Certains d'entre vous ont oublié cette histoire autour d'EDF. Une rappel et un thread🧶
Je voudrais rappeler qu’EDF c’était la production d’électricité nucléaire , Alsthom, c’était la production et la conception des centrales nucléaires et Areva, c’était la recherche du minerai et la transformation de ce minerai en combustible appelé à servir dans les centrales.
Et donc, début 2000, la France était sans doute le seul pays au monde qui contrôlait l’ensemble de la filière nucléaire, de la recherche de l’uranium à la construction des centrales et à la distribution du courant.
Et tout cela, qui avait commencé avec de Gaulle et Pompidou, devait gêner beaucoup de gens aux USA, au Qatar, en Arabie Saoudite, en Russie, en Allemagne et que sais-je encore.
Il faut reconnaitre que si la capacité de notre pays à développer une indépendance énergétique gênait beaucoup de gens, eh bien voila une gêne qui a disparue, pour eux à tout le moins.
Areva est en état de mort cérébrale, Alsthom a transféré tous ses brevets à General Electric qui les a domiciliés en Suisse (et donc, plus de royalties pour la France), et quant à EDF, elle est en voie de déposer le bilan grâce aux actions combinées de messieurs Macron et Lemaire et aux dispositions prises par la Commission Européenne.
Il me faut donc maintenant essayer de décrire comment la mort programmée d’EDF a été organisée avec la bénédiction de la fonction publique française .
Revenons en arrière, il y a trente ans.
Grace à ses centrales nucléaires et à ses barrages, la France produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme et donc les entreprises françaises bénéficient de l’électricité la moins chère d’Europe, ce qui donne un avantage comparatif non négligeable à notre pays par rapport à ses voisins.
Mais EDF est un monopole. Ce monopole, qui n’est pas un monopole privé mais un monopole public, est détenu à 100 % par l’Etat Français et donc in fine par les Français, ce qui est bien normal puisque les investissements , tous les investissements qui ont amené à cette heureuse situation, ont été payés par les impôts des citoyens français.
Hélas, la Commission Européenne n’aime pas les monopoles et veut établir un marché unique de l’énergie électrique.
Pourquoi ? Je n’en sais rien puisqu’en tant qu’économiste, je peux parfaitement justifier de l’existence d’un monopole étatique dans quelque chose d’aussi vital que la fourniture d’énergie. La France avait une politique énergétique de long-terme, les autres non, et je ne vois pas au nom de quoi ces autres pays devaient bénéficier des efforts des Français.
Et que fait la Commission (avec l’accord de tous les gouvernements français) : elle force la France à passer une Loi (Loi NOME) pour forcer EDF à vendre chaque année le quart de sa production nucléaire à prix coutant (42 e/ MWh) à des intermédiaires qui ne produisent aucune énergie mais pourront faire ainsi concurrence dans la vente d’énergie à EDF, même s’ils ne produisent rien.
Pour faire simple, les contribuables français subventionnent gratuitement des sociétés du secteur privé qui ne contribuent en rien à la production d’énergie. Le capitalisme de connivence à son meilleur. La seule obligation pour ces sociétés est d’aller acheter 20 % de leurs fournitures aux clients qu’elles ont piqué à EDF, sur les marchés libres, au prix du marché.
Le prix auquel ces sociétés achètent leur électricité à EDF n’a pas bougé depuis 2012 et est environ à 42 e /MWh , alors que le prix de l’électricité au comptant se balade entre 200 e et 400 e / kWh, ce qui est un joli cadeau fait à des sociétés dont on espère qu’elles financent les campagnes électorales de ceux qui nous gouvernent en ce moment.
Et cette loi est entérinée par le Parlement, sous Sarkozy je crois, dont on découvre avec le temps qu’il a été sans aucun doute le pire des Présidents de la cinquième République (et pourtant, la concurrence est rude), et cette loi précise ce que nous devons faire avec notre énergie électrique excédentaire : subventionner les productions industrielles en Allemagne, en Hollande, en Belgique alors que ces pays n’ont en rien contribué à la construction de nos centrales.
Un bidule étatique de plus est créée (CRE) pour gérer tout ça et pas grand-chose ne se passe jusqu’en 2018, les prix de l’énergie restant aux alentours de 60 e/kWh.
