Peut-on s'arrêter deux minutes sur le talent extraordinaire d'Aurélien Police ?
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Aurélien Police est l'un des plus brillants illustrateurs qui sévit dans le milieu de l'imaginaire.
Avec Afterland, par exemple, il montre ce qui fait, selon moi, sa plus grande force : sa capacité à capturer un moment, un sentiment, une sensation du roman.
Comme lorsqu'il entrelace une mère protectrice et son fils, opposant et réunissant leurs couleurs malgré les fissures.
Ou lorsqu'Aurélien se charge de la collection Une Heure Lumière du Bélial pour en faire une fresque sans fin. Du drapeau sanglant suintant de Vigilance à l'éclaboussure sanglante de Molly Southborne en passant par la beauté picturale du Mont Fuji.
Ou encore lorsqu'il officie en poche chez Folio et sublime la couverture de Moi, Peter Pan, saisissant la poésie stellaire et évanescente du roman de Michael Roch.
Et puis ce projet dingue de refaire les couvertures de Dune, y compris du Mook Dune, avec ce vent et ce sable que l'on sent presque se fondre avec des personnages aux regards surréels et fascinants.
Il existe peu d'illustrateurs ou artistes qui ne me déçoivent jamais et me donnent immédiatement envie d'acheter l'œuvre. C'est le cas d'Aurélien et, je ne résiste pas à vous en remettre une autre fournée !
Pour le plaisir des yeux !
Chef d'entreprise, toujours actif à plus de 70 ans comme il l'était à 40 ans. Il n'était pas du genre à se mettre au repos, pas du genre à vouloir rester en place.
C'était comme ça.
Puis un jour, mon père n'a plus eu le choix.
Je sais plus quel jour c'était, mais je me souviens de la chambre, de la lumière par les vitres, de ma montée dans l'ascenseur, de mon voyage dans le train, de la difficulté que c'était de le voir.
Mon père n'était plus vraiment mon père comme ça.
Et il en avait conscience.
C'était un AVC du tronc cérébral. Massif.
Le résultat ? Un locked-in-syndrom.
Ca veut dire quoi ? Il ne pouvait plus que bouger les yeux.
Une prison, de son propre corps.
Plus rien, du tout.
Le chef d'entreprise transformé en statue condamnée.
Le problème aux urgences pédiatriques, c'est qu'on ne s'en sortira jamais sans actions coordonnées avec des acteurs de bonne volonté.
Autant dire que je suis très pessimiste là-dessus, sachant que mon centre est encore plein tous les jours et qu'on fonctionne à flix tendu.
Je suis de plus en plus sceptique sur les trucs de prévention type gestes barrières et aération.
Pour le voir dans le réel, même dans ma famille, ça ne marche pas.
Les gens veulent toujours se faire des bisous, notamment pour les cadeaux et le prennent mal de ne pas s'embrasser.
Et l'aération, n'en parlons pas.
Comme il fait froid, personne ne veut ouvrir 5-10 mn toutes les heures pour se les cailler et ensuite devoir mettre le chauffage à fond derrière...et recommencer.
Surtout avec la vieille croyance du froid qui rend malade, impossible à vaincre.
La désinformation bat son plein pour la prévention de la bronchiolite cette année.
Nous disposons maintenant de deux moyens sûrs et efficaces : le vaccin Abrysvo pour les femmes enceintes et l'anticorps Beyfortus pour les bébés.
Et ça a déjà tout changé l'année passé déjà.
Il faut savoir que je bosse depuis 6 ans aux urgences pédiatriques.
5 ans où c'est l'enfer sur terre en hiver à cause des épidémies hivernales et, notamment, celle de bronchiolites qui boit notre service.
Des chambres constamment pleines, doublées, des unités provisoires...
Et des transferts là où on peut, comme on peut avec des bébés qui vont mal, sous oxygène, parfois intubé.
Des parents terrifiés, des soignants sur les rotules.
Mais l'année dernière, changement évident...
Parfois, je dois vous dire que j'ai du désespoir dans ce métier des urgences pédiatriques.
Parfois, je me retrouve à comprendre les parents et à me demander : « Mais qu'est-ce qu'on a fait de notre système de santé pour en arriver là ? »
Hier, pendant ma garde, j'ai reçu une jeune fille qui vient enfin de sortir de son silence sur la maladie qui la ronge depuis des mois : l'anorexie mentale.
Pour la première fois, elle ose en parler et elle demande de l'aide, donc la maman l'amène aux urgences.
Et vous savez quoi ?
Je passe 1h environ en entretien, elle me dit plein de trucs et tout ça, elle pleure et ça lui fait du bien.
Mais derrière, je n'ai aucune possibilité pour poursuivre, rien.
Parce qu'on est en France et que la pédopsychiatrie est complètement sinistrée.
Mais les pleurnicheries depuis l'adoption de la loi sur l'aide à mourir.
Qu'est-ce que c'est débile, qu'est-ce que c'est une put*** de honte !
Sérieux, ça dit n'importe quoi et ça prend n'importe quel prétexte pour dénier la volonté d'un patient en fin de vie.
Les médecins là qui sont vent debout contre, vous dégoutez en fait.
Prenons une personne avec une pathologie neurologique incurable comme Charcot ou une pathologie oncologique avec métastases disséminées osseuses et cérébrales.
Vous faites quoi pour l'instant les gars ?
Bah en gros, vous ne leur proposez qu'un seul et unique choix : souffrir jusqu'à une défaillance mortelle.
Vous pouvez arrêter alimentation/hydratation, pour les laisser lentement crever de faim et puis, vous sédater, pour pas que ça soit trop bruyant.
Sous les applaudissements, hier, la loi Garot sur la coercition envers les médecins libéraux a été adoptée.
C'était le 7 Mai 2025 et je pense qu'il faut s'en souvenir, de la dernière pierre mise sur la tombe de votre système de santé.
Nous sommes en 2020, la pandémie Covid bat son plein, les soignants, et notamment les médecins, sont en première ligne. Ils vont mourir aussi pour soigner, ils vont s'épuiser.
On applaudira au balcon.
5 ans plus tard.
Une exemple de démocratie.
Dans un Hémicycle vide, l'un des votes les plus importants de ces dernières années pour la santé a lieu.
108 députés sont présents sur les 577 députés que compte la Nation.
C'est ce que nous valons à leurs yeux.
Ce que vous valez.