement, face au club du troisième âge, c’est bien expliqué
il est 16h10 et mark admet que facebook est responsable de son contenu. du contenu que ses utilisateurs postent sur le service.
manque de bol, il y a quelques semaines il a dit à la presse que prendre des décisions au sujet du contenu qui circule sur facebook ça le mettait «fondamentalement mal à l’aise» (ça lui cassait les couilles quoi), ce qui se marie assez mal avec ce qu’il vient de dire
quelqu’un sans doute au bord de la crise d’hypoglycémie propose de faire break après ces deux heures d’audition, mais mark, qui tient à rappeler qu’il est un bourreau de travail, refuse tout net.
il dit : on peut faire un quart d’heure de plus les mecs, large, vous êtes des putains de baltringues autrement. vexés comme des pous, les sénateurs obtempèrent. les journalistes épuisés qui avaient allumé leur vaporizer de ganja regardent mark, ils ont envie de le planter.
c’est une stratégie : il a fait le même coup à des journalistes la semaine dernière lors d’un conf call. c’est un truc pour show off sa confiance en lui : «nan mais vous pouvez y aller, moi j’ai pas besoin de réfléchir, de me reposer.»
alors, puisqu’il n’y a pas de mi-temps, c’est ted cruz, le sénateur du texas, qui vient le chercher. finalement, peut-être qu’il aurait dû accepter d’aller pisser.
personnellement, c’est le moment que j’aurais choisi pour dire «tout compte fait gros, je vais aller fumer» avant de taxer une clope aux journalistes de techcrunch, sans doute déjà entrain de saigner du nez
cruz accuse facebook d’être biaisé contre les conservateurs. ben ouais, et alors, connard. au pire ça fait quoi. il demande à mark si facebook est réellement un forum «neutre». et ta mère, elle est neutre ?
mark répond que facebook permet à toutes les idées de s’exprimer, qu’est-ce que tu croyais, espèce d’enculé
cruz l’enchaîne et lui demande pourquoi il a viré palmer luckey, le dweeb qui a inventé l’oculus rift, un petit gros alt right à tesla qui supportait un groupe conservateur pro trump à l’origine de memes anti hilary
mark botte en touche, et raconte que lucky n’a pas été viré pour ses idées, sans développer. en vrai, on sait tous qu’il l’a viré parce que c’était sans doute un insupportable connard, comme peut en attester cette désormais célèbre photographie :
après cruz, c’est la pause pour de vrai. mais juste cinq minutes, parce qu’on est aux amériques, faut pas déconner
on s’accorde à dire que mark s’est montré robuste jusqu’ici. il n’a trébuché sur aucune question. en même temps, le niveau de connaissance des sénateurs ne saurait trop le mettre en difficulté.
maxima chan et august, qui regardent cnn et bloomberg en boucle depuis qu’elles sont nées, sont sans doute super fières de leur papa. pas de raison de s’affoler.
la suite demain ; je suis fatiguée (et je regarde mark sur la bbc)
bonne nuit 💕
alors les gros ça dit quoi, bien ou quoi ? on reprend à 10AM GMT+1 mes bébés, day 1 + day 2 dans la foulée.

