Alors que les canicules s’intensifient, pourquoi le gouvernement a-t-il divisé par trois le Fonds vert destiné à l’adaptation des territoires au changement climatique ? 🧵
Pour le comprendre, il faut se plonger dans le budget de la France.
Objectiver les choix structurants qui ont été réalisés et qui nous conduisent à cette situation édifiante.
Le gouvernement, d’abord, a choisi de réduire les recettes fiscales du pays.
Depuis 2017, ce sont 2 points de PIB de recettes qui manquent à l’appel, soit 60 milliards d’euros par an.
C’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale qui s’est volatilisé.
D’après les travaux de l’OFCE, ce manque à gagner provient de différentes réformes et cadeaux fiscaux :
Suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, “flat tax” sur les revenus du capital, suppression de la taxe d’habitation, etc.
Nombreux ont bénéficié aux acteurs économiques les plus privilégiés.
lemonde.fr/politique/arti…
Dans le même temps, nos besoin collectifs n’ont pas diminué : nous avons toujours besoin d’enseignants, d’infirmières, de policiers, etc.
En conséquence, pour faire face à la chute des recettes, le gouvernement a creusé le déficit public du pays.
Celui-ci, qui s’élevait à 3% du PIB en 2017-18, atteint désormais depuis 2023 chaque année 5% du PIB.
Situation grave et inédite :
Jamais dans l’histoire de la France la puissance publique n’a connu une succession de déficits annuels aussi élevés, hors période de guerre, de crise économique ou de pandémie.
Enfin, et c’est le plus grave, ces choix budgétaires nous ont rendu incapables de répondre aux nouveaux besoins auxquels nous somme confrontés :
Les besoins de prise en charge de la dépendance, alors que notre population vieillit.
Les besoin d’investissement dans notre enseignement supérieur, alors que la population étudiante croît.
Et bien sûr nos besoins de lutte contre le changement climatique.
Situation invraisemblable :
Les mêmes personnes qui crient à l’urgence d’investir dans notre recherche, dans l’innovation, etc., sont celles qui oeuvrent à l’effondrement de la dépense publique consacrée à ces questions.
Depuis 2012, la dépense d’enseignement supérieur et de recherche par étudiant a ainsi baissé de 25 %.
C’est la même chose pour la lutte contre le changement climatique :
Le Fonds vert, initialement doté de 2,4 milliards d’euros, a vu son budget fondre des deux tiers, pour atteindre 800 millions en 2026.
Et ces dernières semaines nous avons donc appris que le gouvernement venait geler 160 millions d’euros supplémentaires.
En pleine période de canicule.
Cette hypocrisie n’est plus supportable.
D’autres choix budgétaires sont devenus impératifs.
Peut-on continuer à tolérer que ceux qui possèdent le plus – les milliardaires – paient le moins ?
Peut-on continuer à tolérer que les grandes multinationales aient des taux d’imposition plus faibles que les PME, artisans et boulangers ?
Non, bien évidemment que non.
C’est la raison pour laquelle les débats budgétaires ne sont pas des débats techniques :
Ce sont des débats démocratiques qui nous concernent tous.
A l’automne, lors de la discussion du prochain budget, il faudra s’en souvenir et se mobiliser.
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