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Feb 22, 2023 17 tweets 8 min read Read on X
La Basilique Cathédrale de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Incroyablement émouvant.. terriblement beau.. triste... à chaque fois si bouleversant.. La France ♥️

#France #SaintDenis

« Construite sur la tombe de saint Denis, évêque missionnaire mort vers 250 🔽
2.
l’abbaye royale de Saint-Denis accueille dès la mort du roi Dagobert en 639 et jusqu’au XIXe siècle, les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie. En 1966, la basilique est élevée au rang de cathédrale.
Un musée de sculpture. Avec plus de 70 gisants 🔽
3.
médiévaux et tombeaux monumentaux de la Renaissance, la basilique recèle en son sein, le plus important ensemble de sculpture funéraire du XIIe au XVIe siècle.
La naissance de l'art gothique. Conçue par l'abbé Suger, conseiller des rois, de 1135 à 1144, achevée au XIIIe 🔽
4.
siècle sous le règne de Saint Louis, œuvre majeur de l’art gothique, l’église inaugure la place centrale de la lumière, symbole du divin, dans l'architecture religieuse. » 🔽
5.
La chapelle du Saint-Sacrement. 🔽
6.
Louis XVII, 1785 + 1795, Louis Charles de France, second fils de #LouisXVI et de #MarieAntoinette, reconnu roi de #France en 1793. Cour déposé en 1975 à Saint-Denis, puis, après authentification. installation dans la chapelle des Bourbons le 8 juin 2004. 🔽
8.
Charles Martel, Clovis II, Isabelle d’Aragon, Philippe IV le Bel, Philippe III, le Hardi.. Henri II et Catherine de Medicis, Marie de Bourbon Vendôme. 🔽
9.
La chapelle des Bourbons
Dans la première moitié du XIXe siècle, l'architecte
Francois Debret (1777-1850)
place dans la crypte, en ordre chronologique, tous les gisants de Saint-Denis. Pour les rois sans tombeaux sculptés, il commande une série d'inscrip tions funéraires et 🔽
10.
de tombeaux factices dont une partie est présentée ici. Pour les réaliser, Debret utilise de nombreux fragments lapidaires des XVII et XVIIIe siècles apportés par Alexandre Lenoir en 1818. 🔽
11.
Ossements présumés de saint Denis, Rustique
et Eleuthère. 🔽
12.
François Ier 🔽
13.
La crypte qui abrite le cœur de Louis XIV. 🔽
14.
🔽
15.
❤️
🔽
16.
♥️
17.

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Jan 28
🔴 « On ne peut pas faire le procès du communisme, parce que tout serait alors révélé au grand jour. »

Le poète, écrivain et journaliste roumain Pan M. Vizirescu fut l’une des grandes consciences du XXe siècle. Il fut l’un des membres les plus importants du groupe de la revue nationaliste et orthodoxe « Gândirea », dirigée par Nichifor Crainic. De 1931 jusqu’à l’occupation du pays le 23 août 1944, Pan M. Vizirescu resta aux côtés de son mentor Nichifor Crainic, mais aussi de Cezar Petrescu, Vasile Voiculescu, du père Dumitru Stăniloae, de Lucian Blaga, de Radu Gyr et de bien d’autres.

Ses articles antibolcheviques et son soutien à la guerre pour la réunification de la Roumanie lui valurent une condamnation lors du procès intenté aux journalistes nationalistes en 1945. La sentence prononcée par le Tribunal du Peuple – véritable organe d’exécution du Parti communiste sous Petru Groza – fut très lourde : la détention à perpétuité.

Anticipant la sentence de ce prétendu tribunal, Pan M. Vizirescu se cacha chez des parents à Slatina. À l’image d’Ion Gavrilă Ogoranu, il parvint à rester caché dans cet « exil secret », dans le grenier de la maison, sans être découvert par les autorités bolcheviques, pendant vingt-trois ans.

Il préserva son âme par la foi et son esprit par une intense activité intellectuelle, écrivant énormément. En juillet 1967, il sortit de sa cachette à la suite d’une dénonciation. Il ne fut plus arrêté, les anciens détenus politiques ayant été amnistiés en 1964.
Il fut « le dernier gândiriste », survivant jusqu’au 27 janvier 2000.

En 1995, Pan M. Vizirescu fut réhabilité par la Cour suprême de justice, qui rejugera le procès des journalistes condamnés en 1945.

Le 15 janvier 1994, j’eus l’honneur d’interviewer ce grand gândiriste. Âgé de 90 ans, il faisait preuve d’une vivacité spirituelle exceptionnelle, comme j’en ai rarement rencontré. Je vais vous transmettre ses paroles, qui révèlent l’attitude d’un nationaliste sans concession.

Cet entretien fut miraculeusement sauvé d’une vieille cassette qui semblait irrécupérable, à la demande du biographe et éditeur de Pan M. Vizirescu, l’écrivain Dumitru Sârghie.

Les derniers mots que le vénérable Pan Vizirescu nous adressa, alors que nous descendions les escaliers de sa maison à Bucarest, rue Pitar Moș, furent :

« N’oubliez pas d’aller à l’église ! »

Il avait descendu les marches d’un pas alerte, comme un jeune homme, sentant qu’il avait oublié de nous dire l’essentiel.

« Extrémistes », c’est ainsi qu’on vous appellera aussi, comme on m’appelle moi. »

- Monsieur Pan Vizirescu, parlez-nous de la situation politique entre les deux guerres mondiales…

- J’étais étudiant à l’époque. Je suis entré à la faculté en 1925. Vous voyez, c’est une période assez lointaine pour vous, mais pour moi, c’est comme si c’était hier. À cette époque, la Roumanie était gouvernée par des partis politiques, comme aujourd’hui, mais ils changeaient constamment, aucun ne durait longtemps. La jeunesse adopta alors une attitude hostile envers cette démocratie aliénée. Je parle du point de vue de l’époque. Ce qui suivit, et ce que nous vivons aujourd’hui, est encore plus grave.

Sachez que la vie politique d’un État est aux mains de ceux qui possèdent l’argent, de ceux qui détruisent. Ce sont des spécialistes, des marchands de tout, y compris des consciences. Ils achètent les consciences et disposent alors d’hommes à leur service, des hommes qui servent leurs intérêts. Les intérêts de la nation, ceux des autochtones, sont négligés.

J’ai donc connu cette époque où, malheureusement pour nous, l’esprit héroïque s’est dégradé – cet esprit qui avait conduit à la réalisation de la Grande Roumanie. La Grande Roumanie fut le fruit d’un rêve et d’une conscience nationale soutenue par tous nos grands lettrés. Tous les grands écrivains de notre nation le disent…

📷 Le gândiriste Pan M. Vizirescu, IPS Bartolomeu Anania et le Patriarche Teoctist

🔽Image
2.
Consultez l’Histoire de la littérature roumaine, vous le constaterez. Je vous donne un exemple : Octavian Goga était l’âme du peuple à cette époque ; il chantait la souffrance de notre nation, la lamentation de la Transylvanie. Dans mon enfance, je voyais la Transylvanie comme une Ileana Cosânzeana captive du dragon, soumise à toutes sortes d’horreurs.

C’est ainsi que nous percevions la Transylvanie : nous attendions, même enfants, le moment de la libérer… Puis vint l’époque de la libération, époque héroïque, fantastique, où le peuple roumain donna tout ce qu’il avait de plus beau dans sa conscience nationale, dans sa force de représentation… Je vous assure que ce fut le sommet de notre histoire.

C’est alors que naquit la seconde Roumanie.
Malheureusement, après la génération qui réalisa l’Union, juste après la guerre, les courants maçonniques se manifestèrent… Un humanitarisme faux, capable d’étouffer l’idée nationale. Le communisme – le bolchevisme russe, chez notre voisin – avait bien sûr une influence. Des éléments étrangers se mirent au service du communisme et créèrent des organisations chez nous.

Les partis bourgeois, par inconscience ou parce qu’ils ne voyaient pas le danger – ou parce qu’ils s’en accommodaient – ne prirent pas la mesure du péril… Ils s’en accommodaient pour plaire aux puissances occidentales, qui flirtaient beaucoup avec l’intelligentsia française, dont certains éléments de premier plan sympathisaient avec le communisme.

Et nous, qui étions en pleine gueule de la bête, nous étions exposés au désastre. Seule la jeunesse le perçut. Car la jeunesse représente, pour moi et pour l’expérience que j’ai, l’âme pure de la nation. La jeunesse voit toujours la vérité, elle n’est pas compromise, elle ne se vend pas : elle préfère donner sa vie plutôt que sa conscience. Dès 1922, avec la naissance du mouvement étudiant, le danger qui menaçait notre politique roumaine fut signalé.
La jeunesse prit position, elle ne pouvait rester indifférente.

Une jeunesse qui reste indifférente face aux problèmes vitaux de la nation ne mérite pas le nom de génération. C’est alors qu’apparut une nouvelle génération d’après-guerre, à laquelle participèrent les éléments les plus valeureux de la jeunesse.

