La "démocratie" est une vaste idée, elle ne résonne pas de la même façon dans l'histoire des idées politiques, a fortiori chez nos candidats
Humble tentative de classement ⬇️
Aujourd'hui, aucun candidat sérieux n'affirmerait sa "démophobie", c'est-à-dire sa critique du peuple ou son rejet de la démocratie
Pour autant les conceptions de la démocratie ne valorisent pas toutes le peuple, et selon une définition hétérogène de ce "peuple"
1. Les candidats du peuple "populaire", social, qui valorisent une catégorie sociale opprimée par d'autres
Les "travailleurs", "nos" vies, "leurs" profits, etc ...
En conséquence l'important est moins l'aspect démocratique du processus de décision que le rapport de force qui permet à ces catégories sociales de s'imposer face aux oppresseurs
Peu de propositions visant à donner des outils aux citoyens pour s'imposer dans les institutions
Le cas particulier de Mélenchon qui propose des référendums révocatoires et des référendums d'initiative populaire
Mais là encore l'objectif est d'imposer un rapport de force économique en faveur des opprimés, à l'image de la démocratie directe sud-américaine
Une démocratie directe qui goûte peu des décisions allant dans le sens des intérêts capitalistes (cf référendum bolivien de 2016 ou les réactions de Mélenchon face aux référendums suisses pro-entreprises)
Roussel refuse les votes qui remettent en cause les protections du travail
2. Les candidats du peuple, l'entité quasi-mythique qui servait de base aux théories de Montesquieu et des Lumières
"Le peuple" philosophique qui permet de légitimer les représentants et d'éliminer les craintes quant aux dérives de la "populace"
Ce peuple permet de légitimer l'action politique et d'avoir une vision positive de ce qu'il englobe, à savoir les citoyens, les élus, etc ... "Nous tous", "Ensemble"
L'élection se suffit donc à elle-même. Peu voire aucune proposition pour faire exister ce peuple
Macron propose des "grands débats" pour incarner ce "Nous tous" mais ce n'est pas le peuple qui décide
Hidalgo propose bien le RIC mais aucun vote n'a été organisé sous cette forme à Paris, plutôt des outils de démocratie participative en lien avec cette conception du peuple
3. L'équilibre entre le peuple "ethnique" (conception ethno-linguistique des Français) et le peuple juridique (l'ensemble des Français en âge de voter)
Une ambiguïté plus ou moins affirmée selon les candidats
Si Jean Lassalle et Nicolas Dupont-Aignan partagent la vision juridique des Français - Lassalle lui donnant une teinte évidemment plus rurale voire "régionale" - les choses sont plus floues pour Marine Le Pen et Eric Zemmour
Marine Le Pen - via la dédiabolisation - a pourtant largement abandonné la conception purement ethnique du peuple français du FN
Comme Lassalle et NDA, l'idée est de confier aux Français (les électeurs) un rôle institutionnel propre, à égalité à celui du Parlement et du PR
Toutefois, comme Zemmour, les référendums qu'elle compte organiser portent sur ... l'immigration
Une thématique qui révèle les restes d'une conception ethnique des Français face à l'immigration (même si des immigrés peuvent être Français, et donc voter)
Zemmour lui, par les idées qu'il incarne, met bien en valeur la protection du peuple français face à l'immigration. Il en fait même sa priorité avec ses référendums.
Mais il n'évoque aucun outil de démocratie directe, préférant une conception "gaullo-bonapartiste" du pouvoir
Ce peuple "ethnique" ou "juridique" permet en tout cas de l'opposer aux élites vis-à-vis desquelles il doit être défendu
C'est notamment le sens du RIC qui donne à ce peuple un pouvoir correctif en sa faveur dans l'équilibre des institutions, comme on le voit en Suisse
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🗳️🇭🇺 Les Hongrois - en plus de l'élection de leur Parlement - se prononcent aujourd'hui de 7h à 19h sur 4 mesures visant à limiter l'influence des associations LGBT à l'école
Les Français ont adopté une vision "radicale" de la laïcité, une vision athéiste de la place de la religion.
Une évolution qui isole les musulmans du reste de la société.
Les Français soutiennent largement les lois encadrant la laïcité, on peut même parler de consensus face à ces taux d'approbation, même pour des lois "polémiques" comme celle de 2010 sur la burqa : 88% y sont favorables
Et pas question d'en changer pour 70% d'entre eux !
Mais leur vision du principe même de la laïcité a évolué
La part des Français pour qui la laïcité signifie "le recul de l’influence des religions" est passé de 9% en 2005 à 26% aujourd'hui, rejoignant le quart de Français (27%) y voyant une séparation religion/politique