Pourquoi je ne crois pas beaucoup à l'ivermectine comme un traitement éventuel du SARS-CoV-2 en quelques points.
1⃣ Le mécanisme d'action avancé est putatif (l'inhibition d'un transporteur nucléaire, l'importine) et je ne connais aucun antiviral efficace qui possède ce mécanisme
2⃣ L'ivermectine montre une efficacité dans les modèles de cellules VeroE6 avec une IC50 de l'ordre de 2 µM comme l'a montré @lionel_case. On sait que les résultats en cellules pulmonaires peuvent être bien différents (cf HCQ).
3⃣ Il n'y a pas de modèle animal et c'est un pré-requis avant d'administrer un médicament aux patients. Encore une fois des essais cliniques sont programmés alors même que la démonstration pré-clinique n'a pas été entièrement faite.
4⃣ Au plan pharmacocinétique, il est assez improbable d'atteindre l'IC50. Selon les données PK disponibles, vous obtenez des pics de 80 à 100 ng/mL au mieux pour 12 mg quand il faudrait atteindre 1750 ng/mL (2 µM).
5⃣ Oui mais c'est de la dose unique me direz-vous. Donc j'ai fait une extrapolation grossière en utilisant des valeurs favorables (pic à 150 ng/mL équivalent à une dose de 18 mg environ et demi-vie de 20h (normalement 12h)) puis j'ai doublé ces valeurs pour voir.
Vous voyez que même en doses multiples avec des valeurs de distribution et d'élimination favorable. On est loin du compte. Et encore, on parle là d'un médicament avec 7% de fraction libre donc en théorie il faut multiplier par 0,07 ces concentrations.
Alors, on ne peut pas exclure que ça s'accumule particulièrement dans le poumon et qu'un autre mécanisme existe avec une cible de concentration plus faible mais tout ça n'est pas très favorable et donc, je ne miserai pas ma chemise là-dessus.
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