Pourquoi ce Diplôme Universitaire en autisme proposé en 2024-2026 à Paris-Descartes et truffé de psychanalyse pose problème ?
Et puis, la "psychanalyse dans une perspective théorique post-kleinienne", c'est quoi, exactement ?
Est-ce que ça aide les enfants autistes ?
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Pour répondre à cela, il faut causer un ch'tieu de ce qu'est la psychanalyse post-kleinienne, et plus particulièrement de sa figure de proue, Frances Tustin, et de ce qu'elle prétend au sujet de la vie intérieure des enfants autistes :
Tustin décrit les enfants autistes comme des "autosensuels pervers". Elle croit à fond en la sexualité infantile, ce qui la pousse à sexualiser de tous petits enfants dans ses écrits...
Pour elle, aucun doute : le fait qu'un enfant autiste s'intéresse plus à un objet qu'au visage de ses parents, c'est sexuel (au nom de Saint Freud), et en plus, c'est pervers !
Une tripotée de psyk vont poursuivre sa pensée "post-kleinienne", jusqu'à la nausée... =>
Pour Claude Allione, chez l’enfant autiste […] Tout se passe comme si [...] les larmes, la bave, les fécès, etc., productions corporelles mi-internes mi-externes se confondaient avec la représentation sensorielle maternelle, comme une mère-masque : =>cairn.info/revue-clinique…
On retrouve une foultitude de références à Tustin et ses délires scatos dans les productions "scientifiques" des enseignants du DU de Paris-Descartes.
Vous n'êtes pas prêts !
Ce serait drôle, s'ils ne prétendaient pas que ces délires scatos ont lieu dans nos têtes =>
Extrait d'un article "scientifique" de Pascale Ambroise, première enseignante (en ordre alphabétique) du DU Autisme de 2024-2026 à Paris-Descartes.
C'est quoi, cette histoire de "mamelon" dans la bouche ?
Tustin prétendait que l'autisme se fonde sur un délire de fusion avec l'environnement, après rupture de l'illusion de continuité entre le mamelon du sein de la mère et la bouche du bébé autiste :
Les productions "scientifiques" des enseignants du DU sont truffées de références à Tustin.
Cet article co-signé par deux enseignantes du DU défend le recours à la psychanalyse dans les institutions en citant Tustin, Meltzer, Bion, etc :
(intermède : à votre avis, si les enfants autistes qui ont subi ces études de cas lisent un jour ces interprétations psychanalytiques pétées de leurs ressentis et de leur rapport aux objets, que vont-ils / elles en penser ?)
(Argument "mécélinkonscient laule", exclu)
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Bernard Touati, un autre enseignant du DU, croit bien évidemment lui aussi en "l'autoérotisme" des bébés autistes.
(source : : sexualiser des bébés en 2023 parce que l'inconscient mesdamesmessieurs, puis enseigner ça, c'est OK, apparemment... ?)
Des articles "scientifiques" de ce genre, produits par les enseignants de ce DU et qui sexualisent des bébés, je pourrais encore en choper des dizaines...
Mais il est temps de parler du fond du problème, non ?
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Pour reprendre les propos de Hugo Horiot : la psychanalyse, c'est comme une partouze. Tant que ça se pratique entre adultes consentants (croyants), c'est OK.
Quand on prétend enseigner ces croyances dans un DU afin de les appliquer à des enfants, c'est PAS OK du tout =>
Appliquer ces croyances à des enfants "afin de mettre en place un projet individuel d'accompagnement", sans que ces enfants ni leurs parents ne sachent initialement dans quoi ils s'embarquent, cela a de lourdes conséquences.
Je vais causer expérience en asso, un peu =>
Question à trois balles : si tu apprends en DU que les enfants autistes ont des pensées sexuelles dès tous petits, es-tu bien formé à repérer un enfant victime d'agressions sexuelles, par exemple ?
On pré-suppose que non, car, spoiler, on a quelques chiffres qui le prouvent =>
Une femme autiste française sur deux a été victime d'agression sexuelle avant ses quinze ans :
(recrutement en asso française autisme)
Un gosse autiste de 3 ans qui dessine des pénis ne dessine peut-être pas son inconscient pervers, hein la psyk...) =>frontiersin.org/journals/behav…
Est-ce que ce DU autisme comporte une sensibilisation aux agressions physiques et sexuelles subies par les enfants en institution dite spécialisée ?
