Puisqu'on parle des effectifs (en milliers), rappelons :
Naissance :
-1997 (rentrée au collège en 2008) 726.
-2009 (#rentreescolaire2020 ) 793 (+67000 soit +9,2%).
-2010 (rentrée 2021) 802 (+10,5%).
Effectif des enseignants du secondaire public :
-2008 : 395.
-2020 : 395.
La compensation collège/lycée n'est pas envisageable : de 2001 à 2014, le nombre de naissances a toujours été supérieur à celui des années 1990.
Autrement dit, les classes de lycées sont chargées aussi et il faudra attendre 2026 pour que les effectifs baissent naturellement.
Il y a donc un effet mécanique : là où les classes de 6ème étaient à 29 en 2008, elles sont maintenant à 31/31 ; là où elles étaient "seulement" à 27, elles approchent des 30.
Tout ceci était parfaitement prévisible (et prévu), depuis 2008 au plus tard.
De même que l'on peut prévoir dès maintenant une augmentation régulière des effectifs dans le supérieur, qui commence maintenant avec les cohortes 2000/2002, et qui sera particulièrement marquée entre 2026 et 2030 avec l'arrivée des cohortes 2008/2012, les plus nombreuses.
On appréciera à sa juste valeur l'opportunité de dégrader les conditions de travail des enseignants, de multiplier les revirements pédagogiques sans les consulter, d'encourager les provocations à leur égard, de détruire leur système de retraite et de geler leurs rémunérations.
La France devrait se préparer à dix années d'effectifs particulièrement nombreux, les concours d'enseignements ne font pas le plein, et le gouvernement annihile le dernier aspect matériel favorable du métier : une retraite convenable, même avec des épisodes de temps partiel.
On pourrait se demander ce qu'ils espèrent, mais la réponse est malheureusement trop claire : la promotion de l'enseignement privé, la diminution du nombre d'enseignants du public fonctionnaires, l'augmentation de leur service et une différenciation de la paie à la performance.
Bref, le programme de l'IFRAP, dont le conseil scientifique (bien sûr, scientifique) a compté parmi ses membres Christophe Kerrero, actuel recteur de Paris et ex directeur de cabinet de Blanquer, et qui a proposé dans ce rôle de "mettre le système éducatif en relative tension".
J'aimerais que les profs en burn-out, qui dorment mal la nuit avant d'affronter un cours, qui ne reconnaissent plus leur métier, qui se demandent combien de temps il sera faisable y songent : le projet explicite du dircab de Blanquer a été de les mettre en "relative tension".
À ce programme, il faut opposer le nôtre : réaffirmer la valeur de l'enseignement public, marteler que les moyens financiers nécessaires sont connus, et avancer vers l'objectif de classes à 25 avec un enseignant titulaire assurant 15h par semaine d'enseignement devant les élèves.
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