Mais en 2018, les demandes pour l’électricité à bas prix fournie par EDF passent de 25 % de la production totale de la société à plus de 30 %. Et donc la CRE (voir plus haut) fait des quotas , EDF refusant de vendre à perte à ces sangsues. Et ces sociétés, qui ont vendu de l’électricité soi-disant moins chère à vous et à moi se retrouvent en train de devoir acheter sur le marché libre non pas 20 % de leurs ventes , mais trente ou trente cinq pour cent. Et le prix sur le marché libre passe à 100 E/MWh puis 200 e/MWh, puis 300 e MWh, et ainsi de suite. Et toutes ces sociétés qui vous ont vendu de l’électricité à 55e/MWh de se mettre à perdre du fric cul par-dessus tête. Et elles font faillite, ferment et disent à leurs clients de retourner chez EDF. Et le gouvernement français (et la CRE) force EDF à reprendre ces clients.
Admettons qu’EDF, même après avoir vendu un quart de sa production à prix coutant, ait eu encore l’an dernier des capacités inemployées pour 2022.
En bons gestionnaires qu’ils sont, ils les auront vendus en 2021 dans le marché à terme pour 2022 , mettons à 80 e /MWh.
Pour livrer ces clients auxquels ils ne s’attendaient pas, EDF qui a vendu toute sa capacité pour 2022, va devoir racheter de l’électricité au comptant à 300 e/MWh, ce qui va engendrer une perte de 16 MILLIARDS D’EUROS.
Mais le plus curieux est que comme toutes les capacités de production d’électricité en Europe travaillent déjà à plein, pour satisfaire cette demande « inattendue », il va falloir rouvrir des centrales à charbon ou à gaz, en rachetant du charbon ou du gaz, dont les prix bien entendu s’envolent, ce qui accroit les pertes…et ajoute à la pollution.
Et la question qui se pose est : qui va absorber cette gamelle gigantesque ?
Logiquement, ce devrait être les fournisseurs parasites, mais ils n’ont pas les fonds propres nécessaires et/ou ont déposé le bilan.
Ceux qui ont cru aux promesses des vendeurs des sociétés sangsues devraient donc assumer leurs pertes, mais ils n’en ont pas les moyens.
Mutualiser la perte sur tous les utilisateurs d’électricité en France voudrait dire augmenter les prix de l’électricité de 44 % pour vous et moi, mais aussi pour Peugeot et le boulanger du coin, ce qui est difficile trois mois avant une élection présidentielle.
Et donc, la décision prise par monsieur Macron a été de faire supporter la perte par …EDF, ce que la bourse n’a pas aimé puisque l’action EDF, qui se cassait la figure depuis 2010 et le passage de la loi la spoliant, a baissé de 25 % le jour suivant cette annonce…
Conclusion
Sans l’Europe et sans le gouvernement français, le cours de bourse d’EDF aujourd’hui devrait être à 500 euros au moins : EDF produirait à un coût de 50e/MWh et vendrait tous ses excédents, équivalents à 25 % de sa production actuelle à 300 e /MWh , dégageant des marges gigantesques qui lui permettraient de financer centrales sur centrales aussi bien en France qu’à l’étranger et notre balance commerciale serait excédentaire.
Hélas, la politique suivie par les Sarkozy, Lemaire, Macron etc… a ruiné EDF . Du coup il va falloir faire une augmentation de capital pour combler le trou de 16 milliards, qui à mon avis , sera plutôt de 25 milliards, surtout si les prix du gaz continuent à monter, ce qui parait acquis. Et cela, alors que la France utilise très peu de gaz pour sa production d’électricité. Rendre le prix de l’électricité en France dépendante du prix du gaz alors que nous ne produisons quasiment pas d’électricité avec du gaz est un vrai exploit de notre technocratie. Et encore bravo, nous sommes décidément gouvernés par des génies.
Et quel est l’intérêt de la France ? Reprendre le contrôle d’EDF, produire de l’électricité à 50 e /kWh et ne la vendre qu’à ceux qui produisent en France. Et nous verrons rapidement les usines installées en Allemagne, où il y aura des coupures d’une électricité qui se vendra à 300 e/kWh, déménager très rapidement pour passer le Rhin dans le bon sens et venir s’installer chez nous.
Réindustrialiser la France sera chose facile si nous reprenions le contrôle d’EDF, puisque notre électricité serait quatre fois moins chère que chez nos principaux concurrents.
Et si Bruxelles et Francfort (la BCE) ne sont pas d’accord, tant pis, la solution britannique sera la bonne et nous établirons une zone de libre-échange avec Londres et tout le reste du Commonwealth et pourquoi pas l’Afrique et laisserons l’Allemagne quitter l’Alliance Atlantique et s’inféoder à la Russie, tandis que les Américains déplaceront leurs bases militaires de l’Allemagne à la Pologne. Et les choses seront claires. Mais pour cela, il faut virer Macron, Lemaire, Lagarde et beaucoup d’autres, qui après tout sont soit incroyablement incompétents, soit corrompus, soit des défenseurs du parti de l’étranger, comme le disait de Gaulle, c’est-à-dire des traîtres.
