Bon le contexte s’y prêtant bien. On va parler logistique pétrolière et chaîne de valeur. En raccourci et arrondi bien évidement pour des raisons de simplicité et de clarté. Its a #thread
Il faut savoir que la chaîne de valeur est composée de 3 voir 4 avec le retail maillons majeurs.
L’upstream ou e&p qui est l’extraction et la production du brut est evidemment dépendant de la zone géographique et des grandes régions pétrolifères mais aussi de la qualité du brut, necessaire a l’optimisation de l’outil de raffinage
Une fois le brut extrait du sol celui-ci est evidemment inutilisable pour le commun des mortels. Il est d’une part dans des zones géographiques generalement lointaines et surtout à l’état… brut. Il faut le transporter et le transformer en produits utiles. Raffinés
Pour cela on s’appuie generalement sur 2 infrastructures très extensives. Des pipelines gros flux d’un coté (trunkline) et des terminaux de chargement et stockages sur la côte.
Réciproque valable de l’autre côté, en Europe
Avec egalement du stockage des 2 cotés. Soit pour amortir les chocs, spéculer ou faire du stockage stratégique. Parfois les 3
Les amateurs reconnaîtront
Entre les 2 le transport se fait par supertankers. Generalement VLCC/Suezmax. Transport qui a une latence. Ce qui veut dire que les tankers qui arrivent en Europe aujourd’hui ont été chargés il ya 3/4 semaines dans le golfe persique. Et donc dans 2 semaines… n’arriveront plus
A savoir aussi que le gros du petrole au départ du golfe persique part en Asie. Cas nettement moins vrai pour le vraie problème, les produits raffinés, mid distillates (diesel & jet) en particulier
Tout ce petit commerce est géré par des trading houses. Le bras armé de grands nom de l’industrie connus de tous mais aussi et parfois de boîtes familiales immatriculées à zug/suisse
Business generalement intégré verticalement des tankers aux terminaux
Le mandat premier et même unique de ces corporations ? Vendre leur produit… au meilleur prix. Celui qui met le plus sur la table, rafle la mise. Ce qui donne parfois des trucs assez comiques
Maintenant gros morceau et ultime étape avant la distribution (ex stockage). Le raffinage. Bon primo il faut savoir qu’une raffinerie ne produit pas ce qu’on veut. Elle produit ce que le brut a l’entrée nous donne. Des coupes
Coupes qui parfois ne répondent pas au marché, donc il faut exporter certains produits d’un côté et importer de l’autre pour répondre à la demande. C’est le cas en Europe. On exporte de l’essence peu demandée et importe du diesel/jet de l’autre
Pourquoi c’est comme ça ?
Des choix politiques peu judicieux qui ont favorisé le diesel et l’on rendu artificiellement compétitif. Ça backfire assez spectaculairement en plus d’avoir conduit le raffinage européen à la ruine
Parce que oui les raffineries et complexes pétrochimiques Europeens sont vieux. Et très loin de leur prime jeunesse donc ils ferment et vont à la feraille. Bon problème ils sont remplacés certes. Mais par des complexes à l’état de l’art au… moyen orient
Pays qui ont la ressource, cherchent à avoir plus de valeur ajoutée pour leurs richesses en sous-sol, ont largement la manne financière et ont du foncier et la volonté politique. Techniquement ça fait sens et ça se remarque dans la différence de profitabilité et les capex engagés
Bon par contre petit problème, ces complexes sont pour la grande majorité sur la côte, pour des raisons logistiques de faire entrer et sortir des produits mais egalement de constructabilité. Ils sont préfabriqués. Aussi de part la taille de ces pays qui ont pas le choix…
Et ces complexes se font… engager. Ce sont des cibles stratégiques et en plus relativement tendres
Résultat… cumulé aux problemes de shipping, la logistique est un peu compliquée, zone de guerre assurance tout ça ces complexes sont *shut in*. Ils sont mis à l’arrêt mais également purgés.