Non. Mais il enseigne les croyances de Tustin.
Pourtant, des affaires comme celle-ci = chaque mois :
Cette lamentable affaire de psychanalyste invité sur France Inter pour déblatérer des âneries sur un ton docte (la dépression = bénédiction), c'est l'occasion de parler confiscation de la parole des personnes concernées au sujet de leurs propres souffrances
=>
Cette confiscation de parole passe par des pseudo-experts psychanalystes, comme ici Bernard Golse assénant en 2009 que "les souffrances des enfants autiste sont immenses" (et qu'il faut de la psychanalyse pour les aider) : ;
mais aussi par des expressions langagières, comme "souffrant d'autisme"
Utilisées pour faire parler les mort(e)s, comme dans l'abject téléfilm "Tu ne tueras point", ou dans cet article de presse relatant un meurtre récent :
Quels types d'alertes reçoit-on en asso, vis à vis de dérives liées aux dogmes psychanalytiques ?
Elles sont de 3 types : 1) Refus / retard diagnostic ; 2) Usage de concepts non-validés (Peter Pan, etc) ; 3) Usage dogmatique des concepts psykk (Œdipe, etc)
On explique !
=>
Ces problèmes se poursuivent jusqu'à nos jours. Il ne s'agit pas de soucis ponctuels / datés.
Très rarement signalées en "cure psychanalytique", ces dérives se produisent plutôt :
*dans le cadre d'une procédure diagnostique ;
*dans le cadre d'une procédure judiciaire
=>
Ces dérives concernent autant des femmes que des hommes.
Parlons de la première : les retards / refus de diagnostic.
Tout commence au contact de professionnels de santé, pour résoudre un problème qui vous touche, ou qui touche votre enfant =>
1) : la focalisation des rech. sur "ce qui ne va pas chez eux", conduit les p. diagnostiquées à se sentir "déficientes et inférieures", détruisant l'auto-estime.
Conséquence : augmente les cadrages négatifs, préjugés, la stigmatisation et les rejets à l'école & à l'emploi
=>
2) la rech. actuelle part svt du présupposé que tout écart à la norme neurotypique est « une erreur nécessitant d'être corrigée et modifiée ».
Ce qui a pour conséq. une injonction faite aux pers pers. autistes à s'adapter à cette norme, sans que la réciproque ne soit vraie =>
"Tu ne tueras point" est-il un téléfilm de sensibilisation à la souffrance des aidants d'enfants autistes, ou un film de propagande en faveur de"l'euthanasie" des enfants autistes ?
La différence entre sensibilisation et propagande est une questi° à la fois sémantique & épistémologique.
Le mot "propagande" fait immédiatement penser à la communication déployée par des régimes totalitaires (charge négative).
Commençons par ce qu'en disent dictionnaires =>
"Sensibilisation" = fait de susciter l'intérêt, la curiosité de quelqu'un" :
"Propagande" = mise en oeuvre de moyens d'information pour propager une doctrine, créer un mouvement d'opinion & susciter une décision :
Au milieu des débats autour de la question de savoir quel est le profil le moins représenté dans les médias dans le domaine de l'autisme, ce point de vue pourra paraître iconoclaste :
=> Les adultes autistes exclus, "ni-sévères-ni-génies" !
Dans un précédent fil, je partageais des études en sciences de l'information portant sur l'image fictionnelle et médiatique de l'autisme, polarisée entre "personne très lourdement handicapée", et "génie".
Pour qui s'informe sur l'autisme à travers des médias, c'est d'un côté des "Asperger" géniaux, de l'autre des "sévères" qui souffrent terriblement et dont les aidants s'épuisent (même qu'il faudrait leur autoriser "l'euthanasie pour autrui", selon le film pourri du 3 avril)
=>
Si j'ai porté une pétition pour éviter la diffusion de ce téléfilm en prime-time, c'est pas par plaisir de censurer mais pour éviter tentatives de suicide & pensées suicidaires.
Cette étude par ex. souligne que les pers. autistes suicidaires ont beaucoup plus souvent et plus fréquemment "la sensation d'être perçues comme des fardeaux pour leur entourage" :
Jean-Censure fairt le lien avec le scénario de "Tu ne tueras point" ?
=>doi.org/10.1007/s10803…