Si vous consultez les journaux, vous verrez que cette époque est ridiculisée. Elle est présentée sous l’angle communiste. L’histoire a été écrite par les communistes et elle est restée telle quelle jusqu’à aujourd’hui.

Vous faites référence au Mouvement légionnaire ?

À tous les mouvements nationalistes… Le Mouvement légionnaire fut un mouvement nationaliste qui engloba cette époque, comme une réaction contre le communisme. Les mouvements nationalistes naquirent comme une réaction contre le communisme, qui s’avéra un danger national. Il projetait le démembrement de notre pays roumain. Ils voulaient le partager. Il y avait aussi des Roumains, des traîtres à la patrie, des canailles vendus aux Russes. Pour eux, la trahison était un métier. Ils visitaient Lénine, recevaient des ordres. Ce sont des choses terribles.

Chez nous, ils ne rencontrèrent pas tant de difficultés, car ils étaient soutenus par l’alliance mondiale israélite, qui fournissait les fonds nécessaires. Tel est le paysage de notre démocratie entre les deux guerres.
Considérez-vous que, dans ces conditions, le mouvement nationaliste était le seul capable de s’opposer fermement au communisme ? 🔽
3.
Pas seulement cela… Le communisme travaillait méthodiquement et de manière organisée, par cellules, de sorte que chaque communiste soit une force puissante. Face aux communistes, il fallait résister avec une force organisée.

C’est pourquoi cette force organisée, opposée au communisme, fut supprimée.

Le rôle néfaste de notre époque fut Lupeasca.

Lupeasca était une Juive aux charmes terribles, qui séduisit le prince Carol. Elle le séduisit tellement qu’il abandonna sa Famille royale, plongeant dans un véritable deuil le roi Ferdinand et la reine Marie.

Plongeant dans une souffrance extraordinaire le Roi et la Famille, il renonça au trône avec une audace extraordinaire, pour partir dans une aventure avec cette maîtresse, pour laquelle il était « mon Carol » et non « Carol du pays ».

Ensuite, quand il revint au pays… Nous participâmes à un complot pour le ramener, car il en était besoin à l’époque…

Nae Ionescu dirigea cette action, il mit son journal « Cuvântul » au service de cette cause. Brătianu avait déclaré cette restauration « une question close », disant : « Pas un mot pour qu’il s’approche des frontières, les canons l’attendent ». Il fut si catégorique envers Carol II, le Prince dominé par ses instincts et tombé proie d’une organisation satanique. Il abandonna son pays et la haute mission qu’il avait. Et il n’était pas stupide, il était intelligent… Il aurait été très bon comme Roi, mais elle le dégrada… Lupeasca.

On dit que le roi Carol II aurait déclaré qu’il n’y avait dans le pays que deux hommes intelligents : lui et Nae Ionescu…

Je ne sais pas s’il l’a dit, mais Nae Ionescu mit en jeu son propre destin d’un côté. De l’autre, Manoilescu et Nichifor Crainic. Ceux-ci lui rendaient visite, convaincus qu’il était victime du politicisme roumain et qu’il fallait le sortir de cet état. Ils ne voyaient pas justement les choses, bien qu’il y ait un noyau de vérité…
Je fis partie, avec un groupe d’étudiants, en 1930, de l’organisation créée par Octavian Goga. Goga alla voir le Prince Carol et négocia pour le ramener au pays.

Nous étions dix étudiants qui avions des liens antérieurs avec Octavian Goga. Et Octavian Goga nous proposa de commencer une action pour ramener le Roi au pays. C’était en fait une action dans le cadre de la mission qu’il avait lui-même.

Le poète de nos souffrances avait reçu du maréchal Averescu une mission à Paris pour convaincre Carol de venir au pays. Il posa deux conditions : se réintégrer dans la Maison de Hohenzollern, et renoncer à Mme Lupescu. Carol répondit : « Je ne renonce pas à Mme Lupescu. » Goga répondit : « Majesté, réfléchissez encore… »

Le lendemain, avant de partir, il parla encore avec le général Condeescu, qui était un de ses amis et l’avait accompagné, et essaya une nouvelle fois. Le Prince lui dit : « Cher Goga, je suis d’accord, je viens au pays. J’ai parlé avec Mme Lupescu et elle accepte de renoncer et d’entrer dans cette royauté que vous désirez… »

Il lui dit qu’il lui enverrait un télégramme quand tout serait prêt, disant : « Je suis en bonne santé, je vais bien ! »

Cela signifiait qu’il se préparait à venir au pays.

Alors Goga nous convoqua pour commencer une action avec un journal au titre impératif « Nous voulons un Roi », que nous devions distribuer dans tous les centres universitaires, le distribuer gratuitement dans les rues de Bucarest, Cluj, Iași… Un journal écrit par nous.

Mais les événements nous devancèrent, car le Roi arriva avant que nous fassions cela. Nous avions la chance de devenir des héros du moment pour la restauration de la royauté.

Tous ne furent pas d’accord avec cette proposition de Goga. J’avais un frère qui s’appelait Smarand Vizirescu. C’était lui notre porte-parole.

Quand Goga nous invita chez lui pour connaître nos sentiments et créer l’organisation, il nous demanda à chacun : « Pensez-vous qu’il soit opportun que le Prince revienne au pays ? » Tous dirent oui. Mon frère dit : « Moi, non ! » 🔽
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Jan 27
🔴 Davos 2026 : Le masque tombe.

Comment l’Occident a troqué l’« ordre fondé sur des règles » pour la logique de l’État-bunker. Sur Davos et les discours des élites transatlantiques.
par Nel Bonilla

📍Pourquoi j’ai hésité à écrire sur le WEF 2026 à Davos.

Au départ, je voulais m’abstenir de commenter le WEF 2026 à Davos. Une partie de cette réticence venait de la méthode : quand on observe le comportement et la rhétorique des élites dirigeantes occidentales dans un lieu comme Davos, il y a toujours une limite à ce qu’on peut savoir sur les allégeances précises, les conflits internes, les degrés d’honnêteté ou de mensonge pur et simple.

L’analyse vraiment granulaire — qui double-jeu qui, quelles factions montent en puissance — exigerait plusieurs types de recherches : une cartographie biographique des réseaux d’élites transatlantiques, une lecture très fine et une analyse des discours, interviews et documents de think tanks au fil du temps, ainsi que des observations de première main sur leur comportement et leurs propos en coulisses.

Ce type de données, nous ne les avons pas. Ce que nous avons en revanche, c’est une vue d’ensemble, et de ce point de vue élevé, Davos 2026 ressemble à un rituel d’alignement narratif pour les élites du pouvoir occidental.

Si l’on prend au sérieux l’idée de l’État-bunker (telle que développée dans mon essai introductif « Le Bunker et le Vide »), où une sécuritocratie transatlantique et d’autres factions d’élites transatlantiques gèrent leurs populations et territoires comme des ressources pour tenter d’enrayer l’érosion de l’hégémonie occidentale, alors Davos 2026 devient très lisible. Ce fut le moment où cette logique de bunker a été ouvertement exprimée, moralement justifiée et synchronisée à travers le système transatlantique.
Plusieurs éléments ont cristallisé cela pour moi : le discours de Mark Carney sur « la fin de l’ordre fondé sur des règles », mais aussi les remarques de Stubb, Macron, Merz ou Von der Leyen (etc.), un témoignage de première main de Davos par Yana Afanasieva, la chronologie des décisions politiques qui ont précédé Davos 2026, pointant vers une dynamique de convergence qui semble aller un peu au-delà d’une simple coïncidence.

L’aveu de Carney : « Nous savions… c’était faux »

Commençons par ce qui est en effet un aveu (sans prendre en compte sa fonction et sa motivation). Mark Carney, désormais Premier ministre du Canada, a déclaré au public de Davos :

« Nous savions que l’histoire de l’ordre fondé sur des règles était partiellement fausse… Nous savions que le droit international s’appliquait avec une rigueur variable selon l’identité de l’accusé et de la victime. Cette fiction était utile [en raison des biens fournis par l’hégémonie américaine]… Alors nous avons placé l’écriteau dans la vitrine. Nous avons participé aux rituels. Et nous avons largement évité de dénoncer les écarts entre rhétorique et réalité. Ce marché n’est plus tenable. Soyons directs. Nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition… »

Pour expliquer cela, il a invoqué le célèbre essai de Václav Havel, Le pouvoir des sans-pouvoir. Havel décrivait un épicier qui accroche une pancarte « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » dans sa vitrine pour éviter les ennuis. Le système perdure parce que tout le monde joue l’obéissance à un mensonge.

Carney applique cela directement à l’ordre libéral. Pendant des décennies, dit-il, les élites dirigeantes de pays comme le Canada ont professé une croyance en un ordre fondé sur des règles tout en sachant qu’il était appliqué de manière sélective et souvent faux, mais elles ont suivi parce que la fiction était utile.

En d’autres termes, c’est la fin de la promesse émancipatrice libérale.

🎨 Édouard Manet, Bal masqué à l’Opéra (1873).Image
2.
L’ordre fondé sur des règles — ou plus précisément l’ordre libéral — a toujours fonctionné comme un masque sur l’hégémonie américaine et une hiérarchie du pouvoir où le droit et la coercition s’appliquaient de façon asymétrique.

