Thomas Branthôme Profile picture
Historien du droit et des idées politiques • Droit, Histoire, Science Politique, Théorie & Littérature, évidemment...

Jun 2, 2019, 10 tweets

2 juin... comme le 2 juin 1793, jour de la « chute des Girondins » sous l’effet d’une journée révolutionnaire menée par les Sans-culottes parisiens.
(Thread 👇)

L’occasion de réfléchir sur la crise de la démocratie actuelle.
#HistoiredelaRépublique
#Révolutionfrançaise

Cette date marque la fin de la Convention girondine et le passage à la Convention montagnarde. Mais par delà cette borne, elle illustre surtout la réalité du conflit Montagne/Gironde qui, davantage qu’un conflit de classe, repose sur une vision différente de la place du peuple.

Pour la Gironde, le peuple est souverain mais non maître. Il exerce sa souveraineté par le biais de son pouvoir constituant, mais une fois cette dernière advenue, il doit se soumettre à la force de la Constitution, de la loi et des institutions.

A l’inverse, pour la Montagne, qui fait alliance avec les Sans-culottes, le peuple possède le droit de contrôler ses gouvernants, fussent-ils députés de la Nation. Et il peut les renverser lorsque ces derniers « trahissent » les intérêts du peuple et rompent avec le bien commun.

Autrement dit, en ce 2 juin 1793, se joue en un point d’acmé la délicate question de ce qui lie et oppose la légalité et la légitimité, le pouvoir instituant et le pourvoir institué, léguant ainsi les vertigineuses questions du sens de la politique moderne.

Jusqu’où la souveraineté du peuple peut et doit s’exercer ?

À quel moment et sous quelle condition le gouvernement institué peut déclarer illégal une protestation populaire ?

Car il ne peut être question de démocratie, ou de « démocratie continue » pour reprendre la formule de @RousseauDomini5, sans réfléchir aux moyens de tendre de véritables courroies de transmission entre gouvernants et gouvernés, courroies qui semblent actuellement rompues.

Alors faut-il comme le préconisait Aristote pour établir une République, que chacun soit à la fois et à un moment de sa vie gouvernant puis gouverné?

Ou faut-il revitaliser la démocratie représentative ? Et si oui, comment?

Car là se trouve l’enjeu de la crise démocratique qui frappe l’Occident, là est notre mise en demeure par le Zeitgeist (« esprit du temps ») de trouver un nouveau modèle démocratique harmonieux et soucieux de la justice sociale .

Là aussi et enfin que réside le noeud que doivent dénouer les partisans de la République démocratique et sociale en faveur d’une République que j’appelle « la République intégrale », c.à.d, qui n’exclut personne et combat pour rendre effectif la promesse de dignité pour tous.

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