HISTORIQUE | Comme je l'avais indiqué, et ce n'était pas lire dans une boule de cristal, tous les acquis du système éducatif kurde établi par l'AANES sont conservés :
- écoles et universités seront reconnues
- diplômes, y compris entre 2012 et 2026, reconnus.
Impressionnant. 1/
C'est un tournant fondamental et un véritable dans la politique nationale d'Ahmad al-Sharaa qui ouvre la porte à un système éducatif pouvant impliquer d'autres communautés à terme (les spécificités des écoles arméniennes par exemple).
Pour les kurdes, c'est un tournant. 2/
Car conséquence de la non-reconnaissance de leurs particularismes et de leur langue sous l'ancien régime baathiste et des Assad, leur langue n'avait aucune reconnaissance officielle, aucune place programmatique, aucune place scolaire ou académique / universitaire. 3/
Précisons que cela aura aussi un impact important pour l'économie syrienne globalement : plus il y a un système éducatif performant et développé ainsi qu'étendu, plus il y aura de personnels qualifiés recherchés par de nombreux secteurs d'un pays à reconstruire. 4/
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Au delà des caricatures, il est évident que le personnel politique n'a pas écouté le personnel militaire et le renseignement avant cette campagne aérienne... La presse américaine, parfois trop à charge il est vrai, fait tout de même un bon travail et a révélé... 1/
... que bien des rapports, dossiers, études, remontées du renseignement US (mais également israélien), évoquaient une solidité du régime en place et que son opposition civile (aucune opposition armée viable avec un agenda national) était bien trop faible et incapable d'agir. 2/
Déjà, en janvier dernier, ce sont les services israéliens eux même qui concluaient sur la solidité des structures institutionnelles, sécuritaires et politiques du régime. Des éléments remontés qui, par ailleurs, ont favorisé la fin des frappes des 12 jours. 3/
Je commence à en avoir plus que marre d'entendre que la France, l'Europe de l'ouest en général et l'Occident globalement, auraient été, selon certains qui tentent de se créer un conte de fées, pleinement heureux ou soutiens de la prise de pouvoir de Khomeini en 1979-1980 ! 2/
On va donc remettre quelques pendules à l'heure. Et de rappeler, en préambule, que si des iraniens de l'opposition ou bien des nostalgiques de l'ancien régime échouent depuis des décennies à activer un contre-projet, c'est avant tout... leur échec. Trop facile de déléguer. 3/
Pas vraiment d'accord avec le postulat de l'introduction. L'Iran des mollahs /pasdarans, par un opportunisme évident, a régulièrement récupéré le passé perse, y compris pré-islamique, jusqu'à produire des propagandes mettant en avant des légendes en rien liées à l'islam... 1/
La mise en avant régulière par le régime de Ferdowsi et son magnifique Livre des rois, véritable manifeste de la langue perse et véritable pilier du nationalisme du pays. L'ouvrage raconte l'histoire de la Perse jusqu'à l'arrivée de l'islam... 2/
Je n'utiliserai que des exemples récents. Ainsi, après les frappes israéliennes puis américaines de juin 2025, le régime a repris le mythique et légendaire archer Arash Kamangir...
En rien une personnalité islamique. Mais un symbole de fierté et de légende nationale. 3/
Beaucoup cherchent des comparaisons pour comprendre ce qui se passera en Iran dans les semaines et mois à venir. On entend assis des comparaisons avec la Syrie ou encore l'Irak.
Mais rarement nous entendons parler d'une autre comparaison qui est beaucoup plus intéressante... 1/
C'est celle que l'on peut faire avec la guerre qui a déjà touché l'Iran dans les années 1980.
L'Irak de Saddam, soutenu par les occidentaux, avait lancé une guerre qui ne devait durer que quelques mois contre le régime des mollahs... Un régime alors naissant et même désuni. 2/
Déjà à l'époque des gens étaient persuadés que la sinistre République islamique s'effondrerait très rapidement.
Avec en plus cette fois-ci des troupes au sol en masse et une marine iranienne qui avait été quasiment coulée... 3/
En Iran, les "black iranians" sous le coup de la guerre.
Ils sont inconnus des européens. Mais une partie des iraniens conserve un passé africain. Non, vous n'êtes pas sous drogue en lisant cette phrase.
L'école bombardée accueillait notamment leurs enfants.
Qui sont-ils ? 1/
Il est très difficile de connaître la proportion d'afro-iraniens. Aucune donnée notable et clairement établie n'existe. Certains parlent de 10 % de la population ayant plus ou moins une mixité avec, à un moment, un membre de la communauté africaine en Iran. Très incertain... 2/
Avant toute chose, je sais ce que vous vous demandez : "euh, Cédric, que faisaient des africains en Iran ?". Et bien, malheureusement, comme les africains d'Amérique pendant plusieurs siècles : des esclaves...
Des centaines de milliers d'esclaves venus d'Afrique orientale. 3/
C'est exactement cela. La République islamique, sinon vis à vis des questions autonomistes kurdes ou des groupes combattants baloutches, a plutôt bien géré sa relation avec sa mosaïque religieuse, culturelle et ethnique intérieure... Ce qui rend complexe de jouer sur ce point. 1/
Prenons les azeris. Chiites comme l'immense majorité des perses du pays et d'une grande part des arabes, ils sont depuis longtemps un pilier du pouvoir. Ils fournissent des mollahs, des ayatollahs, des commandants des Gardiens de la Révolution, etc... 2/
Si l'on veut aborder un point qui peut intéresser les européens : la place des chrétiens iraniens. Oui, les chrétiens iraniens issus de conversion récente, très peu nombreux au demeurant, sont victimes de persécution pour apostasie. A l'inverse, les communautés chrétiennes... 3/