j’espère que vous êtes chauds.
j’ai écrit 22k signes pour le premier jour d’audition, et 10k pour les deux premières heures et demi du second. tout à l’iphone. et pour l’instant, j’ai posté que les deux premiers tiers du jour 1. merci twitter pour l’addiction, c’est pas sur facebook que j’aurais posté ça.
reprise du live differé de la première journée d’audition de mark zuckerberg par le sénat américain.
de retour à son bureau, mark revient sur quelque chose qu’il a dit précédemment. il se trouve que cambridge analytica annonçait déjà sur facebook en 2015. ils auraient pu les tej mais ils ne l’ont pas fait. c’était une erreur, il admet.
16h45, pas mal de chaises se sont vidées. brian schatz, sénateur démocrate de hawaii, diplômé d’un bachelor de philosophie, et qui a fait sa carrière dans l’associatif, demande à mark si les messages whatsapp sont utilisés pour driver la publicité.
mark répond que ces messages sont encryptés ; conséquemment, leur contenu est inexploitable, inaccessible, et certainement pas utilisé pour le ciblage de la publicité.
schatz n’est certainement pas le seul à se poser la question, facebook doit faire des efforts de communication, bla bla bla
17h05, plus que deux heures et demi à tirer. on demande à mark comment il se sent vis à vis de ses enfants, par rapport aux tristes addictions dont son application est tenue responsable
mark dit tu parles pas de mes filles connard elles ont déjà été approchées par ces clochards de chez ycombinator, t’as cru que c’était des branleuses qui traînaient sur internet ou quoi ? tfaçons elles regardent bloomberg et cnn depuis que priscilla a cessé de les allaiter
mark reprend ses esprits avant d’expliquer le plus sérieusement du monde que facebook souhaite construire des services que les gens aiment, mais qui soient également bons pour la société. hilarité dans l’auditoire, quelques personnes doivent être évacuées.
il ajoute que facebook vous fera du bien si vous partagez et participez, au lieu de vous contenter de scroller avec passivité.
ça me paraît évident maintenant et je suis terrassée par la profondeur de son propos et l’évidente sagesse de ce qu’il suggère au sujet du partage et de la participation sur facebook, deux choses qui me semblent être, tout compte fait, la définition même du bonheur terrestre.
n’oubliez donc pas de liker même quand vos contacts ne sont ni drôles ni intéressants et qu’on sent très fort qu’ils essaient de plaquer une perfection imaginaire et fantasmée sur leurs vies de mortels angoissés.
17h15, après trois heures d’audition on a pas appris grand chose sur les manières de facebook en terme de collection et d’utilisation de données. et c’est bon pour leurs affaires, qu’on en soit toujours à l’apéro.
17h25, mazie hirono prend la parole pour l’état de hawaii. c’est la première américaine d’origine asiatique a avoir été élue sénatrice (elle est née à fukushima, mais sa famille a émigré aux us au début du vingtième siècle.)
du coup comme c’est une jap et qu’elle a du prendre méga cher niveau racisme elle demande à mark si facebook serait prêt à aider à profiler les immigrés, notamment pour déterminer s’ils seraient le genre à commettre des crimes sur le territoire américain #yolo
mark lui dit mais t’es ouf toi face de pamplemousse jamais on fait ça, marque mal, en plus après où je vais les trouver moi les gindoushes qui vont me coder le backend qui va bien pour les clusters mysql, putain de kamikazes, vous changez pas
à 17h45, les deux tiers des questions ont été posées. on reproche à mark le manque de diversité dans ses salariés. en plus d’être une énorme connerie ça ne me semble complètement hors sujet, mais c’est la mode, ok.
on lui demande ensuite s’il s’engage à protéger les activistes politique pour qu’ils ne soient pas traqués via facebook. mark dit oui, et assure qu’il ne fournit de données personnelles que lorsqu’on l’y oblige.
17h55, on lui demande s’il se considère comme une victime de cambridge analytica. il dit non. quand on lui demande si les 87 millions d’utilisateurs dont les données personnelles ont été crunchées par cambridge analytica sont des victimes, il dit oui.
tout le monde a pu remarquer que le niveau de complexité des échanges atteint des sommets.
18h00, seconde pause de la journée. juste avant, on a demandé à mark si facebook utilisait le micro de nos téléphones pour nous écouter et cibler la publicité. aaaah. on reviendra là-dessus parce que quand même, il s’agit de notre conspiration préférée.
18h15, fin de la pause, il reste 12 sénateurs, ce qui signifie que mark va devoir en découdre pendant encore une heure.
