A rebours avec le discours de Jean-Marc Jancovoci (JMJ), le prix des modules photovoltaïques diminue de nouveau de manière significative. Cette tendance à la baisse pourrait même s'amplifier dans les années à venir. Voici pourquoi 👇
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Un certain narratif s'est mis en place depuis quelques années, le faible coût des EnR est temporaire, celui-ci devrait fortement augmenter avec la hausse du coût des matières premières. Voir notamment : linkedin.com/posts/jean-mar… 2/
La récente crise des matières premières, ainsi que les ruptures des chaînes d'approvisionnement vont dans le sens de ce discours. En l'espace de deux ans, le coût des modules photovoltaïque a augmenté de 50 %.
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En moyenne, les coûts totaux d'investissement ont également augmenté de plus de 30 %, ce qui se traduit par une hausse de 15 à 20 % du coût de production (LCOE). Pour autant, encore aujourd'hui, le photovoltaïque reste l'un des moyens les moins chers de produire de l'électricité.
Si cette hausse peut paraître importante au premier abord, elle reste pourtant comparable aux hausses de coûts d'autres biens de consommation. Exemple ici avec cette série de prix : insee.fr/fr/statistique… 5/
Cette hausse est également bien plus faible que celle de l'électricité ou du gaz dont le prix a pu connaitre au maximum un facteur 20 par rapport à son niveau antérieur.
Source : energiesdev.fr/prix-electrici… 6/
Cette analyse de JMJ omet également un point fondamental, le photovoltaïque consomme de moins en moins de métaux. Entre 2004 et 2021, la consommation de silicium par Wc a été divisée par 8 ! Et la tendance se poursuit. ise.fraunhofer.de/content/dam/is…, p34 7/
Comme expliqué dans ce thread, ces améliorations technologiques ont des conséquences sur le prix. En moyenne, chaque fois que la capacité installée dans le monde a doublé, le prix des modules a diminué de 20 %.
Du fait de phénomènes conjoncturels, comme celui de la crise du silicium de 2008, pendant laquelle son prix a été multiplié par plus de 10. Le prix a pu augmenté sur certaines périodes.
C'est pourquoi sur le long-terme, le coût du photovoltaïque a toujours diminué. 2022 change-t-il la donne ?
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Les hausses sur le prix du photovoltaïque sont liées à un choc sur le coût des matières premières. Le prix du polysilicium a ainsi été multiplié par 4, notamment du fait d'un sous-investissement dans la filière et de multiples confinements en Chine. iea.blob.core.windows.net/assets/d2ee601…, p89
Cette hausse du coût du polysilicium est un des principaux facteurs d'augmentation du coût des modules. Celui-ci pouvant représenter jusqu'à 45 % de la valeur des matériaux utilisés. iea.blob.core.windows.net/assets/d2ee601…, p21 12/
Depuis 6 mois, ce choc sur le coût des matières premières commence à se résorber du fait du ralentissement de l'économie mondiale. De même, le coût du transport maritime s'est effondré pour se rapprocher des niveaux pré-crise. 12/
Pour autant, le coût des matières premières reste encore loin des niveaux pré-crise.
En 2022, au moment du pic du coût des matières premières. Celui-ci représentait la moitié du coût d'un module. iea.blob.core.windows.net/assets/d2ee601…, p87 13/
Et pour la suite ? Même dans le cas d'un maintien des prix élevés des matériaux, plusieurs facteurs pourraient amener à une forte baisse du prix des modules. Voici lesquels :
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Comme expliqué précédemment, un des principaux facteurs de l'augmentation du coût des modules et la multiplication par 4 du coûts du polysicilium... cette explosion s'explique par une déficit d'offre pour répondre à la demande.
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Au vu des investissements à venir, ce déficit devrait s'avérer conjoncturel... d'ici 2025, la capacité de production de polysilicium devrait ainsi atteindre 1 TW/an, ce qui devrait être très largement supérieur aux capacités installées à cette date. 16/
Nous risquons ainsi de passer d'une situation de pénurie, à une situation de capacités largement excédentaires... et donc potentiellement à un effondrement des prix.
