Négociations sur l'Ukraine 🇺🇦🇺🇸🇷🇺, capitulation, retrait russe, gel du front, échange de territoires, à quoi s'attendre ?
Que peuvent espérer les deux belligérants ? Qui est en position de force ? Quel rôle pour Trump et l'Europe ?
🧵THREAD🧵1/25 ⬇️
Dans cette guerre, deux doctrines s'opposent, le réalisme et l'idéalisme.
L'idealisme, c'est le droit, le juste et la vérité. Le réalisme c'est la puissance, les leviers de pression et le rapport de force.
Je suis réaliste, même si on se doit d'évoquer les deux théories.
Que peut espérer l'Ukraine 🇺🇦?
Beaucoup de soutiens de l'Ukraine sont idéalistes. Ils croient au droit, à la justice et à la victoire.
Il y a cependant un fossé entre ce qui est espéré et ce qui est de l'ordre du réel.
Si on veut être idéalistes :
-Offensives militaires victorieuses (improbable si ce n'est impossible)
-Retrait russe (fortement improbable)
-Intervention militaire étrangère (presque impossible)
-Justice et punition contre Moscou (peu de chances)
De manière réaliste, Kyiv peut espérer au mieux :
-Cessez le feu puis échange de territoires
-Cessez le feu et gel de la ligne de front
Au pire :
-Cessez le feu avec reddition de régions ukrainiennes (Donetsk, Zaporizhia...)
-Cessez le feu puis reprise des combats ou pas de CLF
Que peut espérer la Russie 🇷🇺?
Le soutiens russes sont aussi souvent enfermés dans une position idéologique peu réaliste ou pseudo-réaliste.
La Russie a un avantage qui n'est cependant pas encore décisif.
En étant idéalistes :
-Victoire militaire stratégique (peu réaliste)
-Capitulation de l'Ukraine (impossible)
-Retrait ukrainien des 4 régions demandées ou au moins du Donetsk
-Changement de gouvernement à Kyiv
-Démilitarisation de l'Ukraine
De manière réaliste, Moscou peut espérer :
-Acceptation de sa souveraineté sur les territoires annexés sous son contrôle
-Pas de cessez le feu et une progression constante qui s'accélère
-Fin du soutien occidental à l'Ukraine
-Un cessez le feu qui lui donnerait du temps
Qui a intérêt a quoi ?
La Russie n'a pas ni l'intérêt ni le besoin immédiat de finir la guerre.
Sa force est plus nombreuse et puissante et son ennemi manque d'hommes. La Russie mise sur une guerre longue.
L'Ukraine de son côté a intérêt à mettre fin à la guerre, pour regagner en ressources humaines, relancer son économie et mettre fin au désastre démographique.
Elle reste cependant en position de résister, même si elle ne peut pas tenir une ligne de front dure.
La stratégie russe vise donc à gagner du temps (depuis le 20 janvier 2025, en repoussant toutes tentatives de cessez le feu, demandant toujours plus que ce qui est espéré).
L'objectif, maximiser les demandes en espérant que le négociateur (Trump) ou l'ennemi cède.
La Russie joue avec le temps. Son économie de guerre est en marche, elle reconstitue son armée en envoyant au front que des hommes destinés a mourir.
Elle fait cependant face a des faiblesses économiques de long terme et une armée ukrainienne toujours plus dronisée.
Quel est l'intérêt du négociateur 🇺🇸 ?
Trump espère mettre fin a la guerre pour détourner Moscou de Pékin et espère le prix Nobel de la paix avec la resolution de plusieurs conflits (Israël-Iran, Rwanda-RDC, Arménie-Azerbaïdjan...).
Trump est imprévisible et sa position change, c'est sa stratégie de négociation.
Il essaie donc de favoriser un cessez le feu. Pour le moment, il se fait berner par Moscou...
Quel poids pour l'Europe ? On pourrait être tentés de dire aucun.
L'Europe ne compte ni pour Moscou ni pour Washington qui l'a vassalisée.
L'Europe est trop désunie pour peser et les vagues initiatives sont tombées à l'eau.
