Aujourd'hui sort « Zemmour contre l’Histoire », chez @Gallimard. 19 chapitres, rédigés par un collectif d'historiens et d'historiennes, pour opposer aux mensonges de Z* un savoir ferme, appuyé sur des sources. Je suis fier d'y avoir participé et je vous le présente. Un thread⬇️ !
Voilà la table des matières de l’ouvrage. Ces textes, rédigés par des spécialistes de chaque période, ont été relus, repris, corrigés collectivement. C’est aussi ce qui fait la force de l’histoire : un savoir construit collectivement, via le regard critique des pairs.
Pourquoi ce livre ? Parce que Zemmour ment. Il ment sur Clovis et sur Dreyfus, sur Pétain et sur Voltaire, sur Simone de Beauvoir et sur la croisade, sur Maurice Audin et sur Vichy. Dès qu’il parle d’histoire, il ment.
Eric Zemmour multiplie les erreurs méthodologiques majeures (anachronismes, citations tronquées, etc). Il reprend un « roman national » terriblement daté - cf ce très bon fil sur cette utilisation :
Il fallait donc, avant tout, corriger. Non, Clovis n’est pas oublié. Dreyfus n’est pas coupable. Pétain ne préparait pas la revanche en secret. La France colonisatrice n’a pas créé l’Algérie. Le Grand Ferré ne se battait pas pour la France. Etc...
Pire encore, ces mensonges sont mis au service d’un discours politique. A toutes les époques, il s’agit d’opposer une France idéalisée à un ennemi intérieur, qu'il faut éliminer par la violence. Bref, Z* prêche la guerre civile et se sert de l’histoire pour légitimer ce propos.
Z* manipule, déforme, tord l’histoire pour faire haïr au présent, et pour mieux préparer, ce faisant, un futur détestable.
En tant qu’historiens et historiennes, nous avons souhaité réagir, avant tout en montrant ces erreurs, en leur opposant des faits et des sources.
Bien sûr – j’anticipe une critique récurrente – en histoire il y a des « interprétations » variées. Mais, derrière, il y a des faits. On peut se demander pourquoi les Poilus ont tenu sur le front : on ne peut pas nier que la guerre a eu lieu. Tous les discours ne se valent pas.
2e critique que je pare à l'avance : non, on ne cherche pas à "faire le buzz", encore moins à "gagner des sous". D'ailleurs nos droits d'auteurs sont intégralement reversés à une association œuvrant pour l'inclusion scolaire d'enfants en situation de handicap.
Ce tract est disponible en librairie à partir d’ajd.
Il est également adapté en vidéo par la formidable @ManonBrilCUAH, et donc disponible ici :
On espère qu'il plaira, qu'il intéressera. On est bien sûr disponibles pour en parler, pour répondre s'il y a des questions, des demandes de précision (par contre les insultes et autres : 🚮).
Merci d'avoir suivi ce thread, et bonne lecture !
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Au Moyen Âge, 95% de la population vit à la campagne et de la terre. Pour les paysans, les grands prédateurs - ours, lynx et surtout loups - ne sont pas une menace lointaine mais un risque économique majeur et permanent.
Dès lors, certains royaumes vont littéralement faire la guerre au loup.
Charlemagne crée ainsi les luparii, des chasseurs de loups professionnels, dispensés du service militaire : faire la guerre contre les Saxons n'est pas plus important qu'éliminer les loups !
A l'heure de faire l'appel et de découvrir les prénoms de nos élèves, saviez-vous que le Moyen Âge est une période marquée par un changement complet dans la manière de nommer les gens ?
On parle de "double révolution anthroponymique", et c'est passionnant. Un thread ⬇️
Première révolution : la fin des noms romains/romanisés et, notamment, du système des tria nomina (Marcus Tullius Cicero). Avec l'arrivée en Occident de peuples germaniques, ces noms passent peu à peu de mode, même si certains survivent (Marcus, Julius, Felix, etc).
A leur place, on voit apparaître des prénoms... germaniques ! Clovis, Sigebert, Dagobert, Galswinthe, Brunehaut... Ou, moins connus, Leutgarde, Fryshilde, Gansbold, Hildevoud, Protline, Framberte... (oui je sais ça fait rêver hein ?)
Un soldat africain pendant la bataille d'Hastings (1066) ? Réponse de médiéviste : 1/ c'est possible ; 2/ c'est très improbable ; 3/ on s'en fiche car c'est de la fiction ; 4/ ces réactions outrées sont très signifiantes.
1/ C'est possible. Les sociétés anciennes sont plus connectées qu'on ne le pense souvent, et l'Afrique, y compris l'Afrique subsaharienne, n'est pas coupée de la Méditerranée. Il y a des flux de biens et de personnes (marchands, soldats, esclaves, pèlerins, etc).
1/ Ces flux ont d'ailleurs laissé des traces archéologiques, y compris en Grande-Bretagne : dans cet article, des fouilles dans un cimetière anglais du VIIe siècle ap JC où on a retrouvé une personne ayant un ancêtre récent originaire d'Afrique de l'Ouest
On a pris notre courage à deux mains avec @HMedievale et on a regardé « Saint Louis raconté par Philippe de Villiers » diffusé dimanche soir sur CNews. On n’a pas été déçu du voyage, car comme toujours de Villiers propose une vision très personnelle...
Un fil à dérouler ⬇️!
Tout d’abord, deux éléments de contexte. 1/ Philippe de Villiers s’est sans doute appuyé pour cette émission sur son livre « le Roman de saint Louis » publié en 2014, qu'on a lu. 2/ L'émission est sortie dimanche 24 août, veille du 25, jour de la Saint-Louis.
Dès le début, Villiers annonce la couleur : « la vie de saint Louis est un trésor. Les enseignements que j’en ai tiré sont des lumières pour aujourd’hui ». Saint Louis « incarne le beau, le grand, le bien [et] notre civilisation, qui est la civilisation chrétienne »
Quand on pense à la Muraille de Chine, on imagine souvent un édifice comme le Mur dans Game of Thrones...
Mais de nouvelles fouilles archéologiques montrent que ces fortifications médiévales avaient des buts variés, et souvent plus civils que militaires. Un thread ⬇️
Ici, on n'est pas dans la partie la plus célèbre de la Muraille de Chine, mais dans ce qu'on appelle le Medieval Wall System, un ensemble de fortifications de 4000km de long construit entre le Xe et le XIIe siècle, essentiellement par la dynastie Jin
Les archéologues ont fouillé une partie du mur et un fortin situés sur la partie mongole de cet ensemble. Or, la surprise, c'est que le mur en lui-même est un simple fossé accompagné d'une petite pile de terre. Aucune efficacité contre une armée d'envahisseurs... !
Au début de l'année 1195, Lothaire de Segni, un clerc qui va ensuite devenir pape sous le nom d'Innocent III, écrit un petit traité intitulé "Misère de la condition humaine". Il est ici traduit et commenté par O. Hanne (@BellesLettresEd). Un thread (déprimant 😅)⬇️!
Ce texte s'inscrit dans le contexte des traités du type "Mépris du monde", souvent écrits par des moines, qui listent les raisons de détester et de se détacher du "monde", càd du siècle, de la vie laïque avec ses tentations et ses péchés.
Classiquement, le futur pape explique ainsi que l'être humain est bien malheureux. Fabriqué par Dieu dans la terre, la moins noble des substances, conçu dans "le vil sperme", il vient au monde au milieu du sang, des larmes et des cris.