1/n Le Pr Molimard estime que ma critique des chiffres belges utilisés dans la modélisation affirmant que l’HCQ a tué 16.000 personnes en Europe durant la première vague est de la désinformation. Selon lui, avec des données complètes, les chiffres belges seraient corrects.
2/n Cette modélisation présente plusieurs problèmes méthodologiques et c’est à cause de ces problèmes que les chiffres belges sont faux. (Ceux des autres pays analysés sont donc probablement faux également puisque la méthode est identique).
3/n Problème n°1 : Le nombre de patients hospitalisés pour Covid ayant reçu de l’HCQ durant la première vague. Les auteurs estiment ce nombre à 10.018. Comment l’ont-ils obtenu ? En se référant à l’étude nationale belge qui s’est déroulée jusqu’au 24 mai 2020.
4/n De cette étude, ils ont extrait le taux de prescription d’HCQ de 51 % et ils l’ont appliqué à TOUS les patients hospitalisés (19.644) alors qu’en réalité, ce ne sont que 51% des 8910 patients inclus dans l’étude qui ont reçu l’HCQ, soit 4542 personnes.
5/n Lien vers l’étude belge utilisée en référence :
6/n La première erreur méthodologique est donc de généraliser ce taux de prescription de 51 % extrait de l’étude à l’ensemble des patients belges hospitalisés pour covid. Car cela aboutit à un nombre de 10.018 personnes au lieu de 4.542. C’est une grosse différence !
7/n Il faut noter que ce chiffre de 4500 est confirmé par Sciensano (l’institut belge de santé publique) qui a récolté les données pour cette étude nationale.
8/n La question a été posée lors de la séance à la Chambre des Représentants du 16 juin 2020, et la ministre belge de la santé a répondu que 5.000 personnes avaient reçu l’HCQ en Belgique (page 18).
9/n Mais le Pr Molimard répond que ce ne sont que des données partielles puisque l’étude belge s’est arrêtée le 24 mai. Néanmoins, il n’indique pas sur quelle période porte la modélisation. Et l’information ne se trouve pas non plus dans la vidéo explicative.
10/n On peut cependant en avoir une estimation assez précise en recherchant à quel moment le nombre de 19.644 patients hospitalisés pour covid a été atteint en Belgique puisque c’est ce chiffre qui est utilisé dans la modélisation : il s’agit du 31 août. (19.652 patients).
11/n Et puisque la modélisation est publiée depuis hier, on peut y lire qu’elle utilise les données officielles d’hospitalisations jusqu’au 17 juillet 2020.
12/n Le chiffre de 10.018 patients ayant reçu l’HCQ est-il alors plausible pour cette période qui va en effet un peu plus loin que le 24 mai 2020 ?
Voyons cela…
13/n Le 24 mai 2020, il y avait eu 17.357 patients hospitalisés pour covid en Belgique. Et 4.542 patients avaient reçu l’HCQ.
14/n Selon la modélisation, au 17 juillet 2020, il y avait eu 19.644 patients hospitalisés - soit 2.287 patients supplémentaires depuis le 24 mai et 10.018 patients avaient reçu l’HCQ - soit 5.476 patients de plus depuis le 24 mai.
15/n Selon le Pr Molimard, les données complètes montreraient que les chiffres belges utilisés dans la modélisation seraient corrects. Mais cela signifierait que 5.476 patients de plus auraient reçu l’HCQ alors qu’il n’y a eu que 2.287 hospitalisations supplémentaires !
16/n Ce n’est évidemment pas plausible. À moins d’accuser Sciensano et la Ministre de la Santé belge de mentir, ce chiffre de 10.018 patients belges ayant reçu de l’HCQ est donc FAUX !
17/n Et cela démontre qu’appliquer le taux de prescription de 51% tiré de l’étude nationale à TOUS les patients hospitalisés est une méthodologie… trompeuse. Qui aboutit à la conclusion inverse de celle de l’étude de référence.
18/n Puisque les auteurs de la modélisation en arrivent à conclure une surmortalité due à l’HCQ pour 240 patients belges alors que l’étude nationale conclut à une mortalité diminuée pour les patients l’ayant reçue.
19/n Sciensano ayant d’ailleurs également déclaré qu’aucune surmortalité n’avait été observée.
20/n Cette fausse conclusion de surmortalité provient donc, en premier lieu, de ce faux chiffre de 10.018 patients ayant reçu l’HCQ. Mais aussi du deuxième problème de méthodologie.
