Sylvie, 24 ans chez Michelin, parcours exemplaire, cadre dirigeante. Elle est aidée par l'entreprise : formation sur mesure, et coaching personnalisé pour l’aider à briser le plafond de verre. Mais il a suffit d'un abruti.
UN PETIT FIL
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Sylvie : "Tout a dérapé avec l’arrivée d’un nouveau supérieur hiérarchique. On nous avait prévenus qu’il était tordu. Dès la première réunion, il m’a attaquée en disant qu’il ne comprenait pas la valeur de mon poste dans l’équipe." 2/13
D’attaques répétées en humiliations, « le cauchemar a commencé. Il a réussi à me faire douter de mes compétences et j’ai développé un sentiment d’imposture. J’avais honte d’en parler. ». D’autres femmes accusées de manquer de vision stratégique sont dans le collimateur. 3/13
Sylvie : « En mars 2020, avec le confinement et le télétravail, le cauchemar a été décuplé. Je n’avais plus de relation qu’avec mon supérieur. C’était très violent. »
C’est finalement son mari qui l’a envoyée chez le médecin. 4/13
Sylvie ne voulait pas d’arrêt de travail, mais son généraliste, qui n’a pas compris comment elle tenait encore debout avec 8 de tension, a rapidement posé le diagnostic : un burn-out sévère lié à un harcèlement moral. 5/13
Christophe Haag, professeur à l’Ecole de management de Lyon estime que Sylvie a eu affaire à un « manageur toxique avec une faible intelligence émotionnelle. (…) Cela peut entraîner chez les victimes des troubles psychosomatiques très importants et des dépressions graves." 6/13
Christophe Haag : "Je vois régulièrement des cadres qui sont devenus des zombies médicamentés et désocialisés. C’est un reflet de la société actuelle avec des manageurs sous pression qui baignent dans un contexte émotionnel négatif ». 7/13
Michelin n’a pas réagi à la médecine du travail, qui avait diagnostiqué la maltraitance. Pas plus qu’à l’enquête annuelle « Avancer ensemble » dans laquelle, à l’unanimité, son chef a été crédité d’un zéro pointé pour ce qui est de la confiance qu’il fallait lui accorder. 8/13
Le 12 avril, Florent Menegaux, PDG de Michelin, a posté un message vidéo : « Des comportements contestables ont persisté sans être signalés ni par les victimes ni par les collègues qui en étaient informés. Tout indique que la peur a permis à des situations de perdurer. » 9/13
Florent Menegaux : « Je le dis avec fermeté : le harcèlement n’a pas sa place chez Michelin et il doit être combattu partout dans l’entreprise. Aucun cas ne sera toléré ni laissé impuni. » 10/13
Selon Jean-Claude Pats, directeur du service du personnel, la ligne téléphonique consacrée au signalement de harcèlement, « a fait remonter en 2020, 157 cas de management toxique ». Après enquête, cela peut déboucher sur trois types de décision. 11/13
Lettre d’avertissement ; retrait des responsabilités managériales ; demander à la personne de quitter l’entreprise.
La « neutralisation » s’est traduite en 2020, selon Jean-Claude Pats, par le départ de 25 cadres dans le monde, dont 11 en France. 12/13
Après un an d’arrêt de travail, « je vais revenir dans un petit placard avec un environnement bienveillant », annonce Sylvie. C’est la première fois qu’elle arrive à parler du harcèlement qu’elle a subi sans pleurer.
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Source : lemonde.fr/emploi/article…
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