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Cette surcapacité de production ne concernerait pas uniquement le polysilicium, mais aussi les autres maillions de la chaîne de valeur. Elle concernerait particulièrement la Chine dont les usines risquent de tourner à moins de 30 % de leur capacité ! iea.blob.core.windows.net/assets/64c27e0…, p139
A ces évolutions, il faut également ajouter les gains liés à l'amélioration technologique. Dans les années à venir, la quantité de métaux par Wc devrait continuer de diminuer... d'autant plus que le rythme d'installation augmente fortement. iea.blob.core.windows.net/assets/64c27e0…, p21 18/
Difficile pour autant de faire des pronostics pour 2023. Même si une forte baisse du prix des modules est constatée sur décembre, les prix pourraient se stabiliser pour baisser de nouveau dans plusieurs trimestres. iea.blob.core.windows.net/assets/64c27e0…, p24 19/
D'autres chocs imprévisibles, comme la guerre russo-ukrainienne, pourraient également survenir et changer complètement la donne. Pour autant, la tendance actuelle s'oriente bien vers la baisse des prix, plutôt que vers la hausse.
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Le RN souhaite un moratoire sur l'éolien tout en coupant les subventions à la filière.
Pourtant, d'après la @CRE_energie, celle-ci a contribué positivement au budget de l’État en 2022 et 2023 (?!).
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S'agirait-il donc de supprimer une ressource financière tout en menant une politique anti-climatique ?
Creusons un peu le sujet 👇
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Pendant la crise énergétique, les prix sur le marché ont été bien plus élevés que ceux de l'éolien et du photovoltaïque. Ainsi, alors que les subventions étaient censées marcher uniquement du contribuable vers les renouvelables...
Australie : d'après une agence de recherche gouvernementale, le nucléaire couterait en moyenne 50 % plus cher qu'un mix éolien terrestre et photovoltaïque (coûts réseaux et flexibilités inclus).
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Le graphique ci-dessous provient du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation. Au même titre que le CEA en France, il s'agit d'une agence de recherche gouvernementale dont la compétence est toutefois plus large que le sujet énergie.
Ils mettent régulièrement à jour leur rapport sur les coûts de production d'électricité (GenCost Report). Fin mai, la version 2023-2024 a été publié. Vous pouvez la retrouver ici :
3/18csiro.au/en/news/All/Ne…
Cet arrêté d'octobre 2021 permettait en effet d'étendre l'Obligation d'Achat sur le segment 100 à 500 kWc (de 500 à 2500 m2 de modules PV), là où celle-ci était limitée au segment 0-100 kWc.
Pour le comprendre :
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Auparavant, les toitures de cette taille étaient déjà éligibles au soutien public, mais uniquement via un système d'Appels d'Offres... qui était régulièrement sous-souscrit.
Pourquoi les prix deviennent négatifs sur le marché SPOT ❓
Ils sont causés par un manque de flexibilité sur le système électrique qui peut être lié à plusieurs facteurs :
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1⃣ Certains systèmes de production d'électricité ont une faible capacité de modulation (centrales à charbon, certaines centrales nucléaires en Europe, moins en France) et fonctionnent essentiellement en base.
Le prix des batteries au lithium s'effondre, passant en dessous de 100 $/kWh en avril en Chine. Avec de tels prix, le stockage électrochimique, dans les Véhicules Électriques (VE) et dans les batteries stationnaires va se développer massivement dans les années à venir.
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Il faut ici bien distinguer deux grands usages énergétiques du stockage électrochimique :
- le stockage d'électricité pour le transport, principalement pour voitures électriques aujourd'hui, mais de plus en plus sur des véhicules lourds de type bus voire camions.
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- le stockage stationnaire visant à apporter des services système au réseau électrique et/ou des flexibilités, de plus en plus utiles dans les pays ayant fortement déployé des EnRv dans leur mix.
Il existe un facteur 100 entre la production d'énergie à l'hectare pour des biocarburants de 1ère génération (utilisés dans une voiture thermique)... et la production d'électricité PV pour alimenter une voiture électrique.
Notons également que l'on ne remplace pas les champs par du PV. Il y a bien coproduction, ici les champs de céréales sont ainsi remplacés par une prairie utilisée par un élevage ovin avec un bail à long-terme.
Pour voir le reportage : france.tv/france-2/envoy…