Aujourd’hui je vais vous faire un thread complètement improbable entre le train de Harry Potter, et un des plus célèbre marin Français, Jules Dumont d'Urville qui permis à la France d’avoir un pied en antarctique.
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L’autre jour madame regardait un épisode de Harry Potter et bien sur, il y a eu une scène avec le célèbre train.
Et il y a bien sûr un truc que j’ai vu qui, en tant que cheminot, qui m’a fait réagir.
Lors des arrêts, je vois que les portes s’ouvrent vers l’extérieur du train.
Ce style de porte est très présent sur les vieux modèles de voitures des chemins de fer.
Tout simplement car c’était des copie des calèches à chevaux.
Sauf qu’une porte s’ouvrant comme cela présente de nombreux désavantages.
Niveau engagement du gabarit c’est pas super. Si elle s’ouvre en roulant, elle risque de heurter un obstacle aux abords de la voie.
De plus, n’importe quel passager peut l’ouvrir car à l’époque il n’existait pas d’asservissement qui « verrouille » les portes avec la vitesse du train.
Sur un train moderne, une centrale tachymetrique sur une des roue bloque l’ouverture des portes si la vitesse est supérieure a +5 km/h (environ).
Dès que la vitesse est en dessous de 2 km/h, cela autorise l’ouverture.
Mais pas sur les vieux matériel d’autrefois bien sûr.
Au début du chemin de fer, ces portes étaient vraiment source de problème.
D’ailleurs, vers 1840, c’est une tentative de suicide qui poussa le préfet de police à demander aux compagnies de verrouiller à clé les portes depuis l’extérieur.
C’est sûr que c’était pas l’idée du siècle, mais ça résolvait temporairement les problèmes.
Vous cherchez toujours le lien avec le marin français?
Un peu de silence, on y vient.
Il s’agit de la première vraie grosse catastrophe ferroviaire mondiale.
L’accident de Meudon.
Avec beaucoup de morts, intervenu dans des circonstances particulières.
(Et bien sûr, c’est en France… on est toujours les premiers pour ça).
Le 8 mai 1842, le roi Louis Philipe organise un spectacle des grandes eaux à Versailles.
Les compagnies de chemins de fer mettent en place des trains spéciaux au départ de Paris pour rejoindre Versailles.
Un de ses trains étaient très lourds, long et surtout très hétérogène.
Deux locomotives de tailles et puissances différentes, des voitures en bois couvertes, des découvertes, des wagons serre-freins…
Bref, 17 voitures remplies de 768 passagers, 120 mètres pour 160 tonnes. A l’époque c’était juste énorme.
Et bien sûr, la majorité des passagers des voitures fermées sont verrouillés à l’intérieur de celle-ci à double tour de clé.
Vous voyez arriver la cata?
Au cours du trajet la locomotive de tête déraille, et tout le reste du train s’encastre au fur et à mesure dedans.
La vapeur bouillante des cylindres, les foyers pleins de charbon brûlant. Les voitures en bois qui se brisent.
Un feu énorme se déclenche.
On comptera 55 morts sur le coup, la plupart piégés et brûlés vif à l’intérieur des voitures.
Et 100 a 200 blessés grave dont certains mourront de leurs blessures plus tard. Le bilan total est assez flou.
Le plus célèbre des décédés étant Jules Dumont d'Urville qui donna à la France la joie de découvrir la terre Adelie notamment, sur le continent antarctique.
Et pour ça, et plein d’autres découvertes, c’était un héros à l’époque. Allez voir sa fiche Wikipedia.👍
Il a pris des milliers de risques dans les dangereuses mers du sud, affronter les icebergs et s’est pelé les miches sur le continent le plus froids de la planète.
Et il est mort suite à une porte fermée à clé.
Harry Potter a eu plus de chance. Son train n’a jamais déraillé.
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1/ Le « temps ferroviaire » est un temps très long.
C’est une industrie qui doit voir loin, anticiper sur des années, investir beaucoup, et pour durer. Ça a toujours été comme ça.
L’Espagne a une série de TGV (les « Avril », fabriqués par le constructeur national Talgo) qui sont un échec industriel.
2/ La conséquence est que l’état espagnol a besoin de TGV pour les remplacer.
Sauf que, en Europe, les constructeurs ont déjà des carnets de commande pas mal rempli.
Et ils ont aussi des difficultés à respecter les délais.
3/ Pleins de facteurs expliquent cela: difficulté de recrutement, sous traitants à la peine, marché européen atomisé en une myriade d’opérateurs.
Aujourd’hui, on fabrique des trains par centaines d’unités seulement. Pas comme une série de voitures à 10.000 exemplaires.