« JE NE SUIS PAS COUPABLE… »
ou comment Agatha Christie eu l’idée d’utiliser un #médicament pour disculper le (vrai) coupable d’avoir empoisonné sa victime…
[Thread]
#Pharmacologie #Retropharma
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La littérature policière est truffée de références aux #médicaments et même si je ne suis pas un grand lecteur, je suis impressionné par l’imagination des auteurs capables de prendre par surprise le plus aguerri des #pharmaciens.
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L’occasion de parler dans ce #thread de l’apomorphine, une substance déroutante, par son appellation trompeuse et ses usages historiques, à mille lieues de ses propriétés recherchées aujourd’hui.
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En lisant « apomorphine », vous pensez à morphine et vous vous dites que l’histoire tourne autour des opiacés. Pas vraiment…
Cette substance n’a aucun effet opioïde !
Elle a été découverte à l’état naturel dans le lotus bleu d’Egypte.
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Elle a été synthétisée pour la première fois en 1845 par est un chimiste finlandais (Arppe) : il l’obtint en chauffant morphine et acide sulfurique…d’où ce nom, sans rapport avec son origine naturelle.
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En 1870, deux autres chimistes (Martinssen et Whright) produisent le chlorhydrate d’apomorphine (médicament actuel) en utilisant de l’acide chlorhydrique. Ils étudient ses effets et lui découvre une propriété inattendue 🤢🤮
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Une propriété utilisée au cours de la première moitié du 20ième siècle, pour des « thérapies par conditionnement aversif ».
Le principe ? Engendrer un dégoût qui se manifeste par de violentes nausées et des vomissements.
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En pratique, cela consistait à administrer de l’apomorphine en même temps que des substances à l’origine d’additions (alcool, morphine ou héroïne, etc.)
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Dans un épisode d’American Horror story, le Dr Threston administre de l’apomorphine à Lana Winters, en lui montrant des images de femmes nues 😧
Une « thérapie d’aversion » contre l’homosexualité qui n’a malheureusement pas été que fiction…
9/14 [🔈on]
L’apomorphine induit des vomissements en se fixant aux récepteurs à la dopamine de la zone « gâchette chémoréceptrice » de l'area postrema : une zone cérébrale qui, lorsqu’elle est stimulée par différentes substances, déclenche le vomissement.
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Aujourd’hui l’apomorphine est utilisée pour ses propriétés antiparkinsoniennes. C’est en 1954 qu’un neurologue Américain (Schwab) l’utilise pour la première fois avec succès dans cette indication.
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Dans la maladie de Parkinson, les neurones dopaminergiques disparaissent progressivement, entrainant la symptomatologie qu’on connait. L’apomorphine “remplace” la dopamine faisant défaut. Ce sera le premier agoniste dopaminergique à être utilisé en thérapeutique.
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On comprend aisément que les effets indésirables (notamment son effet émétisant) soient un frein à son utilisation mais cela reste un médicament important dans la prise en charge des patients Parkinsonniens encore aujourd’hui.
13/14
Et Agatha Christie dans tout ça me direz-vous ?
Elle eu l’idée d’utiliser l’apomorphine pour induire des vomissements chez le coupable qui avait ingéré le même thé empoisonné que sa victime et qui pouvait ainsi clamer : « je ne suis pas coupable ».
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📌 Pour les nouveaux followers, il y 12 histoires dans ce style sur les médicaments, magnifiquement illustrées en BD par @IlluVrob dans #Pharmacologix : deboecksuperieur.com/ouvrage/978280…
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