Le risque d’explosion avec incendie est tout simplement trop grand. Mieux vaut encaisser une frappe et avoir de la feraille cassée facilement réparable qu’un massif incendie
Complexes dont le redémarrage est nettement plus long, complexe voir risqué d’avoir de la casse que le démarrage en mode cle dans le neiman et c’est parti. Process de plusieurs semaines
En plus de cela le golfe est un écosystème assez unique d’unités pétrochimiques sortant polymères, huiles de bases et autres composés
Process de métaux et aluminium en particulier du fait de l’approvisionnement en gaz plus ou moins gratuit
Et d´urée pour les fertilisants qui est un gros problème
Sans oublier les unités mixtes de production electrique mais aussi de dessalement d’eau de mer, les IWPP. Indispensables aux process industriels mais aussi et surtout… de la survie pure et simple des populations dans cet environnement désertique #end
L’impact sur les prix et chaînes d’approvisionnement se fait difficilement attendre. #endbis
N’empêche la longue route de ce quon met dans le réservoir en y pensant assez rarement…
(Sauf pour les gens de mon espèce, assez rares quoi 🤣)
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Bon vu que tout le monde est expert en petrole venezuelien paraît que c’est à la mode on va parler orenoque, extra lourd, infrastructures, Venezuela, raffinage et terme barbare SAGD. Its a #thread
Bon on va commencer par le Venezuela. De quoi on parle.
On parle en réalité de 2 voir 3 zones très distinctes. Le lac de Maracaibo, la ceinture de l’orenoque et un petit bout offshore assez marginal du côté de Trinidad
On va commencer rapido par Maracaibo ou urdaneta pour les intimes. Gisement de brut lourd et très pollué à moyenne profondeur (donc chaud et relativement facile à pomper) produit par Maurel et prom c’est francais youpi et sur le déclin et avec un très faible potentiel
En ce 20 avril (ok 22 mais je suis en retard) on va parler d’un accident qui s’est déroulé il y’a déjà 15 ans, celui de deepwater horizon,
Bon ça va être assez technique et on va parler que de l’accident en lui-même
its a #thread
Bon on va commencer par le site, le macondo prospect etait un puit d’exploration à l’époque un des plus profonds du monde offshore au large de la nouvelle Orléans dans le golfe du Mexique.
Bon ce puit est situé dans la formation de Mississippi canyon qui est une zone déjà réputée pour certains deposits prolifiques. Estimé à 50 millions/barils le gisement ne justifiait pas un développement complet, mais pouvait être relié à une plateforme BP à proximité
Bon après un paquet d’âneries sur le sujet on va parler aujourd’hui du pétrole…. Guyanais. L’histoire du truc, son exploitation tout ça tout ça
Its a #thread
Bon pour commencer le Guyana petit pays d’Amérique latine relativement pauvre et très peu peuplé (mais aussi le Suriname, le Brésil et la Guyane française) est historiquement le cousin géologique de l’Afrique de l’Ouest à l’époque du Crétacé
Et on sait que les découvertes en Afrique de l’ouest entre les années 50 et 80 en gaz et pétrole ont été assez prolifiques.Avec un développement massif dans les années 2000-2010 avant dêtre rendus non compétitif par le shale us sur le marché us et de détourner les investissements
Bon je vois passer beaucoup d’analyses/opinion et même politiques qui disent que l’hiver 2023/24 en terme de gaz sera plus compliqué que l’hiver 22/23. Et je suis pas d’accord. Donc on va parler et analyser le marché gazier court terme dans ce #thread
Bon ici je vais utiliser que des données open source pour des raisons évidentes mais certains modèles nettement plus complexes sont déjà sur ces hypothèses
Bon pour commencer l’analyse la plus courante est en gros « l’année 2022 a déjà été short malgré quelques dizaines de bcm de gaz russe donc mécaniquement 2023 passe pas » en s’appuyant sur les stocks. Ce qui est vrai mais simpliste… donc faux