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Antoine Copra - « I want plans by the many, not by the few » - j'écris parfois dans @LePoint. #free

Oct 30, 2021, 22 tweets

De nouveaux témoignages de tortures entachent Guantanamo...

Savez-vous par quel tour de magie une prison américaine se trouvait à Cuba ?
Comme ça, chez Fidel ?

Et que c’est cette situation géographique qui permet au camp d’échapper à la législation américaine ?
#Thread ⤵️

Le soir du 11 Septembre, l’Amérique pleure 2 977 personnes, dont 403 pompiers et policiers.
Les collisions, l’effondrement, les sauts dans le vide… l’ émotion est immense, indescriptible.

A la recherche des responsables, l’armée américaine ratisse large.
En Afghanistan, elle largue des millions de tracts appelant à la délation.
En dénonçant un taliban, un berger peut faire vivre son village pendant toute une année.

Les retombées sont nombreuses, à défaut d’être qualitatives.
Se pose très vite la question de l’hébergement de ces nouveaux prisonniers.
Construire une prison sur place est vite exclu : il ne faut pas laisser entendre que l’Amérique a vocation à rester.
#nocomment

Les conduire sur le sol américain est aussi inenvisageable : comment faire comprendre aux américains qu’on amène des terroristes chez eux ? N’est pas Sandrine Rousseau qui veut.
Et le droit américain s’appliquerait… Or, un siècle plus tôt…

En 1894, Cuba est une colonie espagnole. Très pauvre, le pays vit de la canne à sucre, qu’ils exportent vers les Etats-unis.
Mais ces derniers votent une augmentation de 40 % les droits de douane sur le sucre et plongent le pays dans la crise.
En mars 1865, la révolte éclate.

La répression espagnole est sanglante.
Hommes, femmes, enfants, vieillards, sont regroupés dans des camps concentrationnaires.
200 000 personnes y périrent, 1/8e de la population de l’île.

L’opinion américaine s’en émeut. Et trouve un écho chez les expansionnistes, qui rêvent de faire des USA une puissance coloniale.
Théodore Roosevelt, alors Secrétaire d’État à la Marine, écrit "je verrais d’un bon œil n’importe quelle guerre, (…) c’est ce dont le pays a besoin"

C’est un autre attentat qui mettra la feu aux poudres : le 15 février 1898, le cuirassé américain USS Maine explose dans la rade de la Havane.
Si de nos jours, la thèse de l’accident n’est pas écartée, 2 mois plus tard, les Etats-unis déclarent la guerre à l’Espagne.

Roosevelt démissionne de son poste pour se joindre à l’expédition.
En 10 semaines, la supériorité de la flotte US a raison de l’armée espagnole.
Lieu de débarquement des troupes et du matériel, la baie de Guantanamo revêt une importance stratégique capitale.

Après la guerre, les états unis décident dans un premier temps d’y établir un camp militaire, base stratégique pour sécuriser et étendre leur influence sur la région.

En 1903, Théodore Roosevelt, élu 26e président des états unis, signe un bail perpétuel avec Cuba.

Une zone de 121 km² est louée pour la somme de 4085$ américains. Cette location ne peut être remise en cause que d’un commun accord entre les deux parties.

Castro, qui n’avait aucun recours légal contre cet accord, aurait toujours refusé d’encaisser les chèques…

En 2002, quelques mois après le 11 Septembre, un premier camp est construit.

Un décret présidentiel autorise la détention sans limite et sans chef d'accusation, sur un territoire ne relevant pas de la législation américaine, de tous les combattants illégaux capturés.

L'administration Bush va jouer sur un point juridique :
en affirmant que les membres d'Al-Qaïda et les talibans n'étaient pas des combattants réguliers respectant les lois de la guerre, ils considèrent que la convention de Genève ne s’applique pas.

Dans le même temps, trois memorandums sur la torture sont rédigés.
Privation de sommeil, de lumière, postures stressantes, simulations de noyade… les techniques sont institutionnalisées.

Dans le même temps, fin 2001, le patriot act est promulgé. Il autorise les services de sécurité à accéder aux données informatiques des particuliers et des entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs.

Un premier programme de surveillance électronique est mis en place. PRISM le supplante en 2007, et est reconduit pour 5 ans en 2012 par Barack Obama.
@Snowden le dénoncera 6 mois plus tard.

@Snowden 779 détenus sont passés par Guantanamo. Au moins 60 d’entre eux étaient mineurs.
Plus de 200 ont été relachés dans les 3 premières années. 9 se sont suicidés.
En juin 2006, la Cour suprême a déclaré illégales les procédures judiciaires d'exception mises en place à Guantánamo.

@Snowden Le 11 septembre, c’est la liberté qui a été attaquée.
La liberté économique et la liberté de mœurs.
Et effectivement, ces libertés en ont été amoindries.

@Snowden Guantanamo entache l’image des Etats-unis.
C’est un légitime sujet de ressentiment, utilisé par certains pour attiser la haine de l’occident.

Toute concession à nos libertés réjouit les obscurantistes.
La meilleure réponse sera toujours de faire vivre un monde libre.

Coquille : 1895, pas 1865.
Merci @Galaxity77

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