Ce qui est nouveau, ce n’est pas la réalité du masque, mais le fait qu’un des acteurs le dise maintenant, sur scène, à Davos. L’honnêteté proposée par Carney n’est ni un appel à une vérité morale plus profonde, ni une construction de quelque chose de réellement juste et nouveau.

Au contraire, il reformule cette nouvelle honnêteté ainsi :

« Arrêtez d’invoquer l’ordre international fondé sur des règles comme s’il fonctionnait encore comme annoncé. Appelez-le ce qu’il est – un système d’intensification de la rivalité entre grandes puissances… »

En d’autres termes : la vérité, c’est l’acceptation de la politique de puissance comme horizon permanent. Le masque est tombé ; l’architecture reste. C’est ce que j’appellerais une Inversion Havel : le langage de la résistance dissidente est utilisé non pour saper un système existant, mais pour moderniser son idéologie à l’ère du bunker.

« Réalisme fondé sur des valeurs »

Fait intéressant, dans le même discours, Carney révèle qu’il n’a pas inventé ce langage. Il crédite explicitement le président finlandais Alexander Stubb pour le terme « réalisme fondé sur des valeurs », et à Davos 2026, de multiples dirigeants occidentaux ont déployé des discours quasi identiques dans le contenu.

Stubb à Davos :

« L’Europe peut-elle se défendre sans les États-Unis ? Sans équivoque, oui. »

Carney :

« Nous calibrons nos relations pour que leur profondeur reflète nos valeurs, et nous priorisons un engagement large pour maximiser notre influence, compte tenu de la fluidité du monde en ce moment, des risques que cela pose et des enjeux pour ce qui vient ensuite. Et nous ne nous reposons plus seulement sur la force de nos valeurs, mais aussi sur la valeur de notre force. Nous construisons cette force chez nous. »

Le président du Conseil européen António Costa :

« L’UE défendra ses intérêts… contre toute forme de coercition… nous nous engagerons de manière constructive avec les États-Unis sur les domaines d’intérêts communs, mais nous nous défendrons si nécessaire. »

Carnegie Endowment (analysant Davos) :

« La vulnérabilité de l’Europe réside dans sa dépendance envers les États-Unis…

L’Europe doit associer une plus grande unité sur ses lignes rouges à des efforts soutenus pour réduire ses vulnérabilités… la retenue doit être un choix plutôt qu’une nécessité. »

D’abord, on remarque un couplage entre discours sur la souveraineté (nous devons être moins dépendants des États-Unis) et discours sur la défense. Et là, on peut se demander : que signifie réellement « réalisme fondé sur des valeurs » en pratique ?

Les valeurs sont en fait l’appartenance à l’OTAN, la rhétorique de la souveraineté, les démocraties « comme nous ». Le réalisme ? C’est accepter les demandes américaines (cadre Groenland, hausses des dépenses de défense à 5 %+, achats intégrés, négociations tarifaires, alignement des infrastructures de paiement).

Ainsi, la souveraineté est performée dans les discours tandis que, dans la réalité, la subordination s’implante via des « bottes sur la glace », des structures de commandement intégrées et l’allocation de ressources aux priorités des élites du pouvoir américaines.

Ce passage du « libéralisme international » (règles universelles, droits humains, institutions multilatérales) au « réalisme fondé sur des valeurs » (cohésion de bloc, résilience stratégique, puissance dure) n’est rien d’autre qu’un moment où le masque tombe, ainsi qu’une justification pour la dureté à venir, l’amoralité. Il conserve pourtant le vocabulaire moral tout en abandonnant le contenu émancipateur. 🔽
3.
De la souveraineté à la résilience : gestion anti-entropique.

La ligne centrale du discours de Carney, pour mes besoins, est celle-ci :

« La souveraineté, autrefois ancrée dans des règles, sera de plus en plus ancrée dans la capacité à résister à la pression. Cette salle sait que c’est du risk management classique. Le risk management a un prix, mais ce coût de l’autonomie stratégique, de la souveraineté, peut aussi être partagé. »

C’est essentiellement une façon d’utiliser le mot « souveraineté » pour masquer une logique de gestion anti-entropique. À l’époque unipolaire, les « règles » — et plus précisément le droit — étaient le bouclier d’un cadre dirigé par les États-Unis. Un cadre qui a permis aux États sociaux européens et au capitalisme providentiel canadien d’exister. Dans le nouveau moment, Carney dit que ce bouclier a disparu. Désormais, la souveraineté sera la capacité à absorber les chocs dans un système perçu comme hostile, non pas en utilisant des règles, mais la coercition. De plus, la souveraineté est partagée.

Une souveraineté partagée n’est pas de la souveraineté à moins que les citoyens de cet État souverain n’aient collectivement décidé que c’est ce qu’ils veulent. L’ont-ils fait ?

Tout ce qui suit et que l’on voit à Davos 2026 est un programme de mobilisation de toute la société vers cette fin : autonomie stratégique en énergie, alimentation, minéraux critiques, finance, chaînes d’approvisionnement, investissements collectifs dans la « résilience », accélération d’« un trillion de dollars » dans l’énergie, l’IA, les minéraux critiques, nouveaux corridors commerciaux, doublement des dépenses de défense, explicitement pour construire des industries domestiques (à double usage). Le contenu social-démocrate de l’État s’évapore tandis que l’État devient une plateforme d’infrastructure et de sécurité, un nœud dans un réseau. La santé, l’éducation et les biens publics deviennent contingents à leur contribution à la résilience face à ce qui est perçu comme une rivalité entre grandes puissances, et non plus au simple développement d’un ordre multipolaire.

La fonction sociale du WEF

Les sociologues documentent depuis longtemps que les rassemblements d’élites comme le WEF (mais aussi la Conférence de Munich sur la sécurité ou les réunions Bilderberg) remplissent des fonctions de coordination spécifiques, distinctes des conférences dans d’autres champs sociaux. Le concept de capital social de Pierre Bourdieu (1986) montre comment ces événements créent des « relations institutionnalisées de connaissance et de reconnaissance mutuelles » qui produisent un accès différencié au pouvoir. The Power Elite (1956) de C. Wright Mills a démontré comment les élites corporate, politiques et militaires coordonnent via des réseaux informels et des rassemblements exclusifs, contournant les processus démocratiques. Des travaux plus récents sur la classe capitaliste transnationale (Sklair 2001 ; Robinson 2004) identifient des forums comme Bilderberg et le WEF comme des sites clés où les élites du pouvoir transatlantiques alignent les cadres politiques avant de les implémenter via les gouvernements nationaux.

Le WEF en particulier est un tel rassemblement d’élites et remplit plusieurs fonctions. La simple présence à Davos confère une reconnaissance institutionnalisée d’appartenance à l’élite globale. Les réseaux formés lors de tels événements peuvent se convertir en bénéfices économiques (accords, contrats) mais aussi en influence politique (coordination de politiques). Je ne sais pas si des décisions y ont été prises, mais les rencontres informelles offertes par de tels lieux permettent de telles actions.

Les messages publiés par Trump révélant que Macron lui avait envoyé exactement ce type de dynamiques le montrent. C’est aussi là que les élites entendent la même histoire de différents acteurs d’élite, alignant ainsi leurs cartes cognitives et leurs points de langage pour l’année. Il s’agit de réduire l’entropie au sein 🔽
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Jan 22
🔴 Les mensonges éhontés de la CIA sur l'Ukraine et la Russie... Sont-ils intentionnels ou juste pour troller Sy Hersh ?
par Larry C. Johnson

📍Le dernier article Substack de Sy Hersh est un vrai pavé parce qu’il est truffé d’affirmations fausses et de propagande. Je connais Sy depuis 45 ans et je le considère comme un cher ami.

Son dernier article est une abomination et, à mon avis, représente une tache sur son héritage. J’ai l’impression de regarder une légende du basket qui essaie encore de jouer, mais qui ne peut plus courir ni tirer. Pour poursuivre la métaphore du basket, ce dernier article de Sy est un tir raté depuis la ligne des lancers francs… Il n’effleure même pas le panier.

L’article s’intitule PUTIN’S LONG WAR [La longue guerre de Poutine], et il constitue sans le vouloir une mise en accusation de la compétence analytique de la communauté du renseignement américaine.

Le paragraphe d’ouverture donne le ton :

« Le désespoir et la colère grandissent dans certains milieux de la communauté du renseignement américain face au refus de Vladimir Poutine d’envisager de mettre fin à la guerre en Ukraine. Le président russe fait face à de graves problèmes économiques chez lui et ignore son haut commandement militaire agité — dans quel but ? »

Désespoir et colère ? Mais qu’est-ce que c’est que ça !!! Pourquoi du désespoir ? Est-ce un aveu que les plans de la CIA pour vaincre la Russie sont en ruines ? La CIA, ou une autre composante de la communauté du renseignement, est-elle frustrée au point d’agoniser parce que Vladimir Poutine refuse de jouer les singes savants d’un orgue de Barbarie ? Idem pour la colère.