21/n En effet, les auteurs ont appliqué un taux moyen de surmortalité de l’HCQ tiré de la méta-analyse Axfors dont on sait qu’elle reprend des études dans lesquelles les dosages d’HCQ sont nettement supérieurs aux dosages utilisés en Belgique.
22/n L’étude nationale belge citée en référence dans la modélisation indique en effet que la posologie d’HCQ était celle recommandée par les autorités soit un total de 2.400 mg d’HCQ répartis sur 5 jours.
23/n Cette surmortalité supposée attribuée à l’HCQ par les auteurs va également à l’encontre d’une autre publication d’une des équipes belges ayant participé à l’étude nationale et qui a utilisé l’HCQ + l’Azithromycine.
24/n Dans sa lettre à l’éditeur, cette équipe (Cliniques hospitalo universitaires Saint Luc à Bruxelles) conclut : « selon notre expérience clinique, il n’y a pas eu de problème de sécurité avec l’utilisation de l’HCQ (…) et son association avec AZM semble sécure également ».
26/n Voilà donc les deux gros problèmes de cette modélisation qui aboutit alors à des conclusions inverses de l’étude qu’ils utilisent pourtant en référence.
Si une modélisation conclut l’inverse de la réalité prouvée et publiée, c’est que la méthodologie est mauvaise.
27/n Qu’en est-il des autres pays ? Les auteurs ont appliqué un taux de prescription moyen issus des études qu’ils ont utilisées, soit 84% pour l’Espagne !
Est-ce plausible que 84% de tous les patients hospitalisés en Espagne jusqu’au 17 juillet 2020 aient été soignés avec l’HCQ?
28/n Pour l’Italie, les auteurs appliquent un taux de prescriptions de l’HCQ de 81%. Il s’agit du taux moyen calculé sur base de 12 études.
29/n Je n’ai pas encore eu le temps de vérifier quelles études ils ont utilisées puisque la publication de leur article ne date que d’hier. Mais j’en avais trouvé une il y a déjà quelques mois.
30/n Cette étude porte sur 3.451 patients soignés dans 33 établissements hospitaliers. L’HCQ a été prescrite à 76,3% soit à 2.633 patients.
31/n Évidemment, si on appliquait ce taux de prescription de 76,3 % à TOUS les patients hospitalisés pour covid en Espagne durant la période allant jusqu’au 17 juillet 2020, on obtiendrait un nombre énorme de patients sous HCQ. Cela correspondrait-il à la réalité ?
32/n Et, comme dans l’étude belge, les auteurs concluent à une diminution de 30% de la mortalité chez les patients ayant reçu l’HCQ. Conclusion qui est contraire à cette surmortalité prétendue par la modélisation.
33/n À présent que la modélisation est publiée, on va pouvoir retrouver les études utilisées pour les autres pays. Et vérifier quel nombre total réel de patients ayant reçu l’HCQ ces études concernent en réalité.
34/n Dans la vidéo explicative, l’auteur principal évoque ces taux élevés. Il ne semble néanmoins pas les remettre en cause (mais il n’a pas remis en cause les chiffres belges non plus). Pourtant 81 et 84 % de taux de prescription, cela devrait suffire à s’interroger.
35/n En conclusion : en choisissant les paramètres qui conviennent, on peut faire dire ce qu’on veut à une modélisation. Et dans le cas de celle-ci, (au moins pour les données belges), les preuves sont flagrantes : elle invente une surmortalité pour l’HCQ.
36/n N’en déplaise au Pr Molimard qui n’a donc probablement pas analysé cette modélisation en détails puisqu’il prétend même qu’elle sous-estime la mortalité de l’HCQ !
37/n (et fin) : Confirmation de Sciensano : il n’y a pas eu de surmortalité associée à l’utilisation de l’HCQ dans les hôpitaux en Belgique.
PS : Depuis, une autre étude belge a été publiée (en octobre 2023) qui conclut elle aussi au bénéfice de l’utilisation de l’HCQ
Toujours pas de surmortalité due à l’HCQ en vue…
PS2 : L’article du Soir indique que les résultats ne correspondent pas à la réalité belge. JM Dogné (membre de l’Agence Européenne du Médicament (entre autres) explique pourquoi il estime que « cette étude ne veut absolument rien dire ».
