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Entrepreneur et militant numérique. Tweets de qualité variable depuis 2007.

Aug 20, 2019, 18 tweets

Vous ne le connaissez pas. C'est l'homme qui va être le plus important dans la #crisidigoverno en Italie. C'est le Président de la République, Sergio Mattarella.

Mattarella est palermitain. C'est suite à l'assassinat de son frère par la mafia au début des années 80 que ce juriste, universitaire reconnu, s'engage à la démocratie-chrétienne. Il fera 7 mandats de parlementaire.

Il occupe plusieurs fonctions ministérielles : relations avec le parlement, éducation. Il quitte un des gouvernements Andreotti en 1990 pour dénoncer une réforme de l'audiovisuel trop favorable à un certain Silvio Berlusconi.

Il est, comme parlementaire, à l'origine d'une d'une loi électorale dont l'Italie a le secret et qui portera son nom, le "Mattarellum", scrutin combinant proportionnelle et majoritaire censée favoriser le regroupement des forces en coalitions pour éviter la dispersion des voix.

Mais en 2001, les deux coalitions trouvèrent une astuce pour annuler les effets de la correction proportionnelle du scrutin uninominale en présentant des listes adhoc et firent élire 360 parlementaires avec 0,16% des voix.

Cela mit fin à cette loi électorale, et Berlusconi trouva le moyen de faire pire avec une loi électorale sur mesure, qui sera surnommée le "Porcellum", la porcherie.

Plutôt de centre-gauche, à la fin de la Démocratie Chrétienne, Matterella contribue à la fondation du parti qui en est issu, les populaires italiens, qui tanguent un peu avant de s'allier avec les démocrates de gauche (les anciens communistes devenus sociaux-démocrates)

À la fin des années 90, il est trois fois ministre de la coalition de centre-gauche, L'Olivier, sous Massimo d'Alema et Giuliano Amato.

Puis, il se met progressivement en retrait de la vie politique dans les années 2000 et devient juge constitutionnel en 2011. Il travaille beaucoup et censure... la loi électorale voulue par Berlusconi, avec qui il ne partira décidément pas en vacances.

Giorgio Napolitano, président de la République, démissionne en janvier 2015, fatigué, à 90 ans, un an et demi après avoir été réélu sans avoir sollicité de renouvellement de son septennat, parce qu'il semblait être le seul à pouvoir résoudre la crise politique du moment.

Renzi présenta alors la candidature de Matterrella, intègre, et assez "supra partes", au-dessus des partis pour pouvoir jouer le rôle de PR. Sachant que Berlusconi bloquerait son candidat, il attendit le 4ème tour de scrutin où la majorité des 2/3 n'est plus nécessaire

Sergio Mattarella est cependant élu avec un score important au 4ème tour : avec 665 suffrages sur 991, il devient président de la République italienne le 31 janvier 2015.

Elu pour un septennat, le président de la République est le garant de l'unité nationale et veille au respect des lois et de la Constitution.

Au quotidien ses fonctions sont honorifiques, mais, élément de stabilité dans le paysage secouant de la politique italienne, son rôle devient clef lors des crises, puisque c'est lui qui peut dissoudre ou charger des personnalités de construire une majorité gouvernementale.

Après les élections de 2018, deux échouent à former une majorité. Mattarella annonce alors qu'il envisage de nommer une personnalité neutre pour former un gouvernement technique. Cela précipite l'alliance jaune et verte.

Salvini et Di Maio "montent au col" comme dit la presse italienne et viennent au palais présidentiel, le Quirinale pour demander à Mattarella de leur permettre de constituer un gouvernement.

Mattarella doute de la possibilité pour un premier ministre de "tenir" entre deux forces aussi difficiles, mais il nomme Conte. Il pèse en revanche de tout son poids, suscitant des critiques, pour empêcher la nomination d'un ministre de l'économie anti euro.

Bis repetita aujourd'hui. Il est au centre du jeu, il va pouvoir tenter de trouver les conditions de la formation d'une nouvelle majorité et/ou d'un nouveau gouvernement au sein du Parlement actuel ou convoquer de prochaines élections.

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