Mais c’est la dernière phrase qui est stupéfiante, car l’officiel (ou les officiels) qui parle(nt) à Trump semble(nt) réellement croire que la Russie fait face à de graves problèmes économiques et que Poutine — qui a effectué au moins trois visites sur le front au cours des deux derniers mois — ignore l’état-major général russe. Balivernes !

Voici le mensonge suivant, énorme, dans cet article :

« Les entreprises sont en difficulté et les magasins ferment — en partie à cause des sanctions internationales — à Moscou et dans toute la Russie. »

Encore plus de foutaises… Je suis allé à Moscou deux fois au cours des quatre derniers mois et je n’ai rien vu de tel.

Les entreprises prospéraient, elles ne fermaient pas boutique. Le dernier sondage Levada (indépendant, non gouvernemental) publié récemment rapporte que les taux d’approbation de Poutine atteignent un impressionnant 85 % !!! Si l’économie s’effondrait, il n’y aurait aucune chance qu’il soit aussi populaire !

Le paragraphe suivant de Sy révèle le manque de pensée critique de sa source :

« Un officiel américain expérimenté, impliqué dans les questions russes depuis des décennies, reste à la fois mystifié et frustré par le refus de Poutine, l’automne dernier, d’accepter une offre américaine, approuvée par le président Donald Trump mais amèrement ressentie par l’Ukraine… “En janvier”, m’a-t-il dit, “la guerre de la Russie contre l’Ukraine aura duré plus longtemps que leur guerre contre l’Allemagne. En 1945, ils étaient à Berlin. En 2026, ils ne contrôlent même pas Donetsk”, une province de l’est de l’Ukraine à forte population russophone qui partage une frontière avec la Russie. »

Ouais, l’armée russe est vraiment nulle. Elle combat une armée proxy de l’OTAN qui bénéficie du soutien total de l’OTAN, y compris des armes avancées et des renseignements sophistiqués, et elle progresse sur toute la ligne de contact… Juste pas aussi vite que ce clown à Washington, qui jacasse à Sy, pense que la Russie devrait avancer. Donc si le rythme lent de la Russie est une accusation de son incompétence militaire, que dit cela de l’armée américaine, qui a passé 21 ans à combattre en Afghanistan contre des insurgés légèrement armés — sans aucun soutien étranger — et qui a fui le pays en août 2021, en laissant derrière elle 7,1 à 7,2 milliards de dollars 🔽Image
2.
d’équipements militaires financés par les États-Unis ?

Les officiels de Trump qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas lancer de pierres sur une maison en briques.

Ensuite, Sy régurgite une affirmation démontrablement fausse fournie par sa source :
« Poutine sait que le fantôme dans le placard du Kremlin est la révolution. » L’officiel cite le général Valery Gerasimov, le chef d’état-major russe : « Je n’ai plus d’armée. Mes chars et véhicules blindés sont des épaves, mes canons d’artillerie sont usés. Mes approvisionnements sont intermittents. Mes sergents et officiers intermédiaires sont morts, et mes soldats de base sont des ex-détenus. »

Cet officiel ment. Examinons les récents commentaires publics de Gerasimov (et ils sont filmés) sur l’état de l’armée qu’il dirige :

Fin décembre (par exemple, réunion du 29 décembre avec Poutine et les commandants), Gerasimov a rapporté que les forces russes avaient libéré 334 localités et plus de 6 400 km² tout au long de 2025, présentant l’armée comme avançant régulièrement plus profondément dans les défenses ukrainiennes avec un élan constant.

Le 31 décembre 2025, lors d’une inspection du poste de commandement du groupement de forces Sever (Nord), Gerasimov a déclaré que les troupes russes « avançaient avec confiance en profondeur dans les défenses ennemies » et que décembre 2025 avait vu les taux d’opérations offensives les plus élevés de l’armée russe. Il a mis en avant la libération de plus de 700 km² de territoire en un mois, l’expansion d’une « zone de sécurité » près de la frontière russe (dans les régions de Soumy et Kharkiv), et l’occupation de sept localités. Il a décrit cela comme des rythmes records et les a liés à la réalisation des objectifs fixés par le président Poutine pour la sécurité des frontières dans les régions de Belgorod et Koursk.

Le 15 janvier 2026, lors d’une inspection du groupement de forces Tsentr (Centre) dans la direction de Donetsk, Gerasimov a salué les avancées du groupement dans la libération de parties de la République populaire de Donetsk (RPD). Il a affirmé que les forces russes avançaient « quasiment dans toutes les directions » sur le front, que les tentatives ukrainiennes de les arrêter étaient infructueuses, et que plus de 300 km² avaient été saisis au cours des deux premières semaines de janvier seulement. Il a également réitéré les succès en cours dans des zones comme Kupyansk (prétendant les phases finales de contrôle) et a souligné un tempo opérationnel élevé.

Je peux comprendre pourquoi cet officiel anonyme mentirait, mais je ne comprends pas pourquoi Sy est si crédule. Il se laisse utiliser comme porte-voix de propagande. Le paragraphe suivant appartient à un épisode de La Quatrième Dimension :

« L’Occident est arrivé aux mêmes conclusions de statu quo et cherche à miner la résolution interne de Poutine. Pas par une attaque militaire, mais par des sanctions économiques qui affectent les élites autant que la population dans son ensemble. Ça marche — le niveau de vie baisse rapidement alors que les impôts, l’isolement et les pertes augmentent. La désillusion et le ressentiment croissent. Le week-end dernier, la Russie a coupé tout usage des téléphones portables et du service internet mobile à l’échelle nationale. »

Commençons par le gros mensonge… c’est-à-dire : « Le week-end dernier, la Russie a coupé tout usage des téléphones portables et du service internet mobile à l’échelle nationale. » J’ai échangé des messages avec plusieurs personnes en Russie — dont trois Américains — pendant le week-end. Ils avaient tous des téléphones portables et un accès internet mobile fonctionnels. J’ai demandé à l’un de mes amis (un officier retraité de l’armée américaine, ancien de West Point, désormais résident permanent en Russie) comment était la vie à Moscou. Voici ce qu’il m’a répondu par texto sur un téléphone portable soi-disant hors service :

« Il y a eu quelques problèmes d’accès internet. WhatsApp devient moins 🔽
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utilisable, mais la plupart des gens passent à Telegram ou autre chose. Le service de messagerie interne, Max, a encore quelques bugs, surtout pour les gens avec des iPhones plus anciens comme ma femme et moi. J’ai lu quelque part qu’il ne fonctionnerait que sur iPhone 15 ou plus récent. Si c’est le cas, c’est clairement une erreur ou un bug. Cependant, la plupart des gens ont des smartphones Android fabriqués en Chine, et ceux de nos enfants ont facilement installé Max dessus.

J’ai acheté deux boîtes d’œufs mardi après-midi. Ma femme m’a demandé une marque particulière trouvée dans l’une des chaînes de supermarchés à proximité (deux d’entre elles sont à deux pâtés de maisons !).

Les œufs se vendent ici surtout par dizaine métrique : 10 œufs.
Au moment de l’achat, le taux de change était de 77,78 roubles = 1,00 USD.
Une dizaine métrique m’a coûté 54,99 roubles ! C’est 10 œufs pour 0,71 $ ! Soit 0,071 $ par œuf, l’équivalent de 0,85 $ pour 12 œufs !

C’est l’un des aliments de base les plus essentiels, de haute qualité et riches en protéines, non-OGM !

Les études montrent que la plupart des salaires ont en fait augmenté ! Bien sûr, cela dépend du secteur ou du métier. Oui, l’inflation est toujours présente, et les impôts ont un peu augmenté. Mais n’est-ce pas le cas partout dans le monde ? Je dirais que ces effets économiques sont bien meilleurs que dans de nombreux autres pays occidentaux.

L’électricité, l’internet domestique et les factures de mobile sont si bon marché comparés à quand nous vivions aux États-Unis que c’en est risible !

Les frais médicaux sont nuls ! On peut payer si on veut. Mais ma femme et moi avons eu des interventions chirurgicales majeures (ouvertures) et mineures, toutes absolument gratuites ! Les enfants aussi, bien sûr. Nous avons dû payer pour l’appareil dentaire de mon fils, mais c’était une broutille comparé à ce qu’ils facturent aux États-Unis.

En tant que retraité/pensionné officiel, je peux maintenant avoir des soins dentaires orthopédiques gratuits ! J’ai besoin d’un autre implant, car une dent a été extraite il y a plusieurs mois. Ils m’ont dit qu’après 6 mois, ils pourront me poser un nouvel implant.
Si je commande un implant suisse, ça me coûterait 55 000 roubles (708 USD). Et alors ? Je prendrai un implant russe gratuit. Bon sang, j’aurai 74 ans le mois prochain. Qui a besoin d’un implant suisse chic ?

