La proposition des fonctionnaires sur-payés de la Cour des Comptes d'indexer les remboursements de santé sur les revenus des personnes découle de ce que ces gens n'ont pas été formés à l'histoire sociale, l'histoire politique, ni à celle de la protection sociale. Sinon, elles et
ils sauraient que LA raison pour laquelle notre système de protection sociale existe encore un peu, c'est qu'il n'est PAS (trop) redistributif. Chômage, retraites : plus on gagne, plus on cotise ; et plus on cotise, plus on reçoit quand le chômage ou la vieillesse arrivent. Aux
États-Unis, au Royaume-Uni, ils ont des systèmes de protection sociale dits "beveridgien", où tout le monde reçoit la même - faible - somme. Donc quand vous avez un haut salaire, deux problèmes se posent. Un : vous cotisez plus que les autres (sous forme d'impôts). Deux : vous
êtes obligée de souscrire des assurances chômage et retraite privées, pour maintenir un peu votre niveau de vie lorsque les risques, de perte d'emploi ou de fin de vie active, se manifesteront. Donc vous n'êtes pas contente ! Et vous êtes donc réceptive aux discours des partis
politiques qui dénoncent "l'assistanat". Car c'est en effet bien vous qui payez la retraite et le chômage des autres, des pauvres, des ouvriers. Et donc vous votez pour ces partis, qui font en sorte de réduire les "aides sociales" à leur strict minimum. Et donc la pauvreté
explose dans votre pays, chouette ! Cette "révolte du contribuable" a largement commencé en France. Il ne faut surtout pas essayer de rendre le système de protection sociale plus redistributif. Si on le fait, les cadres, les gens aisés, vont gueuler. Or ce sont eux qui ont
l'oreille des élus, des journalistes. Ce sont eux qui font les élections. Ce que propose la Cour des Comptes est donc une très mauvaise idée. Oui, il faut de la redistribution, énormément. Cela passerait d'abord par des services publics de qualité accessibles à tous, partout.
Puis par une fiscalité qui massacrerait les gros héritages et les hauts patrimoines. Et enfin par un impôt sur le revenu plus progressif. Mais la protection sociale n'est pas là pour redistribuer des riches vers les pauvres. Elle est une assurance collective, une merveille aux
très faibles frais de fonctionnement, contrairement aux mutuelles et assurances privées, qui utilisent notre argent pour nous abrutir de pubs débiles (au secours les petits bonhommes de la MAIF) et pour s'acheter des stades. Autrement dit, l'État doit s'occuper de la
"redistribution verticale" (des hauts revenus vers les bas revenus), tandis que la Sécurité sociale met en œuvre la "redistribution horizontale", des jeunes vers les vieux ; des bien portants vers les malades ; des personnes en emploi vers chômeurs. blogs.alternatives-economiques.fr/gilles-raveaud…
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À la base de la proposition de taxe portée par l'ange Gabriel, il y a un graphique. C'est le fondement de son raisonnement. Il est tiré d'un livre de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez en 2011, intitulé "Pour une révolution fiscale" (Seuil). Ce graphique, le voici :
Gabriel Zucman @gabriel_zucman l'a reposté dans ce fil :
Je mets les deux captures d'écran essentielles. Prenez tranquillement le temps de bien lire, on n'est pas pressés. ;-)
Ce graphique, je l'ai enseigné pendant des années. Je l'ai évoqué dans un article pour "Charlie Hebdo". Alors que j'écrivais sous pseudo, j'avais eu la grande surprise de recevoir un mail de Monsieur @sterdyniak, immense macro-économiste. Henri me disait que j'avais tort.
Extraordinaires articles dans Les Échos ce matin, consacrés aux prix - notez le pluriel ici - de l'électricité en Europe. En France, nous avons trop de... prix négatifs. Oui oui.