Mais n'oublions pas que les autres alliés de l'Ukraine pèsent justement pour l'Ukraine. (UE + UK + Canada, NZ et Australie et Turquie aussi).
Ils fournissent suffisamment d'armes et de munitions pour compenser un éventuel retrait américain.
Partons donc du principe que l'avantage est du côté de Moscou, sans être décisif.
La Russie peut continuer de progresser lentement face aux formidables fortifications que sont les villes du Donbass et continuera de subir des pertes démesurées pour cela.
L'Ukraine peut poursuivre la défense en adaptant sa stratégie avec plus de drones et plus de fortifications pour ralentir considerablement les divisions russes.
Les deux camps peuvent continuer et la guerre pourrait durer jusqu'à un gel du front ou une percée militaire décisive.
Admettons qu'un cessez le feu est signé, les négociations ne déboucheront probablement pas sur un échange de territoires.
Et les territoires pris par Poutine ne sont pas viables économiquements, à part le littoral de la mer d'azov.
Le Donbass est detruit, il n'y a plus d'habitants, plus de mines, plus d'usines, plus rien.
Les rares villes sont vides, pas d'apport démographique.
Le sud et la Crimée sont littéralement asséchés et n'auront plus d'eau. Tout cela mènera a la prochaine campagne militaire russe.
S'il y a un enseignement a garder a l'esprit, c'est de ne pas faire confiance à Poutine.
Si le conflit se gèle, il préparera le prochain. Avant cela, il prendra le soin de sécuriser le Caucase et les routes commerciales vers l'Europe, Arménie et Azerbaïdjan seront des cibles...
Que faire ?
RENFORCER NOS ARMÉES MAINTENANT.
Continuer de soutenir l'Ukraine et espérer un gel de la ligne de front à l'est du pays. Offrir des garanties de sécurité suffisante.
Enfin bon, nous verrons bien ce que donnera la rencontre Trump-Poutine du 15 août prochain.
Si on veut être réalistes pour les deux camps, le gel du front lonf terme le plus favorable est le suivant :
Notre regard doit se porter sur les fortifications. Il est hors de question que Kyiv les abandonne d'autant plus celles du Donbass, suppléées par des villes et usines.
Qui dit fortifications dit besoin de moins d'hommes pour les tenir.
Merci d'avoir suivi ce thread. N'hésitez pas à y apporter nuances et commentaires, je tâcherais de répondre aux commentaires constructifs.
Ukraine 🇺🇦 has now targeted around 500 russian 🇷🇺 trucks and vehicles during the last 48 days.
Mid-range strikes continue to expand across occupied territories, on roads, bridges and rear base. This continues to slow down russian offensive.
🧵THREAD🧵1/13 ⬇️
From tomorrow, I will be off for more than 1 week, which means there won't be any new map/airstrike/fortification/mid-range strikes update, apart from some small tweets.
I will however continue to follow the overall trends.
In total, I have 270 geolocated strikes on trucks and vehicles since january, most of those are from May to June.
The key Rostov-Crimea road remains the priority target, but roads in Donetsk, Luhansk and Kherson oblast have also been largely targeted.
La guerre en Ukraine 🇺🇦/🇷🇺 a désormais dépassé la durée de la Première Guerre mondiale et pourrait encore durer plusieurs années.
Voici ce qu’il faut savoir en juin 2026 de ce conflit généralisé aux portes de l’Europe 🇪🇺 qui n'en finit plus.
🧵THREAD🧵1/10 ⬇️
Quel est l’objectif de guerre de la Russie, pays agresseur ?
Les objectifs de guerre de la Fédération de Russie ont beaucoup évolué depuis quatre ans. Outre les déclarations officielles, le principal objectif russe est resté territorial et politique. Moscou cherchait, le 24 février, à vassaliser l’Ukraine tout en annexant une large région, la « Novorossia », entre Kharkiv, le Donbass et Odessa. Cet objectif a largement évolué, notamment après l’échec des offensives sur Kyiv, Kharkiv et Odessa.