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Il existe encore des personnes qui parlent d'économie en 2024 (Pourquoi?), pour nous expliquer qu'ils seraient capables de redresser la France sans sortir de l'UE.
La seule question est: est-ce de l'incompétence ou la volonté de ne pas se mettre la classe de Davos à dos et donc de rester un pion du media système ?
Regardons cette première réalité en face : l'euro est un échec et une aberration économique qui accentue les déséquilibres entre des économies nationales hétérogènes par nature.
Un retour aux monnaies nationales serait le moyen pour les pays comme la France de financer leur ajustement, comme en témoignent les réussites canadiennes et suédoises des années 1990.
•La fin de la zone euro doit être considérée comme "un moindre mal" mais en aucun cas dispenser les états de faire les réformes structurelles nécessaires, notamment en ce qui concerne les finances publiques et la compétitivité.
Il est aujourd’hui juridiquement impossible de sortir de l’euro sans sortir de l’Union Européenne. Mais si la dissolution de l’euro devient une évidence, le champ du possible risque de s’élargir. L’Union Européenne ne s’est-elle déjà pas assise sur plusieurs traités lorsque cela était nécessaire ? Entre une dissolution conjointe de l’euro et de l’Union Européenne et la disparition de l’euro, il est clair que tout le monde à Bruxelles aura une préférence pour la deuxième solution.
L’homme de Davos représente tous ces gens importants ou pensant l’être parce qu’ils exercent un certain pouvoir), qui se précipitent à Davos tous les ans pour communier dans la même attente d'un «gouvernement mondial».
Pour eux, les problèmes qui se posent à l’humanité (globalisation, pollution, réchauffement climatique, chômage...) ne peuvent être résolus que si la responsabilité de les traiter est confiée à une élite omnisciente et bienveillante qui saura les régler dans l’intérêt de tous.
Par un hasard qui n’est pas bien étonnant, ils pensent que nul mieux qu’eux-mêmes n’est à même de constituer cette élite. De façon générale, ils aiment les Nations unies, les accords et traités internationaux, sont membres de grandes «ONG15» et se conçoivent comme l’avant-garde de la pensée
Parallèlement, ils détestent la notion même de souveraineté nationale, se méfient de tout patriotisme, qui par essence ne peut être que «ringard», et n’ont que très peu d’attaches avec le «peuple» dont ils veulent le bien, mais qu’au fond ils ne connaissent pas ou peu.
La monnaie n’est pas un bien comme un autre. Si nous convenons que l’argent est un bien commun, un bien public, alors le laisser à la libre disposition du secteur privé ou, pire encore, sous la direction d’une autorité étatique sans contrôle peut amener à de regrettables conséquences. Les entrepreneurs sont des navigateurs en haute mer. Leur boussole, c’est le système des prix.
Si des manipulations aussi bien étatiques que d’ordre privé venaient à changer la valeur réelle de la monnaie, cela entraînerait des bouleversements importants et non justifiés dans tous les prix, tant absolus que relatifs. Les entrepreneurs perdraient de ce fait une grande partie de leurs repères et se révéleraient incapables de gérer leurs affaires. On leur demanderait en fait de naviguer avec une boussole donnant de faux signaux, ce qui rend l’arrivée à bon port hasardeuse.
Certains croient bon de diaboliser la monnaie, «l’argent». C’est le cas par exemple du président Mitterrand qui, dans une intervention restée célèbre, a lancé: «L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l'argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes!» Cette condamnation de nature morale est souvent reprise en chœur par toute la classe intellectuelle.
Retrouvons Schumpeter et sa «création destructrice».
Une explication🧶
Le jour où les chemins de fer furent inventés, tous les éleveurs de chevaux de trait et les fabricants de diligences se virent condamnés à mort, même s’ils ne le surent pas tout de suite. Venait en effet d’apparaître ce que les spécialistes appellent une «invention de rupture». Derrière ce néologisme barbare se cache une réalité: de temps en temps, un gars génial, dans un garage, fait une découverte qui bouleverse complètement l’ordre établi. Souvent, cette découverte met à mal des industries entières, qui n’ont plus qu’à disparaître.
Que le lecteur songe aux appareils photo numériques qui ont acculé Polaroid à la faillite et font qu’un géant comme Eastman Kodak n’est plus que l’ombre de ce qu’il était dans le passé. Ou encore qu’il pense au minitel, au télex ou au fax, complètement anéantis par l’Internet. Bref, un acte de création induit une série de destructions en cascade, la plupart du temps fort douloureuses.