J’ai aussi les transports publics gratuits. Et comme notre fille est handicapée, elle et ma femme ont aussi les transports publics gratuits. (Pas les trains longue distance, mais presque partout dans Moscou et l’oblast de Moscou.) »

Rappelons que c’est le témoignage d’un officier retraité des forces spéciales américaines. Si cet officiel qui parle à Sy Hersh briefe aussi Donald Trump, alors on ne peut pas blâmer Trump de ne pas comprendre la situation réelle sur le terrain en Ukraine… On lui sert d’énormes mensonges.
Un dernier point sur la prétendue détresse économique en Russie.

L’officiel a dit à Sy :
« L’armée perd le respect, les revenus nationaux du pétrole et du gaz sont en baisse de 22 % et sans capacité d’emprunter à l’étranger pour financer la guerre en Ukraine. »

Il est vrai que les revenus pétroliers et gaziers sont en baisse, mais l’officiel a apparemment oublié de mentionner que le secteur pétrole et gaz (y compris la production, pas seulement les taxes budgétaires) représentait 9,67 % du PIB en 2021, selon la Banque mondiale. Les données Statista/Rosstat montrent que la part de l’industrie pétrolière et gazière dans le PIB oscille autour de 10-15 % ces derniers trimestres (jusqu’à mi-2024 ; les chiffres 2025 ne sont pas entièrement mis à jour mais cohérents avec la pression à la baisse).

En ce qui concerne les finances, le déficit russe s’est creusé à 2,6 % du PIB en 2025 (le plus élevé depuis 2020), en partie à cause de cette baisse de revenus. Mais c’est la moitié des défis financiers auxquels les États-Unis font face… 🔽
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Jan 9
🚨 Grève des médecins : pourquoi les médecins ferment le rideau ?

Voici une synthèse très claire qui explique parfaitement la colère légitime des médecins. Nous sommes TOUS concernés !
Merci de la partager largement autour de vous.

1. LE CONSTAT

Les Français ont le sentiment que le système de santé fonctionne de moins en moins bien. Ce ressenti est partagé par les patients… et par les médecins. (délais d’accès aux soins qui explosent, remboursements de plus en plus insuffisants, cotisations de complémentaires santé en constante augmentation, perte de liberté dans le choix de sa mutuelle…)

2. POURQUOI JE VOUS INFORME ?

Je suis médecin, et je constate chaque jour la difficulté croissante pour obtenir un rendez-vous médical, ou faire réaliser un examen dans des délais raisonnables.

Contrairement à une idée répandue, les difficultés d’accès aux soins ne sont pas dues aux compléments d’honoraires. Elles sont avant tout liées à la démographie médicale (nous manquons de médecins) et à un financement devenu insuffisant pour couvrir le coût réel des soins.

Dans ce contexte, les compléments d’honoraires ne sont pas un moyen d’enrichissement, mais un levier devenu indispensable pour maintenir la qualité et la sécurité des soins, tout en consacrant du temps à nos patients.

En effet, la démographie médicale s’est effondrée, et le financement du soin n’a pas suivi l’évolution des charges ni des besoins. Sans cette part complémentaire au tarif de l’assurance maladie devenu insuffisant, aucun cabinet spécialisé ne peut fonctionner correctement.

Si je vous informe aujourd’hui, c’est pour vous expliquer comment notre système de santé s’est progressivement dégradé et pourquoi cela vous concerne directement.

3. CE QUE VOUS ALLEZ COMPRENDRE EN LISANT CE DOCUMENT

• comment la Sécurité Sociale s’est progressivement désengagée du financement du soin ?

• comment les Complémentaires Santé ont augmenté leurs cotisations sans augmenter leurs remboursements ?

• pourquoi les Compléments d’honoraires existent et pourquoi ils sont devenus incontournables ?

4. POURQUOI MAINTENANT ?

Parce que la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) de 2026 change profondément la logique du financement de la santé. En diminuant brutalement les Objectifs de Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM), il mettra en danger les hôpitaux privés, et aggravera les dysfonctionnements des hôpitaux publics.

Entre autres, il permettra à l’État de baisser unilatéralement les tarifs médicaux, ce qui revient mécaniquement à réduire vos remboursements et à affaiblir la médecine libérale qui assure 80 % du soin en France.

C’est votre accès aux soins qui est menacé.

Les médecins libéraux ont donc organisé une grève nationale du 5 au 15 janvier 2026.

(Pages suivantes avec frise chronologique et résumé court)
1946 – Création de la Sécurité Sociale pour les travailleurs.
1971 – Autorisation de la liberté des honoraires par les médecins
2014 – Les Mutuelles sont rendues obligatoires pour les salariés
2026 – l’ONDAM ne permettra plus de nous soigner convenablement

Résumé court : Ce document retrace l’histoire de l’assurance maladie. Née en 1946 pour protéger les Français, le système de santé s’est progressivement dégradé sous l’effet des décisions politiques. Les complémentaires santé devenues obligatoires ne remplissent pas leur rôle. Les tarifs médicaux de l’assurance maladie n’ont pas suivi l’évolution des charges, rendant indispensables les compléments d’honoraires, qui compensent l’insuffisance des remboursements. Aujourd’hui, avec la LFSS de 2026, le système menace directement la liberté de se soigner des Français.

1946 – LE GRAND PROJET
En 1946, au sortir de la guerre, la France rêve d’un système unifié, simple, protecteur. La Sécurité sociale est pensée avec un financement solidaire, géré par les travailleurs, financé par les cotisations sociales.

Initialement pour les travailleurs. À l’origine, la Sécurité sociale ne couvrait pas l’ensemble de la 🔽Image
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population ; les chômeurs, les étudiants, les retraités et les personnes sans activité en étaient exclus. Elle est ensuite généralisée pour l’ensemble des français.

Ce projet, ambitieux et lumineux, reposait sur un principe : l’indépendance vis-à-vis de l’État. Le soin devait être une liberté, pas un instrument politique.

“Mais dès les premières années, les difficultés financières et les arbitrages parlementaires contraignent l’État à intervenir.” Très vite, l’État y a vu une perte de pouvoir et a voulu reprendre la main.

La première étape de la stratégie de l’État a consisté à décrédibiliser la gestion autonome du régime général. Pour y parvenir, l’État lui a imposé la prise en charge de dépenses qui n’avaient pas été prévues lors du calcul des cotisations sociales. En allouant ainsi des charges indues, il a créé artificiellement un déficit qu’il a ensuite pu reprocher aux gestionnaires.

Dès 1949, cette problématique du déficit fut débattue à l’Assemblée, avec des critiques sur la gestion justifiant, selon un grand nombre de députés, le renforcement du contrôle de l’État sur la Sécurité sociale… et sur les assurés eux-mêmes…

La Sécurité sociale était alors décrite par certains journalistes de l’époque comme un « monstre à cinq pattes qui allaite et dévore ses enfants ».
Peu à peu, l’édifice prévu comme autonome devient un système administré, orienté par des décisions politiques plutôt que par les besoins médicaux.

1960 – L’ÉTAT RÉGLEMENTE

Les décennies suivantes voient la montée des dépenses, l’évolution des techniques, et la hausse des attentes de la population. Pourtant, les tarifs fixés par la Sécurité sociale restaient bas, parfois figés. Les médecins alertaient déjà : “les tarifs opposables ne couvrent plus les coûts réels du soin”

À l’époque, les syndicats de médecins se sont opposés aux tarifs imposés par l’assurance maladie de leurs honoraires.

Face à l’augmentation de leurs charges, les médecins demandent une évolution.
Après des années sans accord, le décret du 12 mai 1960 a profondément modifié la gouvernance du système de santé en centralisant la négociation tarifaire et en réduisant le rôle des syndicats médicaux.

Ce décret marque le début du tarif opposable. Les médecins qui acceptaient individuellement la convention s’engageaient à respecter un tarif fixé par l’État, en échange d’un meilleur remboursement pour leurs patients. Ceux qui refusaient voyaient leurs patients moins bien remboursés.

Ce système a divisé la profession et affaibli toute négociation collective. Surtout, il a installé durablement un écart entre le coût réel d’un soin et son remboursement par la Sécurité sociale.

1971 – LA SANTÉ PILOTÉE COMME UN BUDGET

L’État venait ainsi de prendre la main sur les acteurs du système de soin. Il lui fallait désormais mettre la main sur la sécurité sociale et le régime général.
Sous Georges Pompidou, l’État a repris le contrôle de la Sécurité sociale par deux décisions majeures. D’abord, en séparant les caisses maladie, famille et retraite, ce qui a rompu le principe de solidarité financière globale entre les différents risques. Ensuite, en modifiant la gouvernance : les salariés cotisants, jusque-là largement majoritaires, n’ont plus détenu que la moitié des sièges, l’autre moitié revenant au patronat.

“Les salariés perdaient ainsi la main sur la gestion administrative.”

Ce nouvel équilibre a réduit la capacité des cotisants à peser collectivement, et a facilité l’imposition de choix budgétaires décidés au sommet de l’État.

Ces réformes ont transformé la Sécurité sociale en un système de plus en plus piloté par des contraintes financières, plutôt que par les besoins de santé. Ces réformes ont retiré aux cotisants la maîtrise de leur système de santé et donné à l’État les moyens de piloter la Sécurité sociale comme un budget.