Aujourd’hui, l’objectif territorial principal reste l’occupation de toute la région du Donbass, en particulier sa capitale de facto, Kramatorsk. Il est très probable que l’armée russe dispose de deux objectifs territoriaux secondaires : l’occupation complète des deux autres oblasts annexés, Kherson (ce qui est quasi impossible à l’heure actuelle) et Zaporijjia, et l’harmonisation de la ligne de front sur la rivière Oskil dans l’oblast de Kharkiv.
L’objectif politique initial — redonner à la Russie sa puissance d’antan, l’ancrer dans l’Eurasie, retrouver les populations, les industries, les mines et l’accès à la mer des deux voisins slaves (l’Ukraine et la Biélorussie) — reste inchangé. Sans l’Ukraine, la Russie est condamnée à être une puissance secondaire et plus largement asiatique, sa dimension d’empire s’effaçant avec la montée en parallèle de la démographie non slave.
Les autres objectifs qui ont pu jouer un rôle auparavant sont caduques aujourd’hui : la démilitarisation de l’Ukraine semble impossible, quatre ans de guerre d’attrition n’ayant pas conduit à un effondrement ukrainien. La dénazification, étendard pour parler de l’effacement du nationalisme ukrainien, est également un échec. Les nationalistes ukrainiens sont plus forts et décomplexés que jamais, représentant près de 100 000 hommes dans l’armée ukrainienne. Les figures antirusses controversées d’Europe centrale et orientale ont par ailleurs été réhabilitées. Empêcher l’OTAN et l’UE de s’étendre à l’Est était aussi un mirage. Bien que la considération eût été réelle, la Suède et la Finlande ont rejoint l’Alliance, tandis que la Moldavie, le Caucase du Sud, les Balkans occidentaux et l’Ukraine ont accéléré leur rapprochement avec l’Europe, tous brandissant la menace russe.
L’objectif russe est donc désormais d’installer la confrontation dans la durée, jusqu’à un effondrement hypothétique de l’aide à l’Ukraine (qui semble compromise par la dernière aide de l’UE), l’essoufflement de la population ukrainienne (une considération bien réelle mais qui n’impactera probablement pas la situation au front) ou une victoire à la Pyrrhus, que ce soit la prise du Donbass suivie d’un cessez-le-feu ou une capitulation de l’Ukraine comme la Finlande en 1940.
Quel est l’objectif de l’Ukraine, pays agressé ?
L’objectif de Kyiv a lui aussi beaucoup évolué. L’armée ukrainienne a été surprise par l’ampleur de l’offensive du 24 février, qui lui a fait perdre des territoires stratégiques, comme le sud du pays. L’objectif initial de survivre en tant qu’État a été largement assuré par les victoires à Kyiv, Kharkiv et Mykolaïv en 2022. Le second objectif, retrouver les frontières d’avant-guerre, a échoué en 2023 après l’échec des offensives ukrainiennes. Depuis cette date, les Ukrainiens ont pour objectif de tenir dans la durée, jusqu’à un essoufflement ou un retrait hypothétique des Russes.
Kyiv refuse de se retirer des territoires sous son contrôle, mais a déjà accepté l’idée de concessions territoriales, de manière non officielle, sur la Crimée, le sud et l’est du pays. Pour Kyiv, il est hors de question de capituler et de céder des territoires sans combat à Moscou, d’autant que les garanties de bonne foi de la Russie ont historiquement montré qu’elles n’étaient pas tenues. Dès lors, l’Ukraine a développé ses propres moyens pour que chaque km2 de territoire conquis coûte plus cher à Moscou, tout en essayant de toucher au maximum l’économie russe. Une contre-offensive hypothétique reste possible, mais il est encore tôt pour savoir si les Ukrainiens ont les moyens de la réaliser.
As a reminder, in February, the Ukrainian army conducted a discreet offensive for several weeks, clearing infiltrated areas, securing Pokrovsk'e and infiltrating areas that were previously under Russian control.
This counter-attack notably secured Ternuvat and prevented the use of Uspenivka to launch assaults on the Zaporizhzhia front.
This significantly slowed the Russian advance, reducing its length from 42 km to 25 km (west of Hulialpole).