⚙️ Matthias Rouage - Auteur 📝 Profile picture
Auteur de Zoanthropes, édité chez @Scrineo. Touche-à-tout et grand curieux devant l'éternel.

Jun 13, 2020, 40 tweets

[Thread] #Histoire #Religions #Sacrifices
Peut servir aux écrivains qui traitent de sujets historiques. Est valable pour les auteurs de l’imaginaire qui souhaitent créer des religions. Nous allons aborder le terme des sacrifices et de « Propitiation »1/40

comme j’en avais discuté avec @ian_nale, mais aussi des différents types ou raisons d’offrandes envers les divinités. 2/40

Attention : Je ne suis PAS historien. La personne qui partage m’a vie a étudié longtemps les sciences des religions et m’a aidé pour ce thread. Cependant, twitter ne permettant pas de faire de grands exposés, je ne serais donc pas précis car je veux aller à l’essentiel. 3/40

J’invite donc chacun à faire ses petites recherches de son côté et à ceux qui souhaitent apporter des précisions à le faire. Je ne détiens aucune vérité, j’apporte juste des connaissances sur un sujet. Mais je ne suis pas un spécialiste. 4/40

Autre point : Chaque religion diffère l’une de l’autre, je vais donc parler d’une généralité qui ne s’applique pas forcément à toutes les religions/cultes/croyances. 5/40

Bien. « Propitiation ». Mais qu’est-ce que c’est que ce mot barbare ? La propitiation, c’est l’acte de rendre les divinités propices (favorables) à quelqu’un ou quelque chose. Mais l’acte de propitiation (car c’est ainsi qu’on le dit) ne nécessite pas FORCEMENT de sacrifice.6/40

On peut le faire, mais ce n’est pas systématique. Toutefois, faire acte de propitiation, nécessite de donner quelque chose en échange. De là découle l’idée souvent fausse que sacrifice=faire propitiation. (de plus, sacrifice, c’est le fait de rendre sacré quelque chose).7/40

Faire propitiation, c’est dans le but d’avoir une réponse à ses prières. C’est surtout un acte pour demander l’absolution, l’effacement de ses péchés pour pouvoir rendre les dieux favorables à soi. 8/40

Dans l’idée, si tu es impur, que tu as commis des péchés, les dieux ne te regarderont même pas. Mieux vaut donc être dans de bonnes conditions pour qu’ils veuillent t’écouter. 9/40

L’acte de propitiation se fait pour des manquements involontaire. On NE FAIT PAS acte de propitiation pour demander une faveur (richesse, amour, ou que sais-je) mais pour s’excuser et demander pardon pour un désagrément que l’on a causé. 10/40

Dans le judaïsme par exemple, la fête de Yom Kippour est la fête du pardon. Kippour vient du mot Kappar qui signifie couvrir. Durant cette fête, on fait acte de propitiation pour couvrir ses manquements. 11/40

Ce n’est pas l’idée de couvrir ses erreurs en mettant la poussière sous le tapis, mais plutôt de recouvrir nos fautes pour niveler notre conscience, de tout remettre à 0. D’où la notion de donner quelque chose en échange pour couvrir/combler nos manquements. 12/40

Histoire de redevenir pur aux yeux de Dieu.
L’acte de propitiation ne demande pas FORCEMENT de sacrifices, mais DANS les offrandes de propitiation, on peut retrouver des sacrifices (complexe, n’est-ce pas). 13/40

Le plus souvent, on pouvait offrir des bêtes sas défauts, pour montrer qu’en échange de nos fautes, la perfection était exigée. La vie était prise pour montrer que l’acte avait un prix. 14/40

Le fait d’être mortel, imparfait, c’est ce qui crée une séparation entre le monde des humains et celui des dieux. On cherche donc à se réconcilier avec eux. Ainsi, l’offrande était un moyen de substitution au fossé qui se crée entre les deux mondes. 15/40

Maintenant que nous avons plus ou moins résumé l’acte de propitiation, allons faire un tour vers les différents types d’offrandes/sacrifices que l’on peut croiser au détour des religions. 16/40

➡️Les libations : Ce sont les plus connues. On a tous l’image d’un viking versant une coupe de vin au sol. Les libations accompagnaient la plupart des autres sacrifices. Il s’agissait de liquide (souvent du vin) que l’on versait sur l’autel ou tout autre endroit sacré. 17/40

➡️Les Holocaustes : Rien à voir avec un passé pas si lointain, vous vous en doutez. On désigne par holocauste les sacrifices qui sont entièrement consumés par le feu. Il s’agit toujours d’une bête entière, sans aucune partie enlevée 18/4

(toutefois, certaines peuples découpaient la bête pour qu’elle se consume mieux, enlevaient les viscères et/ou la peau, pour différentes raisons).
On ne mange, sous aucun prétexte, jamais l’animal, même une partie. 19/40