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1/n Ce qui agace tant les Inspecteurs Gadget, c’est peut-être qu’ils ont été obligés d’ajouter leurs conflit d’intérêts dans leur article, le principal étant d’être impliqués dans des procédures judiciaires avec le Pr Raoult.
2/n Depuis cette modification en mai 2025, le rythme des rétractations des articles de l’IHU a subi un grand coup de frein. Les éditeurs y verraient-ils un drapeau rouge les incitant à douter de la neutralité de leurs accusations concernant l’éthique de la recherche ?
3/n D’autant plus que, dans leurs explications, les Inspecteurs Gadget se défendent en disant qu’ils n’ont pas pensé à mentionner ce conflit d’intérêt lors de la soumission de leur article parce qu’ils ont commencé à analyser les données avant le début des procédures en justice.
1/n Pour tenter de cacher leur harcèlement, les Inspecteurs Gadget disent cibler les publications de l’IHU car c’est là que la fraude serait la plus fréquente… Mais comment pourraient-ils le savoir s’ils n’analysent pas les publications des autres institutions françaises ?
2/n Il n’est absolument pas scientifique de prétendre qu’un événement est plus fréquent dans un groupe A sans avoir évalué la fréquence de cet événement dans d’autres groupes B, C, D…
3/n Alors, pour savoir si la « fraude » est plus fréquente à l’IHU que dans les autres institutions françaises, il faudrait analyser les publications de ces autres institutions (comme le fait remarquer Woody Nist de manière très pertinente)
1/n En 2010, des chercheurs de l’hôpital Bichât ont utilisé des échantillons de selles collectés dans 4 autres pays chez des femmes souffrant d’infection urinaire sans demander les autorisations de comités d’éthique de ces pays.
2/n Pour investiguer le lien entre la présence d’un certain type de bactéries E Coli dans les selles et l’occurrence des infections urinaires, ces chercheurs ont demandé aux femmes de fournir le premier échantillon de selles survenant après la consultation pour ce motif.
3/n Un investigateur de chaque pays (Moldavie, Turquie, Roumanie et Grèce) a été formé à l’hôpital Bichât pour assurer l’homogénéité entre les différents sites de recherche.
1/n Petit caillou pour les Inspecteurs Gadget : vont-ils suivre la piste qui pourrait les emmener de Marseille à Paris ? Car, en 2019, des chercheurs de l’AP-HP y ont collecté des selles et des écouvillons rectaux chez des volontaires sains sans l’autorisation d’un CPP.
2/n Deux groupes de volontaires en bonne santé ont en effet été sélectionnés : 13 ont fourni un échantillon de selles + un écouvillon rectal et 10 autres ont fourni seulement un échantillon de selles.
3/n Les auteurs mentionnent que leur recherche a reçu une autorisation éthique CLEA numéro 2019-72 dont ils expliquent plus loin qu’il s’agit du « Comité Local de Protection des Personnes » des hôpitaux universitaires Paris Seine Saint Denis.
1/n Je suis impatiente de voir si les Chevaliers de l’éthique vont s’indigner en découvrant que des chercheurs de l’AP-HP (Bichât + Cochin) ont prélevé des échantillons de selles à des ENFANTS EN BONNE SANTÉ au Sénégal en 2009 sans autorisation d’un comité d’éthique sénégalais.
2/n En effet, ces chercheurs ont choisi un petit village du Sénégal (60 habitants vivant dans des huttes traditionnelles) pour demander à 20 enfants de 1 à 11 ans en bonne santé, un échantillon de selles.
3/n Selon les critères que les Inspecteurs Gadget appliquent aux recherches de l’IHU, depuis 2009, il faut une autorisation du CNERS (Comité National d’Ethique Sénégalais) pour demander un échantillon de selles à des enfants en bonne santé.
1/n Waouw ! Pour la première fois, je suis d’accord avec les Inspecteurs Gadget ! En effet, chercher des bactéries dans des selles, ce n’est PAS de la recherche avec participants humains (= recherches NON RIPH).
2/ Pour être précis dans la terminologie, cela s’appelle des recherches secondaires sur échantillons biologiques existants. Et, comme l’indique l’article L1211-2 du code de santé publique, il ne faut pas d’autorisation d’un CPP (ni même d’aucun comité d’éthique).
3/n Ce qui est interpelant, c’est que cet Inspecteur affirme cela le 10 août 2024… soit un an APRÈS la publication de l’article incriminant les publications de l’IHU pour « inquiétudes sur les autorisations éthiques », article dont il est l’auteur correspondant.