C’est un cauchemar.
J’aimerais que ça soit un horrible cauchemar.
Ça ne l’est pas.
C’est la réalité.
Et la boule douloureuse que ça me fout au ventre est le bien moindre de ses maux.
Cette pandémie est un abominable cauchemar dans la réalité, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, sur le plan humain au sens très large du terme. Incluant le plan societal.
Les gens ont peur et/ou ils souffrent.
Légitimement.
De l’infection elle même, des conséquences de ce qui est entrepris pour limiter la casse en nombre de morts et de gens dont la vie d’après la maladie ne sera plus jamais la même.
Moi aussi j’ai peur. Les yeux ouverts.
De ces peurs & souffrances légitimes, explosent les pires travers de nos sociétés humaines.
Par réflexe de protection psychique, à l’échelle individuelle, découlant collectivement vers ce qui s’apparente à une folie destructrice de ce que nous sommes ensembles, nous humains.
Vous ne m’enlèverez pas mon côté bisounours qui veut voir dans les réactions de déni ou de déplacement (focaliser sur un problème autre) des personnes l’expression d’une forme de peur ou de douleur.
Même si ce que ces réactions entraînent est terrifiant.
Là où aucune forme de bisounourserie ne me traverse, c’est vis à vis de ceux, il y en a, qui profitent d’un chaos qu’ils alimentent en voulant incarner la résolution du cauchemar voire sa négation.
Quitte à cracher à la gueule des innombrables qui essaient de faire de leur mieux, et à celle de ceux que la réalité a touché de trop près pour que le port d’œillères soit une forme d’atténuation possible de leur vécu.
Le complotisme arguant que les lits de réa sont vides, que les soignants profitent (grassement) de chiffres qu’ils fausseraient, que ceux qui veulent protéger les autres seraient au mieux des moutons et au pire mal intentionnés. Tout cela est d’une violence inouïe. Insupportable.
La résurgence de ce qui n’est ni plus ni moins que de l’eugénisme immonde, sous couvert de vouloir défendre les libertés, est à vomir.
C’est à peine déguisé un «à mort les vieux et les personnes fragiles ».
Arf, la liberté. Avec un grand L. Et surtout un mépris absolu pour autrui.
Nos aïeux ont crevé pour bâtir une société dans laquelle il nous est possible de penser ce qu’on veut.
La 2e partie de l’axiome est en train de bouffer la 1ere, pepouze, c’est quasi normal.
C’est une société. Humaine. Cela implique d’être plusieurs. Par conséquent de ne pas penser qu’à sa propre gueule mais aussi à celle des autres. Y compris les plus fragiles.
Oui mais voilà. L’hyperindividualisme de notre société atteint ce point où il parvient à la négation de la société elle-même.
« J’ai pas envie de porter de masque » devient le motif soi disant libertaire pour faire fi du danger pour autrui.
Les petits gourous à 2 balles profitent des peurs, des souffrances et du fait que le doute est sain pour embrigader massivement dans un système de pensée ayant l’avantage de désigner un ou des coupables, et de les enrichir personnellement. Tant pis pour la santé publique.
Certains politiques en France comme ailleurs dans le monde y voient une aubaine et s’engouffrent dans la manipulation. Flatter les idées toutes faites à grand renfort de poncifs.
C’est tellement facile.
C’est tellement pourri.
Ce qui relève de la mouvance sectaire devient mainstream avec l’étiquette « pensez par vous mêmes ». Tout ça pour refuser de voir le cauchemar, vouloir des solutions faciles, des coupables, et croire à un égoïsme inhumain qui se déguise en liberté.
Je suis triste. Tellement triste.
Ma filleule qui est quelqu’un de merveilleux s’est rangée comme des millions d’autres vers la mouvance «antimasque ».
Elle a décrété que nous n’avions plus rien à nous dire, parce que j’essayais de lui présenter des arguments.
Ça me brise le coeur.
Voilà désolée Twitter, mais j’avais besoin de m’épancher un peu.
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