L’entièreté de la bête est dédiée aux dieux. Un holocauste se fait de façon rituelle régulièrement (tous les X temps, hop, un petit holocauste) et est utilisé pour faire une demande auprès des dieux, acceptée ou non par eux. 20/40

Enfin, un holocauste peut aussi se faire pour des péchés, des fautes volontaires ou involontaires, ou pour consacrer quelque chose (construction de temple, installation de castes, etc…), 21/40

lorsqu’un vœu a été accompli, en remerciement, ou pour acter une purification, sceller une alliance, un pacte, un contrat… L’holocauste, le couteau-suisse du sacrifice. 22/40

➡️Les sacrifices de communion : Ce sont des offrandes pour faire la paix avec les dieux, pour les calmer. Se fait avec un animal. Au contraire de l’holocauste où la bête était dédiée entière au(x) dieu(x), ici, la prêtrise et l’adorateur (ou la personne qui 23/40

offre le sacrifice en souhaitant faire communion) recevaient une partie de l’animal qu’ils mangeaient (la viande pouvait être mangée le lendemain). Il s’agissait d’un repas sacré où il fallait être pur pour pouvoir y assister.24/40

La graisse et le sang étaient exclusivement réservés aux dieux. 25/40

➡️Sacrifice d’action de grâce : C’est une forme de sacrifice de communion, mais pas pour demander la paix. C’était plutôt pour remercier les dieux pour ce qu’ils avaient apportés au peuple ou à une personne. 26/40

On l’appelle ex-voto. C’est donc un sacrifice pour montrer que l’on est reconnaissant. Certains peuples offraient des objets (statuettes par exemple) alors que d’autres reprenaient un aspect plus « consommable ». 27/40

Au contraire du sacrifice de communion où on ne consommait que la viande offerte, ici, du pain pouvait être consommé avec la viande. Mais tout devait être consommé le jour même du sacrifice (d’où la prière du Notre-Père : « Donnez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »).28/40

➡️Sacrifice de culpabilité : Si l’on a commis une faute, on doit payer et faire réparation. Mais quand l’affaire était terminée et que le coupable avait fait réparation envers la communauté et les dieux, il était encore possible de faire un sacrifice de culpabilité. 29/40

Le coupable, souhaitant soulager sa conscience, demander l’oubli de sa faute afin que « tout redevienne comme avant » pouvait se prêter à ce type de sacrifice. Il pouvait aussi se faire si vous deveniez impur involontairement 30/40

(avoir touché un cadavre par accident, ou quelqu’un de déjà impur), avoir prêté serment trop vite sans vous rendre compte que vous ne pourriez jamais le tenir ou avoir profané quelque chose de sacré de façon involontaire. 31/40

Tout cela demandait réparation. Souvent, le sacrifice de culpabilité se faisait par une offrande de grains, ou par un animal. 32/40

➡️Offrande de grains : Puisqu’on est dedans : L’offrande de grains accompagnaient les sacrifices de communion, les holocaustes, des sacrifices pour le péché… bref… on y ajoutait une offrande de grains. 33/40

Dans beaucoup de cultes, on y offrait les prémices, c’est-à-dire les premières choses obtenues. Par exemple, après avoir cultivé un champ, on offrait les premières récoltes (ou un partie), il s’agissait des prémices) afin de remercier les dieux. 34/40

Les offrandes de grains pouvaient aussi se faire de façon indépendantes, afin d’exprimer une forme de gratitude envers les dieux. En général, les offrandes de grains étaient accompagnées d’huiles et d’encens. 35/40

Elles pouvaient se présenter sous la forme de farine très tamisée, de grains rôtis, de gâteaux, de galettes cuites, de préparation sur poêles ou marmites, cuites à l’eau ou en friture. 36/40

➡️L’offrande Votive : il s’agit de demander la protection des dieux, la réalisation d’un vœu et se pratiquait par le dépôt d’un objet à l’intention de la divinité. 37/40

➡️Offrandes balancées : plus rares, les offrandes balancées étaient une façon de présenter le sacrifice au dieu. Cela se faisait par un geste. 38/40

La personne faisant l’offrande la présentait au prêtre qui « balancait » l’offrande d’avant en arrière plusieurs fois, pour montrer le sacrifice aux dieux. Se pratiquait avec des animaux, des grains, des gerbes etc…39/40

Voilà. Ce n’est pas exhaustif du tout. Il y a surement des oublis et des approximations, mais au moins, en écrivant un roman, vous pourrez être un peu plus précis. Je vous invite à faire vos propres recherches, parce qu’on est jamais mieux servis que par soi-même. Bisous !❤️40/40

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