Il veut envoyer des peshmergas pour s'assurer que la transition se fasse au mieux. Et notamment envoyer... les Roj Peshmergas. Des kurdes syriens proches du PDK.
Problème : les YPG ont toujours rejeté le retour des Roj Peshmergas...
Or, c'est toute la problématique : depuis 2014 (oui, vous lisez bien), les français, américains et kurdes irakiens ont tout fait pour favoriser le retour des milliers de combattants des Roj Peshmergas.
Jamais l'AANES n'a voulu d'eux, les considèrent comme sous influence... 2/
Les Roj Peshmergas, pour rappel, sont composés de plus de 3 000 combattants kurdes syriens, membres et proches du PDKS, du Parti Yekiti ou encore du Parti Azadi. Certains furent membres de l'Armée Syrienne Libre au sein de bataillons kurdes de cette dernière. 3/
Beaucoup ont, sous la répression politique, parfois violente, du PYD, pris la route de l'exil. Se rendant dans le Kurdistan irakien, accueillis, financés et armés par le gouvernement régional irakien. Ils ont combattu l'Etat Islamique côté irakien à partir de 2014. 4/
Depuis plusieurs années, tout a été fait pour que les Roj Peshmergas puissent rentrer chez eux, à Kobane et dans la Djézireh. Sans que jamais un accord ne soit obtenu de la part de l'AANES et des FDS. La dernière tentative importante eut lieu en 2019 pour bloquer les turcs. 5/
Or, c'est là la folie de la radicalité politique : alors que les turcs auraient accepté une présence frontalière des Roj Peshmergas, limitant leurs opérations, l'AANES a préféré refuser cette présence, subissant l'invasion turque et ses supplétifs souvent barbares... 6/
• • •
Missing some Tweet in this thread? You can try to
force a refresh
Alors que la situation de son projet que fut l'AANES n'a jamais été aussi fébrile, le PYD, parti qui a écrasé la vie politique kurde dans le nord-est syrien, lance une campagne rapide d'affichage du drapeau national kurde.
Un drapeau qu'il a régulièrement rejeté et écarté... 1/
Les lecteurs et lectrices vont ainsi découvrir que, chez les kurdes, même un drapeau peut être un signe de dispute. Le PYD, extension idéologique syrienne du PKK, a très souvent écarté le drapeau national kurde. La raison ? Il était / est identifié comme étant le drapeau... 2/
... des forces kurdes qui lui sont rivales, dont le PDK (parti du clan Barzani en Irak, qui dispose également d'une branche en Syrie : le PDKS).
Et c'est ainsi que le PYD, dès 2011, dans ses manifestations ou établissements, a utilisé le drapeau dit du Rojava. 3/
Réponse publique à @FabriceBalanche sur la question du fédéralisme en Syrie.
Étant moi-même fédéraliste en France, profondément anti-jacobin et régionaliste breton, c'est un sujet qui me parle. Mais je sais aussi justement quand un projet fédéral ne peut pas fonctionner... 1/
Le fédéralisme ne se décrète pas. Il s'installe dans des dynamiques de temps long. C'est ainsi que le fédéralisme des États-Unis est une construction de longue haleine, avec une base commune d'acceptation de cette idée. Au Royaume-Uni, la dévolution est ancienne. 2/
Mais, surtout, le fédéralisme nécessite l'acceptation, si ce n'est pas le cas au début, d'une délégation volontaire, par l'État central, de plusieurs de ses pouvoirs (régaliens ou non) et, enfin, de la majorité du pays où existe cette demande d'autonomie potentielle. 3/
PENCHONS NOUS SUR... | Les kurdes de Damas, les grands oubliés...
Alors qu'un déchaînement médiatique s'est emballé depuis quelques jours, avec le point qu'un génocide va avoir lieu, penchons nous sur l'une des plus grandes communautés kurdes de Syrie : celle de... Damas. 1/
Car, dans la terrible atmosphère qui s'est installée sur la question syrienne depuis peu, et notamment sur l'avenir institutionnel de l'AANES et des derniers éléments des FDS (principalement YPG), il apparaît que les kurdes, dans leur ensemble, sont menacés. Pas si simple. 2/
Et pour voir à quel point la question kurde, au sein de la question syrienne, est totalement mal traitée, il faut se pencher sur l'une des communautés kurdes parmi les plus anciennes de Syrie : celle de Damas.
Pour les lecteurs peu au fait de la Syrie, c'est une surprise. 3/
ON ECLAIRCIT | Pourquoi la ville d'al-Hasakah retournera aux mains des autorités syriennes ?
Ce n'est qu'une question de temps. Si l'avancée des forces de Damas est en pause, notamment sur demande américaine, elle reprendra. La ville est destinée à lui revenir. Pourquoi ? 1/
Ce n'est pas prendre parti. C'est être factuel. Mais pour cela, il faut accumuler les éléments et saisir les dynamiques.
Hasakah est une ville majoritairement arabe qui a connu une explosion démographique dans la seconde moitié du XXème siècle. Et cela pour plusieurs raisons. 2/
Pendant longtemps, Hasakah était une ville marginale. Elle l'est toujours par ailleurs. Mais c'était bien davantage le cas avant. Refuge de minorités chrétiennes (arménienne, syriaque, etc, ayant fui le génocide de 1915, entre autres difficultés connues par ces communautés). 3/
MISE A JOUR | Bon, ça, c'est un très mauvais signe.
Mazloum Abdi et Ahmad al-Sharaa ont échoué à se mettre d'accord.
On va vers un réel problème si même ces deux hommes ne peuvent plus avancer. Les implications et conséquences sont potentiellement considérables... 1/
1) Les YPG (les FDS ont disparu avec la désertion des forces arabes qui composaient cette coalition hétéroclite) et asayish vont bien évidemment considérer ne pas être liés à un accord qui ne tient pas / plus.
2) Les autorités syriennes vont considérer qu'elles peuvent agir. 2/
3) Les occidentaux ont échoué : ils étaient ceux qui avaient permis, depuis mars dernier, d'établir un pont entre Abdi et Sharaa.
4) Les opinions publiques occidentales vont désormais devenir importantes : elles vont peser que leurs politiques se tiennent du côté kurde. 3/
Il faut, pour comprendre le retournement de Trump ce soir (et cela même s'il y a quelques frappes à terme), et la désillusion de bien des gens qui n'ont pas voulu y croire, qu'il y a aussi tout un environnement régional hostile à une chute du régime iranien. Faisons le point. 1/
La Turquie, membre de l'OTAN, et dont Erdogan est réputé respecté par Trump. La Turquie a des relations plutôt cordiales avec Téhéran.
Sa vraie inquiétude dans la crise en cours ou à venir ? Une immense vague migratoire. Plus de 5 millions de personnes. Elle dit non. 2/
Le Qatar ?
Pays important au sein du Conseil de Coopération du Golfe. Pas forcément très en bons termes avec Washington sur tous les sujets. Mais les liens sont forts. Liens forts également avec... Téhéran. Les deux pays s'entendent depuis 2017 et le blocus sur le pays. 3/