Parallèlement, des industries qui n’existaient tout simplement pas voient soudain le jour. Nous avons un double effet de croissance exponentielle d’un côté et d’effondrement accéléré de l’autre, double mouvement caractéristique de la phase de crise pendant laquelle il s’accélère
La tyrannie du statu quo
Dans ce livre, paru il y a quarante ans, Milton Friedman mettait le doigt sur un phénomène curieux : l’incapacité à agir et à appliquer leurs programmes qui s’emparent des hommes politiques dès qu’ils arrivent au pouvoir.
Avant d’arriver au pouvoir, ils vous expliquent ce qu’ils vont faire.
Dès qu’ils l’ont perdu, ils expliquent à qui veut bien encore les écouter ce que leurs successeurs devraient faire.
Et quand ils sont au pouvoir, en général, il ne se passe rien, sinon des reconductions de politiques qui échouent depuis des lustres.
Et cette absence de changement serait le résultat de ce que Milton Friedman, avec son sens inégalable de la formule, appela la tyrannie du statu quo.
D’après lui, les systèmes politiques sont de facto sous le contrôle de trois groupes sociologiques qui ont un intérêt commun à ce que rien ne change et ces trois groupes sont :
Ceux qui bénéficient de privilèges injustifiés.
La partie non élue de la classe politique à qui ont été déléguées des fonctions régaliennes sans encourir la moindre sanction en cas d’échec.
La classe administrative, dont le but est que tout change (en apparence) pour que rien ne change (en réalité), de façon à ce qu’elle garde son pouvoir.
Et je crois me souvenir que Milton Friedman appelait ces trois groupes le trio d’airain.
Et pour lui, si un parti arrivait au pouvoir il fallait donc que ses chefs se rendent bien compte qu’ils avaient cent jours pour agir.
En effet, au bout de cent jours le trio d’airain aura digéré sa défaite, ce sera réorganisé et pourra recommencer à tout bloquer.
Dans ce papier de cette semaine, je vais commencer par analyser l’expérience Trump de 2016 à 2020 a la lumière de l’analyse de Milton Friedman, ce qui me permettra de montrer qu’il s’est fait rouler dans la farine par les professionnels de la politique lors de sa première expérience.
Bien entendu, je n’ai pas la moindre idée de ce que son second mandat reserve au Donald, mais je sais que cette fois ci, il a l’intention de détruire le trio d’airain pendant ses cent premiers jours et qu’il est en train de mettre en place les équipes qui vont lui permettre d’espérer arriver au résultat qu’il cherche, détruire l’Etat profond, autre nom donné au trio d’airain.
Quand j’étais enfant, avant que le traumatisme de la puberté ne m’atteigne, je courais derrière un ballon, je montais aux arbres, je mettais des claques à mon frère qui me les rendait avec beaucoup d’allégresse, je lisais tout ce qui me tombait sous la main en n’en comprenant pas la moitié, bref c’était le bonheur total surtout pendant les vacances qui duraient une éternité. Le seul point noir dans ma vie étant qu’il fallait aller à l’école pour y être enfermé dans le but tout à fait incompréhensible d’essayer de m’apprendre quelque chose. L’avantage de l’école était qu’aux récréations, je retrouvais toute une sérié de copains et que l’on pouvait se mettre des claques, grimper aux arbres , courir derrière un ballon (voir plus haut)…
Pour plus de détail sur ma petite enfance, relire « Le Petit Nicolas » de Sempé et Goscinny ou le château de ma Mère de Marcel Pagnol.
De l’autre coté de la rue, il y avait une autre école , réservée à une autre sorte d’enfants, habillées différemment, qui en général terminaient la journée aussi propres qu’elles l’avaient commencée et dont on nous disait qu’elles s’appelaient « des filles ».Je savais que cette autre sorte d’enfants existait puisque j’avais deux grandes sœurs plus âgées que moi à la maison, mais dans l’ensemble les relations entre les deux écoles étaient ténues et les invitations croisées dans les goûters d’anniversaire assez rares en ces temps anciens.
Etait ce bien? Etait ce mal? Je n’en sais rien, mais en tout cas je ne changerai pas mon enfance pour celle des petits garçons ou des petites filles actuels (ou devrais je écrire actuelles? Grave question , après tout le masculin doit-il toujours grammaticalement l’emporter sur le féminin?).
Et avoir une enfance heureuse est de loin le plus beau cadeau que des adultes puissent faire à un enfant…