Au nord, la Norvège, grosse productrice de jus grâce à ses barrages, veut limiter ses exportations
vers le Danemark, car elle en a marre de subir les variations de prix que les échanges avec celui-ci lui imposent. Enfin, la ministre suédoise de l'énergie est entrée en confrontation directe avec l'Allemagne. Elle estime que "Il n'est pas juste que les Suédois paient des prix
allemands pour des décisions allemandes". Gloups.
Sur le plan théorique, c'est passionnant : parce que l'on a créé à toutes forces un marché européen de l'électricité de manière théorique, on a engendré des prix tellement absurdes - jusqu'à être négatifs ! - et/ou qui
Aux États-Unis, les droits d'inscription très élevés que les Universités imposent à leurs étudiants leur permettent de verser des salaires de début de carrière près de 10 fois plus élevés qu'en France. Résultat : nos jeunes formés avec nos impôts à Polytechnique et à Normale Sup'
y courent. Et, contrairement à ce que fit Thomas Piketty en son temps, ils reviennent de moins en moins dans leur terre natale. Parmi 3 Prix Nobel "français" récents, 2 en physique et 1 en chimie, aucun ne travaille plus en France depuis des années, voire des décennies. C'est la
même chose dans les entreprises. Aux États-Unis, un économie fortement inégalitaire, à l'université comme dans la Silicon Valley, permet d'attirer les meilleurs cerveaux de la planète, d'où de fortes innovations, et donc une forte croissance de ce pays. Dans un monde devenu
Petite pensée du matin. Vous avez vu comme nous prenons certains problèmes à l'envers ?
Deux exemples. 1. De nombreuses femmes sont harcelées par des conducteurs de VTC ? Uber leur propose de choisir une conductrice. C'est une bonne idée. Mais, de façon complémentaire, et plus
importante, il faut éradiquer le problème à la racine.
C'est facile à faire, en obligeant les conducteurs de VTC à passer un diplôme - difficile -, où cette question serait centrale. Où ils prendraient conscience des risques pénaux qu'ils encourent. Où ils rencontreraient des
victimes. Où ils seraient formés. De plus, tous les conducteurs devraient être identifiés quand on commande une course et, au moindre problème, immédiatement suspendus. Tout cela coûte très peu d'argent, est facile à faire, et efficace.
Pourquoi ne le fait-on pas ? Parce
TRAVAILLER PLUS ? De nombreuses personnes, au gouvernement, à la télé, veulent que nous travaillions plus. Pour la plupart des gens, travailler est avant tout - même si pas uniquement - une contrainte. Travailler plus alors qu'elles ne l'ont pas choisi, c'est accroître cette
contrainte. Or augmenter une contrainte, c'est diminuer leur liberté. Sur le plan idéologique, on voit ici, une nouvelle fois, l'énorme erreur qu'il y a à qualifier les personnes qui proposent ceci de "libérales" ou de "néolibérales".
Sur le plan économique, ce qu'il convient
de rappeler, c'est que la *seule* raison de notre richesse collective, la seule raison pour laquelle - en moyenne, hein ! - nous vivons tellement mieux que nos grands-parents, ce sont LeS GAinS de PRoducTiVIté.
Quand j'étais au lycée, à la fin des années 1980, notre professeur
Pour 1 million d'euros hérités de votre popa ou de votre moman :
- 200.000€ d'impôts en France : 🍾🍾🍾
- 90.000€ en Allemagne
- et... 0€ en Suède, Autriche, Norvège, Italie, Portugal.
Suite...
La grande majorité des pays ont donc fait le choix d'une énorme reproduction des inégalités. Donc de la fin de la possibilité d'une mobilité sociale vers le haut pour la plupart des gens : vous ne deviendrez jamais propriétaire, parce que les logements appartiennent à d'autres,
à qui vous verserez des loyers toute votre vie. Vous leur verserez aussi des dividendes pris par votre entreprise sur votre salaire.
La suppression de la taxation des héritages, dans un monde désormais sans croissance, c'est la fin des espoirs des pauvres, des modestes, de la