1979 – L’ÉTAT RÉINTRODUIT LA LIBERTÉ TARIFAIRE

Le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing est incapable d’augmenter ses capacités de financement des soins 🔽
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dont les coûts augmentent. Il autorise alors aux médecins de pratiquer des honoraires libres, cela permettait d’augmenter le financement des soins, sans que cela ne coûte rien à l’État !

En 1979, face à l’impossibilité de revaloriser correctement les actes médicaux, l’État a réintroduit une part de liberté tarifaire pour les médecins : c’est la création du Secteur 2, avec compléments d’honoraires.
L’objectif n’était pas d’augmenter les dépenses publiques, mais de permettre aux médecins de compenser l’écart croissant entre le tarif fixé par la Sécurité sociale et le coût réel des soins.
“La création du secteur 2 a permis de financer des soins modernes, sans augmenter les dépenses de l’État.”

Ce choix a aussi renforcé le rôle des complémentaires santé, appelées à prendre en charge une part croissante du reste à charge. Très rapidement, l’accès secteur 2 a été restreint à certains spécialistes, ce qui a figé la majorité des médecins généralistes en Secteur 1.

1980–2000 : L’ÉTAT PREND LA MAIN, LE BUDGET PREND LE POUVOIR

En 1991, sous François Mitterrand est créé la CSG, Contribution Sociale Généralisée.

En 1996, le Premier ministre Alain Juppé met en place les ordonnances qui changent tout : création de l’ONDAM, mise sous tutelle des budgets, début de la médecine pilotée par objectifs financiers…

Au début des années 1990, le financement de la santé change profondément. Avec la création de la CSG, l’État remplace progressivement les cotisations des salariés par un impôt. Ce changement peut paraître technique, mais il a une conséquence majeure : la santé devient un poste budgétaire piloté par l’État, et non plus un système géré par les cotisants en fonction des besoins.
“À partir de là, le soin n’est plus financé selon les BESOINS, mais selon un BUDGET défini par l’État. La santé devient une variable d’ajustement.”

Peu à peu, une logique nouvelle s’impose : il ne s’agit plus de financer les soins nécessaires, mais de faire entrer les soins dans un budget fixé à l’avance.
En 1996, cette logique est officialisée avec la création d’un budget annuel de la Sécurité sociale. Un plafond de dépenses est fixé : c’est l’ONDAM. Dès lors, lorsque les besoins augmentent (vieillissement, progrès médicaux, pénurie de médecins), ce ne sont plus les financements qui s’adaptent aux soins, mais les soins qui s’adaptent au budget.

2000–2020 : LES COMPLÉMENTAIRES PRENNENT LE RELAIS…

Faute de financer correctement la santé, les gouvernements successifs transfèrent une part croissante du remboursement vers les assurances privées et mutuelles.

En 2014, sous François Hollande, leur souscription devient obligatoire pour les salariés. Les complémentaires santé deviennent obligatoires pour tous les salariés, et parallèlement, un nouveau contrat est proposé aux médecins : l’OPTAM.

Le principe de l’OPTAM est simple en apparence ; Les mutuelles acceptent de mieux rembourser les patients, à condition que les médecins s’engagent à limiter leurs compléments d’honoraires.

Présentée comme une solution équilibrée, cette réforme reposait sur une promesse implicite : des honoraires mieux encadrés, des mutuelles alors qualifiées de “plus responsables” plus impliquées, et un reste à charge mieux maîtrisé pour les patients.
Les mutuelles rendues obligatoires et financées par les employeurs et les salariés.

Dans les faits, les résultats n’ont pas été à la hauteur des promesses. Les cotisations des mutuelles ont continué à augmenter, les contrats sont devenus de plus en plus complexes et difficiles à comprendre, les salariés ont perdu la liberté de choisir leur mutuelle, désormais imposée par l’employeur, et les remboursements n’ont pas suivi l’augmentation des coûts réels des soins.

Peu à peu, les mutuelles sont devenues un intermédiaire central, coûteux et opaque, sans pour autant mieux financer les soins.

Pour les patients, ces évolutions ont une conséquence directe : “la perte de liberté de choix.” 🔽
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Jan 7
🔴 La psychologie derrière l’addiction au téléphone.
Comment l’hyperstimulation a tué votre capacité à voir la beauté dans le monde réel.
©️ixcarus

📍Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui date d’il y a environ 8 mois.

Je suis assis en face de mon amie dans un café, juste après son retour de vacances.
Elle me raconte son voyage en Islande : les cascades, les aurores boréales, tout le tralala.
Je hoche la tête, je montre de l’intérêt, je pose des questions. Vous savez, ce que les gens font normalement pendant une conversation, quoi.

Mais au milieu de son récit, je me rends compte que je n’ai pas entendu un seul mot de ce qu’elle a dit depuis les deux dernières minutes.

Parce que je pense à mon téléphone. Il est dans ma poche. Je ne le vois pas. Mais je le sens.

Avant qu’elle ne commence vraiment à détailler son voyage, j’ai entendu un ping et ressenti cette attraction. Cette attirance magnétique. Cette petite voix qui dit : « Vérifie-moi, il y a peut-être quelque chose. »

Je me surprends à tendre la main vers lui au milieu de la conversation. Je m’arrête. Je repose ma main.
Cinq minutes plus tard, je recommence.
Mon amie ne le remarque pas. Ou peut-être que si, et qu’elle s’y est habituée. On fait tous ça maintenant.

On est présents mais pas vraiment. Ici mais ailleurs. On écoute mais on n’entend pas.
Et je me dis : putain, quand est-ce que ça a commencé ? Quand un appareil est-il devenu plus intéressant qu’une vraie personne assise en face de moi ?

Quand mon cerveau a-t-il commencé à préférer la possibilité d’une notification à une vraie connexion humaine ?

Quand ai-je perdu la capacité de simplement… être présent ?
Il y a 8 mois, c’est tout ce à quoi je pouvais penser.

Je me souviens, quand j’étais enfant, de m’immerger complètement dans les choses.

Construire des Lego pendant des heures, perdu dedans. Lire des livres et oublier que le temps existait. Avoir des conversations qui semblaient infinies.

Je me souviens quand le monde semblait vivant. Quand les couleurs paraissaient plus vives, quand les expériences étaient plus riches, quand les moments s’étiraient au lieu de s’embrouiller.

Quelque part entre alors et maintenant, quelque chose a changé.

Et je l’attribuais à la maturité. Aux responsabilités. À « c’est juste la vie ».

Mais assis là, à lutter contre l’envie de vérifier mon téléphone pendant que mon amie parle de putains de cascades, je réalise : ce n’est pas la vie. C’est l’appareil.

Mon cerveau avait été détourné. Recâblé. Reprogrammé pour préférer la stimulation numérique à la réalité.

Et je savais que je n’étais pas seul à ressentir ça. Je savais que les gens le ressentaient. Je sais que vous le ressentez aussi.
Cette anxiété constante de bas niveau quand votre téléphone n’est pas à portée de main. Cette compulsion à le vérifier même quand vous savez qu’il n’y a rien. Ce sentiment que la vraie vie est devenue… moins.

Moins intéressante. Moins colorée. Moins captivante que ce petit rectangle luminescent.
Huit mois plus tard, l’étincelle en moi a été ravivée. Après d’innombrables heures de recherche et une motivation infinie pour aller au fond des choses, je l’ai trouvé.

Alors laissez-moi vous expliquer exactement ce qui est arrivé à votre cerveau, pourquoi vous ne pouvez pas arrêter, et ce que ça vous coûte.

Une tasse de café noir posée à côté de moi. Dans cette lecture de 10 minutes, je vais fondamentalement changer votre vision de votre téléphone pour toujours, et peut-être, juste peut-être, que je pourrai vous aider à vaincre votre addiction. Je ne promets rien, mais lire ça sera définitivement un coup de pouce dans la bonne direction.
Allons-y.

LA MACHINE À SOUS DANS VOTRE POCHE

« La technologie est un serviteur utile mais un maître dangereux. » - Christian Lous Lange

Votre téléphone est un casino.
Et vous êtes le joueur qui ne peut pas quitter la table.

À chaque fois que vous le prenez, vous tirez sur le levier d’une machine à sous. Y aura-t-il une notification ? 🔽Image
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Un like ? Un message ? Quelque chose d’intéressant ?

Qu’est-ce qui va booster ma dopamine maintenant ?
Vous ne savez pas. Et cette incertitude est ce qui rend ça addictif.

C’est ce qu’on appelle un schéma de renforcement à ratio variable, et c’est le modèle de renforcement le plus addictif connu en psychologie.

Les machines à sous l’utilisent.

Les téléphones aussi.

Vous tirez le levier (déverrouillez votre téléphone) et parfois vous gagnez une récompense (notification, contenu intéressant) et parfois non (rien de nouveau).

Mais comme vous ne pouvez pas prédire quand la récompense arrivera, vous continuez à vérifier.

Parce que la prochaine vérification pourrait être la bonne. Le prochain rafraîchissement pourrait avoir quelque chose.

Votre cerveau libère de la dopamine non seulement quand vous obtenez la récompense, mais en anticipation de la possibilité de l’obtenir.