kamala harris prend la parole pour dire son inquiétude. c’est une jeune démocrate, la première femme sénatrice d’origine jamaïcaine. elle est fortement opposée à la politique de trump.
elle s’exprime dans un semi vocal fry ma foi très agréable, j’ai envie qu’elle enregistre un album de rap.
son intervention est attendue par la presse : on dit qu’elle va se présenter aux élections présidentielles de 2020. à la bonne heure.
elle déploie ses pions avec beaucoup de rigueur. selon elle, mark s’est bien foutu de la gueule du sénat, il n’a pas bien répondu aux questions, elle souligne notamment qu’il n’a pas été foutu de citer un seul concurrent de facebook.
elle lui demande si par le passé, il a assisté à une conversation durant laquelle il a été décidé de ne pas informer les utilisateurs sur cambridge analytica. il répond qu’à sa connaissance, une telle conversation n’a jamais eu lieu.
mais kamala ne se laisse pas enfumer. elle veut de la précision. franchement, elle est bien, on se croirait dans mindhunter. elle demande qui a décidé, en 2015, de ne pas informer les utilisateurs de ce qui se passait avec cambridge analytica. meuf badass, questions fermées.
mark dit «c’était une erreur, laisse-moi ok, tu vois bien que je n’ai pas été media trainé pour ce genre d’interrogatoire, si tu continues je vais pleurer» et heureusement pour lui, le temps est écoulé et harris n’est pas du genre à s’autoriser à déborder.
18h30, john kennedy (unrelated to john fitzgerald) balance à mark «vos conditions d’utilisation c’est de la grosse merde.» après, il lui demande de les réécrire en bon anglais, de manière à ce que les gens puissent les comprendre pour de vrai.
sûre que dans les faits ce qui se passe, c’est que les gens lisent tout avec attention, et après coup ils se disent merde, j’ai pas compris, c’est quand même piteusement écrit
18h40, question intéressante, on demande si des variations ont été constatées au niveau de l’activité ou du nombre d’utilisateurs sur le service
mark répond «évidemment que non, il en faudrait plus que ça, et encore ça suffirait pas, qu’est-ce que vous croyez bande d’enfoirés, que les gens vont abandonner les réseaux sociaux pour se mettre à la peinture sur soie ?»
car facebook pourrait être «puni» pour cambridge analytica ; mais la seule vraie punition qui ferait des dégâts serait une désertion des utilisateurs ; ou même une simple chute de croissance
18h45, l’action est remontée de 4.5%. cheers!
une sénatrice appelle à la régulation et mark dit qu’il est ouvert à une régulation pourvu que ce soit une bonne régulation.
19h, ça se tasse, la majorité des chaises sont vides, les photographes se sont barrés. mark dit que si l’audit concernant cambridge analytica s’avère insuffisant, il y aura un procès.
le sénateur jon tester dit qu’il ne pourront jamais auditer cambridge analytica comme il le faudrait, et il a sans doute raison, vu qu’il n’y a pas une semaine de ça, ils ont tweeté «on est gentils nous on a tout effacé ; les données brutes et les données dérivées»
19h25 : après cinq heures d’audition, c’est terminé. mark sort par la porte de derrière pour éviter de se prendre des petites claques sur la tête.
fin de la première partie, et entracte (d’une durée indéterminée)
<= malade, donc deuxième partie delayed.
mais reprise asap.
bon et bien avec la deuxième partie complète devant les représentants, ça fera ~42.000 signes en tout. mon vieux psy me dirait qu’il y a sans doute un reste très sale d’infatuation à base de claquettes adidas là dessous.
remembering le seul mec qui était sexy en claquettes
Missing some Tweet in this thread?
You can try to force a refresh.

Like this thread? Get email updates or save it to PDF!

Subscribe to binnie
Profile picture

Get real-time email alerts when new unrolls are available from this author!

This content may be removed anytime!

Twitter may remove this content at anytime, convert it as a PDF, save and print for later use!

Try unrolling a thread yourself!

how to unroll video

1) Follow Thread Reader App on Twitter so you can easily mention us!

2) Go to a Twitter thread (series of Tweets by the same owner) and mention us with a keyword "unroll" @threadreaderapp unroll

You can practice here first or read more on our help page!

Did Thread Reader help you today?

Support us! We are indie developers!


This site is made by just three indie developers on a laptop doing marketing, support and development! Read more about the story.

Become a Premium Member and get exclusive features!

Premium member ($3.00/month or $30.00/year)

Too expensive? Make a small donation by buying us coffee ($5) or help with server cost ($10)

Donate via Paypal Become our Patreon

Thank you for your support!