Et cette anticipation vous maintient accro.

Voici la neurologie : votre aire tegmentale ventrale (VTA) libère de la dopamine quand vous anticipez une récompense.

Cette dopamine voyage jusqu’au nucleus accumbens, qui traite la récompense et la motivation.
Quand la récompense est incertaine, la libération de dopamine est en fait plus élevée que quand elle est garantie.
L’incertitude crée plus de craving que la certitude.

C’est pourquoi vous ne pouvez pas arrêter de vérifier votre téléphone même quand vous savez consciemment qu’il n’y a probablement rien.

Votre cerveau chasse le hit de dopamine de la possibilité d’une récompense.

Et les entreprises tech le savent. Elles l’ont conçu délibérément.

Le scroll infini signifie qu’il y a toujours potentiellement quelque chose d’intéressant juste un swipe plus loin.

Le timing variable des notifications signifie que vous ne savez jamais quand quelque chose arrivera, donc vous devez continuer à vérifier.

Le badge de notification rouge crée de l’urgence et déclenche le comportement de vérification.

Le pull-to-refresh imite l’action physique du levier d’une machine à sous.

Chaque élément est conçu pour exploiter votre système dopaminergique et vous garder engagé.

Vous n’êtes pas faible parce que vous êtes accro. Vous êtes face à des milliards de dollars de recherche en neurosciences optimisée pour détourner votre cerveau.

Les réseaux sociaux ont perfectionné ça avec leur algorithme de contenu court. Sachez juste que si quelque chose est gratuit, vous êtes généralement le produit.

LE PIÈGE DE L’HYPERSTIMULATION

Votre téléphone produit plus d’intensité sensorielle que n’importe quoi dans le monde naturel.

Des couleurs plus saturées que les fleurs. Des sons plus variés que le chant des oiseaux. Des mouvements plus rapides que tout ce que vous verriez dehors.
Votre écran peut afficher des millions de couleurs. Les changer instantanément. Les faire clignoter à des fréquences conçues pour attirer l’attention.
C’est de l’hyperstimulation. Et votre cerveau s’y adapte en augmentant le seuil de ce qui compte comme intéressant.

C’est comme vivre dans une maison avec un bruit constant fort. Éventuellement, vous arrêtez de l’entendre. Votre système auditif s’adapte en devenant moins sensible.

La même chose arrive à vos systèmes visuel et de récompense.

Après des heures de contenu lumineux, coloré et rapide sur votre téléphone, la vraie vie paraît grise en comparaison.

Littéralement. Votre perception des couleurs s’émousse parce que votre cerveau s’est recalibré pour attendre l’intensité numérique. 🔽Image
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Vous entendez toujours les gens dire « la vie était plus lumineuse quand on était enfants » ou « le monde est devenu terne ». Oui, nos corps voient naturellement le monde comme « moins coloré » en vieillissant, mais votre téléphone amplifie ça à un degré que vous ne pouvez même pas imaginer.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les couchers de soleil qui vous coupaient le souffle ne vous font plus rien.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les conversations semblent lentes et ennuyeuses.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les livres demandent trop d’effort.

Votre téléphone est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas simplement vous asseoir et exister sans vous sentir sous-stimulé.

Votre base de référence pour « intéressant » a été artificiellement gonflée à un niveau que la réalité ne peut pas égaler.

Et plus vous utilisez votre téléphone, pire ça devient.

Vous avez besoin de plus en plus de stimulation pour ressentir le même niveau d’engagement.
C’est la tolérance. Le même mécanisme que l’addiction aux drogues.

Vous développez une tolérance à la vie normale.

LA PEUR DE MANQUER QUELQUE CHOSE EST PRIMALE

« Dans un monde d’algorithmes, de hashtags et de followers, connaissez la vraie importance de la connexion humaine. » - Simi Fromen

Le FOMO n’est pas juste un mot à la mode millennial. C’est un mécanisme évolutionnaire armé contre vous. Les humains ont évolué en petites tribus où l’exclusion sociale signifiait la mort.

Si vous n’étiez pas au courant de ce que faisait le groupe, vous pouviez manquer une information critique, perdre du statut, ou être laissé derrière.

Donc votre cerveau a développé une hypervigilance pour les informations sociales.

Qu’est-ce que les autres font ? De quoi parlent-ils ? Suis-je inclus ? Suis-je valorisé ?

Ces questions déterminaient la survie pendant des milliers d’années.

Votre téléphone détourne ce système ancien.

Chaque notification est une mise à jour sociale potentielle.

Chaque scroll pourrait révéler ce que vous manquez.

Et parce que les réseaux sociaux vous montrent les highlights de tout le monde en même temps, vous voyez constamment des choses dont vous ne faites pas partie.

Vos amis qui s’amusent sans vous. Des événements auxquels vous n’étiez pas invité. Des expériences que vous ne vivez pas.

Votre amygdale, qui traite les menaces sociales, s’allume.

Votre cerveau interprète ça comme une exclusion sociale, ce qui déclenche les mêmes circuits de douleur que la douleur physique.

Ça fait mal. Littéralement. Les scans cérébraux montrent que le rejet social active les centres de la douleur.

Donc vous continuez à vérifier pour vous assurer que vous ne manquez rien, ce qui vous expose à plus de preuves de ce que vous manquez, ce qui vous fait vérifier plus.

C’est une boucle de rétroaction conçue pour vous garder engagé.

Mais voilà ce qui est fucked up : le FOMO est basé sur un mensonge.

Vous ne manquez pas vraiment quelque chose. Vous vivez le fait de manquer quelque chose.
Il y a une différence.

Manquer quelque chose signifie que vous êtes présent dans votre propre vie mais pas dans le reel highlights de quelqu’un d’autre.

Vivre le fait de manquer signifie que vous n’êtes pas présent dans votre propre vie parce que vous êtes trop occupé à regarder celle des autres.

L’ironie est que plus vous essayez d’éviter le FOMO en restant connecté, plus vous manquez vraiment votre propre vie.

Vous ratez le coucher de soleil parce que vous regardez celui de quelqu’un d’autre sur Instagram.

Vous ratez la conversation parce que vous vérifiez quelles autres conversations se passent.

Vous ratez votre vie en scrollant à travers celle des autres. 🔽Image
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Jan 2
🔴 Annus Horribilis. 2025, l’année de l’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
par @RealPepeEscobar

📍Tellement à faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’année de la renaissance des Présocratiques. Et aussi l’année de la renaissance du Figatisme : réflexion, introspection, silence, quête de l’équilibre intérieur et, quand la musique s’impose, un environnement physique et mental équivalent à l’ethos japonais du jazz-kissa.

Le désir excessif de pouvoir fit chuter les anges ; le désir excessif de connaissance fit chuter l’homme : mais dans la charité, il n’y a pas d’excès ; ni l’ange ni l’homme ne courent de danger par elle.
– François Bacon

NAPLES et PALERME – En parcourant l’Italie de long en large, du Frioul et du Piémont à la Toscane, à l’Ombrie, à Rome et au sud – Naples et Sicile –, on ne peut se défaire de cette sensation irritante d’une surprenante cécité anthropologique et culturelle qui prend le dessus sur ce qui est et reste, sans conteste, la civilisation-État définitive de tout l’Occident (sans concurrence possible).

Comment Godard, s’il était encore vivant, aurait-il filmé ce malaise qui imprègne la réinterprétation par Fritz Lang de l’Odyssée d’Homère à la Villa Malaparte de Capri, mais sans la beauté fatale de Brigitte Bardot ? Hélas, tout cela n’est plus que souvenirs – fragments étayés contre nos ruines, pour reprendre T.S. Eliot.

La scène en ruines d’aujourd’hui n’a rien d’homérique : l’Occident y apparaît comme un fantôme insignifiant au torse bombé, se complaisant dans sa propre irrelevance, sa superficialité, sa fragmentation sociale, son absence d’Esprit et de Logos, tout en alimentant son obsession pour une Guerre Éternelle – une tragédie traitée comme un jeu d’enfants, et non pour ce qu’elle est vraiment : un abîme. Rien d’étonnant à ce que Poséidon se désintéresse totalement de ces mortels stupides.

Dans les conversations avec mes hôtes italiens, amis et nouvelles connaissances, la lâcheté et le manque d’acuité politique des classes « dominantes » européennes sont apparus avec une clarté cristalline, tout comme leur absence de courage face à l’essor d’un nouveau siècle multipolaire (titre de mon dernier livre, Le Siècle Multipolaire, publié en Italie début décembre 2025).

Cette « Europe » artificielle s’acharne à maintenir à tout prix un paradigme épuisé – politiquement et économiquement –, un statu quo archaïque et anachronique qui la contraint à se replier sur elle-même, coquille vide aux conséquences extrêmement destructrices.

La beauté éblouissante de la côte amalfitaine, entre Amalfi et Ravello, parvient à peine à masquer le vide physique et métaphysique qui prévaut dans toute l’UE : l’Occident a tout tué – même la Beauté – pour la remplacer par le Néant. Le nihilisme règne en maître.

Et pourtant, il est d’un eurocentrisme abject de croire que le Chaos régnant sur cette petite péninsule occidentale de l’Eurasie bouleverse le monde entier. L’Eurasie – et l’Asie orientale en particulier – vivent pleinement une dimension supplémentaire d’optimisme et d’affirmation culturelle.

À l’avenir, l’Europe pourrait adhérer à des paradigmes venus d’autres cultures et, bon gré mal gré, les absorber dans un syncrétisme d’acceptation. Tout comme elle a imposé à la Majorité Globale ses propres paradigmes et « valeurs » à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

L’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
Ainsi, dans tout l’Occident, 2025 fut un véritable Annus Horribilis à plus d’un titre. Les historiens futurs s’en souviendront comme l’année où l’ancien « ordre » fondé sur des « règles » facilement manipulables, qui régenta le monde pendant des décennies, fut brisé en tant que principe organisateur – même s’il subsiste encore sous forme d’appareil. Les institutions « fonctionnent » encore, pour ainsi dire. Les alliances ne se sont pas encore effondrées. Les « règles » continuent d’être invoquées et défendues.

Pourtant, elles ne produisent plus aucun effet tangible. 🔽Image
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Francesca Albanese a résumé l’essentiel, en évoquant l’exemple le plus horrifiant de l’effondrement moral total de la « civilisation » occidentale :
« Je n’aurais jamais imaginé voir les dirigeants européens se retourner contre leurs propres citoyens – réprimant manifestations, journalisme libre et liberté académique – tout cela pour éviter de tenir responsable un État génocidaire. »

Et oui : l’Histoire se présente rarement sous les traits de la barbarie. Elle se déguise souvent en « civilisation ».

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est un accaparement de terres indiscriminé et sordide par l’axe USA-sioniste, qui instaure criminellement une nouvelle normalité : de l’« hémisphère occidental » (le Venezuela n’est qu’un début) à l’Asie occidentale (Palestine, Liban, Syrie) et, bientôt peut-être, au Groenland.
Les think tanks américains estiment que le contrôle du Groenland, au-delà de l’évidente appropriation impériale de ressources naturelles, pourrait perturber la Route maritime du Nord russe – que les Chinois appellent la Route de la soie arctique.

Non pas sur le plan géoéconomique, mais assurément sur le plan militaire : le Groenland deviendrait une base idéale pour les moyens ISR américains, destinés à « soutenir » – c’est-à-dire diriger dans l’ombre – les Européens dans leur Guerre Éternelle en Ukraine, tout en menaçant la Chine.

Il s’agirait, en substance, d’une tactique de diversion visant à introduire le « Diviser pour régner » dans le partenariat stratégique russo-chinois, pendant que Trump 2.0 gagne le temps nécessaire pour remodeler et renforcer le complexe militaro-industriel américain et mener la guerre technologique, notamment sur le front de l’intelligence artificielle.

L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt – qui contrôle des entreprises technologiques directement impliquées dans la guerre contre la Russie en Ukraine – est obsédé par la course à l’IA. Le pari des Big Tech américaines est que cette course sera tranchée d’ici 2040 (les Chinois sont convaincus que ce sera bien plus tôt). Le vainqueur marquera le XXIe siècle de son empreinte. Les enjeux sont immenses : il s’agit fondamentalement d’une confrontation entre l’hégémonie américaine et le monde multipolaire et multinodal piloté par la Russie et la Chine.

Monsieur Oreshnik est prêt à distribuer ses cartes de visite
En 2025, les Guerres Éternelles ont, comme prévu, continué sans relâche… Ukraine et Gaza se fondant en une seule et même guerre.

Pour l’Ukraine, le théâtre kabuki des négociations de « paix » se poursuivra en 2026. Les faits sur le terrain, eux, sont immuables. La Russie poursuivra son avance militaire constante. Moscou dévastara toujours plus les infrastructures ukrainiennes. L’« Europe », désagrégée de l’intérieur, est un continent mort-vivant. Les États-Unis ne fourniront plus d’armes supplémentaires. Moscou n’est pas pressée : elle a froidement calculé que l’Occident s’épuisera avant elle.

La Russie peut procéder en quelques minutes à une opération « Oreshnik » qui éliminerait tous les sommets des « organisations criminelles » à Kiev et au-delà, y compris les responsables de l’OTAN et du MI6. Comme l’a noté Andrei Martyanov, les satellites russes de la série Resurs scannent 24 h/24 et 7 j/7 la surface terrestre « avec une résolution permettant de traquer quiconque, où qu’il soit » et d’assurer un ciblage précis. Alors pourquoi ne pas frapper la tête du serpent ? Parce que « l’Europe se suicide elle-même, et 404 avec elle, mieux que les Russes ne l’auraient jamais imaginé ».

Par ailleurs, la technique offensive russe de la « limace », combinée à celle de la machine à broyer, a déjà progressivement détruit l’immense réseau de bunkers installé par l’OTAN dans le Donbass – supérieur à la ligne Maginot. Ces méthodes ont atteint un rapport de dix pour un en faveur de la Russie. Autre fait immuable du champ de bataille. Seuls les incorrigibles insensés raillent la Russie en la qualifiant de « lente » et « faible ». 🔽
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L’offensive de la « limace » se prolongera jusqu’en 2026.
Quant à la Guerre Éternelle, elle est désormais le monopole du système bancaire et financier européen. Le Plan A – sans Plan B – consistait à infliger une défaite stratégique à la Russie. Il a échoué lamentablement, avec des pertes colossales. Voici venu le Plan B, qui n’en est même pas un : la Guerre – éternelle, comme les diamants – comme moyen de récupérer ces coûts irrécupérables abyssaux, de restructurer une dette européenne impayable et de justifier de nouvelles escroqueries financières estampillées « sécurité ».

En cas de doute, consultez Empédocle.

Revenons au kabuki. La nouvelle tactique américaine, mise en œuvre fin 2025, consiste essentiellement à abandonner l’Europe – déjà un cadavre géopolitique – et à tenter de « séduire » la Russie avec quelques carottes diplomatiques et économiques apparemment avantageuses pour les deux parties, tout en persuadant Moscou que Washington souhaite s’intégrer au monde multipolaire.

Moscou et Pékin sont assez fins pour comprendre ce jeu grossier. Ils avanceront avec une extrême prudence – et en parfaite synchronie.

La Russie atteindra un paroxysme taoïste de patience, rappelant qu’elle a toujours été prête à négocier, mais uniquement dans le respect des faits sur le terrain ; en creusant les causes profondes du drame OTAN/Ukraine/Russie ; et en visant un accord qui mette définitivement fin à l’immense escroquerie par procuration de l’OTAN.

De leur côté, les Européens continueront d’accumuler des déchets conceptuels, qualifiant le projet de Poutine de « prométhéen » et « idéologique ». Pure absurdité. Tout repose sur le respect mutuel et l’indivisibilité de la sécurité.

Pendant ce temps, la Stratégie de sécurité nationale américaine poursuivra ses attaques de guerre hybride contre des nœuds jugés faibles du Sud global, particulièrement dans l’« hémisphère occidental » (Caraïbes, Amérique latine).
Il devient crucial que les BRICS consolident enfin leur action commune – bien avant le sommet annuel en Inde fin 2026. Les BRICS doivent accélérer toutes les expérimentations économiques et financières dans ce que j’ai autrefois appelé le « laboratoire BRICS », afin de bâtir un système de paiement véritablement alternatif, indépendant et post-occidental, à l’abri de la folie des sanctions occidentales.

Russie, Inde et Chine recombinent enfin le triangle originel « RIC » de Primakov, avec des partenariats stratégiques interconnectés et une coopération croissante dans le commerce, l’agriculture, la technologie et, bien entendu, la dédollarisation. Les BRICS produisent déjà plus de 42 % du pétrole mondial ; contrôlent plus de 20 % des réserves d’or (Russie et Chine à elles deux 14 %, en hausse) ; et représentent plus de 30 % du PIB mondial.
Revenons à la lumière au bout du tunnel occidental : l’Italie. Il y a deux mois seulement, le grand philosophe Massimo Cacciari donna une leçon magistrale à Agrigente – capitale italienne de la culture 2025. Empédocle, le maître présocratique grec, naquit non loin de là. Empédocle formula la théorie cosmogonique des quatre éléments classiques – air, eau, terre, feu –, mélangés sans cesse par l’Amour et la Discorde.

Influencé par Héraclite et Parménide, Empédocle finit par marquer Aristote, Nietzsche, Hölderlin et François Bacon.
Nous devrions, comme Bacon et selon Cacciari, réapprendre ce qu’enseigna Empédocle – afin de mieux déconstruire le dogme anglo-américain de la positivité : cette formule magique qui engendra le consumérisme effréné et la marchandisation de la vie, copiée à l’infini par la périphérie de l’Empire du Chaos, éliminant toute réflexion éthique, philosophique, sémantique, sociologique, historique ou politique sur des notions comme « démocratie » et « liberté ».

Tellement à faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’année de la renaissance des Présocratiques. Et aussi l’année de la renaissance du Figatisme : réflexion, introspection, silence, quête de l’équilibre intérieur 🔽
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